Les Etats d’Esprit du Vendredi 08.03.2019

Copyright Marie Kléber

Vendredi déjà et la fin des vacances, l’heure en tous cas des états d’esprit, initiative de The Posman et Zenopia . On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [15h02]

Photo: les jardins du Palais Royal
Fatigue : une ou deux nuits très courtes, rien de bien méchant
Humeur : excellente
Estomac: pizza, salade, salade de fruits, tisane
Esprit: heureux
Cond. phys. : yoga – footing en duo
Boulot/projet : un peu plus de boulot mais une ambiance un peu plus détestable…j’écris, je lis et je prends mon mal en patience.
Culture: Harry Potter Tome 7 (près de 300 pages en une soirée, si ça, ce n’est pas de la passion…) et Grâce à Dieu au ciné (ce film m’a complètement bouleversée)
Penser à : mes résolutions pour le carême

Avis perso (1): quand on a vécu des relations amoureuses chaotiques (et toxiques), on ne sait pas combien c’est agréable de faire un footing à deux et on stress pour rien…
Avis perso (2): je me demande si l’écriture inclusive et la féminisation des noms de métiers va vraiment faire avancer les choses.

Message perso: (1) je ne suis pas aveugle, je choisis juste de voir tes forces (2) j’ai passé un super moment et ça m’a fait plaisir de te revoir aussi (3) merci pour toutes tes idées!  (4) merci pour votre enthousiasme et soutient pour la relecture de mes textes, ça me touche vraiment beaucoup!
Loulou: a adoré ses vacances, aurait bien aimé que ça continue un peu, a fait du poney, vu ses copains, aimé mes cartes postales
Amitiés : aux anges que j’ai rejoint le club des fans de HP!
Love : magique, sensuel, drôle, craquant
Sorties : j’en ai bien profité pendant 15 jours, on va ralentir le rythme cette semaine
Essentiel: s’aimer, se le dire, savourer la vie, faire l’amour aussi!
Courses: une trousse pour loulou, de la peinture
Envie de: écrire plein d’articles sur le coaching, le féminisme, mes coups de cœur du moment, partager des interviews de personnes inspirantes, peindre…
Zic: Ama Gents

Fin [15h39]

Bon et beau weekend à tous! Profitez bien. Et bonne reprise à celles et ceux qui étaient en vacances!

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2018 ou l’année de l’audace!

La semaine prochaine sera la dernière semaine de l’année 2018. Et donc une semaine de vacances et de déconnexion  – de temps en temps cela fait du bien !

Donc il est grand temps, non de faire un bilan, mais de faire un point quant au mot de l’année. Si vous vous souvenez, si vous ne vous souvenez pas, c’est ICI, le mot choisi pour 2018 était OSER.

Je ne savais pas vraiment à quoi je m’engageais avec ce mot. Comme tous ceux que je choisis (ou bien ce sont eux qui me choisissent), ils arrivent souvent en fin d’année, comme par magie.

En 2018 j’ai osé plein de choses, tant dans ma vie personnelle que professionnelle, tant dans mes passions que dans mes actions.

J’ai osé dire, poser mes sentiments. Ce n’était pas une partie gagnée d’avance. Et quand je n’ai pas pu les dire ouvertement, je les ai écrits.

J’ai osé dire OUI au bonheur, ne plus le voir comme quelque chose de trop grand pour moi, ne plus penser que je ne le méritais pas.

J’ai osé dépasser mes idées reçues, les clichés que je tenais pour acquis. J’ai levé un des  voiles qui me tenait éloignée de ma vraie nature.

J’ai osé m’affirmer, en tant que femme, en tant  que « fille de… »

J’ai osé me lancer dans l’écriture érotique et comme le disait une amie dans un mail, même si le public n’est pas au rendez-vous, tu te fais plaisir, tu découvres, tu grandis ! Il n’y a que ça de vrai.

J’ai osé la sensualité, la gourmandise, l’intimité et une sexualité épanouie.

J’ai osé partager mes doutes, mes moments de faiblesse, mes peurs, dire ce que j’avais sur le cœur. En choisissant à qui me confier. Ça a changé beaucoup de choses.

J’ai osé la confiance. En l’autre. En mon fils. En moi, c’est en cours…

J’ai osé créer, tester des formations.

J’ai osé partager mes barrières, mes freins, mes pensées limitantes.

J’ai osé me lancer dans un coaching professionnel.

J’ai osé poser mes limites, dire « non », faire entendre ce « non ».

J’ai osé aimer. Aimer avec toute la passion qui m’anime.

En 2018 je me suis rapprochée de moi-même, me suis libérée de certaines chaines, j’ai fais face à mes démons. J’ai osé prendre ma place, un peu plus. En cette fin d’année, je me sens davantage en phase avec la personne que je suis. Et ce qui me paraissait inconcevable l’année dernière est presque devenu naturel aujourd’hui !

Dites-moi – à quoi ressemble t-elle votre année 2018 ?

L’empreinte de ses pieds sur le sable mouillé

Crédit Marie Kléber

Elle  écoute les autres parler…

Elle perçoit des images. Elle entend des voix. Elle imagine des sourires, des partages.

Elle se souvient.

Elle sait. Elle savait. Il n’y en aurait qu’un.

Juste l’empreinte de ses deux  pieds sur le sable mouillé. Un rire. Cristallin. Un berceau. Juste une vie. C’est déjà beaucoup. Si plein.

Elle a fait ce deuil il y a longtemps.

Et pourtant parfois au détour d’une conversation, quand elle écoute les autres dire, lui, eux, les souvenirs, elle sent que son cœur se serre.

Au prochain virage, quelque chose lui rappelle ce qui ne sera pas. Les larmes coulent. Juste comme ça. Pour libérer la peine.

Elle ne changerait rien à sa vie ni à ses choix. C’est juste une petite blessure comme tant d’autres, un souffle imperceptible.

Qui se pose, s’en va. Et revient les soirs de pleine lune.

Ou quand elle pose son regard sur l’enfant – son essentiel.

Quand elle écoute les autres parler…

Cette passion qui me donne envie de vivre (plus fort)

Je passais faire un tour chez mon ami Tony et voilà que cette phrase me saute aux yeux “Alors, puisqu’on doit mourir, autant vivre plus fort“. Je me suis dit que le temps était venu de vous parler d’une de mes passions: les cimetières.

Ne partez pas en courant. Pas encore du moins.

J’ai toujours été fasciné par la mort. Je vais même aller plus loin et vous dire que les sujets qui me passionnent le plus sont la mort et la sexualité. C’est dit. Maintenant, vous pouvez partir. Si vous continuez à lire c’est à vos risques et périls!

Copyright Marie Kléber

Je me balade dans les cimetières depuis toute petite. Mon grand-père est mort, j’allais fêter mes six ans. Il était ma force, mon rempart, la personne que j’aimais le plus au monde, après mes parents. J’entretenais avec lui une relation privilégiée.  A partir de ce jour, pour le voir, je n’avais que le cimetière. J’y ai passé des heures avec lui. Et puis de fil en aiguille, je me suis perdue dans les allées, j’ai regardé les noms, les dates. J’ai commencé à ressentir quelque chose, pas quelque chose de triste, quelque chose de vivant, comme si les morts me passaient un message. Et il me disait de VIVRE. Peut-être que cette passion pour la vie, même dans les heures les plus noires, vient de là.

Dès que j’ai un coup de cafard et quand je peux me le permettre, je pars parcourir les allées d’un cimetière. J’en prends un au hasard. C’est si apaisant. Je pense à toutes ces vies, tous ces départs et l’envie de ne rien céder, de sentir mon cœur battre, d’éprouver des sensations revient comme par magie. Je me sens pousser des ailes.

Copyright Marie Kléber

Il y a une dizaine de jours, alors que je me baladais dans Paris, mes pas m’ont guidé sans que cela soit prémédité devant les portes du Père Lachaise. J’ai marché deux heures au gré des routes, découvrant ici et là quelques mots touchants, me laissant bercer par la paix du lieu. Au milieu des tombes a surgit une évidence: l’urgence de vivre. Pas une urgence folle ou euphorique, une urgence simple née de la connaissance de l’issue du chemin. Une urgence de s’aimer, de lâcher prise sur tous les tracas sans importance du quotidien, de cueillir la joie, de s’affranchir des codes, de s’affirmer, d’oser. Personne ne vivra notre vie à notre place. Alors pourquoi attendre sur le plongeoir que tous les autres passent…

Et vous les cimetières, vous aimez? Ça vous fait peur? Ça ne vous dit rien? Ou vous hésitez, incertains?

 

Si je n’écrivais plus sur lui…

Copyright Marie Kléber

Est-ce que j’arriverai à ne plus parler de lui? A ne plus écrire sur lui surtout?

Est-ce que je pourrai vivre sans retranscrire mes ressentis, mes émotions, les sensations qui traversent mon corps, les pulsations qui font battre mon cœur, l’intensité de nos rendez-vous?

Est-ce que je pourrai arrêter de faire danser les mots qui décrivent si bien la courbe de nos envies, la sensualité de ses mains, la saveur de sa sueur après l’amour, l’enivrante chaleur de son sourire?

Est-ce que je devrai garder tout ça pour moi, dans un carnet secret que personne ne voit? Je le fais déjà…

Est-ce que je pourrai cesser de dire qu’il a chamboulé ma vie, qu’il est de ces rencontres rares qui jalonnent nos destins, sans que cela soit vu comme un aveuglement de ma part, un besoin de retenir le bonheur avant la fin?

Est-ce que je pourrai vraiment faire l’impasse sur cette partie de ma vie, ne vous livrer que le reste, quelques bribes du quotidien, dénué de l’essence même de ce qui bat à l’intérieur des entrailles, de ce qui fait vibrer la vie?

Parce que si je ne parlais plus de lui, je ne parlerai plus non plus du petit bout de chou de cinq ans et demi qui pose des centaines de questions pour comprendre la marche du monde, dont les rires peuplent mes jours, embellissent mes nuits et dont les “non” me font grandir. Je ne parlerai que du banal, de l’accessoire. Je laisserai au placard la beauté, les rêves. Je me laisserai aller à fermer les yeux devant la magie, les sourires, la clarté du jour qui se lève. Je me fondrai dans la masse de ceux qui ont choisi l’ombre pour que rien ne vienne les bousculer dans leurs habitudes. Je n’écrirai plus non plus. Je n’aurai plus de voix.

Je préfère envoyer valser la pudeur et cette fausse morale qui voudrait qu’on garde l’intime pour soi. Je n’ai pas besoin de la nuit pour aimer, ni de l’enfer pour créer. Même si la nuit m’inspire et l’enfer me délivre. Je préfère saisir dans chaque mot ce qui me caractérise: l’urgence de vivre!

Depuis toi

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Je danse le manque
Dans les heures d’effervescence
Les longues balades le nez au vent
Les vagues d’éclats de rire
Les fruits mûrs, juteux dévorés à pleine bouche
Les mûres cueillies sur le bord du chemin qui mène à l’amitie retrouvée
L’euphorie des rendez vous familiaux, le passé repassé, les anecdotes maintes fois partagées
Le galop sur la plage déserte, ce sentiment d’absolue liberté saisissant
Je trace le manque
Dans les embruns
Dans la mer gorgée d’eau salée
Dans le souffle du vent qui fait tanguer les haubans
Dans la fraîcheur du petit matin
Dans le temps suspendu aux souvenirs
Qui dévalent les pentes à toute vitesse
Dans l’instant qui défie les années écoulées
Dans la nouvelle histoire que nous écrivons
Au fil des étés que nous passons côte à côte
Coeur contre coeur
Le manque depuis toi a une autre saveur

Et si…

Et si…

On se baladait dans Paris. Juste comme ça, pour le plaisir. Le plaisir de vagabonder, de découvrir, de partager.

Et si…

On ouvrait les yeux sur tous ceux qui composent la ville, décomposent le temps d’un instant où sur pause on se concentre sur la vérité des choses.

On regardait la vie battre.

On s’arrêtait pour contempler ce qui se joue autour de nous, l’écho en nous.

Et si…

On prenait le temps. De poser nos yeux sur l’inconnu. De contempler ce qui s’offre à nous.

On s’asseyait là, au milieu de la foule, entre les cris de joie des enfants et le silence apaisant des vieillards et qu’on se saoulait de bonheur.

Et si…

On comprenait qu’il n’y à rien à faire.

Sinon à être.

De la force (et) de l’amour

C’est devenu facile de lui parler de lui. Quand les questions viennent, la parole ne se fige plus dans un rictus compliqué, le chaos ne se glisse plus comme si un combat sans merci allait commencer. C’est fluide, pas toujours simple mais fluide. C’est par vague, des moments il parle beaucoup de lui, d’autres il n’y pense pas ou s’il y pense il n’en parle pas. Peut-être que c’est clair à ce moment-là.

Il sait qu’il peut m’en parler. J’ai toujours souhaité être ouverte là-dessus. Même  si ça m’a longtemps couté, surtout au début, même si c’était compliqué de devoir faire semblant à l’évocation d’un prénom, à la vue d’une photo. Même si le sujet était devenu presque tabou entre tous les protagonistes de cette histoire « sordide ». Je voulais qu’il se sente libre d’en parler, comme de ne pas en parler, qu’il ait accès à son espace identitaire, au-delà de ce que j’avais vécu en tant que femme.

Mettre un visage sur un prénom. Savoir d’où il vient. L’histoire il la sait, depuis le début. Elle n’a jamais été édulcorée, juste racontée à hauteur d’enfant, avec les mots qui aujourd’hui ont un sens pour lui. Il sait ce qu’il doit savoir, rien de plus, rien de moins.

Je me rends compte toutefois que nous n’avons pas tous évolué de la même façon sur ce sujet « sensible ». Quand il évoque son père, les mots et les regards ne disent pas la même chose. Je me demande s’il le sent, s’il remarque cette moue, ce petit rien, mélange de peur et de colère, ce clignement d’œil presque insignifiant,  qui me frappe pourtant toujours en plein cœur, comme s’il restait des morceaux d’humanité blessés en chacun d’eux, comme si la rage n’attendait qu’un mot pour sortir et se libérer de tout ce qui pèse comme un poids mort. Certains gardent le silence. D’autres sursautent à la moindre pensée de ce qui pourrait arriver si. D’autres se font des scénarios sur l’avenir, mon avenir, le sien. Tout le monde essaie de se rassurer comme il peut avec ce qu’il a entre les mains, peu de choses au final, je finis par être discrète, par en dire le moins possible pour apaiser les cœurs et les esprits, pour que les mots ne soient plus aussi violents qu’ils le furent, pour qu’ils ne m’atteignent plus dans le bonheur de l’instant présent.

C’est devenu facile de lui parler de lui. J’ai fait mon deuil. J’ai pardonné ce qu’il y avait à pardonner. Les autres, un peu ou pas. Ils sont de ceux qui pensent que tout ne se pardonne pas. Ils préfèrent vivre avec ce poids sur le cœur, comme une marque de ce qui fut, comme une blessure qui ne peut totalement guérir. C’est peut-être une question de ligne de départ ou encore une façon d’envisager le pire, pour ne pas être pris au dépourvu si le pire se manifeste. Peut-être que la route était plus facile pour moi, je l’avais lui, ce petit être à protéger, à aimer. Peut-être qu’il m’a donné l’envie de me dépasser, de dépasser ce qui me tirait vers le bas. Il a été ma lumière dans les heures creuses, le soleil auquel je me suis raccrochée bien des fois pour continuer. Ou c’est peut-être un choix, le choix de la vie, d’une nouvelle page à écrire, plus vraie.

Je souhaite être juste avec le passé, comme le présent. Je souhaite être juste avec l’histoire, son histoire. Pour qu’il puisse un jour faire ses choix, en conscience. Si pour certains le risque est grand, l’incertitude omniprésente, je sais que ma peur s’est transmutée en force. Et que cette force, couplée à l’amour, personne ne peut rien contre.

A l’aube, mon coeur

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Copyright Marie Kléber

Où tu es

Là-bas

Si près

Si loin de moi

Je rêve tes pas

Les mots que tu dis

Et ceux que tu gardes pour moi

Le soir, mon cœur se languit de toi

Je t’imagine

Regarder l’heure d’un geste vague

Déposer ta veste sur la chaise à l’angle près de la table

Encore couverte des restes du dîner

Fermer les yeux avant de sombrer

Dans un sommeil qui nous réunira

Le matin nous cueillera

Avec ses lumières chaudes, sa fraicheur habituelle

Alors qu’au firmament du ciel

Le soleil reste discret

A l’aube, mon cœur retrouve ses couleurs