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Bienveillance, accueil, écoute et acceptation – et si on commençait par regarder à l’intérieur de soi?

Crédit Pixabay

Ne pas être jugé par autrui, être accueilli, accepté pour qui l’on est.
Tout le monde dit “oui” sans hésiter! Forcément ça fait rêver!

Et si tout commençait par soi?
Et si nous regardions à l’intérieur pour voir comment, nous, nous regardons les autres? Comment nous les apprécions?
Les acceptons nous dans leur totalité? Ou souhaitons nous qu’ils changent un peu, juste un peu, pour rentrer dans nos cases – ne nous leurrons pas nous en avons tous – tant qu’elles restent souples.

J’ai été jugée, mal acceptée. Je ne suis pas rentrée dans beaucoup de cases. Ou plutôt si j’ai essayé. Je me suis changée un peu, beaucoup parfois. J’ai suivi la foule en m’assurant (un joli mensonge) que je restais libre de mes choix. Je me suis travestie pour un sourire, un regard.

J’ai jugé aussi, je ne me suis pas positionnée dans un débat par crainte d’être mise de côté. J’ai laissé d’autres se moquer, d’autres se faire moquer. Je n’ai pas défendu quand il le fallait.

J’ai souvent demandé à l’autre de m’accepter avec mes qualités et mes failles, ma vulnérabilité et mes idéaux. Avec le recul, je réalise que j’ai demandé beaucoup, en laissant l’autre se dépêtrer avec ses propres limites. Je voulais la reconnaissance sans reconnaitre, la bienveillance sans l’appliquer, l’accueil sans la réciproque.

Au fil du temps et des rencontres, des rendez-vous, j’ai appris l’autre. J’ai appris à le regarder, à le connaître, à l’apprécier. A le voir comme je souhaitais être vu. J’ai appris de nos divergences, de nos complémentarités. Je ne suis pas toujours juste, je tends à l’être. Je ne suis pas toujours d’accord, je tend à écouter davantage, à ne pas être trop catégorique dans mes avis, à laisser à l’autre la place de partager le sien. Sans animosité. Sans préjugé.

Je ne cherche plus à changer. Je suis plutôt en quête d’enrichissement que de jugement. Après tout, l’un apporte quand l’autre nous entraine dans un tourbillon négatif. J’évite les ragots. Je préfère le silence aux bruits de couloirs. Qui souvent condamnent à partir de suppositions. J’évite les raccourcis, les “si j’étais à sa place”. C’est toujours si facile…

Je prends de l’autre le meilleur, il y en a toujours. C’est ce qui fait la base de ce que nous créons ensemble. Je suis de moins en moins dans “ceci est la vérité, le bon chemin”, je sais aujourd’hui que chacun construit sa vie du mieux qu’il peut à l’instant T. Il n’y a pas de vérité, ni de bon chemin. Il n’y a que des êtres qui vivent, avancent, tombent, essayent, gagnent, se perdent, se retrouvent, grandissent. Je n’ai pas à aimer le monde (ni à le sauver d’ailleurs). Mais je n’ai pas à le juger non plus. Je ne suis pas exempt de fautes, pas vierge de péchés. Je suis en devenir aussi, en découverte toujours.

C’est aussi ça la magie de la vie!

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La tyrannie du ventre plat…

Y avez-vous échappé?

Elle est dans tous les magazines, dans la majorité des photos qui se partagent la première place (ou pas) sur la toile, dans la bouche des femmes qui décortiquent leurs formes au microscope, dans l’appréciation collective de ce qu’est un “joli” corps. Elle ne date pas d’hier et elle devient même parfois une obsession. Régimes, séances intensives de sport, culottes gainantes, opération chirurgicale. Certaines femmes sont prêtes à tout pour ce ventre là, sans rondeur, ce ventre adulé, porté aux nues, ce ventre qui leur permettra enfin de se regarder dans la glace et de se trouver “pas si mal” – comparées aux autres…

Tout ça pour ça.

Je ne vais pas vous dire que j’ai  échappé à cette malédiction. Ce qui est vrai pour moi, l’est pour d’autres, mon corps s’est transformé au fil des ans. La maternité y est pour quelque chose, mais pas que. Il y a 20 ans, j’avais 10 kilos de moins au compteur.  A côté de beaucoup de femmes, j’ai toujours apprécié mon corps, je n’ai jamais eu beaucoup de complexes.Mais le ventre ça coinçait. Les abdos, le sport, les pseudos “régimes” n’y ont rien changé. Pendant longtemps, j’ai fait l’impasse sur les maillots deux pièces. A chaque fois que je me regardais dans la glace, je ne voyais que ça, ce ventre qui prenait toute la place et que je n’arrivais pas à apprécier, malgré toutes mes tentatives de m’accepter telle que j’étais – c’est toujours plus facile de conseiller les autres. J’avais l’impression que tout le monde ne voyait que ça, que les gens qui posaient les yeux sur moi s’arrêtaient à ça. Ça me gênait, je me gênais. Sans compter que je viens d’une famille où les femmes cachent plus facilement qu’elle ne montrent, sous prétexte que les autres n’ont pas à devoir regarder un corps considéré “disgracieux” ou par peur du regard des autres sur ce corps jugé “inadapté.” Selon quels critères? A partir de quand, de quoi un corps doit se cacher / se montrer?

Pendant longtemps j’ai envié ces femmes au ventre plat. Puis ensuite j’ai envié ces femmes au ventre rond, qui assumaient. J’ai envié ces femmes qui se moquaient bien du regard des autres, qui étaient à l’aise avec leur corps, leur sensualité, des femmes libres qui au final portaient un regard bienveillant sur elles-mêmes et du même coup invitaient les autres à faire de même.

Elles sont un nombre infime à avoir un ventre plat et parfois même quand elles l’ont, elles voudraient bien qu’il soit différent. Comme quoi personne n’est jamais satisfait! Et puis la liste des complexes est longue…

Je pourrais écrire qu’un regard a changé la donne, mais ce serait faux. J’ai mis du temps à ne pas me sentir mal à l’aise nue. J’ai continué à regarder mon ventre avec cette petite moue dubitative – j’allais faire avec. Petit à petit j’ai accepté que cet autre regard aime mon corps dans sa globalité, sans s’attarder sur ce que moi je considérais comme un défaut. J’avais fini par ne plus faire attention, j’avais même réussi à m’offrir un maillot deux pièces pour l’été (un exploit!) Et puis une réflexion en cours de saison m’avait remis la tête à l’envers. Je me suis replongée dans l’étude attentive de cette île au milieu, qui semblait bien installée. Que d’heures de perdues à vouloir un corps autre! Des évènements récents m’ont montré un rapport au corps différent, dénué de jugement, ce qui en fait ressortir la beauté, la singularité. Doucement mon regard change, il devient plus doux, il regarde l’ensemble. Doucement mon corps prend ses aises et retrouve sa liberté d’être, en vérité, avec ses aspérités, ses forces, ses contours, ses lignes, ses reliefs.

Et vous, ce rapport au ventre plat, ça vous parle? Aimez-vous votre corps? Ou avez-vous des difficultés à l’assumer, à l’accepter? D’autres complexes?