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L’autre n’est jamais le problème…

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Au premier jour de formation, cette phrase vous fait l’effet d’une bombe et vous vous dites que vous avez du boulot à faire sur vous!

L’autre, vous savez, votre patron, vos parents, votre voisin de palier, vos collègues, vos potes, votre meilleure amie, votre mouflet, les gosses des autres, la maitresse, les autres conducteurs, votre coiffeur, votre belle-mère, les parents d’élèves, le garagiste, la SNCF, la Poste, les hommes politiques, votre conjoint, vos lecteurs, vos clients…
Je pense que vous voyez très bien.

Et oui, au début ça file une de ses claques.
Mais si l’autre n’est pas la source de TOUS mes problèmes, qui en est responsable? Ça mouline, un peu, beaucoup, ça mouline et ça lutte à l’intérieur, un vrai bras de fer, pour ne surtout pas faire face à la réponse.
L’autre, responsable de mes maux, c’est beaucoup plus simple et pratique.
L’autre, cet inadapté, cet abruti, ce sans-gêne, cet irrespectueux, cet empêcheur de tourner en rond, l’autre, celui qui me gâche l’existence. Je ne vais quand même pas le laisser s’en tirer à si bon compte.

Peut-être, mais à force de se dire que c’est l’autre, on perd le contrôle de nos choix, de nos vies. On devient un pantin entre ses mains et on va pouvoir continuer à en vouloir à la terre entière pour tout ce que nous considérons comme injustice et manque de chance.

Toutefois, ça n’aura pas l’effet escompté. L’autre ne va pas changer pour vos beaux yeux. D’ailleurs pourquoi devrait-il changer? L’autre est tel qu’il est comme vous êtes tel que vous êtes. Il n’est peut-être pas comme vous aimeriez qu’il soit, certes, mais vous n’êtes peut-être pas, vous non plus, comme il aimerait que vous soyez. A ce régime là, nous ne cesserons jamais tourner en rond. Or le but de toute vie c’est d’évoluer, non!

Comment évoluer sans prendre nos responsabilités. Nous avons tous en tête la célèbre phrase de Gandhi “soyez le changement que vous voulez voir dans le monde”. Le monde ce n’est pas ailleurs, c’est là, votre monde, votre famille, vos loisirs, votre travail, vos blessures, votre histoire.
Je ne vous cache pas que ce n’est pas un travail évident mais je peux vous assurer qu’il est très libérateur. Il donne une vision du monde totalement différente et aide à accueillir l’autre sans jugement.

Comme l’autre n’est pas responsable de notre bonheur, il ne l’est pas non plus de notre malheur. Oui, je sais c’est un peu compliqué à intégrer et pas de souci, il y a des jours où ça vous paraitra simple et d’autres où vous vous direz que c’est complètement barré cette histoire.

Le but c’est bien de réfléchir à la place de chacun et à la meilleure manière de trouver la sienne. Notre colère, notre déception, notre peine, nos chagrins, nos peurs, notre jalousie tout comme nos joies, nos partages, nos réussites, parlent de nous. Toutes nos émotions et nos sentiments sont un baromètre fantastique pour apprendre à nous connaître, nous accueillir, nous accepter, nous aimer.

Bien sûr si l’autre pouvait aussi faire le travail, ce serait mieux. Mais là nous n’avons pas la main. Et nous ne l’aurons jamais. Demandez à tous les “sauveurs” de la terre, personne n’a jamais réussi à changer quelqu’un contre son gré. C’est une utopie et une certaine violence aussi envers l’autre (après réflexion). Mettons nous, à sa place, aimerions nous que quelqu’un nous façonne à sa guise, selon des valeurs et idées qui ne nous parlent pas du tout?

Chacun son chemin, chacun son rythme. Chacun son cheminement personnel, chacun son histoire et chacun sa personnalité. Nos différences ne sont pas faites pour être gommées, elles sont une richesse pour nous aider à grandir encore et toujours.

PS/ Ca va de soi mais je préfère le préciser, nous ne sommes aucunement responsables des actes odieux commis par d’autres à notre encontre. Seulement de la manière dont nous y faisons face et là encore nous y faisons face en fonction d’où nous en sommes dans notre parcours personnel. Ce billet a été écrit pour ouvrir la réflexion de chacun…

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Bienveillance, accueil, écoute et acceptation – et si on commençait par regarder à l’intérieur de soi?

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Ne pas être jugé par autrui, être accueilli, accepté pour qui l’on est.
Tout le monde dit “oui” sans hésiter! Forcément ça fait rêver!

Et si tout commençait par soi?
Et si nous regardions à l’intérieur pour voir comment, nous, nous regardons les autres? Comment nous les apprécions?
Les acceptons nous dans leur totalité? Ou souhaitons nous qu’ils changent un peu, juste un peu, pour rentrer dans nos cases – ne nous leurrons pas nous en avons tous – tant qu’elles restent souples.

J’ai été jugée, mal acceptée. Je ne suis pas rentrée dans beaucoup de cases. Ou plutôt si j’ai essayé. Je me suis changée un peu, beaucoup parfois. J’ai suivi la foule en m’assurant (un joli mensonge) que je restais libre de mes choix. Je me suis travestie pour un sourire, un regard.

J’ai jugé aussi, je ne me suis pas positionnée dans un débat par crainte d’être mise de côté. J’ai laissé d’autres se moquer, d’autres se faire moquer. Je n’ai pas défendu quand il le fallait.

J’ai souvent demandé à l’autre de m’accepter avec mes qualités et mes failles, ma vulnérabilité et mes idéaux. Avec le recul, je réalise que j’ai demandé beaucoup, en laissant l’autre se dépêtrer avec ses propres limites. Je voulais la reconnaissance sans reconnaitre, la bienveillance sans l’appliquer, l’accueil sans la réciproque.

Au fil du temps et des rencontres, des rendez-vous, j’ai appris l’autre. J’ai appris à le regarder, à le connaître, à l’apprécier. A le voir comme je souhaitais être vu. J’ai appris de nos divergences, de nos complémentarités. Je ne suis pas toujours juste, je tends à l’être. Je ne suis pas toujours d’accord, je tend à écouter davantage, à ne pas être trop catégorique dans mes avis, à laisser à l’autre la place de partager le sien. Sans animosité. Sans préjugé.

Je ne cherche plus à changer. Je suis plutôt en quête d’enrichissement que de jugement. Après tout, l’un apporte quand l’autre nous entraine dans un tourbillon négatif. J’évite les ragots. Je préfère le silence aux bruits de couloirs. Qui souvent condamnent à partir de suppositions. J’évite les raccourcis, les “si j’étais à sa place”. C’est toujours si facile…

Je prends de l’autre le meilleur, il y en a toujours. C’est ce qui fait la base de ce que nous créons ensemble. Je suis de moins en moins dans “ceci est la vérité, le bon chemin”, je sais aujourd’hui que chacun construit sa vie du mieux qu’il peut à l’instant T. Il n’y a pas de vérité, ni de bon chemin. Il n’y a que des êtres qui vivent, avancent, tombent, essayent, gagnent, se perdent, se retrouvent, grandissent. Je n’ai pas à aimer le monde (ni à le sauver d’ailleurs). Mais je n’ai pas à le juger non plus. Je ne suis pas exempt de fautes, pas vierge de péchés. Je suis en devenir aussi, en découverte toujours.

C’est aussi ça la magie de la vie!