Tendre mélancolie

Et quand la mélancolie s’invite, je la laisse s’imprimer. Je ne lui dis plus de partir. Elle a peut-être quelque chose à me dire.

J’écoute et je regarde la ville vivre de ses rêves et des miens. J’écoute le murmure du va et vient des souvenirs. J’attends que la mélancolie passe, que la nostalgie me prenne par la main et m’emmène sur les routes.

Je garde la mémoire des portes, des pierres, des lieux de vie, des corps, des êtres, des vivants et des disparus, des baisers et des amours. Je garde la mémoire des émotions qui vont vibrer la corde sensible de mes sentiments.

La mélancolie m’invite à un voyage au pays de ce qui fut pour en retenir le meilleur, pour en transformer la mémoire, en faire quelque chose de beau.

On s’oublie

Parfois on se dit, puis on s’oublie. On manque de temps pour prendre  des nouvelles. Les mois se suivent et l’absence se matérialise. L’amitié s’évapore dans l’air trop frais d’un matin d’hiver ou légèrement humide d’un matin d’été. Pas de coup de gueule, pas d’abandon, juste deux routes qui prennent des directions opposées.

On ne se dit plus comme avant. On ne s’oublie pas forcément. Mais le temps, les rencontres, les obligations font qu’on ne se voit plus si souvent, un peu moins même qu’une fois par an. Nos routes se séparent sur le chemin des vacances ou à la rentrée de septembre.

Parfois on s’écrit.

Parfois on oublie.

Un rendez-vous hors du temps à Marseille (avec P’tite Delph)

On s’est donné rendez-vous sur le vieux port. J’arrive en avance, je griffonne quelques mots assise face à la mer et aux voiliers, une invitation à prendre le large, à tout donner, tout oser.

Je me lève, je te vois. C’est étrange. Toi et moi, là, dans ta ville, loin de l’écran qui nous protège très souvent, loin de nos mots qui ne disent bien que ce que nous souhaitons dévoiler. Tombé l’anonymat. Nos visages se font face. C’est étrange et délicieux à la fois.

Tu es bien là Delphine, en chair et en os devant moi. Quand j’ai vu que le dernier bus quittait Marseille à 20h40, j’ai pensé à toi. Te voir. Non pas mettre un visage puisque je le connaissais déjà. Juste passer ce temps, loin de nos écrans, échanger sur tout ce qui nous lie, depuis quelques années, sur tout ce qu’on partage, mots échangés, secours de tous les instants, cartes envoyées, petits colis appréciés, soutien inestimable quand la vie prend l’eau de partout.

Nous allons nous asseoir pour papoter, au soleil, avant qu’il ne se cache. C’est bon d’être là avec toi. Tu ressembles à tes mots. Tu es ce courage qui transpire à chaque article écrit à la force de ton amour pour la vie. Tu es naturelle, authentique. Pas de masque. Tu as raison, le rire des enfants nous entraine à leur suite. Ton sourire aussi, baume apaisant pour les jours de pluie. Je le garde près de moi.

Le temps passe trop vite, déjà l’heure de partir. Tu m’accompagnes jusqu’à la gare. Prolonger au maximum ce rendez-vous que nous attendions depuis longtemps. On se dit au-revoir, une photo et je monte dans le car. Un dernier signe, il faut savoir. Je t’imagine attendre le signal, avant que tu ne regagnes ton chez toi, que tu retrouves Happy!

Merci d’être toi et de m’avoir accueillie dans ta vie. Merci aussi pour mon petit escargot, fan comme toi d’Arlo, que tu gâtes si souvent. J’aimerais pouvoir être là plus souvent, te passer un coup de fil, pour qu’on aille ensemble partager un moment. Nous avons fait le premier pas vers une nouvelle histoire. C’est certain, on se reverra!

 

Parenthèse amicale

Et ce sourire au bout du quai.

Suis la lumière! C’est elle qui le dit.

On se sert vite dans les bras. On n’a pas le temps là. Pas comme la première fois. Nos yeux étaient remplis d’un “je ne sais quoi”, de cette impression de s’être trouvées.

L. nous attend dans la voiture. On roule sur les routes de Marseille, fenêtres ouvertes, le cœur léger. Une parenthèse bien appréciée.

Des pauses, des rires, des souvenirs, photos à l’appui, objectif qui capte merveilleusement bien notre sourire, la joie qui nous inonde quand pieds nus, nous foulons le sable de la plage alors que la nuit s’installe.

Baignade improvisée un soir de printemps avant le vent qui viendra rafraichir la prochaine tentative. On attendra le soleil pour plonger dans le bain glacé, bienheureuses.

Jolies tables dressées, mets délicieux partagés, verres délicieusement sirotés, glaces dégustées à la cuillère, les pieds dans l’eau d’un bleu si fabuleux, d’un vert éphémère.

Puis l’amitié qui se resserre dans l’étreinte des au-revoir.

A refaire. Absolument. L’année prochaine, une autre pause, à la sortie de l’hiver.

Merci les filles L & L pour ce beau weekend  ensemble (Photo par Laurie de Chroniques et Tribulations)

Au delà de l’écran

Le premier contact – à travers l’écran.

Nous partageons des bribes de nos vies, moments de joie ou drames, sourires du quotidien ou chagrins inconsolables, souffrance physique ou morale. Nous échangeons, certains de trouver auprès d’un autre clavier des mots de réconfort ou juste une oreille attentive qui écoute, témoignage, va dans notre sens, prend part à nos coups de cœur ou de blues.

Et parfois la chance d’un autre contact – au-delà de l’écran.

Se rencontrer. Se voir autour d’une table, au détour d’un voyage. Un face à face qui peut troubler, faire peur. Toujours ce problème de confiance en soi. Et si l’autre ne nous reconnaissait pas? Et si il / elle était déçu(e) parla réalité? Et si l’image qu’il / elle s’était fait(e) de nous ne correspondait pas?

On se bloque souvent alors même qu’un rendez-vous loin de l’écran est souvent un pur moment de bonheur et de joie mêlés.

A suivre…

Weekend

Faire le vide pour refaire le plein. Oublier la routine, même les bonnes résolutions. Se nourrie d’intentions et d’amitié, de sourires, de rires, de joie de vivre. Oublier le reste. Déconnecter. S’écouter. Partager. Jouer et se sentir libre. Avoir envie d’être tout simplement, sans chercher à paraître. Partir pour mieux revenir à soi.

On trinque!

Bon anniversaire!

On le dit, on le redit, sur tous les tons, en douce, en chantant, à chaque occasion qui se présente.

On souhaite le meilleur, des bonnes choses, du bonheur. On souhaite une nouvelle année pleine d’heureuses surprises, de moments partagés, d’amitié échangée.

On oublie le trop peu, le trop plein dans ces vœux qui doivent apporter sourire sur les lèvres de celle ou celui qui prend un an de plus. On sait qu’il y aura des jours de doute, de chagrin, des cris, des larmes sur les 365 prochains jours à venir. Alors on choisit le beau pour ce jour particulier – jour de naissance et jour de fête.

On trinque à la vie, fragile et lumineuse.

A toi!

Les yeux fermés

Elles souffrent.

L’une d’un trop plein. L’autre d’une rupture d’anévrisme. L’une d’une grossesse qui bousille son corps. L’autre d’un mariage qui anéantit son âme. L’une d’un harcèlement sans fin. L’autre d’une dépression qui dure. L’une d’un trop peu d’amour. L’autre d’un enfant diagnostiqué “autiste”. L’une d’un frère sur le fil. L’autre d’un divorce sans fin. L’une d’un parent qui s’éteint. L’autre d’un proche disparu.

Elles souffrent.

Elles avancent malgré tout. Quand tout parfois leur intime l’ordre de plier.

Elles luttent. Même le cœur brisé et les yeux fermés.