La perfection de l’imparfait

Crédit Pixabay

Nous sommes humains, imparfaits, la somme de forces et de faiblesses, mélange de zones franches et de chaos, d’intangible espérance ou d’espoirs vains, de fragilités, de doutes, d’envies, de paradoxes variés.

Nous sommes uniques, parfaits tels que nous sommes, de corps et de cœur. Et si nous aspirons au meilleur, ce n’est pas en quête de perfection mais plutôt de perfectionnement de soi, d’épanouissement, de développement.

Quand l’autre est parfait pour soi et que nous sommes parfaits pour l’autre, ce n’est pas dans un aveuglement complet, qui voudrait que nous placions l’autre sur un piédestal, refusant de voir qu’il est après tout humain, mettant ainsi à l’amour des conditions qui n’ont pas lieu d’être, mais dans une dimension différente, celle d’un amour partagé qui fait des défauts et des qualités des bases fondatrices de la relation (quelle qu’elle soit).

L’unicité de chacun ne nous rend pas forcément attiré par tous. La relation nait d’une idée de l’autre puis grandit avec sa vérité. A nous le choix d’accueillir cette vérité ou de passer notre chemin.

La perfection de l’être existe dans l’imperfection de l’humain. A tous moments faillibles, à tous moments perfectibles. A tous moments en évolution.

A la quête d’un impossible, privilégions celle de l’authentique qui fait de nous des individus de l’instant. Qui n’avons rien à prouver, rien à devoir devenir pour être aimé.

Advertisements

Briser l’armure (pour revenir à soi)

Crédit Pixabay

Dans notre vie de tous les jours, il y a tout un tas de principes, de valeurs, d’idées reçues, une liste plus ou moins longue de « jamais », des peurs, des angoisses, des phobies,  des blessures, en bref un tissu opaque de chaos qu’on se trimballe, en pensant que ça nous protège. Alors même que ça ne nous protège de rien du tout. Je dirais même que ça nous oppresse, ça nous empêche d’être bien, épanoui, heureux, ça nous empoisonne l’existence.

Et pourtant, sommes-nous prêts à envoyer valser ce lot d’incertitudes, à lever le voile sur le mystère qui entoure nos rêves les plus fous, nos fantasmes les plus osés, nos souvenirs les plus marquants ?

Ou préférons-nous rester bien planqués derrière l’armure antichoc construite au fur et à mesure des expériences – c’est si agréable la zone de confort ?

Se mettre à nu, exposer ses vulnérabilités, parler de toutes ces choses intimes n’est pas donné à tout le monde. Certaines personnes n’ont aucun problème ni avec leurs émotions, ni avec leurs choix de vie, ni avec les expériences vécues. D’autres au contraire se posent toujours la question sur ce qui peut ou ne peut être dévoilé, sur ce qui peut être confié ou doit être gardé pour soi. Certaines personnes disent tout quand d’autres ne disent rien. Certaines personnes osent tout quand d’autres n’osent pas.

J’ai souvent été cette personne très pudique dans mes sentiments et prudente dans mes démonstrations d’amitié, d’amour. Mes quelques débordements furent vite recadrés. Je me suis donc imposé une ligne de conduite, gardant la majorité de mes émotions pour moi, ne partageant que le strict minimum.

Je crois toutefois en l’importance d’avoir et d’entretenir un jardin secret, sans toutefois se perdre dedans et se couper du monde. Le risque est là, à force de ne pas se dire, on s’oublie. Et il est alors plus difficile, quand l’occasion se présente de parler de soi, de sortir ce qu’on a en nous, de dire les choses, celles qui vont, ne vont pas, celles qui nous importent, celles qui ne nous conviennent pas, de partager nos idées, nos envies, d’échanger sur des sujets qui nous mettent mal à l’aise ou d’autres qui nous tiennent à cœur. C’est tout un travail comme apprendre à parler dans une nouvelle langue, un langage plus ouvert, moins censuré.

Il faut en passer par là pour se réapproprier son soi, se reconnaître, se reconnecter, se sentir en équilibré et libre (à son rythme).

Du manque et du bonheur composé

Crédit Pixabay

J’ai appris le manque de lui, si petit, une étincelle de vie entre mes doigts. Construire ailleurs ce que je ne pouvais lui offrir ici et dans ce temps sans lui, savoir que c’était mieux comme ça.

J’ai appris le manque d’elles, dispersées aux quatre vents. Puis à contrôler l’envie irrésistible parfois de traverser la France juste pour se retrouver autour d’un thé fumant, refaire le monde les yeux dans les yeux, sans ce fil inconstant qui bannit les distances, ne remplace pas l’absence.

J’ai appris le manque de ceux qui sont partis, qui ont déserté mon univers pour d’autres terrains de jeu, terrestres ou célestes. J’ai appris l’éphémère dans la vie qui reprend ce que j’ai de plus cher.

J’apprends le manque de toi, toutes ces vies que tu vis dans lesquelles je ne suis pas, tous ces paysages qui s’enivrent de ta présence, toutes ces heures qui peu à peu te rapprochent de moi, de nous deux.

Dans le silence de cet espace, de ce manque impalpable, je fais corps avec le monde, je saisis l’essentiel de ce bonheur composé. Tout est dans les sentiments partagés.

Sur la route des vacances…

Quand on revient, il y a toujours ce moment de latence pendant lequel on se pose la question “et si?”. Si c’était l’opportunité de laisser porte close, de passer à autre chose, de retenir encore quelques heures les vacances, de laisser les mots inonder d’autres horizons.

Et puis les souvenirs de moments heureux nous rattrapent. Nous n’avons pas le cœur de dire aurevoir. Nous revenons alors avec milles envies sans qu’aucune ne s’accroche. Demain, il fera jour.

Il y a tant à raconter, la mer, les minutes suspendues, les bains de soleil, ce temps qui manque souvent et que nous savourons enfin, les sourires et les châteaux de sable, le manque que l’on gère avec la certitude que les sentiments sont plus forts que la distance et les jours qui deviennent semaines, les couchers de soleil, le vent et les balades dans les marais, le sable mouillé et les pieds dans l’eau, l’amitié, la pluie qui s’invite et que l’on regarde tomber le cœur léger, les cicatrices qui s’effacent, l’envie de faire le plein de vie.

Et puis, au milieu du calme environnant, le rappel de l’éphémère, de cette seconde qui vient bousculer le rythme du connu. Le coup de fil de la nuit qui annonce la fin ou presque, celle préparée ou subie. Il y a la sonnerie, un souffle qui dit l’essentiel de ce qui n’est plus. Les vacances s’achèvent sur cette note douloureuse, ce “c’est fini” qui grave l’instant dans une éternité sans lendemain. La naissance se satisfait d’un message, d’un appel quand le monde s’éveille. Elle attend. La mort brise l’élan, même celui du sommeil. Elle vibre et fait trembler les murs de la maison. Elle nous répète à quel point tout se joue aujourd’hui, qu’il faudrait une fois pour toutes arrêter d’avoir peur, de douter, qu’il faudrait juste vivre, à 100 à l’heure, la musique à fond, le coeur ouvert à tous les possibles. Les images d’hier fusent, se déversent, remplissent l’espace. Parfois la fin se tait, le coup de fil s’évapore, le numéro apparait en bout de liste, il disparait, personne n’y pense, personne ne sait, ne reste que le silence épais, l’absence insoutenable, incomprise.

Sur la route des vacances, j’ai rencontré les jours heureux et les jours tristes. Les derniers m’ont dit d’apprécier les jours heureux, les heures, les minutes, les secondes d’éternité et de les garder précieusement, de ne jamais attendre le dernier moment pour s’aimer et se le dire. Tant d’évidences, et pourtant…

Pourquoi je souris (souvent, béatement) ?

Ça fait beaucoup de pourquoi dans une même journée. Mais là j’ai quelques réponses.

C’est dans ma nature.

Parce que la vie est belle, remplie de ces instants qui effacent les coups de gueule,  les coups de blues, riche de rencontres, d’amitié, d’amour.

On accorde tous au sourire un grand pouvoir. Il accompagne un geste, un regard. Il réchauffe le cœur les jours de pluie.

Parce que quand je le regarde simplement être, du haut de ses 5 ans et quelques mois, que je pose mes yeux sur ses jeux, ses découvertes, les mots s’enfuient et il ne reste que mon sourire, comme un élan d’amour pour ce qui nous unit.

Un sourire dit tout.

Mon sourire dit tout. Sur tout.

Il dit les sentiments, le bonheur. Il dit combien je suis bien, calée au creux de ses bras, combien j’aime le goût de sa peau, la caresse de ses mains sur mon corps, tout ce qu’il est. Combien j’aime être avec lui, combien je l’aime tout simplement. Mon sourire saisit la chance des chemins qui se sont croisés, de tous ces instants gravés, qui au détour d’une odeur reviennent me faire chavirer

Un sourire entraine une avalanche de douceur. La tendresse s’invite dans un espace, un champ d’action. Un sourire chasse les nuages gris. Il est comme un rayon de soleil, une bénédiction. Un ange passe et le temps se savoure au présent.

Un sourire face à la nature, à la beauté, aux joies simples.

Un sourire comme une main tendue,  une passerelle,

Puis quand nos sourires se croisent, ils explosent.

En éclats de rire. En pépites d’amour.

Je souris. A la vie, consciente que chaque instant vécu est un miracle à lui tout seul.

Et vous, vous souriez comment, pourquoi? C’est dans votre nature aussi de sourire aux anges?

Le premier “je t’aime”

Crédit – Pixabay

Il explose. Il éclipse le reste, les mots tendres, les promesses.
Il se pose doucement sur les paupières du nouveau-né. Il investit le monde de la mère, du père. En silence. Dans la joie.
Il se dit de vive voix ou dans un murmure.
Il se faufile entre les lèvres, se fraye un chemin au centre des émotions. Il prend toute la place.
Tantôt discret, tantôt explosif, il nait dans le cœur de celui qui le prononce. Il atterrit par surprise, en colis suivi dans le cœur de celui qui le reçoit comme un cadeau à protéger.
Il n’ose pas, se demande si c’est l’heure. Il soupèse le poids de son impact, du contact. Il attend le moment où il pourra se dire sans peur.
Il ébranle les murs de la maison, jaillit tel un océan d’amour que rien ne peut contenir. Il se veut plus fort que tout, tous les démons, tous les fantômes de la nuit.
Il existe avant même d’avoir été prononcé. Il se promène dans l’air, un peu fou, un peu pressé.
Il se veut puissant, impossible à détruire. Il dit juste l’essentiel, rien de plus, rien de moins.
Ou il ne se dit. Il n’ose pas passer la barrière du vide, de l’inconnu. Il se tait.
Il se devine. Il se glisse sur une lettre, sur un début de déclaration.
Puis se livre quand tout s’effondre, il se tisse dans le brouhaha des larmes, des cris. Il se dit quand tout s’éteint, comme une dernière prière.

Ce texte m’a été inspiré par Delphine!

Lettre à toi qui…

broken-heart-2208596_640

J’avais prévu un autre texte aujourd’hui. Mais parfois la vie fait que quelques mots nous bousculent et alors écrire devient la seule vérité.

A toi,

Toi qui crois ou pas

Toi qui espères que la roue va tourner

Toi qui accueilles l’amour les bras grands ouverts

Toi qui prends des risques

Toi qui aimes sans attente particulière

Toi qui souffres,  reconstruis chaque jour ta vie à la force de tes tripes

Toi qui a la foi, qui oses et espères, t’engages

Toi qui te remets en question

Toi qui pleures dans la solitude de tes nuits, au fil des insomnies

Toi qui tombes avant de refaire surface

Toi qui demandes juste un peu de tendresse

Toi à qui l’on promet de décrocher la lune – juste des mots en l’air

Toi qui patientes, apprends de tes échecs

Toi qui souffres en silence

Toi qui ne sait plus qui croire, comment faire confiance ni à qui

Toi qui a peur que les ténèbres te prennent, t’enferment

Toi qui vis le chaos, le trouble, le vide

A toi,

Je veux dire que l’amour existe, qu’il n’est pas une histoire à part, qu’il existe dans la simplicité de la vie de tous les jours, qu’il n’est pas un combat à gagner.

Je veux dire que l’amour n’a pas besoin de grande déclaration, qu’il se construit au fil du temps, par-delà les clichés, par-delà nos différences.

Je veux dire que l’amour est notre essence, qu’il est en nous avant d’être en l’autre – que l’autre soit ami, enfant, amant, parent.

Je veux dire que l’amour fait vibrer, qu’il te donne des ailes pour aller plus haut, plus loin, qu’il te regarde avec bienveillance, que l’amour ne juge pas, qu’il te révèle à toi-même.

Je veux dire que parfois tu souffriras d’y avoir cru, d’avoir offert ta confiance, ouvert ton cœur, que tu t’en voudras d’avoir pris le risque, mais que toute histoire d’amour en comporte un.

Je veux dire de prendre le temps de panser ton cœur, de prendre soin de la personne que tu es, d’attendre le bon moment pour toi.

Je veux dire que l’amour prend différentes formes. Qu’il existe dans le contact à l’autre. Mais aussi, dans le câlin du matin, dans les couleurs du ciel quand le jour se lève, dans un sourire, dans l’inattendu d’un rendez-vous.

Ne perd jamais espoir. Garde en toi toutes les expériences qui font celle ou celui que tu es devenu(e). Tes cicatrices sont tes victoires. L’amour un jour peuplera tes jours, tes nuits, tes rêves. Tu sauras. Ton cœur aura trouvé sa paix.

Souviens toi…

Souviens toi…

Il devait arriver le 11 février.  Quand je t’avais demandé d’être là, tu avais dit “oui” sans l’ombre d’une hésitation. Tu avais pris une semaine de congés pour cet évènement particulier. Si c’est pas de l’amour ça!

Le 11 février, direction la clinique. Rien en vu. Il devait se sentir bien à l’intérieur. Même si il me réveillait souvent la nuit. Je sentais ses pieds sous la peau tendue de mon ventre bien arrondi.

Nous comptions les jours comme un compte à rebours. Si il n’était pas là le 15, Il faudrait déclencher l’accouchement. Nous tentions de maintenir à distance cette réalité dont nous ne voulions pas. Le 13, nouveau rendez-vous, les contractions avaient commencé dans la nuit. Tout allait bien. Tu étais là. J’étais en sécurité.

Se promener, c’était le conseil de la sage femme. Il finirait par s’engager. Nous avons marché une heure, deux peut-être dans la fraicheur de ce mois de février. Nous avons ri aussi je crois. Ça faisait du bien de rire après tout ça. On aurait dit une parenthèse, loin de la terreur, des cris, des peurs. On s’est dit que peut-être, il naitrait un 14 février. Sans vraiment y croire!

Souviens toi…

A 18h je tenais à peine debout. Quand la sage femme a annoncé 2cm de dilatation, j’ai cru qu’elle se moquait. Toi aussi. On était loin du compte. A 22h j’ai craqué, la sage femme a appelé l’anesthésiste. On s’en foutait bien d’être forte. Cet enfant devait arriver dans les meilleures conditions possibles. Tu n’as pas lâché ma main. On a ri. On a pleuré un peu aussi. Forcément.

A 1h du matin quand il est entré dans la salle d’accouchement je l’aurais embrassé. Quand j’ai senti le liquide froid de la péridurale inonder mon dos, je me suis sentie revivre. Les douleurs se sont espacées. J’ai fermé les yeux quelques instants. Tu étais toujours là.

A 4h, le bébé semblait prêt. Il n’y avait plus qu’à. Je me suis accrochée à ton sourire, tes yeux pétillants. C’est dans ta présence, ton soutien indéfectible, ton amitié que j’ai puisé l’énergie des derniers instants.

Plus il était là, posé contre moi. Peau contre peau. Et les larmes de joie sur nos joues. C’est toi qui lui a mis son petit pyjama bleu nuit, qui l’a tenu dans tes bras, juste après moi. On a peu dormi cette nuit là.

Au matin la relève était là, l’éblouissement à son comble.

Souviens toi, il y a 5 ans, c’était lui, toi et moi. Un instant d’amour et d’amitié à jamais graver dans mon esprit et dans mon cœur.

Merci C.!

Le coup de gueule du jour!

Un petit coup de gueule de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Il parait même que c’est bon pour la santé de se révolter. Alors allons-y…

S’il y a une chose qui me fait monter en flèche, c’est bien souvent les questions toutes faites des gens. Des gens que je ne connais pas et des ami(e)s aussi – je ne sais pas ce qui est pire. Les exemples sont légions et concernent généralement la/ma/ta vie privée.

Tu n’as jamais eu droit quand tu étais célibataire (et pas toujours si fière de l’être) à la célèbre question « comment vont les amours ? ». Question mal venue et à côté de la plaque, qui te rappelait une fois encore que tu n’étais pas dans la « norme ». Rien de mieux pour te faire sentir encore plus mal. Quand ce n’était pas « tu ne crois pas que tu es juste un peu trop exigeant(e) ? ». Ah parce que demander respect et communication, c’est être exigeant. Où va le monde !

Ça ne s’arrête pas là.

Quand tu es célibataire (et parfois très bien dans tes baskets), on veut te caser. Tes ami(e)s se coupent en quatre pour te faire rencontrer le potentiel partenaire idéal. Tous les coups sont permis. C’est rarement concluant.

Quand tu es séparé(e), on te rappelle qu’il faut refaire sa vie rapidement (sous peine de voir arriver la date à laquelle tu ne seras plus sous garantie et donc plus personne ne voudra de toi) – très sympa les amis (c’est pour ton bien il parait…)

Quand tu rencontres quelqu’un, au bout de deux semaines, on te demande si tu as présenté l’heureux (se) élu (e) à ton père, ta mère, ta grand-mère, ta gardienne d’immeuble, tes mômes, ton poisson rouge.

Et puis ensuite tout le monde veut savoir quand vous emménagez ensemble ? Quand vous comptez vous marier ? (Personne ne se demande si toi, lui, elle a envie de tout ça, si on n’a pas juste envie de prendre notre temps, de savourer ce qui se présente, de prolonger la magie, d’être juste heureux  – là n’est pas la question. Ça se passe comme ça, point à la ligne – question suivante.)

Après, il sera immanquablement question des enfants. Le premier. Si tu n’en veux pas ou plus, on te prouvera par A+B que tu es jeune, que tu as le temps de changer d’avis, qu’il ne faut jamais dire jamais ni jamais plus d’ailleurs. Si premier il y a, tu entendras rapidement « le deuxième c’est pour quand ? » Il sera peut-être question du troisième, d’un éventuel animal de compagnie, d’un compte commun, de vacances en famille à Trifouilly-les-oies…

Un jour, tu auras même le droit (parce que tu n’es pas sage) « tu n’es pas encore propriétaire – qu’est-ce que t’attend ? »

Les questions ne s’arrêtent pas. C’est un flot continu et épuisant. Même quand tu donnes une réponse franche et claire, on te la ressort 1 mois plus tard, avec une légère pointe d’impatience (et agressivité comme si tu faisais exprès de ne pas faire comme “tout le monde”) . On te dit souvent « il serait temps ». Temps de quoi ? Temps que vous arrêtiez d’emmerder le monde, on est bien d’accord. A ce rythme-là, si on avait vraiment dit le fond de notre pensée, on n’aurait plus d’ami(e)s dans notre carnet d’adresse. Alors on garde le sourire de circonstance, on dit « oui tu as raison » et on continue notre vie comme si la conversation n’avait pas eu lieu, parce que nos choix ne regardent que nous. Et que l’important c’est qu’on soit heureux. Si les autres ne le sont pas, c’est leur problème !

2017 ou l’année du renouveau…

On peut faire un bilan à tout moment et pourtant on choisit toujours la fin de l’année pour s’octroyer une pause, histoire de voir d’où l’on vient, ce qu’on a appris, ce que l’année désormais passée nous a apportée.

2017 aura été riche pour moi. Le début d’un nouveau cycle. Je n’attendais rien sinon de continuer sur ma lancée, d’amorcer en pratique le processus de reconstruction. Avant 2017 j’avais fait face. Tout simplement. Sans trop me poser de questions. Ou en m’en posant des tonnes sans vraiment savoir où j’allais. La règle de base était d’avancer et de gérer au mieux le quotidien.

2017, c’est aussi la première année d’une vie à deux. Il nous a fallut du temps pour prendre nos marques. Nous connaissions l’endroit. Deux personnes en étaient absentes. Ce fut le retour à l’indépendance pour moi après 4 années de cohabitation parfois chaotiques et douloureuses. Si mes parents étaient là pour nous aider, les relations tendues étaient devenues difficilement supportables pour chacun. Il fallait que ça change. Notre vie à deux a été pleine de découvertes, de coups de blues, d’envies de tout lâcher, de cris, de colère, de fous rires, de recettes complètement ratées et de quelques réussites en cuisine tout de même.

2017 a vu naître mon troisième livre – Chuchotis et Ricochets. Et à consacré la fin de mon manuscrit autobiographique, qui pour le moment restera privé. Avec l’aide précieuse d’Aline mon site auteur a vu le jour. J’écris quotidiennement. Je m’essaye à de nouveaux styles en accord avec qui je suis. J’ai aussi écrit un recueil de poèmes sur un thème difficile – les violences conjugales – que j’ai décidé de ne pas publier. L’envie de tourner la page l’a emporté sur les années noires…

En 2017, j’ai investi en moi. Ça ne m’était pas arrivé depuis belle lurette. Çà ne m’était même peut-être jamais arrivé – ma mère dit que j’ai la mémoire courte! J’ai découvert la numérologie, l’astrologie, les guidances inspirées.

En 2017, j’ai fait de nouvelles et belles rencontres. Je pense aux personnes avec lesquelles j’ai partagé quelques heures après de long mois de correspondance, Elodie à Paris, Delphine à Marseille. Sans oublier un weekend inoubliable avec Laurie et Laurie (c’est pas de ma faute si elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau et qu’elles ont le même prénom!).

Puis l’amour est arrivé de manière assez inattendue. Il a bouleversé ma vie d’une façon extraordinaire. Chaque jour qui passe je remercie la vie pour ce cadeau, pour qui il est, pour ce que nous partageons. Beaucoup de douleurs ont refait surface, d’angoisses, d’images aussi. J’ai douté, eu peur de ne pas être à la hauteur de son amour. J’ai eu peur du bonheur puis j’ai lâché prise. Je me suis laissée une chance d’être heureuse moi aussi. Apprendre à m’aimer m’a aidé à accueillir l’autre sans souffrance, à accepter d’être vulnérable, à me livrer davantage. Beaucoup d’impossibles sont devenus des territoires à explorer. La confiance, l’écoute, l’attention m’ont donné des ailes. Je redeviens femme à son contact. Il me révèle à moi-même. Et rien que ça c’est un miracle!

En 2017, j’ai beaucoup écris et vous avez merveilleusement accueilli chacun de mes mots. Je vous en remercie du fond du cœur. Votre soutien, votre amitié sont des valeurs sûres sur le chemin. Restez tels que vous êtes et appréciez chaque jour ce qui se présente. La vie est pleine de surprises!

Bonne soirée et bon réveillon!

ps – Merci Cécile pour ton joli billet qui m’a donné envie moi aussi de faire une pause pour me remémorer le meilleur de cette année passée.