2018 ou l’année de l’audace!

La semaine prochaine sera la dernière semaine de l’année 2018. Et donc une semaine de vacances et de déconnexion  – de temps en temps cela fait du bien !

Donc il est grand temps, non de faire un bilan, mais de faire un point quant au mot de l’année. Si vous vous souvenez, si vous ne vous souvenez pas, c’est ICI, le mot choisi pour 2018 était OSER.

Je ne savais pas vraiment à quoi je m’engageais avec ce mot. Comme tous ceux que je choisis (ou bien ce sont eux qui me choisissent), ils arrivent souvent en fin d’année, comme par magie.

En 2018 j’ai osé plein de choses, tant dans ma vie personnelle que professionnelle, tant dans mes passions que dans mes actions.

J’ai osé dire, poser mes sentiments. Ce n’était pas une partie gagnée d’avance. Et quand je n’ai pas pu les dire ouvertement, je les ai écrits.

J’ai osé dire OUI au bonheur, ne plus le voir comme quelque chose de trop grand pour moi, ne plus penser que je ne le méritais pas.

J’ai osé dépasser mes idées reçues, les clichés que je tenais pour acquis. J’ai levé un des  voiles qui me tenait éloignée de ma vraie nature.

J’ai osé m’affirmer, en tant que femme, en tant  que « fille de… »

J’ai osé me lancer dans l’écriture érotique et comme le disait une amie dans un mail, même si le public n’est pas au rendez-vous, tu te fais plaisir, tu découvres, tu grandis ! Il n’y a que ça de vrai.

J’ai osé la sensualité, la gourmandise, l’intimité et une sexualité épanouie.

J’ai osé partager mes doutes, mes moments de faiblesse, mes peurs, dire ce que j’avais sur le cœur. En choisissant à qui me confier. Ça a changé beaucoup de choses.

J’ai osé la confiance. En l’autre. En mon fils. En moi, c’est en cours…

J’ai osé créer, tester des formations.

J’ai osé partager mes barrières, mes freins, mes pensées limitantes.

J’ai osé me lancer dans un coaching professionnel.

J’ai osé poser mes limites, dire « non », faire entendre ce « non ».

J’ai osé aimer. Aimer avec toute la passion qui m’anime.

En 2018 je me suis rapprochée de moi-même, me suis libérée de certaines chaines, j’ai fais face à mes démons. J’ai osé prendre ma place, un peu plus. En cette fin d’année, je me sens davantage en phase avec la personne que je suis. Et ce qui me paraissait inconcevable l’année dernière est presque devenu naturel aujourd’hui !

Dites-moi – à quoi ressemble t-elle votre année 2018 ?

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L’empreinte de ses pieds sur le sable mouillé

Crédit Marie Kléber

Elle  écoute les autres parler…

Elle perçoit des images. Elle entend des voix. Elle imagine des sourires, des partages.

Elle se souvient.

Elle sait. Elle savait. Il n’y en aurait qu’un.

Juste l’empreinte de ses deux  pieds sur le sable mouillé. Un rire. Cristallin. Un berceau. Juste une vie. C’est déjà beaucoup. Si plein.

Elle a fait ce deuil il y a longtemps.

Et pourtant parfois au détour d’une conversation, quand elle écoute les autres dire, lui, eux, les souvenirs, elle sent que son cœur se serre.

Au prochain virage, quelque chose lui rappelle ce qui ne sera pas. Les larmes coulent. Juste comme ça. Pour libérer la peine.

Elle ne changerait rien à sa vie ni à ses choix. C’est juste une petite blessure comme tant d’autres, un souffle imperceptible.

Qui se pose, s’en va. Et revient les soirs de pleine lune.

Ou quand elle pose son regard sur l’enfant – son essentiel.

Quand elle écoute les autres parler…

On écrira nos rêves sur un morceau d’azur…

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On écrira nos rêves sur un morceau d’azur…

Ce sont les mots qui s’imposent quand je la vois. Juliette a grandi. En sortant l’autre jour, j’ai croisé son sourire de l’autre côté de la rue. Elle a grandi, si vite. La petite fille a disparu. Il reste dans ses yeux cette pointe de malice. Et puis ses mains. Elle a fait comme elle faisait avant, depuis ce jour de mars il y a trois ans, elle a pris ma main. J’ai souri.

Nos visages se sont reconnus. Ils se sont souvenus des matins gris éclairés de sa joie de vivre. Se sont imposés alors à nous tous les silences que nous ne percerons pas. Juliette ne parle pas. Juste quelques mots. Elle vit dans un monde dans lequel je passe, un monde qui n’appartient qu’à elle. Pour peu qu’on s’y intéresse, son monde nous est accessible le temps d’un trajet, le temps de la regarder être au monde, à la vie. Dans une simplicité déconcertante.

Cette passion qui me donne envie de vivre (plus fort)

Je passais faire un tour chez mon ami Tony et voilà que cette phrase me saute aux yeux “Alors, puisqu’on doit mourir, autant vivre plus fort“. Je me suis dit que le temps était venu de vous parler d’une de mes passions: les cimetières.

Ne partez pas en courant. Pas encore du moins.

J’ai toujours été fasciné par la mort. Je vais même aller plus loin et vous dire que les sujets qui me passionnent le plus sont la mort et la sexualité. C’est dit. Maintenant, vous pouvez partir. Si vous continuez à lire c’est à vos risques et périls!

Copyright Marie Kléber

Je me balade dans les cimetières depuis toute petite. Mon grand-père est mort, j’allais fêter mes six ans. Il était ma force, mon rempart, la personne que j’aimais le plus au monde, après mes parents. J’entretenais avec lui une relation privilégiée.  A partir de ce jour, pour le voir, je n’avais que le cimetière. J’y ai passé des heures avec lui. Et puis de fil en aiguille, je me suis perdue dans les allées, j’ai regardé les noms, les dates. J’ai commencé à ressentir quelque chose, pas quelque chose de triste, quelque chose de vivant, comme si les morts me passaient un message. Et il me disait de VIVRE. Peut-être que cette passion pour la vie, même dans les heures les plus noires, vient de là.

Dès que j’ai un coup de cafard et quand je peux me le permettre, je pars parcourir les allées d’un cimetière. J’en prends un au hasard. C’est si apaisant. Je pense à toutes ces vies, tous ces départs et l’envie de ne rien céder, de sentir mon cœur battre, d’éprouver des sensations revient comme par magie. Je me sens pousser des ailes.

Copyright Marie Kléber

Il y a une dizaine de jours, alors que je me baladais dans Paris, mes pas m’ont guidé sans que cela soit prémédité devant les portes du Père Lachaise. J’ai marché deux heures au gré des routes, découvrant ici et là quelques mots touchants, me laissant bercer par la paix du lieu. Au milieu des tombes a surgit une évidence: l’urgence de vivre. Pas une urgence folle ou euphorique, une urgence simple née de la connaissance de l’issue du chemin. Une urgence de s’aimer, de lâcher prise sur tous les tracas sans importance du quotidien, de cueillir la joie, de s’affranchir des codes, de s’affirmer, d’oser. Personne ne vivra notre vie à notre place. Alors pourquoi attendre sur le plongeoir que tous les autres passent…

Et vous les cimetières, vous aimez? Ça vous fait peur? Ça ne vous dit rien? Ou vous hésitez, incertains?

 

L’égalité à l’épreuve du temps…

Crédit Pixabay

Jeanne a 10 ans en 1930. Elle ne va plus à l’école et mène les vaches au pré. On attend d’elle qu’elle sache faire toutes les tâches de la maison avant sa majorité. Il faut qu’on puisse la marier vite et bien. Dans l’étable quand elle rentre les bêtes, il y a Gustave, le fils du boucher qui l’attend. Elle remonte sa robe et le laisse faire ce qu’il a à faire. A son époque, on ne parle pas d’éducation sexuelle.

Nora a 8 ans en 2005 dans le fin fond de l’Atlas. On vient de la marier à son cousin  de 20 ans son aîné. Elle n’est pas sexuellement mature mais elle est vierge – l’honneur sera préservé. Dans son pays les femmes ne sont qu’un objet qu’on manipule selon son envie.

Alice a 25 ans en 1950. Elle a un bon travail et son patron l’apprécie. Jusqu’au jour où il lui propose d’aller boire un café après le bureau. Il le sait pourtant elle est mariée, mère de deux jeunes enfants. Elle sent ses mains remonter le long de la couture de ses bas. Elle se souvient de ce que sa mère lui a appris, pose ses dossiers, claque la porte et s’en va.

Laura a 7 ans quand elle prend le métro toute seule pour la première fois. On est en 1960 et ce qu’elle voit ce jour-là, elle s’en rappellera toute sa vie. Un homme la regarde, elle sourit. Sous son manteau, il est nu. Depuis, elle sait que quand un homme la regarde avec insistance, il faut mieux baisser les yeux.

Souad a 16 ans en 2010. Elle est mariée, mère de trois enfants. En douce, elle donne rendez-vous au jeune homme qu’elle aime en secret. Elle fait attention à tout. Si quelqu’un la voit, c’est la mort assurée.

Ingrid a 30 ans en 1977. Elle fait partie de cette génération qui prône « faites l’amour, pas la guerre ». Elle milite pour le droit des femmes à disposer de leur corps et se bat contre l’inégalité entre hommes et femmes. Elle y croit.

Lucie a 6 ans quand le mari de sa tante vient la voir dans sa chambre et lui demande s’il peut jouer au docteur avec elle. Il commence à la déshabiller. Tout est normal, son papa aussi il fait ça. Puis il se déshabille. Son papa ne fait pas ça. Quand elle en parle autour d’elle tout le monde dit qu’elle affabule.

Marine a 45 ans dans les années 2000. Elle vient d’avoir une belle promotion. Dans le comité de Direction qu’elle rejoint, il n’y a que des hommes. Tous se demandent si elle est en couple, elle parle peu d’elle et de sa vie privée. Elle fait un peu coincée tout de même – une mal baisée de plus. Forcément.

Agathe a 21 ans quand elle débarque à Paris à la même époque. Un matin pour aller au travail, elle met une mini-jupe et des bottes. Quand elle ressort du métro, elle a son actif une petite dizaine de remarques désobligeantes du genre « t’es bonne toi », « tu prends combien ? », « tu me suces ? »…

Myriam a 9 ans en 2018. Comme tous les soirs c’est sa nounou qui la récupère à l’école. Elle aime bien sa nounou et puis il y a Maxence, ils se connaissent depuis qu’ils sont tous petits, ce sont les meilleurs amis du monde. Même à 15 ans il est toujours prêt à jouer avec elle. Jusqu’au jour où les choses dérapent, qu’il met sa main dans sa culotte, se frotte contre elle. Elle a beau lui dire d’arrêter, que ça lui fait mal, il continue. Elle en parle le soir à ses parents, qui portent plainte sur le champ. La procédure court toujours.

La vie de Daphné tourne autour de son mariage. Être une bonne épouse hante ses jours et ses nuits. Si elle dévie de sa trajectoire, c’est la sanction. Elle se fait l’effet d’être un animal qu’on dresse jour après jour. Il lui répète assez qu’elle n’est rien sans lui. Elle pourrait être née en 1930 comme en 1990

Valérie entend à longueur de journée des blagues sexistes, auxquelles elle se sent parfois obligée de rire. Quand elle réagit, on lui dit qu’elle n’a pas d’humour. Alors elle laisse couler. La force de l’habitude. C’est triste.

Dans sa cité, Fatiha est considérée comme une « salope ». Tout ça parce qu’elle porte des jupes et qu’elle parle aux garçons d’égal à égal. C’est quoi le problème ?

A 95 ans, Émile regarde le monde qu’il laisse à ses petits-enfants, un monde dans lequel certains hommes considèrent encore la femme comme un être inférieur, un monde dans lequel la goujaterie est encore de mise, l’égalité un idéal, le respect une valeur en déclin. Il se demande ce qui s’est passé pour que les victoires d’hier ne soient plus que des poussières d’étoile dans le vaste univers.

Si je n’écrivais plus sur lui…

Copyright Marie Kléber

Est-ce que j’arriverai à ne plus parler de lui? A ne plus écrire sur lui surtout?

Est-ce que je pourrai vivre sans retranscrire mes ressentis, mes émotions, les sensations qui traversent mon corps, les pulsations qui font battre mon cœur, l’intensité de nos rendez-vous?

Est-ce que je pourrai arrêter de faire danser les mots qui décrivent si bien la courbe de nos envies, la sensualité de ses mains, la saveur de sa sueur après l’amour, l’enivrante chaleur de son sourire?

Est-ce que je devrai garder tout ça pour moi, dans un carnet secret que personne ne voit? Je le fais déjà…

Est-ce que je pourrai cesser de dire qu’il a chamboulé ma vie, qu’il est de ces rencontres rares qui jalonnent nos destins, sans que cela soit vu comme un aveuglement de ma part, un besoin de retenir le bonheur avant la fin?

Est-ce que je pourrai vraiment faire l’impasse sur cette partie de ma vie, ne vous livrer que le reste, quelques bribes du quotidien, dénué de l’essence même de ce qui bat à l’intérieur des entrailles, de ce qui fait vibrer la vie?

Parce que si je ne parlais plus de lui, je ne parlerai plus non plus du petit bout de chou de cinq ans et demi qui pose des centaines de questions pour comprendre la marche du monde, dont les rires peuplent mes jours, embellissent mes nuits et dont les “non” me font grandir. Je ne parlerai que du banal, de l’accessoire. Je laisserai au placard la beauté, les rêves. Je me laisserai aller à fermer les yeux devant la magie, les sourires, la clarté du jour qui se lève. Je me fondrai dans la masse de ceux qui ont choisi l’ombre pour que rien ne vienne les bousculer dans leurs habitudes. Je n’écrirai plus non plus. Je n’aurai plus de voix.

Je préfère envoyer valser la pudeur et cette fausse morale qui voudrait qu’on garde l’intime pour soi. Je n’ai pas besoin de la nuit pour aimer, ni de l’enfer pour créer. Même si la nuit m’inspire et l’enfer me délivre. Je préfère saisir dans chaque mot ce qui me caractérise: l’urgence de vivre!

Depuis toi

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Je danse le manque
Dans les heures d’effervescence
Les longues balades le nez au vent
Les vagues d’éclats de rire
Les fruits mûrs, juteux dévorés à pleine bouche
Les mûres cueillies sur le bord du chemin qui mène à l’amitie retrouvée
L’euphorie des rendez vous familiaux, le passé repassé, les anecdotes maintes fois partagées
Le galop sur la plage déserte, ce sentiment d’absolue liberté saisissant
Je trace le manque
Dans les embruns
Dans la mer gorgée d’eau salée
Dans le souffle du vent qui fait tanguer les haubans
Dans la fraîcheur du petit matin
Dans le temps suspendu aux souvenirs
Qui dévalent les pentes à toute vitesse
Dans l’instant qui défie les années écoulées
Dans la nouvelle histoire que nous écrivons
Au fil des étés que nous passons côte à côte
Coeur contre coeur
Le manque depuis toi a une autre saveur

Et si…

Et si…

On se baladait dans Paris. Juste comme ça, pour le plaisir. Le plaisir de vagabonder, de découvrir, de partager.

Et si…

On ouvrait les yeux sur tous ceux qui composent la ville, décomposent le temps d’un instant où sur pause on se concentre sur la vérité des choses.

On regardait la vie battre.

On s’arrêtait pour contempler ce qui se joue autour de nous, l’écho en nous.

Et si…

On prenait le temps. De poser nos yeux sur l’inconnu. De contempler ce qui s’offre à nous.

On s’asseyait là, au milieu de la foule, entre les cris de joie des enfants et le silence apaisant des vieillards et qu’on se saoulait de bonheur.

Et si…

On comprenait qu’il n’y à rien à faire.

Sinon à être.

Le pouvoir entre nos mains

Comment dans notre pays de droits
En sommes-nous arrivés là ?
Laisser des Hommes pourrir sur des trottoirs
Des gens mourir de désespoir

Nous nous révoltons
Contre l’État – les Institutions
Qui laissent la misère s’installer

Que faisons-nous contre ?

Nous n’osons même plus un regard
Nous passons sans les voir
Ces mendiants de l’essentiel
Aux existences pestilentielles

Nous demandons de l’attention
A l’État – Aux Institutions
Qui laissent la violence s’insinuer

Que faisons-nous pour ?

Nous pourrions gratifier d’un sourire
D’un bonjour sincère
Les enfants dont les rires
Inondent les heures de galère

Nous pourrions au moins
Les regarder
L’humanité au creux de nos mains
Les accepter

Sans attendre que d’autres
L’État – Les Institutions
Abolissent ces exactions

Il disait…

Copyright Marie Kléber

Il disait la vie.

Il disait qu’il fallait faire ce dont on a envie. Envolées les certitudes, qui nous lient à des destins dont personne ne retient rien. Il disait qu’il était sain d’aimer et de regarder le monde, chaque matin, de l’admirer, comme si ce matin là était le dernier jour du monde.

Il regardait le ciel et savait le soleil, les marées, le vent qui souffle fort sur la dune et envoie le sable voler au loin, aussi loin que la nuit qui soutient la vie.

Il disait les errances et cette quête sans importance qui nous enterre parfois vivants, sans que nous ayons pris le temps de savourer, de nous poser, de respirer la chance.

Il disait que le temps qu’il fait en juin le trois sera le temps de tout le mois. Et moi, chaque mois, le troisième jour de juin, je regarde le ciel, je guette un signe de lui dans les nuages qui tissent sur l’horizon de mes jours de belles histoires d’amour.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture A vos claviers #8 proposé par Estelle du blog l’atelier sous les feuilles.