Une âme de magicienne

Crédit Pixabay

  • « Abracadabra ». Je suis une magicienne ! Je suis la reine des fées et je vais de suite te transformer en…
  • Tu racontes vraiment n’importe quoi Violette.
  • C’est toi. Tu voulais que je te montre un truc extraordinaire et puis vlan tu casses tous mes plans en moins de deux secondes. T’es pas sympa.
  • Et t’allais me transformer en quoi exactement?
  • En éléphant rose !
  • Tu vois, tu délires encore. Les éléphants roses, ça n’existe pas.
  • Si, ça existe. T’y connais rien. T’es plus mon copain Hector.
  • Ah oui, et t’en as vu où, toi, des éléphants comme ça ?
  • J’en vois tous les jeudis, à 14h30 précises. Même que ma maman elle m’a dit que la tienne elle doit en voir aussi.
  • N’importe quoi !
  • Comment tu le sais ?
  • Si elle en voyait elle me l’aurait dit.
  • Et tu l’aurais cru ?
  • Oui. Parce que ma maman elle ne ment jamais.
  • Même pas vrai !
  • C’est toi qu’est plus ma copine !

Lucien et Violette se tournent le dos. Sur son lit, Violette s’en veut de lui avoir parlé d’éléphants roses. Sa maman, elle n’a pas dû lui dire qu’elle venait là, une fois par semaine depuis des mois. Après tout c’est vrai, la salle de chimiothérapie de l’hôpital, il ne la connait pas. Elle se penche vers lui, le prend dans ses bras, en murmurant « promis, je te montrerai la prochaine fois ». Il se retourne, avec sur son visage un magnifique sourire, en pensant tout bas que son amie a une âme de magicienne.  « Le tour est joué ! »

Ceci est ma participation à l’atelier d’écriture A vos Claviers #9, proposé par Estelle du blog L’atelier sous les feuilles. Le texte devait commencé par « Abracadabra » et se terminer par « Le tour est joué ! ». Pas évident du tout…

 

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Il disait…

Copyright Marie Kléber

Il disait la vie.

Il disait qu’il fallait faire ce dont on a envie. Envolées les certitudes, qui nous lient à des destins dont personne ne retient rien. Il disait qu’il était sain d’aimer et de regarder le monde, chaque matin, de l’admirer, comme si ce matin là était le dernier jour du monde.

Il regardait le ciel et savait le soleil, les marées, le vent qui souffle fort sur la dune et envoie le sable voler au loin, aussi loin que la nuit qui soutient la vie.

Il disait les errances et cette quête sans importance qui nous enterre parfois vivants, sans que nous ayons pris le temps de savourer, de nous poser, de respirer la chance.

Il disait que le temps qu’il fait en juin le trois sera le temps de tout le mois. Et moi, chaque mois, le troisième jour de juin, je regarde le ciel, je guette un signe de lui dans les nuages qui tissent sur l’horizon de mes jours de belles histoires d’amour.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture A vos claviers #8 proposé par Estelle du blog l’atelier sous les feuilles.

Renaître à la vie

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Crédit Copyright Marie Kléber

Le temps est venu de partir

Fais-toi belle ce soir, ma tendre, ma douce amie

Habille ta peau de dentelles d’or,

Pare tes doigts fins de diamants bruts,

Revêt ton cachemire,  je soupire…

D’aise – Viens, je t’emmène au pays

Où les destins s’étreignent

Dans un souffle brûlant

Où les amants se livrent

Dans un corps à corps saisissant, je soupire…

De plaisir – Viens, laissons notre énergie se perdre

Dans le tumulte du monde

Prenons soin l’un de l’autre

Embrassons demain sans perdre une seconde

Le temps est venu de mourir à nous-mêmes

Pour renaître à la vie

Ceci est ma participation à l’atelier d’écriture “A vos claviers #6” proposé par Estelle du Blog L’Atelier sous les feuilles. Les mots en gras étaient ceux à utiliser dans le texte. 

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Destins décroisés

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Crédit – Pixabay

Il aurait suffit d’un sourire.

Se dire sans se faire souffrir. Personne n’y a pensé. Nous sommes restés bloqués dans le passé, coincés dans nos existences étriquées, avec nos souvenirs tantôt heureux, tantôt douloureux.

Que nous restait-il face à l’inéluctable ?

Partir. Sans un regard. Ne pas médire de l’autre, un défi que nous nous sommes juré de relever. Sans certitude. Sans se trahir surtout. Ce serait mieux.

Que restait-il de l’amour, de nos nuits, des jours ?

On s’était promis pourtant  – le meilleur à venir.

Et puis, la vie avait pris une tournure décevante. Et nous étions là à mendier un peu de bienveillance, quelques grammes de douceur pour envisager l’avenir. Seuls.

Que restait-il de nous ?

Juste deux corps en apesanteur dans un Tribunal de banlieue, le corps vidé d’énergie, le cœur broyé de tous ces non-dits, ces secrets bien ficelés, gardés sous scellés.

Au fond se mentir, c’est encore ce que nous avions fait de mieux…

Ceci est ma participation à l’atelier d’écriture A vos claviers #5 proposé par Estelle du blog L’atelier sous les feuilles.

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Retour au pays

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Je possède une ligne parfaite, voluptueuse, digne des plus grands canons de la beauté. Beaucoup d’hommes se retournent sur mon passage. Des femmes aussi. Tous envient mes formes, courbes, les accents qui me donnent un charme fou. « Très belle carrosserie ! » disent certains. Ça me fait rougir, encore aujourd’hui. Je suis de celles dont on parle avec des étoiles plein les yeux. J’ai eu mes heures de gloire, au cœur du monde. J’ai fait pâlir de jalousie plus d’une fille. Quant aux hommes, ils tombaient à mes pieds, prêts à tout pour m’offrir le meilleur.

Je m’apprête à prendre le bateau, à effectuer une longue traversée. Voilà 37 ans que j’ai quitté New-York, ses longues avenues, ses quartiers résidentiels, ses gratte-ciels à perte de vue, ses assistantes de direction hyper-speed et ses patrons sans tact. J’ai embarqué direction la France, Paris. Paris, la romantique. Paris, l’historique. Je suis tombée amoureuse de Paris, de sa douceur, des quais de Seine, de ses allées ombragées, des dédales de Montmartre, de la vie qui bat son plein à toute heure du jour, de ses nuits folles, de ses cabarets, de son euphorie. J’ai une tendresse particulière pour les grands boulevards, sur lesquels j’ai fait mes armes.

Mon partenaire me regarde encore les yeux remplis d’amour, et pourtant les rides sont bien là, les bosses de parcours aussi, les aléas du quotidien laissent des traces, empreintes de mes multiples vies.

L’heure de la retraite a sonné. Je serais bientôt de retour chez moi. Finies les escapades du dimanche à Deauville, les soirées de casino en piano bar souvent arrosées, les virées au petit matin pour aller détendre ses jambes à la campagne. Finis le corps qui tremble sous les assauts du vent. Finis les concours, les grands prix, le stress, les sourires figés. J’ai fait semblant, souvent. J’ai fait mon temps Je retourne à la maison, me mettre au repos, me faire bichonner…

Ceci est ma participation au rendez-vous d’Estelle – A vos claviers #4. J’ai glissé 3 informations réelles et personnelles, les indices demandés pour cet atelier.

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Sur ses paupières

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  • Marie, tu me prêtes ta palette de fard à paupière ?
  • Tu n’en portes jamais d’habitude.
  • A circonstance exceptionnelle, maquillage exceptionnel !
  • Tu as un rendez-vous Sasha?
  • Presque…
  • Allez dis-moi tout.
  • Attends, aide-moi d’abord à trouver la bonne couleur. Qu’est-ce que tu penses du violet ?
  • Très bien, en accord avec tes dessous. La classe !
  • Nous n’en sommes pas là !
  • Je ne voulais pas te choquer Sasha. Tu ne me dis rien, je tente de deviner. Alors ce rendez-vous ?
  • Je ne sais pas.
  • Tu ne sais pas quoi Sasha?
  • Si je peux t’en parler.
  • Je suis une tombe tu le sais. Est-ce que j’ai déjà trahi un de tes secrets ?
  • Non. Mais là, si ça se sait je suis bonne pour un mot dans mon carnet de correspondance. Et tu connais mes parents.
  • C’est quoi le lien avec ton rendez-vous ?
  • J’en pince pour Emmanuel.
  • Emmanuel qui?
  • Notre prof de sport.
  • Ah j’adore ! Un conseil, choisi le bleu !

Ceci est ma  participation au rendez-vous A vos Claviers proposé par Estelle du Blog L’atelier sous les feuilles. Il fallait produire un texte à partir des  mots suivants: Dessous, Palette, Carnets, Bleu, Marie, Emmanuel, Sasha.
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Rue des lilas

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Photo Crédit

On se croise, elle et moi. On ne se parle pas. On passe à côté l’un de l’autre chaque matin, on se frôle à peine, près de l’atelier, rue des lilas. Elle y travaille je crois, un atelier niché au fond d’une cour fleurie. Elle entre en tous cas par la porte verte, je distingue sa silhouette fragile se glisser à l’intérieur. Elle déserte mon univers le temps d’une journée qui s’étire bien lentement pour mon cœur amoureux.

Je cherche parfois l’ombre de ses pas derrière la vitre sale de mon bureau, un peu plus haut. J’imagine les étoffes qu’elle choisit pour ses créations et le fil de mes pensées m’entraine loin de la cour carrée.

Oh qu’il serait doux de lui dire ce qui se cache à l’intérieur de moi, les sensations qui enflamment mon corps et laissent mes sens en émoi. Je ne sais pas si j’ai la foi. D’y croire à nouveau, de me rapapilloter avec l’amour. Il est des jours où je me sens pousser des ailes, d’autres où je perds le nord. A quoi bon !

Puis l’envie revient et me nargue le soir, quand je quitte la cour, quand je sens son parfum inonder mon univers. Mon cœur amoureux se réveille. C’est quand même dommage de se croiser et de ne pas se parler. Ce soir, je me sens plein d’audace. C’est décidé, avant qu’elle ne s’engouffre dans les couloirs obscurs du métro, je lui déclare ma flamme!

Ceci est ma participation au rendez-vous A vos Claviers proposé par Estelle du Blog L’atelier sous les feuilles. Ill fallait produire un texte à partir des 3 mots suivants: atelier, fil et rapapilloter.[:]