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De l’écriture érotique: entre peurs et libération (+extrait)

 

Tout a commencé par un « petit » défi.

Écris-moi un texte érotique.
Quoi ? Non je n’y arriverai pas. Et puis je n’ai pas d’idées.
Parle de tes fantasmes.
Oh mon Dieu ! Non, je n’oserai jamais.
Essaye !

Un soir, je me suis collée derrière mon PC et j’ai écrit. Deux pages. Et je les lui ai envoyées. Pour moi c’était un grand pas.

Tout a commencé avec Estelle et Marc. Et tout aurait pu s’arrêter là. Seulement, je me suis prise au jeu. Il trouvait que c’était un bon moyen pour moi d’explorer des facettes de ma féminité que j’avais longtemps mises de côté, d’oser davantage. Il avait raison. L’occasion aussi de m’exprimer sur un sujet qui m’intéressait mais dès qu’il fallait en parler, je devenais timide et mal à l’aise. J’ai pris ça comme une thérapie et c’est devenu un plaisir !

L’histoire de Marc et Estelle fait aujourd’hui près de cinquante pages. Une grande nouvelle ou un micro roman.

Pour celles et ceux qui suivent, j’avais d’ailleurs ouvert un blog – un de plus – pour partager mes textes. J’ai fermé ce dernier suite à la lecture de propos que je trouvais inadaptés et irrespectueux. Je me suis rendue compte que l’écriture érotique était vue par certains comme une porte ouverte – non messieurs, ce n’est pas parce que j’écris de l’érotisme que je suis ouverte à toute proposition indécente. Mon cœur est déjà pris et mon corps m’appartient.

Devant le peu d’enthousiasme (3 ventes) à la sortie de mon dernier recueil de poésie, je me suis bien entendue remise en question et me suis rendue à l’évidence que l’écriture érotique pouvait aussi faire peur.

Pourquoi?
Vous serez peut-être plus à-mêmes de répondre à cette question – je vous laisse la parole dans les commentaires

En ce qui me concerne je pense qu’elle fait peur parce qu’elle touche à quelque chose d’intime, une partie de nous-mêmes que nous ne connaissons pas toujours vraiment, dont nous parlons à de très rares occasions. Elle est liée à nos envies, nos désirs, nos fantasmes, nos zones d’ombres principalement, tout ce que l’on s’interdit à être, dire, vivre. La sexualité est un des sujets les plus tabous de notre société. Même si les mœurs ont évolué, qui parle de sexualité librement aujourd’hui ? Avoir une sexualité affirmée, épanouie et j’insiste que l’on soit seul ou à deux, n’est pas la priorité de beaucoup de personnes. C’est bien dommage ! Pourtant cela fait partie intégrante de notre vie d’hommes et de femmes et je dirai même que c’est notre essence.

Pour ma part, sortir de ma zone de confort pour aller toucher du doigt cette partie de moi bien enfouie a été un révélateur puissant. J’hésite encore parfois, je ne le clame pas sur tous les toits. J’avance avec les histoires que je crée, je m’affirme davantage, je lâche petit à petit mes peurs. Alors si le cœur vous en dit, n’hésitez plus et aller découvrir mon recueil l’appel des sens que vous trouverez ICI ou que vous pouvez commander en m’envoyant un mail. Je vous laisse avec un court extrait – pour le plaisir…

Extraits Livres Blog (1)

Jouir
De la saveur des effluves
A l’exaltation des papilles

De la fusion des substances
A l’élévation des âmes
Jouir

Extrait de mon recueil de poésie érotique L’appel des sens (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

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L’ombre de minuit

L’ombre de minuit s’enroule autour
Du vaste champ des possibles
Qu’offre la proximité de l’autre

L’aimé(e)

Au sanctuaire des extravagances partagées
L’intimité se pare d’un parfum diffus
Les courbes dansent lascivement
Au rythme de la découverte symbolique
De territoires inconnus

Extraits Livres Blog (1)

Extrait de mon recueil de poésie érotique L’appel des sens (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

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Ce goût subtil de liberté

Copyright @DollHouse Paris

La vitrine laissait présager des découvertes intéressantes. Oserait-elle entrer ? Si elle entrait, se contenterait-elle de regarder, en espérant que personne ne lui demande ce qu’elle cherchait ou si on pouvait l’aider ? Irait-elle jusqu’à parcourir du bout des doigts étoffes, soie, dentelle ? Se laisserait-elle tenter par de la lingerie ? Miserait-elle sur la simplicité, l’élégance ou la sensualité ?  Partirait-elle dans une exploration plus approfondie des lieux ? Ou resterait-elle à la surface des choses ?

L’entrée accueillante et le sourire de la jeune femme vinrent à bout de ses résistances. Elle entra dans la boutique. Petits pas hésitants sur le velours rouge. Ses prunelles attirées par l’effet des matières qui telles des abeilles tissaient le fil de scénarios peuplant les méandres de son esprit. Ses mains effleurant des années d’interdits. Dans ce temple de la volupté, tout lui semblait permis.

La jeune femme lui laissa le temps de regarder. Elle prenait ses marques avant de s’aventurer plus loin. Dédales de marches et de fantasmes. Au bout du couloir, une nouvelle expérience n’attendait qu’elle. La jeune femme semblait si à son aise dans cet univers, qui pour elle n’était que messages codés, sourires gênés, murmures, secrets bien gardés. Les objets prirent soudain une autre dimension, celle du plaisir mis en valeur, érigé en maître, épanouissement intemporel.

Elle se laissa guider, ne sachant où donner de la tête. Elle se laissa aller, lâcha toutes ses idées reçues, les clichés ancrés en elles. Elle s’invita dans l’instant et l’instant l’enveloppa d’un voile au goût subtil de liberté.

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Chronique de bureau

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Crédit Pixabay

Anouk en avait parlé à Agathe, Agathe à Justine, Justine à Meryl. Tout le monde le savait désormais, ça ne faisait aucun doute.

L’été laissait sur les peaux des reflets d’or. Les amants ne faisaient plus autant attention, pris dans l’enthousiasme de la saison, des robes qui volent autour des jambes nues, des nuits qui n’en finissent pas, des ébats qui laissent des marques sur les corps délestés des couches de vêtements des saisons passées.

Anouk les avait surpris. Un diner en ville, une table réservée juste à côté. Elle avait demandé à changer de place à la dernière minute. Leurs mains croisées sur la table, sa jambe à elle qui effleure sa jambe à lui. Sans équivoque.

Agathe les avait surpris dans le parking. Un soir en sortant du bureau un peu tard. Sa main à elle sur la fermeture de son pantalon à lui. Sa bouche mise en appétit et quelques restes de rouge à lèvres sur sa chemise blanche. C’est traitre le rouge à lèvres.

Justine ne prêtait pas foi aux commérages. Elle ne pouvait toutefois pas ignorer leurs allées et venues communes, leurs déjeuners qui n’en finissaient plus, ni les remarques entendues, mine de rien, la façon dont il lui effleurait la main. Flagrant.

Meryl se doutait qu’il se passait quelque chose. Il ne la regardait plus comme avant. Il ne passait plus dans son bureau le matin, ne lui disait plus qu’elle était jolie, en passant ses doigts sur le grain de sa peau – une décharge sensuelle sans précédent. Il la houspillait de temps en temps, gentiment. C’est comme ça.

Tout le monde savait que Monsieur Dumas se tapait l’assistante de son patron. Il lui avait sorti le grand jeu, les mots, les caresses. Comme aux autres. Il avait fermé les portes de son bureau, l’avait prise sur sa table en verre, lui promettant monts et merveilles, qu’elle était la seule bien entendu. Quelle question! Elle avait joui et tout le monde avait fait comme si de rien n’était.

Anouk en avait parlé à Agathe, Agathe à Justine, Justine à Meryl. Depuis Meryl comptait les jours, en se demandait bien qui serait la prochaine!

 

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La douce folie de mes envies

Elle est là, posée sur le lit, inoffensive.

Quand il est arrivé, il a posé un baiser sur mes lèvres puis a enlevé la boucle, ça a fait un petit bruit, celui qui annonce la suite des festivités. Il aurait pu s’arrêter là, comme d’habitude. Puis défaire le bouton de son pantalon, le quitter, se mettre à l’aise. Là, il l’a fait glisser entre les passants, délicatement, sans me quitter des yeux. J’ai soutenu son regard, incertaine de l’issue de la manœuvre. Puis il l’a enroulée autour de sa paume de main, lentement, en prenant soin de bien lisser les contours, caressant le cuir noir avec une once de volupté. Arrivé à la boucle, il a souri, j’ai imaginé un scénario que ma morale en d’autres temps, avec un autre que lui, m’aurait interdit. Puis, en prenant son temps, encore, encore plus que d’habitude, il a posé l’objet de mes fantasmes les plus fous sur le bord du lit, sans rien dire.

Il m’a prise dans ses bras, comme si de rien n’était, comme si c’était moi qui avait de drôles d’idées en tête.

Elle est là, posée sur le lit, inutilisée. Mes yeux font des va et vient entre elle et lui.

Est-ce que j’oserai lui dire ce dont j’ai envie ?

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Bonjour Mademoiselle!

Il me regarde. Avec insistance. Ou je rêve.

Ne pas le regarder. Surtout ne pas le regarder. Poser mes yeux ailleurs. Regarder le bitume, ses pieds, ses chaussures. C’est bien ça les chaussures, ça ne dit rien les chaussures, c’est neutre. Ce n’est pas comme si c’était une des premières choses qui attirait mon attention. Ce n’est pas comme si j’avais même un dossier dans mon ordinateur contenant un nombre incalculable de pieds pris en photo.

Ne surtout pas passer la barre des hanches. La ceinture, passe encore, même si je n’ai pas d’affection particulière pour les ceintures. Isa me dirait que certains hommes en font une utilisation très intéressante. Je ne veux pas savoir. Isa a des idées bizarres. Quoi que sous la ceinture. Oh non, je ne peux pas penser à ça, on ne pense pas à ça. Maman me regarderait d’un air sévère si elle savait que je pose mes yeux à cet endroit-là.

Surtout penser à rester de marbre s’il m’adresse la parole.

  • Bonjour Mademoiselle!

Respirer. Garder le contrôle. Maman m’a toujours dit de ne pas parler à des inconnus.

Le timbre de sa voix me touche en plein corps, rien que ça. Dans le « mademoiselle », il y a une telle sensualité, je vais faillir. C’est fou comme une voix peut être à ce point envoutante. Raison de plus pour garder la tête froide. Sinon c’est fichu.

Ne pas le regarder. Ne pas croiser ses yeux. Ne pas effleurer ses mains du regard. Les mains ça dit tellement de choses. Je pourrai même me mettre à les imaginer sur moi, courir, caresser ma peau,
Maman dirait…

Je suis folle à lier. Un mec me plaît et je pense à ma mère.

  • Bonjour Mademoiselle!

Risquer un bonjour. Il faudrait que je puisse passer la barre de la ceinture. Si j’essaye, qu’est-ce que je risque ? Si je vais plus loin dans la découverte, qu’est-ce qui m’attend derrière ?  Si ce type ne me plaisait pas, j’oserai un bonjour. Maman me dirait de passer mon chemin. C’est effrayant, je pense encore à ma mère. Qu’est-ce qui cloque chez moi ?

Rester de marbre. C’est plus sûr. Si je pose les yeux sur lui, je sais. C’est foutu. Je vais le détailler de la tête aux pieds avec l’envie qu’il me possède des pieds à la tête. Je sens déjà ses bras me plaquer, sa langue écarter les lèvres de ma bouche, sa bouche s’approcher de mes seins, chauds, nus sous ma robe. Si je le regarde plus que quelques secondes, mon corps n’y tiendra plus et l’envie au creux de mes reins sera si forte qu’il me faudra m’éclipser, pour laisser mes mains faire exploser le plaisir.

J’ai une envie irrésistible de lever les yeux, de croiser les siens, que son « bonjour mademoiselle » soit suivi d’un où, quand, comment. Je me livrerai sans un mot. Si je le regarde, je vais céder à l’impulsion première, je vais l’attirer dans mon univers. Jusqu’à la délivrance, il m’y conduira j’en suis sûre. Il pourra m’ordonner, me lier, me délier. Je m’en remettrai à lui corps et âme. Je me donnerai, féline, câline, voluptueuse jusqu’au bout des ongles.

Est-ce que c’est ce que je veux ?

Bien sûr que oui. Je n’en peux plus de me faire toute cette discussion dans ma tête. Je passerai bien la quatrième vitesse sans tarder. Je suis à deux doigts de lui dire ouvertement, en me mordillant la lèvre, en me tortillant, qu’il me plait et que je n’aspire qu’à une chose, sentir son souffle dans mon cou, son corps collé au mien, sa chaleur envahir chaque pore de mon territoire. Je bouillonne intérieurement. Mon intimité n’est plus que liquide. Je me sens à la limite de l’implosion.

Mais je m’emballe. Si ça se trouve il veut juste me poser une question…

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Jour et Nuit

C’est souvent là, sur l’écran de la nuit que se jouent les heures les plus cruelles. A l’heure où le corps au repos s’expose aux fantaisies les plus sensuelles.

Elle scrute le jour qui disparait derrière l’horizon, la boule de feu qui s’enfonce dans la terre. Elle compte les secondes avant la chute fatale, dans un dédale d’envies qu’elle-même ne saurait définir et qui la lient à tant de fantasmes inassouvis.

Les mots se cognent et des images naissent, un chaos vertigineux qui épouse l’attente impatiente d’un corps à corps soumis à l’impulsion des sens. Au tempo de ses doigts qui pianotent des sensations sur sa peau parcourue de frissons.

Elle s’offrirait alors à tout, indépendamment des mots qui parfois la tracassent. Elle se donnerait à toutes les propositions même les plus indécentes. Pourvu que ce soit lui qui mène la danse.

Le noir la libère de ce qui régit sa vie. Comme si le soir tout était permis. Comme si la lumière lui volait ses tendres folies.

Qu’est-ce qui sépare le jour de la nuit?

Posted in O bonheur des sens

Les promesses de sa peau

Crédit – Pixabay

Je fais courir mes doigts sur les promesses de sa peau. J’imprime sur l’écran de mes jours le dessin de ses contours, de mes nuits le dessein de ses envies.

Je fais courir mes doigts sur l’enchevêtrement des veines de l’écorce chaude. Son histoire personnelle demeure ce flou que je ne saurais toucher que du bout du cœur.

Je fais courir mes doigts sur l’intangible des sentiments, la pureté de l’instant, l’enthousiasme des retrouvailles, la richesse de ce bonheur que je garde comme un précieux enchantement.

Je fais courir mes doigts sur l’effleurement des impossibles, tenus à distance par la confiance constante, osée, libérée de la souffrance du manque.

Je fais courir mes doigts sur ce qui se dit, sur les silences qui comme l’or se gorgent d’essentiel.

Je fais courir mes doigts sur l’énergie de nos corps, composés, étreints, métamorphosés dans un accord que nous sommes seuls à créer.

Je fais courir mes doigts sur ce qu’il est, donne, transmets. Et mes doigts se souviennent. A quel point je l’aime.

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On y pense tout le temps. Ou presque.

On ne va pas se mentir, pas sur ça. On ne va pas dire qu’on n’y pense pas. On ne va pas faire semblant d’en avoir juste envie de temps en temps. Comme ça, en passant. Pas si souvent, alors qu’on y pense tout le temps. Ou presque.

On ne va pas se cacher derrière ce voile de pudeur qui une fois nos corps dénudés envoie valser tous les clichés, même nos peurs les plus tenaces – les miennes surtout.

On ne va peut-être pas se le dire là, comme ça, de but en blanc, au milieu de la foule. On n’a pas besoin de se le dire surtout parce que ça se voit et quand ça ne se voit pas ça se sent. Ou alors ça se serait triste.

Imagine si nous n’avions pas envie de nous retrouver si intimement, si mon « oui » était timide, si l’idée ne traversait même pas ton esprit…

Allez, on peut bien se le dire. Si nous partagions le même lit tous les soirs, nous ferions l’amour tous les jours.

Posted in O bonheur des sens

Parlons fantasmes!

Quand on parle fantasmes,  on entre dans un univers où codes, limites, barrières, peurs s’écroulent.  On est dans l’imaginaire et dans l’imaginaire tout est possible.

Entre les « on-dit », les « non-dits », les tabous, des expériences plus ou moins agréables, pour ne pas dire déstabilisantes, la sexualité est devenue un sujet délicat à évoquer. Dans le couple ou en dehors du couple. Ok, il y a certaines personnes très à l’aise, les veinardes!

Quand il est question des miens, je détourne assez facilement la conversation. Au-delà du fait que ce soit très intime, ça renvoie, je trouve,  à une sexualité sans fard, sans artifice. J’irais même au-delà, sans sentiment particulier. Nos fantasmes n’existent pas forcément à l’intérieur d’une relation, ils existent juste en tant que tels, à l’état brut. Ils renvoient à des images, des projections de soi, de l’autre. D’ailleurs nous n’avons pas besoin d’être deux pour en avoir.

Au sein d’un couple, quelques soient les choix de ce couple d’ailleurs, les sentiments, la confiance, l’écoute, le respect, le dialogue, l’amour, les envies communes, le plaisir créent une harmonie, une vibration particulière. La sexualité prend une autre dimension.

Je pense que si certains fantasmes sont réalisables, d’autres relèvent plus du domaine du jeu. Ils existent dans un espace, une réalité qui est complètement déconnectée de nous-mêmes (prenons un exemple commun à beaucoup de femmes – faire l’amour avec une star de cinéma !).

Comme je le disais, dans nos fantasmes il n’y a pas vraiment de limite (prenons cette fois-ci l’exemple du viol). Si dans nos scénarios les plus torrides, ce fantasme active notre libido, fait monter notre désir, il est clair qu’une fois revenues les pieds sur terre, un viol reste un cauchemar que nous ne souhaiterions jamais vivre.

Nos fantasmes sont amenés à évoluer avec le temps, au fil de nos expériences et de nos rencontres. Nos limites aussi. Avec un partenaire, telle ou telle chose sera envisageable, avec un autre, ce n’est même pas la peine d’y penser. Un fantasme réalisé pourra nous plaire un temps et puis on se lassera. Un autre ne sera jamais réalisé parce que nous souhaitons que cela reste du rêve, comme quelque chose d’inaccessible (mais qui de temps en temps nous fait du bien). Un fantasme, une fois énoncé, pourra se cogner aux “barrières” de l’esprit – je pense à la soumission par exemple – si le mot même ne vous fait pas sursauter, c’est que vous êtes plus avancés que moi sur le sujet! Il y aussi les fantasmes de l’autre qui ne collent peut-être pas avec les nôtres et vice-versa (pour ma part, l’échangisme par exemple est hors de question!).

Assumer ses fantasmes reviendrait donc à assumer sa sexualité, son imagination (débordante parfois), son potentiel érotique, sa sensualité.  Au-delà de ça, assumer LA sexualité comme une des pierres fondatrices de nos existences et de nos relations, un cocktail d’émotions, de pulsions, de sensations. Accepter notre sexualité c’est accepter notre part d’animalité, de violence. C’est un merveilleux outil de connaissance et de dépassement de soi. Encore faut-il être prêt à laisser nos peurs de côté et à lâcher prise…

Il est clair que parler de fantasmes, des siens, de ceux de l’autre permet d’établir une certaine complicité au sein du couple. Après tout, ce n’est pas parce que vous allez dire qu’un plan à trois vous tente que demain votre partenaire va inviter son meilleur pote ou sa copine pour que votre fantasme devienne réalité !

Encore une fois, la réalisation (ou non) d’un fantasme au sein du couple devra rester un choix à deux. Un fantasme ne devrait jamais être imposé, un « non » respecté.

Ça méritait bien un article en effet!

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

On fait l’amour

Crédit – Marie Kléber

On fait tous l’amour
De milles et une façons
Pour mille et une raisons
Indéfinissables

On se risque à l’abandon
A l’expression de l’envie
D’un regard
Nos passions prennent vie

On fait l’amour
En se touchant
Du bout des doigts
En s’effleurant
En se caressant
Du coin des yeux
Et les larmes glissent
Sur nos peaux
Éblouies de joie

On fait tous l’amour
Pas à pas
La première fois
On ose
A peine
A demi-mots
Libre de tout
Libre d’être soi
On se livre
Sans jamais
Pourquoi pas ?

On fait l’amour
Intensément
Passionnément
Tendrement
Fiévreusement

En sentiments
En silence
En mots denses
Les sens en éveil

Dans l’absolu
On fait l’amour
Une évidence

On fait l’amour
Face au vide
A la fragilité
Des jours de pluie
Sous la chaleur
Des nuits d’été
Nos corps s’unissent
A la faveur d’une amnistie
A la mesure de l’intensité
Du désir qui grandit

On fait l’amour
Le cœur en liesse
Le corps affamé
D’un plaisir à recevoir
A donner

On fait l’amour
Naturellement
L’intimité dévoilée
Se pare d’un parfum subtil
Au firmament du ciel
Les âmes s’embrasent
Le corps des amants se livrent

Insatiables
Insoumis

Posted in O bonheur des sens

Rouge carmin

Photo by Chevanon Photography on Pexels.com

Elle avait mis les petits plats dans les grands, l’attendait d’une minute à l’autre. Elle portait un déshabillé noir, soie et dentelles, décolleté plongeant, bas couture couleur chair – elle trouvait sexy l’idée de cette ligne en contraste soulignant les courbes du haut de ses cuisses fermes à l’arrondi inoffensif du talon – une paire d’escarpins à talons qui lui donnaient l’assurance dont elle avait besoin, un soupçon de parfum au creux des poignets, les lèvres mises en valeur par un rouge carmin. Oui ce soir elle se sentait prête à inverser les rôles, pas totalement, juste le temps d’être cette femme sûre d’elle, moins sage que d’habitude, plus entreprenante.

Un peu anxieuse, elle se dit que le risque était minime. Ils se désiraient suffisamment pour que cette prise d’initiative soit une réussite. Ou du moins une première tentative appréciée. Et si au pire elle se plantait en beauté, elle pourrait toujours se féliciter d’avoir osé. Elle était gagnante sur tous les tableaux.

Quand il passa la porte, elle lui laissa quelques instants pour souffler – tout de même – juste le temps pour lui de la regarder, la désirer – tout se lisait dans la profondeur de son regard, il ne pouvait cacher ni son trouble, ni son envie d’elle – pas de la toucher. Ça viendrait après. Après ses mains à elle sur son corps à lui. Le dîner, fin prêt, attendrait bien encore un peu. Si elle ne se lançait pas maintenant, elle savait qu’elle retomberait dans ses travers avant d’avoir pu tenter un pas hors de la zone confortable de ses habitudes.

Elle déboutonna délicatement, lentement, les boutons de sa chemise. Puis glissa ses mains sur son torse, les laissa dessiner des arcs de cercles, des formes improvisées, avant de sentir ses mains se rapprocher de sa peau. Pas encore. Elle repoussa ses mains, fixa ses yeux, approcha sa bouche de sa bouche, effleura ses lèvres, juste de quoi faire monter le désir d’un cran, posa sa main au niveau de son cœur, le poussant vers le lit, sur lequel son dos se plaqua instantanément, épousant le coton frais des draps blancs. Elle mit de l’intensité dans son regard avant de se caler en position d’amazone. Il y avait des parties de son anatomie qu’elle ne connaissait pas, elle en était certaine, en découvrant l’étendue du champ des possibles qui s’offrait à elle. Sa bouche parcourut chaque parcelle de vie, sa langue se délecta du goût, de l’odeur, des plis, des cicatrices dévoilées pour la première fois. Elle avait l’impression de participer à une chasse aux trésors, ses sens en éveil, son corps à lui détendu, offert à l’instant. Il y avait de l’élégance, de la volupté dans l’air fiévreux de ce corps à corps lent et indiscipliné.

Elle déposa quelques gouttes d’huile de massage dans ses paumes, frotta ses mains l’une contre l’autre, juste le minimum, de quoi leur permettre de glisser plus facilement sur la toile de leurs pensées respectives, une large palette d’émotions à inventer.

Elle défit avec la même attention sa ceinture, le déshabilla complètement. La tentation était grande de sentir leurs intimités se confondre, leurs membres se fondre, comme une urgence à laquelle il faut pallier sans attendre. Elle préféra faire durer le plaisir, encore quelques minutes, il semblait prêt à la laisser continuer sa découverte. Ses caresses se furent plus intimes, ses gestes non pas calculés, mais plus précis. Sa bouche succomba à l’intensité de son érection.

L’excitation était à son comble. Il n’aspirait plus qu’à une chose – la toucher enfin. Elle le sentit. D’un mouvement du bassin, elle le laissa plonger en elle. Le prologue s’arrêtait là, la prochaine fois elle irait plus loin!

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Plaisir estival

C’est un soir d’été. Le fond de l’air est chaud, le soleil descend sur la ville agitée, riche de l’expérience des beaux jours retrouvés. Elle porte une robe légère, fleurie, resserrée à la taille, un modèle vintage trouvée dans une solderie lors d’un voyage à Avignon. Une robe qui sent bon la vie, l’insouciance. Et ce soir elle en est pleine de cet océan de possibles qui s’étend devant elle. Elle ne porte rien sous sa robe, c’est peut-être aussi cette liberté soudaine qu’elle chérit, après des mois à l’étroit dans des pulls, collants, robes en laine, après ce froid qui gèle les extrémités du corps, après la grisaille et la pluie.

Le fait de savoir ce que nul ne devine lui donne l’impression d’être la détentrice d’un magnifique secret. Elle en joue, juchée sur ses escarpins à talons ocre, ondulant du bassin comme une sirène sortant de l’eau.

Son rendez-vous l’attend. Elle sait qu’il lui suffira de la serrer contre lui pour percer son secret. Il ne dira rien ou il sourira, de ce sourire espiègle qui murmure « j’ai envie de toi ». Elle aussi a terriblement envie de lui, comme à chaque fois qu’il entre dans son champ de vision, que ses yeux croisent les siens, que son corps s’approche de son périmètre, qu’il la prend dans ses bras, que son sourire la fait chavirer. Elle en a envie le soir quand elle s’allonge nue sous sa couette et l’imagine faire de même, le matin au saut du lit quand elle aimerait qu’il la réveille en laissant courir ses doigts sur son corps. Et la nuit aussi quand elle rêve de lui. Ou quand l’insomnie la surprend et que les scénarios les plus torrides envahissent son esprit et l’entrainent dans un dédale de fantasmes fous.

Elle ferme les yeux au contact de leurs peaux qui se touchent. A travers les tissus souples des vêtements de saison, elle perçoit son trouble. La place grouille de monde. Elle la voudrait plus déserte. Elle regarde autour, cherche un endroit à l’abri des regards. Elle imagine à quel point cela doit être excitant de faire l’amour dans un lieu public, en se pressant un peu ou sans se presser d’ailleurs. Prendre le temps de se toucher, faire courir leurs langues sur chaque parcelle de peau, exposée ou cachée. Faire durer le plaisir ou le saisir sur l’instant, prendre ce qui se livre en quelques minutes seulement, sans s’abandonner totalement. Commencer par se dire en gestes, en émotions. Ou attendre la fin de la soirée, laissant planer au-dessus du rendez-vous l’envie latente de se rencontrer plus intimement.

Elle se sent soudain portée, transportée, entourée d’un parfum qui l’hypnotise. Elle se dit qu’il a peut-être les mêmes pensées qu’elle, les mêmes fantasmes tus. Osera-t-elle énoncer à haute voix son ressenti ? Ou se contentera-t-elle de lui prendre la main, de le suivre, muette, en attendant la prochaine occasion ?

Elle ouvre les yeux. La place, l’été, son amoureux se sont envolés. Le jour la cueille, le soleil l’invite à profiter d’une nouvelle journée, son rêve bien vivant dans son esprit.

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Obsédée (!)

[:fr]

Par tes yeux
Les traits de ton visage
Ta bouche
Avide de découvertes
Gustatives
Tes lèvres
Qui disent
Le ressenti
Les sentiments
Cherchent les miennes
Les embrassent avec délice
Je suis obsédée
Par ton sourire
Sincère
Délicieusement charmant
Par le goût
De ta peau
Au creux du cou
Là, où les sens en éveil,
Je me délecte de l’instant
Je suis obsédée
Par ton corps
Chaque centimètre
Chaque recoin
Par tes yeux
Qui me déshabillent
Je suis obsédée
Par l’intérieur de toi
Tes partages
Tes folies
Ta manière de dire
“Je t’aime”
Tes attentions singulières
Tes questions parfois désarmantes
Ta sensibilité
Tes défauts glissent sur moi
S’évaporent
Je ne les retiens pas
Je suis obsédée
Par la puissance de ton désir
La volupté de ton plaisir
Par tes bras qui m’étreignent
Par la chaleur de ton corps
L’envie qui s’invite
Quand face à face
Nos corps s’attirent
Je suis obsédée
Par la passion
Le feu qui nait
Au creux de nos reins
Entre nos mains
Quand elles glissent
Sur nos peaux
Je suis obsédée
Par l’envie de toi
Par ton envie de moi
Par ta sensualité
Par ta tactilité
Par l’enivrante sensation
De nos corps
Offerts l’un à l’autre
Dans un accord
Que nous savourons
Jusqu’à l’extase
Je suis obsédée
Par ta voix
Sa mélodie
Par l’écho de tes rires

Je suis obsédée
Par toi
Ce que le reste du monde
Pense ou devine
Ne fait pas le poids
Dans chaque instant
Qui nous lie
Il n’y a que
Nous
Et l’envie
Qui nous presse
De faire l’amour
A l’infini…

[:]