Il était une fois: un souhait…

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Il est là, posé sur le monde, sur un fil invisible entre ciel et terre. Il est là, solitaire, avant d’être rejoint par un, puis deux, puis dix, puis mille autres. Il attend le souffle du vent ou celui d’un baiser. Dans sa bulle d’or, il contient tout ce que le cœur sait.

Il est un souhait.

Le premier souhait.

Il est un souhait de paix, celle qui fait tant défaut au Monde.

Il est un souhait d’amour, d’étreintes rassurantes ou passionnées, de tendresse, de force, de sentiments – intenses, d’émotions, de vibrations, de sensations.

Il est un souhait de confiance, d’estime, de pardon, de résilience et d’abandon, de renaissance.

Il est un souhait du corps, le corps visible et invisible, le corps sain et épanoui.

Il est un souhait d’audace, celle qui nous emmène sur des routes moins fréquentées, des collines verdoyantes ardues à gravir et en haut desquelles la vue est époustouflante.

Il est un souhait de joie, de sourires, de câlins qui chatouillent, de baisers mouillés, de retrouvailles, de fous rires, de découvertes, de lâcher prise, de temps partagé, de longues balades dans la nature, de regards échangés, de complicité, de mains qui se serrent, d’embrassades qui s’éternisent, de fêtes improvisées.

Il est un souhait de bienveillance et d’urgence de vivre l’instant, de ralentir, de regarder autour de soi, de s’enivrer de l’éphémère, des joies simples et singulières.

Il est un souhait de mots, écris, lus, à lire, de créations, d’essais, d’histoires à raconter, de destins croisés.

Il est un souhait de liberté, de prospérité, pour toujours enthousiaste.

Il est un souhait enrobé de dentelles, contenu dans un nuage de douceur, traversé par un arc en ciel, un souhait pétillant et vivifiant, un souhait qui se balance dans l’air frais de janvier, un souhait tout en chaleur humaine.

Il est un souhait de moi à toi, à chacun d’entre vous.

Un souhait qui comme une bulle de savon viendrait s’échouer entre vos bras pour que 2019 soit une année lumineuse et riche de tout ce que vous souhaitez voir se réaliser!

 

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Écrire un poème…

Copyright Marie Kléber

Écrire un poème
Aux gens que j’aime
Murmurer l’essentiel
Sur un tapis de fleurs
Que j’aurai cueilli
Dans les herbes folles
Des matins solitaires

Avant l’orage
Avant la nuit
Avant le chaos
Des sentiments
Qui au gré du vent
Se perdent dans le néant

Celui des tours d’ivoires
Des bateaux ivres de peurs
Des terreurs d’enfance

Avant la perte de l’innocence

Écrire un poème
Aux gens que j’aime
Pour ne garder que l’essentiel
Saisir le sens éternel
De l’existence

L’être
L’Amour
Puis au milieu
L’expérience de Dieu

Tous ces mots écrits

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Je les écris tous les jours. Les jours de doute. Et les jours de joie. Je noircis des pages d’eux. Des pages que je partage et d’autres qui n’existent que pour mon regard. Un souvenir se grave. Chaque regard, chaque sourire, chaque échange, chaque miracle. Je les regarde vivre, aimer, faire vibrer la corde sensible de mes sentiments. Si imprégnés d’eux. Ils sont mon refuge, mon rivage, ma terre ferme.

Je les ai écris, ceux qui ne sont plus. Des mots lus pour un dernier au revoir – des mots qui m’arrachent encore quelques larmes, celles des adieux auxquels on ne s’était pas préparé.

Je l’ai écrit, lui,  petit ange qui se pose sur le monde, mon monde, qui s’envole et vole au dessus des nuages, libéré de ces maux qui marquent au fer rouge.

J’ai écrit le premier amour. Pour accepter la séparation. Pour le laisser partir. Écrire pour guérir. J’ai écrit les suivants, sentiments platoniques, vérités tragiques. Pour ne pas oublier.

Alors toi aussi il fallait que je t’écrive, que je te donne vie dans une histoire qui porterait ton prénom. Il y aurait les vacances, nos souvenirs de gosses, la mer, les prémices de l’amour, la liberté de ces deux mois d’été. Puis il y aurait la fin – purement inventée. Tout comme les personnages et le deuil. Il n’y aurait que ton prénom et cette place au cimetière sur laquelle je m’arrête à chaque fois que j’y passe. Juste là, là où nos souvenirs communs convergent. Une histoire pour exorciser les démons. Et faire taire les fantômes de la nuit qui jouent avec les émotions de ceux qui restent.

Alors j’aurai presque fait le tour des mots écrits…

Sur les hommes de ma vie.

 

Pourquoi je ne me confie presque plus ?

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J’ai fait le constat récemment que je me confiais très peu à mes proches, mes amies. Est-ce un choix ?

Oui. Par rapport à ma famille. Un choix de protection. Tout en ayant pardonné beaucoup de choses, certains mots sont ancrés en moi à l’encre indélébile. Et je sais aussi que le risque du chaos n’est jamais loin. Maintenant que j’arrive à le tenir à distance, je ne souhaite pas qu’il réintègre mon quotidien.

Par rapport à mes amies, je ne sais pas. L’éloignement peut-être. Un coup de fil tous les six mois ne permet pas de dire ce que l’on a sur le cœur. Ou bien la peur d’être jugée. Oui je sais les amies ne sont pas là pour ça. Mais parfois les mots dépassent la pensée. Ils n’ont pas pour but de faire mal et pourtant leur impact est douloureux. Ça aussi je n’en veux plus.

Je me rends compte que je garde beaucoup pour moi. Cette année a été riche de belles choses et de gros moments de doute aussi. Je ne les ai partagés qu’avec lui. J’ai cette chance aujourd’hui.

Alors j’écris beaucoup. Ici et ailleurs. J’ai tu des choses par peur que les mots des autres ne viennent me chambouler davantage. J’ai préféré écouter ma voix, trouver du confort dans ma bulle. J’ai eu peur du rejet.

Est-ce un manque de confiance ? Peut-être. Avec le temps, j’ai encaissé beaucoup. J’ai gardé mes amitiés intactes le plus souvent, en taisant ce qui agitait mon cœur. Les conseils et avis à l’emporte-pièce, très peu pour moi. Même si l’intention est bonne. Je n’ai pas besoin que mes amies adhèrent à mes choix, ni qu’elles me disent que ce ne sont pas les bons.

Peut-être que c’est moi qui n’ai pas eu assez confiance en moi à un moment donné. Pourtant en amitié je crois me montrer telle que je suis, la plupart du temps. Mais pourrais-je tout dire ? Tout partager ? Je ne sais pas, encore une fois. Je suis partagée.

Je crois que je n’ai plus peur de perdre mes amies. Je me dis que la vie est ainsi faite que certaines personnes restent, d’autres partent. Je ne voudrai juste pas payer les pots cassés.

J’essaie souvent de me mettre à la place des autres. Et si c’est à moi que certains ne souhaitaient pas se confier. Je me rends compte là aussi que peu se confient, peu m’appellent moi aussi quand tout va de travers dans leur vie. Ou bien quand le bonheur inonde leurs jours.

Une remise en question est-elle nécessaire ? Ou bien c’est juste la vie qui est ainsi?

Tactile

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Il l’a vu au premier coup d’œil.

Et pourtant autour de moi, beaucoup vous diront que je ne le suis pas. Et pour cause, c’est quelque que chose que je n’ai pas assumé pendant longtemps.

Pourquoi me direz-vous ?

Déjà parce que chez moi on ne l’était pas. Les effusions de tendresse, très peu pour nous. Certains diront qu’un enfant ne s’adapte pas à son environnement. Je me suis sur-adaptée au mien.

J’ai besoin de toucher, de sentir. J’ai besoin de poser mes mains. Ce contact avec l’autre, les choses, les éléments est très important pour moi. Je suis par exemple une grande amatrice de câlins, de caresses, de chatouilles. Il suffit de sa main qui m’effleure, passe délicatement dans mon dos pour que tout mon corps réagisse. C’est aussi subtil que ça. Aussi subtil que le vent ou le soleil sur mes bras, recevoir un massage, le sable qui coule entre mes doigts, marcher pieds nus, sentir le contact de l’eau sur ma peau. J’ai un rapport prononcé à la sensualité, que j’ai beaucoup appréhendé à travers la danse et que je développe avec l’écriture aujourd’hui. Comme les enfants, j’apprécie aussi de manger avec les doigts – en société je me tiens, ne vous en faites pas !

Beaucoup d’hommes qui ont partagé ma vie, pour ne pas dire tous, ne l’étaient pas du tout et trouvaient d’ailleurs ce besoin assez puéril.

Beaucoup de mes amies y sont plutôt réfractaires. Dans ma famille, on se prend rarement dans les bras les uns des autres. Quand ça arrive on se sentirait presque gênés.

J’ai caché cette vérité sur moi pendant des années. Je pensais même que c’était « mal ». J’avais des idées un peu particulières sur le « bien » et le « mal ».  Si j’avais été un peu trop proche d’une amie, on aurait pu croire…Si j’avais dit que j’aimais bien laisser mes mains gambader sur ma peau  (sans y voir une connotation sexuelle), on aurait dit que…

L’Irlande a été le premier déclencheur. C’est un pays où les gens, pour le coup, sont très chaleureux, très « grandes embrassades ». Je pouvais donc être moi sans être mal vue. Niveau câlin, j’ai rattrapé mon retard. J’ai aussi rencontré des personnes tactiles pour la première fois de ma vie (ou du moins je les ai reconnues comme telles avec ma nouvelle ouverture d’esprit) et je me suis finalement dit que d’être ainsi n’était ni une malédiction, ni une tare. Par exemple j’ai une amie qui adore les chatouilles/caresses sur le corps. Étant donné que c’est quelque chose que j’aime faire, dès qu’on se voit, on se planifie une séance. Ça fait rire Loulou, qui  est un grand amateur également ! Ce sont souvent les autres qui sont gênés, jamais nous.

Le toucher est un vecteur incroyable de sensations, également pour moi un moyen d’exprimer ce que je ressens. Même si je considère que les mots sont importants, que les regards en disent long sur les sentiments, le toucher est ma manière à moi d’être au monde. On sous-estime souvent l’impact d’un câlin. Son pouvoir est immense pourtant!

Le deuxième déclencheur a été bien entendu de rencontrer un homme tactile. Dans cette relation, je n’ai plus rien à cacher. Je peux même exploiter tout un panel d’expériences que je m’interdisais jusqu’alors. La honte, la peur ont au fil du temps disparu pour laisser place à l’épanouissement, un épanouissement auquel il a largement contribué (il a insuffler un nouveau souffle à ma vie, il m’a rendu à moi-même et pour moi c’est une des plus belles preuves d’amour – toutes mes excuses pour la digression!). Mes notions de « bien » et « mal » ont évolué, on peut même dire qu’elles sont sur le point de ne plus avoir de valeur. La seule que je revendique désormais est la liberté d’être soi ! Même si dans la vie de tous les jours je m’adapte un tant soit peu à mon environnement…

Et vous, tactile, un peu, beaucoup, pas du tout ? Comment entrez-vous en contact avec les autres ? Qu’est-ce que vous inspirent les personnes tactiles ?

On écrira nos rêves sur un morceau d’azur…

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On écrira nos rêves sur un morceau d’azur…

Ce sont les mots qui s’imposent quand je la vois. Juliette a grandi. En sortant l’autre jour, j’ai croisé son sourire de l’autre côté de la rue. Elle a grandi, si vite. La petite fille a disparu. Il reste dans ses yeux cette pointe de malice. Et puis ses mains. Elle a fait comme elle faisait avant, depuis ce jour de mars il y a trois ans, elle a pris ma main. J’ai souri.

Nos visages se sont reconnus. Ils se sont souvenus des matins gris éclairés de sa joie de vivre. Se sont imposés alors à nous tous les silences que nous ne percerons pas. Juliette ne parle pas. Juste quelques mots. Elle vit dans un monde dans lequel je passe, un monde qui n’appartient qu’à elle. Pour peu qu’on s’y intéresse, son monde nous est accessible le temps d’un trajet, le temps de la regarder être au monde, à la vie. Dans une simplicité déconcertante.

Nos chères vacances 2018!

Les vacances ont débuté sous une pluie battante à la gare de Bercy. La chaleur des semaines de juillet cédaient sous le poids de l’orage menaçant et vif. A l’intérieur du car qui traçait vers le sud, chaussures mouillées et serviettes de plage entonnaient les premières notes de mes trois semaines de congés d’été annuels!

Après une virée éclair sur Toulon, je reprenais la route du bord de mer, un peu plus au Nord. L’Atlantique m’attendait et mon Loulou aussi, qui comptait depuis une semaine déjà les dodos qui nous séparaient.

Ces vacances tant attendues furent – comment dire – très différentes des années précédentes. Et pour cause, cette année, nous n’étions plus quatre (mes parents, loulou et moi) mais six, puis sept. La fratrie au complet. Les cousins ensemble. Cohabiter sereinement en famille est un rêve, qui quand il se matérialise, laisse planer quelques doutes sur la capacité de chacun à accepter l’autre tel qu’il est et à laisser critiques et jugements de côté pour profiter du plaisir d’être réunis.

Entre les manies de l’un qui agacent, les idées de l’autre sur l’éducation des enfants, les envies divergentes, les habitudes de vie, j’ai pris le parti de ne prendre celui de personne. Et quand j’ai senti qu’il suffirait d’un rien pour que les choses se délitent et que le conflit éclate, j’ai pris la poudre d’escampette avec Loulou.

Avec de bien belles aventures au programme:  plage et baignade, journées entre cousines et amis, des rires, la cueillette des mûres pour faire de bons crumbles ou les déguster à peine cueillies le nez dans les ronces, des balades à poney, à vélo aussi – maintenant que Loulou n’a plus de petites roulettes, vive la liberté, des pique-niques sur la plage et de beaux couchers de soleil à admirer, une nuit d’étoiles filantes, déguster des glaces faites avec du bon lait de la ferme et de la menthe fraiche, regarder Loulou de plus en plus à l’aise dans ses activités, des sourires, des batailles d’eau dans le jardin, des cakes et des babines pleines de chocolat, des parties de foot endiablées, deux journées à Nantes…

Se serait mentir de dire qu’il n’y a pas eu d’heures creuses. Elles m’ont un peu chamboulée d’ailleurs. J’ai été énervée parfois, je me suis retenue, j’ai beaucoup pris sur moi aussi, tout en essayant de me dire que chacun faisait de son mieux. Il a fallut rappeler quelques bases et les heures pleines vinrent vite chasser les quelques grammes de blues.

Je me suis octroyée quelques plages en solo, pendant que Loulou s’amusait au poney, puis offert deux balades à cheval, trois footing à l’heure où les vacanciers émergent tout juste de leur précieux sommeil. J’ai retrouvé la mer et le plaisir de la regarder, tantôt calme, tantôt agitée. Je me suis promis que l’année prochaine je me remettrais à la voile, que j’irais me confronter au vent et à cette sensation suprême de liberté quand la coque d’un dériveur fend les flots moqueurs.

Puis il y a eu la dernière journée, celle qui tente de retenir le temps au maximum. C’est déjà finit. Les bagages sont prêts. On passe pour les “au revoir, à l’année prochaine”, on fait durer le plaisir jusqu’à la dernière minute. On se repasse les photos qui marquent les souvenirs. Voilà, il faut repartir. Au bout de la ligne de train, le bureau et Paris désert. Ça ne durera pas. Pour la première fois depuis six ans, quelqu’un m’attend. Le retour est plus doux, les retrouvailles intenses et émouvantes.

Trois semaines c’est long et court en même temps. Que c’est bon de profiter du temps sans impératif, sans montre, sans horaire à respecter. Que c’est bon de marcher nus pieds, de faire des châteaux de sable, de passer du temps en pleine nature, ensemble. Que c’est bon de retrouver ceux que l’on aime et que l’on ne voit qu’une fois par an, pour ce temps béni de nos chères vacances!

Et vous vos vacances, quel gout ont-elles eu?

 

 

 

 

 

 

La perfection de l’imparfait

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Nous sommes humains, imparfaits, la somme de forces et de faiblesses, mélange de zones franches et de chaos, d’intangible espérance ou d’espoirs vains, de fragilités, de doutes, d’envies, de paradoxes variés.

Nous sommes uniques, parfaits tels que nous sommes, de corps et de cœur. Et si nous aspirons au meilleur, ce n’est pas en quête de perfection mais plutôt de perfectionnement de soi, d’épanouissement, de développement.

Quand l’autre est parfait pour soi et que nous sommes parfaits pour l’autre, ce n’est pas dans un aveuglement complet, qui voudrait que nous placions l’autre sur un piédestal, refusant de voir qu’il est après tout humain, mettant ainsi à l’amour des conditions qui n’ont pas lieu d’être, mais dans une dimension différente, celle d’un amour partagé qui fait des défauts et des qualités des bases fondatrices de la relation (quelle qu’elle soit).

L’unicité de chacun ne nous rend pas forcément attiré par tous. La relation nait d’une idée de l’autre puis grandit avec sa vérité. A nous le choix d’accueillir cette vérité ou de passer notre chemin.

La perfection de l’être existe dans l’imperfection de l’humain. A tous moments faillibles, à tous moments perfectibles. A tous moments en évolution.

A la quête d’un impossible, privilégions celle de l’authentique qui fait de nous des individus de l’instant. Qui n’avons rien à prouver, rien à devoir devenir pour être aimé.

Briser l’armure (pour revenir à soi)

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Dans notre vie de tous les jours, il y a tout un tas de principes, de valeurs, d’idées reçues, une liste plus ou moins longue de « jamais », des peurs, des angoisses, des phobies,  des blessures, en bref un tissu opaque de chaos qu’on se trimballe, en pensant que ça nous protège. Alors même que ça ne nous protège de rien du tout. Je dirais même que ça nous oppresse, ça nous empêche d’être bien, épanoui, heureux, ça nous empoisonne l’existence.

Et pourtant, sommes-nous prêts à envoyer valser ce lot d’incertitudes, à lever le voile sur le mystère qui entoure nos rêves les plus fous, nos fantasmes les plus osés, nos souvenirs les plus marquants ?

Ou préférons-nous rester bien planqués derrière l’armure antichoc construite au fur et à mesure des expériences – c’est si agréable la zone de confort ?

Se mettre à nu, exposer ses vulnérabilités, parler de toutes ces choses intimes n’est pas donné à tout le monde. Certaines personnes n’ont aucun problème ni avec leurs émotions, ni avec leurs choix de vie, ni avec les expériences vécues. D’autres au contraire se posent toujours la question sur ce qui peut ou ne peut être dévoilé, sur ce qui peut être confié ou doit être gardé pour soi. Certaines personnes disent tout quand d’autres ne disent rien. Certaines personnes osent tout quand d’autres n’osent pas.

J’ai souvent été cette personne très pudique dans mes sentiments et prudente dans mes démonstrations d’amitié, d’amour. Mes quelques débordements furent vite recadrés. Je me suis donc imposé une ligne de conduite, gardant la majorité de mes émotions pour moi, ne partageant que le strict minimum.

Je crois toutefois en l’importance d’avoir et d’entretenir un jardin secret, sans toutefois se perdre dedans et se couper du monde. Le risque est là, à force de ne pas se dire, on s’oublie. Et il est alors plus difficile, quand l’occasion se présente de parler de soi, de sortir ce qu’on a en nous, de dire les choses, celles qui vont, ne vont pas, celles qui nous importent, celles qui ne nous conviennent pas, de partager nos idées, nos envies, d’échanger sur des sujets qui nous mettent mal à l’aise ou d’autres qui nous tiennent à cœur. C’est tout un travail comme apprendre à parler dans une nouvelle langue, un langage plus ouvert, moins censuré.

Il faut en passer par là pour se réapproprier son soi, se reconnaître, se reconnecter, se sentir en équilibré et libre (à son rythme).

Du manque et du bonheur composé

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J’ai appris le manque de lui, si petit, une étincelle de vie entre mes doigts. Construire ailleurs ce que je ne pouvais lui offrir ici et dans ce temps sans lui, savoir que c’était mieux comme ça.

J’ai appris le manque d’elles, dispersées aux quatre vents. Puis à contrôler l’envie irrésistible parfois de traverser la France juste pour se retrouver autour d’un thé fumant, refaire le monde les yeux dans les yeux, sans ce fil inconstant qui bannit les distances, ne remplace pas l’absence.

J’ai appris le manque de ceux qui sont partis, qui ont déserté mon univers pour d’autres terrains de jeu, terrestres ou célestes. J’ai appris l’éphémère dans la vie qui reprend ce que j’ai de plus cher.

J’apprends le manque de toi, toutes ces vies que tu vis dans lesquelles je ne suis pas, tous ces paysages qui s’enivrent de ta présence, toutes ces heures qui peu à peu te rapprochent de moi, de nous deux.

Dans le silence de cet espace, de ce manque impalpable, je fais corps avec le monde, je saisis l’essentiel de ce bonheur composé. Tout est dans les sentiments partagés.