Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Le temps d’être…

@MarieKléber

L’éphémère s’agite

Peut-être suffit-il
De s’arrêter
Simplement être à l’instant
Faire fi des injonctions
A réussir encore et toujours
A faire quelque chose
A être quelqu’un

Si tout n’était que dans un souffle
Celui d’une brise légère
Dans un murmure
Celui que l’oreille aux aguets perçoit

Si tout n’était que
Intention
Satisfaction
Préservation
Confiance
Conscience
Encouragement

Loin de toute idée de réussite
A partir de critères grotesques
Loin de cette pression
Laisser une trace
Coûte que coûte
En sortir quelque chose
Vaille que vaille

En sortir différent
Absolument
Plus proche de soi
Assurément

Peut-être suffit-il
De s’écouter
Juste
De mettre le monde
En sourdine
Un peu plus souvent
De n’ouvrir que quand
Cela fait écho
En dedans…

Posted in Tout un poème

Insoumises!

On les pose là, parfois
Comme un bibelot sur une cheminée
Qu’on utilise quand on en a envie
Elles sont pratiques
Tant qu’elles ne disent rien

On les veut dociles
Jamais libres
On les attend soumises
Rarement conquises

On les veut invisibles
On les voile
Ou leur intime l’ordre
De ne pas montrer
Ce qui attire le regard

A leurs risques et périls
Le viol est presque un acte justifié
Quand elles osent leur féminité

On les tient là, parfois
Un plaisir de fin de soirée
Juste avant le sommeil du juste
Elles ont plutôt intérêt à apprécier
Sans trop le montrer

On s’approprie leur virginité
Comme un trophée
On les met en garde contre le vol
D’un bien qui n’appartient qu’à elles
Mais dont tout le monde se mêle

Ou alors juste pour les écraser
Un peu plus
Pour les obliger
Pour faire d’elles des assistées

On les accuse du pire
On maudit leur nudité
Leur naissance parfois
Est jugée démoniaque
On leur vole leur vie
Et leur liberté
Sous couvert de les protéger

On les pose là
Pour épater la galerie
On leur attribue des noms
On les répudie
On les assassine
On les juge
On les condamne

Pour un crime sans visage
Pour sauver leurs âmes
D’un éventuel pillage

On annihile leur pouvoir
Au nom d’un Dieu
D’une religion
D’une politique d’avilissement
On les pose dans des cases

Elles seront mères
Ou elles ne seront rien

Elles seront vertueuses
Ou bien catins

On fait d’elles des animaux de foire
Des troubadours grotesques
Nimbés de noir

Elles seront bonnes
Ou elles seront folles

Qu’importe…
Chaque jour
Il ne tient qu’à elles

Qu’à nous
De choisir

Abdiquer
Ou Vivre!

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Une et Plurielle

Crédit Pixabay

Quand ses mains se font les messagers d’une histoire à conter
Qui débute au crépuscule d’un mystère à dévoiler…

Elle s’ouvre à la puissance de son désir
Gourmand, puissant, vulnérable, presque animal
Elle, dont les sens captent l’essence de ce qui se trame derrière les persiennes
Le voile dont elle se couvre n’aspire qu’à être levé

Elle se plaît à penser à ce que serait le monde si…
Toutes les mains ressemblaient aux siennes
Tous les hommes aspiraient à écouter, offrir autant

Elle se plait à imaginer ce que serait le monde si…
Chacun laissait s’exprimer son corps
Libre de tout code et libéré de tout principe

Elle se plait à envisager ce que serait le monde si…
Chacun aspirait au “je” à l’intérieur du “nous”
Sans jalousie, en toute confiance

Elle se plait à visualiser ce que serait le monde si…
La séduction était partout, en tout
En tout être, en toute chose

Elle sait que derrière les portes closes
Une autre histoire s’écrit parfois

Mélange d’habitudes
De temps calculé
Sensation d’étouffement
Impression d’être acculé
A une fidélité qui emprisonne

Alors quand elle se cambre et jouit
Elle est une et plurielle
Un cri dans lequel se tiennent
Les femmes du monde avant l’éveil

Posted in Carnets de route, Tout un poème

Parfaite équation à deux inconnues

Crédit Pixabay

J’existais avant lui et j’existerais après lui
J’existe sans lui comme il existe sans moi
Nos souffles se fondent l’un dans l’autre
Nous respirons l’un sans l’autre
Nous fusionnons quand nos corps se rapprochent
Mais nos corps fonctionnent indépendamment l’un de l’autre

Nous nous enrichissons mutuellement
Nous partageons des sentiments

Ma vie vaut quelque chose
Le sienne aussi
Même prises séparément
Nous aimons être ensemble
Nous aimons être seuls
Nous aimons être avec d’autres

Nous connaissons le manque quand nous sommes loin l’un de l’autre
Ce manque ne nous prive pas de notre substance
Nos échanges nous enveloppent, nous transportent
Ils ne nous enchainent pas

Nous sommes des êtres humains
Pas des mutants dépendants
Des êtres complets
Des histoires parallèles
Qui se retrouvent autour d’un même désir

Nous nous construisons jour après jour
A l’intérieur de nous deux
Et dans le monde
Et si nous vivons quelques heures sur un nuage
C’est que nous savons que seul l’instant présent compte
Nous le savourons pour ce qu’il est

Nous ne cherchons pas à changer l’autre
Même si notre amour nous fait évoluer
Nous ne cherchons pas à guérir ou sauver l’autre
Même si l’amour a le pouvoir d’apaiser nos maux

Nous nous aimons sans nous posséder
Sans cette impression que sans l’autre
Nous ne sommes rien
Que notre bonheur dépend de ce que l’autre
Est prêt ou non à nous donner
Sans une jalousie qui nous rendrait prisonniers
Mais dans une liberté qui nous offre
De nous épanouir pleinement

Nous jouons une même mélodie
Avec des instruments différents
Et c’est ce qui fait de cette aventure à deux
Une richesse de tous les instants

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Les nuits de feu

Crédit Pixabay

Les courbes, le noir
Et le rouge aussi. Le désir
Et les arcs, les dentelles qui se froissent
Les mains qui effleurent les murs
Comme s’ils avaient une histoire à raconter

Les bruits, les cris
Et les caresses sur la peau
Les traces du choc des corps
Contrastes des ombres
Silhouettes vagabondes invitées
Au grand bal des folies

L’obscurité des nuits de feu
Palais des glaces à ciel ouvert
Où les fantasmes nous entrainent
Dans les creux des vagues d’une mer calme ou agitée
Se mirent les destins croisés de ceux qui osent
S’offrir à l’extase du plaisir partagé

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

De l’autre côté du temps

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De l’autre côté du temps je t’attends
Avec tes boucles brunes éprises du vent
Et sous ta jupe il se prend des allures d’amant
A te faire chavirer dans un rire qui défie

La chute de ce temps

Sans toi
Sans l’éternelle ritournelle de ta joie
Sans l’étincelle au bout de tes doigts
Sans La dentelle de tes mots, au contour de ta voix

Je compte les minutes, les mois, les années
A ne plus savoir à quel Dieu me vouer
A ne plus faire que mendier
Que l’horloge enfin se taise et que tu me sois donnée

A aimer
A m’enivrer des reliefs de ton corps
A m’égarer dans la confusion de ton décor
A m’émerveiller de tenir, encore, entre mes mains fragiles ce trésor

Que tu es

Mais les aiguilles poursuivent leur danse macabre
Mon espérance se brise contre le sabre
Que Chronos tient entre ses poings de marbre

Je ne suis rien qu’un humain
Voué à attendre la fin
C’est ce que les Dieux nomment Destin

Que l’attente sera cruelle
Ton sourire à lui seul m’ensorcelle
Mon être entier se bat contre l’Éternel
Pour que jamais je ne cède à l’appel des mortels

De ne plus croire
De ne plus te voir
De ne plus savoir
Dans quelle immensité tu te perds
En quelle sagesse tu espères
Dans quelle victoire nos cœurs se serrent

A ne plus faire qu’un.

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La femme qui danse

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Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps vibrant au rythme de la musique et du chant des hommes. Le mouvement de ses mains, décrivant des arabesques, embrassant l’air de leur souplesse.

Son corps qui s’offre sous sa jupe aérienne. On devine juste le mouvement de ses pas sous le tissu lourd de promesses. Des pas sûrs et précis.

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps né pour le plaisir. Plaisir de donner et de recevoir. Plaisir des sens déployés dans ce ballet solitaire qui lie le tempo à la terre.

Son corps nimbé d’or – un trésor. Rien n’est à elle et tout lui appartient, dans cet instant de communion sublime. Un corps à corps avec elle même.

Nul ne saurait troubler la danse de la femme qui s’éveille…

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Le nouveau Phoenix  

@ Marie Kléber Place de la République Paris

La date. Le 13. Novembre.

On se dit toujours, face au pire, que rien ne sera jamais comme avant. Et puis l’insouciance revient. Une évidence. La vie continue. Sans qu’on sache où l’on va vraiment. Nous posons chaque jour nos pieds sur l’asphalte des rues ou des milliers de pas se mêlent aux nôtres. Nous marchons vers un idéal peut-être ou tout simplement mus par le désir prégnant de vivre pleinement, chaque instant.

Une date. Identique à tant d’autres. Tant d’autres drames, tant d’autres arrêts sur image. Une pause pour prendre note du tragique, regarder la vie foutre le camp.

Et puis le temps reprend son cours, il file au gré du vent, des intempéries, de la foule en liesse, des joies, des chagrins. On oublie le pire dans l’élégance du lever du jour, chargé de promesses.

Une date. Des visages. Des prénoms comme autant de bulles de savon qui éclatent. Balayées nos certitudes. Évanouies l’insolence dans nos regards.

Quand tout vacille, les mots apaisent. Ils se font arme pour combattre les ténèbres. Ils brisent la loi du silence. Ils s’insurgent contre l’abominable. Ils deviennent notre salut, nos portes ouvertes sur l’espérance.

Pinterest Blog 3 (2) 

La Colombe cherche sa respiration
Ils lui ont ligoté les pattes
Ses ailes se raidissent
Au contact des fers qui la condamnent
Ils s’acharnent

Sa liberté, un scandale
Son vol léger, un outrage

Un masque noir tombe
Sur leurs visages
La colombe se débat
Ils la torturent
De leurs mains moites
Ils chassent le mal

Sa poésie, une ombre fugace
Sa paix, une menace

La Colombe cherche la faille
Fuir
Vivre
En vain
La Colombe se meurt
Ils lui ont ouvert le cœur
L’éclat des lames
Disperse le sang sur sa robe
Blanche immaculée

Son dernier cri
Comme un appel
Déchire le ciel

Le désert retient son souffle
Le vent se lève
La terre se couvre de poussière
Le sol tremble sous la pas cadencé des armées
Les drapeaux se dressent

Héros ordinaires
Contre
Martyrs sanguinaires

Dans la fraîcheur d’un jour nouveau
La Colombe
Tel un Phoenix
Se relève
Invincible

Extrait de mon recueil de poésie Ils avaient un prénom (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition) – Tous les bénéfices sont reversés à l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix.

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Derrière les maux

Crédit Pixabay

Les fantasmes ne sont que des vertiges
Les vestiges d’un imaginaire fécond
Chacun tient la liberté de les réaliser tous
Comme de n’en réaliser aucun

Ils n’ont pas de nom
Ni de patrie
Ceux que l’on écrit nous sont proches
Ou bien appartiennent à d’autres

Derrière les maux
Elle est une identité que chacun façonne à sa guise
Une femme libre
Qui se souvient…

Un jour la femme s’assume
Puis un jour elle devient un fantôme
Un souffle rauque
Impuissant
Parce que l’homme a pris le pouvoir
Il a posé son regard sur sa liberté
Il l’a jugé comme une invitation
A entrer dans un espace qui n’est pas le sien
À faire de son corps un terrain de jeu
De ses jeux
Un objet
Un objectif
Un jour elle ne dira plus rien
Elle lui donnera ce qu’il attend
Elle sera son fantasme éveillé
Sa poupée malléable à merci
Elle nourrira ses rêves de toute puissance

On peut dire le plein
Mais comment dit on le néant?

Face au corps dénudé libéré
Comment dit on le corps caché entaché par le dégoût?

On peut dire les frissons jouissifs
Mais comment dit on la peur glaçante?

Face au silence
Que reste t’il du consentement?

La violence n’est pas cruelle. Elle est sourde, étouffée. Une violence plus noire que la nuit. Une violence qui piétine puis laisse le corps tomber, sombrer, en apnée.

Il a plaqué son corps contre le sien. Rien. Pas un bruit. Pas un geste. Comme si l’absence de mouvement pouvait la protéger.
Il a remonté sa chemise de nuit. Elle a retenu sa respiration. Il a ouvert ses cuisses sans cérémonie. A t’elle résisté? Peut-être.
Il s’est enfoncé en elle.
Un rite. Passage obligé.
Une routine. Celle de la nuit. Celle du silence. Celle de l’absence.

Un jour la femme renaîtra de ses cendres
Elle ne donnera sa confiance
Qu’à ceux qui sauront respecter sa liberté
Ne remettront pas en question ses limites
Qui aimeront son corps, encenseront son audace, glorifieront son désir
Avec le respect qui est dû à chaque être humain
Tout en sachant que jamais rien ne nous appartient

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Page vierge de projet

Crédit Pixabay

Ils ont tous les mêmes questions sur le bout de la langue
Des projets à l’horizon?
Depuis que nous avons choisi de faire un bout de chemin ensemble
Sans savoir où cela nous mènerait
Où cela nous mène

Je n’ai jamais su que répondre aux recruteurs
Où vous voyez-vous dans cinq ou dix ans
J’ai déjà du mal à saisir mon présent
Comment pourrais-je me positionner dans un futur entièrement blanc?

Les promesses c’est beau, ça ne tient pas la route
C’est juste pour la forme, pour les contes des enfants
Et puis promettre quoi?
Pour quand?

Est-ce que les projets ça protège du mauvais temps
Des doutes, des tourments
Est-ce que les projets ça nous couvre éternellement
Est-ce que c’est la contre-partie obligée de l’amour?

Si l’on en a pas, on s’aimerait moins
Moins que ceux qui voyagent ou achètent des maisons
Moins que ceux qui construisent des familles
Moins que les autres donc…

On voudrait bien savoir ce qui se cache derrière l’histoire
Quel secret la conditionne
On voudrait voir à l’intérieur des cœurs
Les irrégularités, les contrastes, quelles blessure se font face
Pour que rien ne s’envisage
Pour que l’agenda de demain soit vierge de plans A, B, C

Il faudrait s’engager sur tout
Tout le temps
C’est plus prudent
Que de vivre chaque jour comme si demain n’existait pas
Juste prendre ce qui se donne
Et puis voilà!

Il faudrait poser des ultimatums
Des “si tu m’aimais”
Sceller des pactes inviolables
Au risque de périr dans les flammes

Mettre en danger l’amour
Pour rentrer dans les cases
Faire des projets pour toujours
Comme tous ceux qui nous blâment
D’un trop original
Pour être honnête

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Couleurs de vie

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Une heure accrochée
Décrochée au fil du temps
Qui tel un funambule joue
Avec nos sentiments

On se croyait invincible
Il y a une minute seulement
Et puis la course a reprit
Et filent nos tourments

De silences en cris
On se demande vraiment
Quand est-ce que nous trouverons
Enfin l’apaisement

Au détour d’une rue
A un inattendu croisement
Les mots se posent
Et s’évanouissent les manquements

Nous ne sommes plus le moins
Nous sommes tout simplement
Un mélange aérien
Un chaos permanent

Un sourire revient
Le cœur riche de tant
Et au creux de nos mains
De biens jolis fragments

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Écrire l’amour

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Il faudrait écrire l’amour sur tous les murs du monde

A l’encre indélébile

Rouge
Le sang bouillonnant
Vert
Le souffle de vie
Bleu
La nuit mystique
Or
Le feu sacré
Blanc
Enivrant, captivant
Noir
Élégant…

Toutes les couleurs de tous les ciels du monde

Écrire l’amour pour qu’il ne s’envole pas

Au premier orage sourd

A la première danse assoiffée d’urgence

Écrire comme un hommage ou une prière
A tous les dieux du monde
Pour que jamais ne s’éteignent
Le feu – le souffle – le mystère

L’étreinte de l’instant d’amour

Que chaque minute de chaque jour soit dédiée à aimer…

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Le rideau se lève…

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Le rideau se lève
Et le monde s’enflamme
Au contact d’Ève
Dont le corps se pâme

Entrelacs de dentelle noire
Sur les peaux laiteuses
Le mystère creuse son sillon
Entre alcôves et passion

Elle frissonne
Sa peau entière fredonne
Une mélodie comme une danse
Qui dans une transe, suave
Lui donne un air –  animal

Le rideau se lève
Sur des ombres amazones
Tenant en bouche la virilité
Nymphes en pâmoison
Absorbant le philtre enchanté

Entrelacs de jambes, de mains
De vallées, de courbes, de creux, de bassins
Éblouissement des sens
Sous l’indigo de la nuit dense

Posted in Tout un poème

Tu me manques

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Tu me manques
Le son de ta voix
Le bruit de tes pas
Le vert de tes yeux
Tout ce qui fait toi

Tu me manques
Le matin
A quelques minutes de moi
Le soir
À quelques vols de là

Tu me manques
Une heure
Deux heures
Des jours
Toujours

Tu me manques déjà
A deux doigts
D’un baiser
Les secondes envolées
Au coin du boulevard

Je pourrais écrire
Les frissons
Les dentelles
Les regards
La liberté
Mettre d’autres mots
Sur ces états d’être
Sans toi

Y mettre les formes
Mais rien ne dirait vraiment
Le manque brut
Le manque dense
Des heures sans toi

Posted in Tout un poème

Un secret

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A toutes les femmes, tout ce qu’elles n’osent pas dire, tout ce qu’elles gardent en elles, tout ce qui les fait trembler – et oser aussi.

Son secret.
Un secret bien gardé. Nul ne sait.

Qui comprendrait ?
Qui lui demanderait « pourquoi » ?
Qui serait là ?
Qui dirait juste « je comprends » ?

Son secret.
Parfois léger.
Parfois lourd à porter.
Un secret délicat.
Un secret d’elle à elle. D’elle à lui.
Mais à lui non plus elle ne le dit pas.

Lui, il sait.
Il est le secret. En partie.
Il ne sait pas les doutes.
Il s’en doute. Peut-être.

Il ne dira rien. Il ne changera rien.
Elle n’y changerait rien.

Pourtant parfois.
Un évènement, un mot, une idée.
Et quelque chose se glisse.
La tracasse.

Son secret est sous bonne garde.

Elle aimerait
Juste être écoutée.
Juste se dire. Sans chercher à être réconfortée.
Juste pouvoir en parler librement.

Elle ne le peut pas
Elle n’y arrive pas

Elle reste avec son cœur un peu chamboulé.
Elle sait que cela passera.
Tout passe.

Puis l’amour est là.
Alors le secret devient d’un coup un peu plus léger à porter.