Les hommes de ma vie

Parfaite équation à deux inconnues

Crédit Pixabay

J’existais avant lui et j’existerais après lui
J’existe sans lui comme il existe sans moi
Nos souffles se fondent l’un dans l’autre
Nous respirons l’un sans l’autre
Nous fusionnons quand nos corps se rapprochent
Mais nos corps fonctionnent indépendamment l’un de l’autre

Nous nous enrichissons mutuellement
Nous partageons des sentiments

Ma vie vaut quelque chose
Le sienne aussi
Même prises séparément
Nous aimons être ensemble
Nous aimons être seuls
Nous aimons être avec d’autres

Nous connaissons le manque quand nous sommes loin l’un de l’autre
Ce manque ne nous prive pas de notre substance
Nos échanges nous enveloppent, nous transportent
Ils ne nous enchainent pas

Nous sommes des êtres humains
Pas des mutants dépendants
Des êtres complets
Des histoires parallèles
Qui se retrouvent autour d’un même désir

Nous nous construisons jour après jour
A l’intérieur de nous deux
Et dans le monde
Et si nous vivons quelques heures sur un nuage
C’est que nous savons que seul l’instant présent compte
Nous le savourons pour ce qu’il est

Nous ne cherchons pas à changer l’autre
Même si notre amour nous fait évoluer
Nous ne cherchons pas à guérir ou sauver l’autre
Même si l’amour a le pouvoir d’apaiser nos maux

Nous nous aimons sans nous posséder
Sans cette impression que sans l’autre
Nous ne sommes rien
Que notre bonheur dépend de ce que l’autre
Est prêt ou non à nous donner
Sans une jalousie qui nous rendrait prisonniers
Mais dans une liberté qui nous offre
De nous épanouir pleinement

Nous jouons une même mélodie
Avec des instruments différents
Et c’est ce qui fait de cette aventure à deux
Une richesse de tous les instants

Dans la malle aux souvenirs

Crédit Pixabay

J’ai reconnu le pont. Il y avait d’autres endroits de cette ville, d’autres rues, d’autres espaces dans lesquels nous avions vécu des choses, jolies, moins jolies. Mais c’est le pont qui a retenu mon attention.

Je n’ai pas pu arrêter la vague de souvenirs.
Un soir d’été. Nous traversions ce pont, la ville, pour rentrer après un dîner. Je souriais sûrement comme je souris souvent et j’ai dit “bonjour” aux clochards sur le bord, juste à l’entrée du pont. Rien que du naturel. Qui t’a paru déplacé. Un peu trop naïf, complètement inapproprié. Je ne me suis pas laissée abattre. Tu avais des “et si” plein la bouche. Tu voyais du danger quand je voyais l’humanité.
On a disserté sur ce “bonjour” un peu. Et puis on est passé à autre chose. Parce que je ne voulais pas te voir rentrer dans un mutisme duquel je ne pourrais pas te tirer. Auquel tu ne pouvais rien je crois. Pas quand on ne se voyait que deux jours par mois.

Je me suis endormie dans tes bras en pensant que tu ne me comprenais pas, que ce n’était pas grave. Pas assez. Pour quelques heures de plein contre des jours d’attente. Pour un réveil aux aurores le lundi matin et le ventre en vrac. Pour un dernier baiser sur le quai devant un TGV bondé qui à mesure qu’il filait nous éloignait l’un de l’autre. Pas assez pour qu’on se dispute alors que chaque minute était comptée, dans une construction dont les bases friables ne nous apparaissaient pas encore comme telles.

Est-ce qu’on était trop jeunes pour s’accepter avec nos différences.Tu n’as pas compris mes envies et je n’ai saisi compris les tiennes. Tu n’as pas accueilli mon insouciance et j’ai eu du mal avec cette façon que tu avais de t’absenter de nous. Peut-être que tu avais perdu la tienne au milieu des accrocs de la vie – déjà. J’ai détesté Goldorak (je ne faisais pas toujours le poids). Et tous ces moments où tu étais là sans être là.

Et puis tu n’as plus été là. Un silence, un de plus au bout du fil. Trois ans envolés sur un calendrier hivernal bien triste. Noël a eu un goût amer cette année là. Le pont et tous nos déséquilibres. Même les bons souvenirs se sont pris le mur. Il a fallut du temps pour digérer. Au lieu de faire face j’ai voulu tout enfouir dans la terre. Pas de larme, pas d’émotion. Ne pas tomber, ne pas faillir. Ne surtout pas montrer au monde que j’avais fait un pari et que je l’avais perdu. J’ai continué à t’aimer longtemps, à m’accrocher à ton souvenir, à coups de “pourquoi”. J’aurai aimé des mots, que tu me dises en face, que la fin soit actée.

Mais bon l’amour tout le monde le sait ça arrive comme ça, on ne sait pas comment. Et puis ça part peut-être aussi comme ça. Je ne sais toujours pas.

Est-ce que ça s’envole sans qu’on s’en aperçoive? Est-ce que c’est comme le vent? Est-ce que c’est juste des bulles de savons dans l’air qu’on admire avant qu’elles n’éclatent, nous laissant sur le côté avec juste des étincelles qui finissent par nous brûler?

Tout ça à partir d’un pont vu dans un film. Je ferme la malle aux souvenirs. Ils sont bien où ils sont.

Tous ces mots écrits

instagram-1-102.jpg

Je les écris tous les jours. Les jours de doute. Et les jours de joie. Je noircis des pages d’eux. Des pages que je partage et d’autres qui n’existent que pour mon regard. Un souvenir se grave. Chaque regard, chaque sourire, chaque échange, chaque miracle. Je les regarde vivre, aimer, faire vibrer la corde sensible de mes sentiments. Si imprégnés d’eux. Ils sont mon refuge, mon rivage, ma terre ferme.

Je les ai écris, ceux qui ne sont plus. Des mots lus pour un dernier au revoir – des mots qui m’arrachent encore quelques larmes, celles des adieux auxquels on ne s’était pas préparé.

Je l’ai écrit, lui,  petit ange qui se pose sur le monde, mon monde, qui s’envole et vole au dessus des nuages, libéré de ces maux qui marquent au fer rouge.

J’ai écrit le premier amour. Pour accepter la séparation. Pour le laisser partir. Écrire pour guérir. J’ai écrit les suivants, sentiments platoniques, vérités tragiques. Pour ne pas oublier.

Alors toi aussi il fallait que je t’écrive, que je te donne vie dans une histoire qui porterait ton prénom. Il y aurait les vacances, nos souvenirs de gosses, la mer, les prémices de l’amour, la liberté de ces deux mois d’été. Puis il y aurait la fin – purement inventée. Tout comme les personnages et le deuil. Il n’y aurait que ton prénom et cette place au cimetière sur laquelle je m’arrête à chaque fois que j’y passe. Juste là, là où nos souvenirs communs convergent. Une histoire pour exorciser les démons. Et faire taire les fantômes de la nuit qui jouent avec les émotions de ceux qui restent.

Alors j’aurai presque fait le tour des mots écrits…

Sur les hommes de ma vie.

 

Une histoire d’amour

Combien de temps l’amour dure?

Qui le sait.

L’amour commence toujours quelque part. Une minute, une heure. Un souvenir. Une image qui s’attache. Un premier frisson. Le premier “je t’aime” dans un murmure ou en fanfare.

Tout dépend.

Pour certains l’amour dure toute la vie. Pour d’autres, non.

L’amour dure un jour, quelques semaines, des mois, voir des années.

L’amour se conjugue à tous les temps.

L’amour n’a ni âge, ni patrie.

Certaines histoires semblent vouées à l’échec. Puis s’épanouissent, deviennent merveilleuses.

D’autres s’éteignent lentement.

On s’attache parfois très vite. On se détache parfois sans un aurevoir.

L’amour n’a pas de loi, pas de langage codifié.

L’amour se vit, se ressent.

Chez certains l’amour dure trois ans. Sept ans. Moins. Plus.

Ou bien l’amour ne s’arrête jamais.

L’amour évolue. Nous aussi.

L’amour fait parler de lui, attise les jalousies.

L’amour part d’une rencontre, une évidence, un coup de foudre.

Ou bien l’amour s’inscrit dans la durée, s’apprivoise doucement.

L’amour se fout de ce que les autres pensent.

L’amour dure…

Combien de temps?

Nul ne le sait.

Alors soyons heureux au présent.

Et continuons de croire en l’amour

Qui renverse, transporte, attire

Qui partage, apaise, accompagne

Qui fait que nous avons envie de

Vivre pleinement chaque instant…