Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Ivresse

[:fr]

Face à l’accord

De nos corps

Sous tension

Naissent

Les pulsations

De nos cœurs

Qui s’effleurent

ζ

De promesses

En caresses

Se confessent

Les désirs

De plaisir

Nos peaux

Soupirent

ζ

Face à nos sens

En éveil

Nos essences

Se révèlent

Le temps

Se suspend

A la fièvre

Qui enflamme

Nos corps

Offerts

A ce nouvel accord

[:]

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Le goût de nos peaux

Tes rêves, dessinés sur chaque centimètre de mon corps

Et sur un fil je glisse

Mes mains

Décrivent des envies

Sur ta peau

Tatouée du sceau de ce qui nous lie

Au-delà des mots

ζ

Ton corps, terre d’accueil de mes rêves inavoués

Et sur un fil tu glisses

Tes mains

Délient mes désirs

Sur ma peau

Tatouée du sceau de tous ces mots

Que l’on se dit…à l’infini

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Cliché d’été

Texte (fiction) présenté pour le concours Au Féminin – Année 2016

Je me souviens de toi, visage tendu vers l’objectif, de ton bras gauche posé sur mes épaules. De mon visage souriant, sur le balcon, face à la mer. De ta main droite à mi-chemin entre mon torse et mon bas-ventre, partie en quête de sensations enivrantes. Le soleil du sud faisait trembler nos corps et dispersait sur nos peaux laiteuses de fines gouttes de sueur. La chaleur tropicale de cet été rendait nos nuits tumultueuses. Impossible de récupérer.

En avions-nous vraiment envie d’ailleurs ?

Non, nous n’avions qu’une idée en tête, nous aimer passionnément, sans perdre une seconde de ce temps sacré que nous savions éphémère. Nous ne pensions qu’à nous retrouver au milieu des draps, à nous étreindre sous la douche, à nous toucher du bout des doigts, à nous embrasser fougueusement derrière les persiennes ou au milieu de la foule compacte et bruyante des vacanciers en quête d’ombre et de fraicheur.

Le manque de sommeil se lisait dans nos yeux, mi-clos au réveil, notre regard vagabond, nos pupilles dilatées, comme si nous avions passé notre nuit à fumer des joints, le corps plongé dans un paradis artificiel. L’amour est un peu comme une drogue parfois. Il nous consume, nous retire toute faculté de penser. La passion prend toute la place. Rien d’autre n’existe que nous, sans passé, sans avenir. Juste deux êtres épris l’un de l’autre, sans jugement, sans doute.

Nous avions décidé d’un voyage improvisé, peu avant la date fatidique de la fin de ton contrat de travail et de mes examens de dernière année. Un luxe que nous ne pouvions pas nous offrir. Qu’importe, nous aurions tout le reste de notre vie pour être raisonnables. Notre jeunesse et notre insouciance comme seuls bagages, nous nous apprêtions à prendre un virage à 180°C.

Nous passions nos journées à l’intérieur, désertant musées, jardins publics, expositions. Le guide du routard posé sur la table de nuit ne nous servait guère. Il nous emmenait parfois en dehors de la ville pour un dîner magique face à l’océan brillant de mille feux. Qu’il était difficile, je me souviens, de rester sobre, alors que nous n’avions qu’une envie, nous rapprocher, nous serrer l’un contre l’autre. Le désir montait en nous graduellement dès lors que tu posais une de tes paumes sur ma peau moite ou que je plongeais mes yeux bleus dans le vert d’eau des tiens. Nous partions sans échanger un mot. Et retrouvions nos esprits une fois nos corps en fusion enlacés, la lune pour seul témoin. Nous tirions des plans sur la comète, souvent épuisés mais heureux.

La nostalgie s’empare de moi face à cette image de nous, de toi, posée sur la desserte de l’entrée. Dans ces moments-là, je ressens le besoin de m’isoler, le temps d’un court voyage au pays des souvenirs. Face à ce cliché parfait, retrouver mon insouciance. Et ta jeunesse éternelle.

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Nouvel accord

Je ressens

Le manque

A la faveur

De mes doigts

Qui dessinent des baisers

Sur mes lèvres closes

Le manque

A l’orée

Des courbes

Sur lesquelles dansent

Tes mains

Au rythme du va et vient

De mon corps

Qui s’expose

A l’accord que tu proposes

Le manque

Au creux de mon cou

Le vide n’a pas de goût

Mon corps

Se souvient de tout