Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Quête d’absolu

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A l’heure où je pose
Posais
Ces mots sur les lignes du cahier
Choisi pour recueillir les fragments de mes pensées
Tes pieds goutaient à la fraicheur de l’eau

L’amour est liberté
Ou ce n’est pas de l’amour
Ou l’amour est empêché
Dans un engagement
Une promesse
Qui le contrôle, le modèle
Rassurant sûrement
Rassurant de penser que nous pouvons
Le tenir entre nos mains
Qu’il est bien là
Bien au chaud
Qu’il ne s’envolera pas
Si on y fait bien attention
Rassurant et pesant
Cet amour comme lié
L’absolu entravé dans son épanouissement

Loin, l’amour prend son envol
Paré d’ailes qui l’emmènent
Plus haut que les gratte-ciels
Plus haut que les limites de la terre

L’amour n’est pas d’ici
Il est des profondeurs
Il est le mystère incarné
Celui qui nous plonge
Dans d’autres réalités
Insoupçonnées
Il est du ciel et des étoiles
Morceaux d’atmosphère vagabonds
Il est le cœur de vérité
Un cœur sans souffrance
Et sans attente
Cœur ouvert aux possibles
Aux accents extra-terrestres

Nous pouvons l’approcher
Le respirer
Mais nous ne pouvons pas parler de l’amour
Tant que de sa définition nous sommes prisonniers
Attachés comme des esclaves
A ce qu’il peut prendre et donner
Avides de preuves, de promesses
Démembrés quand l’amour file
Qu’il réclame ce qui lui appartient

L’amour
Le nôtre
Libre et vivifiant
Quand j’ose le laisser être
Douloureux et contradictoire
Quand le doute s’immisce
Quand l’amour se tait face à ce qui le dépasse

Je suis alors là où l’esprit erre

En quête de réponse
Savoir dire pourquoi je choisis toujours
L’ombre plutôt que la lumière
Les voies sans issue
Les chemins sans balise

on là où l’amour embrase le monde
De son incandescente clarté lunaire

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L’absent

Crédit Pixabay

On a coutume de dire que les absents ont toujours tort. L’enfant les pare pourtant de talents cachés, de caractéristiques incroyables. Les absents sont ces demi-dieux, ces aventuriers extraordinaires, ces super-héros aux pouvoirs magiques.

L’été fut plein de lui. Celui qui est, quelque part. Pas ici. Le père dont on égraine le nom au fil des coups de blues. Son absence place l’enfant dans un manque, qu’il tente de comprendre. Mes réponses n’apaisent pas. Elles font naître d’autres questions. Mises bout à bout, elles racontent une histoire que l’enfant a du mal à comprendre.

Elle parle d’amour. Mais d’un amour qui s’éteint. Alors que vaut l’amour qu’on dit infini, inconditionnel? Est-il un autre mensonge? Puisque l’amour entre deux adultes peut mener l’enfant à vivre sans une  de ses racines. Est-ce que l’autre aussi peut se défiler? Que resterait-il à l’enfant?

Une image. Un album. Quelques souvenirs épars. L’absent est un vide et l’enfant voudrait être comme tous les autres. Il ne sait pas tout. Il ne comprend pas tout. Il voudrait son sourire sur ses jours et ses mains, qu’il imagine réconfortantes, bien calées dans les siennes.

Il ne sait pas ce que disait l’histoire d’avant. La peur, les cris. La vie à sauver. La fuite. On essaye avec des mots appropriés de défaire les nœuds. On tente de trouver l’angle, celui qui apaisera les blessures incrustées, qui soulagera le cœur. Un peu.

L’enfant se confie. Il brode une histoire avec ses mots à lui. Son cœur se serre sur le quai, au départ du train. Et si maman ne revenait pas…

Toujours un manque. Et la peur. Toujours la vie quand même. Même après le vide. Puis l’enfant passe à autre chose. Il joue. Il rit. Les questions reviendront. Dans peu de temps. Et on tentera encore de détricoter une histoire un peu bizarre. Une histoire qu’on apprend doucement à faire sienne, dont on apprend doucement à ne garder que l’essentiel.