Une pensée particulière

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Pour toi, Magda

Tu vis quelque part et je sais que je ne te reverrai pas. Parce que la vie ne nous donnera pas cette chance, parce que te donner des nouvelles de moi, c’est te donner en pâture à des hommes, sans foi ni loi.

Tu t’es mariée avant moi, avec cet homme qui était le meilleur ami de celui qui a par la suite partagé ma vie. Tu t’es mariée sans certitudes et contre l’avis de ceux qui t’aimaient le plus. Tu as dit “oui”, à un homme, qui a fini par t’avouer, qu’il s’agissait d’un mariage de convenance, un mariage pour des papiers.

Sa liberté contre la tienne. Tu payes le prix fort. Sa liberté contre ton asservissement. Et pourtant c’est sa religion qui dit que l’on doit le respect à la mère de ses enfants. Çà ne lui fait pas peur de te maltraiter, mais il ne manquera jamais une prière à la Mosquée.

Bien des fois tu m’as mise en garde et je ne t’ai pas écoutée. Bien des fois tu as partagé avec moi tes doutes et tes regrets, tes désillusions sur cette vie que tu n’as pas vraiment choisie.

Je te revois, tes cheveux blonds flottants dans le vent froid d’un matin d’Avril. Il te trompait et ce n’était pas la première fois. Il a eu beau nous dire que ce n’était pas vrai, nous ne l’avons pas cru. Mais tes larmes se sont tues.

M., toi si optimiste et pleine de vie, il a réussi à tout briser en toi, cet homme que je n’aime pas. Il a utilisé son fils comme monnaie d’échange pour te forcer à revenir, alors même que tu avais eu le courage de fuir ton enfer. Et moi, je n’ai rien voulu voir. C’était déjà trop tard.

Tu es partie avec lui dans son pays, ils n’ont eu de cesse de te critiquer, d’anéantir tes forces, de te ridiculiser. Et alors que la pluie de Novembre balaye les rues désertes, tu regardes par la fenêtre et tu te demandes bien pourquoi et comment tu as pu accepter tout ça.

Entre lui et toi, un petit garçon, plein de cris et de rage. Je le revois encore, si tendre et si coquin. Mais dès que son père passait la porte, ce n’était que colère et chagrin. Et toi, tu continuais à te battre contre du vent, pour une étincelle dans ses yeux d’enfant.

Entre lui et toi, un enfant mort-né et une promesse qu’il n’a pas respectée. Mais pourquoi ça m’étonne encore ces choses-là. Tu es sa chose. Il ne t’aime pas. Il veut nous faire croire le contraire, lui l’homme fort, le mari, le père, celui qu’on respecte et qui ne respecte rien.

Entre lui et toi, une culture et un pays qui vont t’engloutir si tu pars. Et chaque jour qui passe, je pense à toi, à cette tragédie que j’ai fui et au fond de laquelle tu te noies. C’est bien toi qui me disais, on survit comme on peut. Mais la vie ce n’est pas que cette souffrance distillée. La vie c’est plus que ça, alors pourquoi tu penses que tu ne le mérites pas.

M., j’espère juste que tu auras ta revanche, que tu sortiras vivante de ce mariage qui t’oppresse et t’enterre vivante, quelque part, loin de moi.

M., nous ne pensions pas que ce gouter d’anniversaire serait notre dernière fois. Cela me fait de la peine, même si bien souvent j’ai baissé les bras devant ton désespoir. Aujourd’hui il ne me reste que des prières et chaque jour, j’ai pour toi, une pensée particulière.

Ce texte date de quelques années. Mais ce matin je me suis réveillée en pensant à elle et j’ai eu envie de le partager à nouveau. Demain je suis en vacances pour 3 semaines sans connexion internet. Je vous retrouverais à la rentrée dans un tout nouvel espace qui se fait une beauté! En attendant prenez bien soin de vous…

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Mon bout du Monde

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On s’y rend en voiture, en train ou en car. Au détour d’un virage on aperçoit la mer, pas celle bleue ou verte de la Méditerranée, ni la transparente dans laquelle on plonge pour regarder les poissons. Ma mer est foncée, gorgée de boue et d’eau salée. Elle monte et descend, nous offrant soit de belles matinées ou de belles après-midi à la plage, rarement les deux, ou alors il faut se lever tôt et se coucher tard.

C’est un endroit tout simple, sans transat ni restaurants face à la mer. C’est une maison, celle de mon enfance, des vacances, des weekends qui s’allongent jusqu’au dimanche soir, celle de mes souvenirs, des cousines.

C’est une plage, des heures de dériveur, des brioches partagées, des baignades nocturnes, des drapeaux « orange » qui nous font courir sur la plage déserte en criant à tue-tête « qui m’aime me suive » avant le grand plongeon dans les vagues déchainées.

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C’est un jardin rempli de rires, rires de l’enfance insouciante, de l’adolescence passionnée. Un jardin dans lequel j’aime marcher pieds nus et au fond duquel je prends plaisir à étendre le linge. Les draps blancs volent au vent et emportent avec eux, au creux de mes nuits, des parfums savoureux.

C’est une histoire, celle de mes grands-parents, de mes parents, la mienne et celle de mon enfant. C’est une plaque grise au cimetière, un vieux garage, une coque de bateau abîmée.

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Certains parcourent la terre entière pour trouver cet endroit de paix dans lequel ils se sentent en sécurité, apaisés, libres et heureux. Mon bonheur à moi, il est là. Dans cet endroit, mon bout du Monde, mon éternel lieu de quiétude et d’harmonie, dans lequel je puise chaque été un nouveau souffle, loin du chaos et des heures vides. Il est dans la mer qui danse sur les rochers et balaye la plage avec douceur. Il est dans ces heures passées au frais à refaire le monde autour d’un thé ou sur la terrasse le soir, le mieux au réveil, les yeux sur l’horizon, avec en bruit de fond le chant des oiseaux. Il est entre ces murs qui connaissent tout de moi, qui ont mon âge et qui me manquent souvent quand les deux pieds ancrés dans mon quotidien, je me sens lourde et épuisée.

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Cet endroit-là, c’est ma vérité.

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Ce droit fondamental…

Miloula se glisse sans bruit, se faufile dans la nuit, enfile une robe, ajuste un voile sur ses cheveux puis sort. Elle avance à pas feutrés, certaine que le bruit de ses chaussures pourrait éveiller quelques soupçons dans les rues désertes de son village. Elle s’arrête devant une porte, frappe deux coups, puis attend. Latifa, robe longue, voile assorti la rejoint, refermant derrière elle la porte, une paire de chaussures à la main. Elles sont en retard. Il va falloir courir un peu. Sans chaussures, c’est mieux. Elles sourient toutes les deux en se prenant la main. Elles se sentent libres l’espace d’un instant. Dans une heure, elles seront assises devant un pupitre et écouteront religieusement le maître d’école.

A la maison, leurs mères vaquent à leurs occupations habituelles. Elles préparent à manger, lavent, s’occupent des garçons avant de les laisser filer, servent leurs époux, avec le sourire. A leur âge, elles étaient mariées. A leur âge, elles supportaient déjà le poids des choix faits par d’autres, pour leur bien – c’est ce qu’on disait – pour le bien de la société – ce serait plus juste. Elles s’étaient occupées de leurs frères, de la maison, avaient soutenu leurs mères dans les tâches ingrates incombant aux femmes, jamais reconnues. A leur âge, leur corps avait déjà été souillé par un homme sans tact, un mari imposé, parfois violent, souvent gauche, inintéressant. A leur âge, l’école n’était pas une option. Une fille n’avait pas besoin d’apprendre. Une fille n’avait pas le droit, pas de droit. Elle était fille de son père avant de devenir épouse de son mari. Elle était la propriété d’un homme. Les hommes dirigeaient sa vie. Elle acceptait pour sa survie.

A la maison, ce matin-là, leurs mères inventent un énième mensonge, pour leur garantir quelques heures d’enseignement supplémentaire. Si elles peuvent avoir une vie différente de la leur, elles sont désormais prêtent à en payer le prix.

L’éducation, ce droit fondamental…

La vie, ce droit universel…

« L’éducation des filles est le meilleur outil de développement qui soit. » Kofi ANAN

« L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le Monde. »Nelson MANDELA

Ce texte a été écrit dans le cadre des Cat’s Hours, rendez-vous organisé par Catwoman, en soutien à l’association KMG Ethiopia qui lutte activement pour les droits des femmes dans le Monde. Pour tout savoir sur les participations c’est par ICI. Et pour les dons, par LA. Vous pouvez également commander des confitures auprès de Catwoman dont les bénéfices seront reversés à l’association (je ne peux que vous le conseiller, elles sont EXTRA!) 

Chuchotis et Ricochets (je vous dis tout ou presque sur mon nouveau livre)

Chose promise, chose due. Je vous avais, ici et là, donné rendez-vous pour le 14 février. Cette date est importante pour moi – en effet le 14 février 2013 à 4h33, la sage-femme posait le petit escargot sur mon corps épuisé mais heureux d’avoir mené cette grossesse à terme. La St Valentin a alors pris toute sa signification pour nous deux. C’était vraiment un beau jour pour célébrer l’Amour.

Aujourd’hui, j’ai donc envie de vous présenter mon nouveau livre.

Les Origines

J’ai débuté son écriture courant juin 2016. J’avais des velléités de vous l’offrir en rentrant des grandes vacances, mais celles-ci ont été employées à tant d’autres choses que j’ai du repousser la date maintes et maintes fois. Et puis il a fallut se positionner afin de mettre un terme à ce projet, dont j’avais hâte de vous parler.

L’été m’a inspirée. Je me suis sentie pousser des ailes. C’est peut-être notre rencontre au sommet avec Laurie et Laurie dans la cité des Papes ou bien la joie qui s’est glissée dans chaque instant vécu ou encore le profond désir d’écrire qui accompagne chaque retour du soleil et laisse quelques pépites dorées sur mes bras nus. J’ai regardé l’été s’écouler avec grâce, humant l’air frais, me laissant bercer par le doux va et vient des vagues sur les plages de mon enfance. J’ai engrangé des rires en cascade. J’ai fais le plein d’amitié et de tendresse.

A l’intérieur

L’idée de départ était de partager des textes courts sur la vie, sur ses moments simples et pourtant magiques. Puis j’ai changé d’avis, j’ai écris au feeling. J’ai oublié la trame. Je me suis laissée porter par ma plume. Et je me suis retrouvée à évoquer la maternité, l’amour, les plaisirs du quotidien, les souvenirs, l’évasion, les belles rencontres, l’enfance.

Ce livre est dédié à quatre petits garçons. Dont un est parti un peu tôt (même si je sais qu’il est en paix aujourd’hui). C’est pour cette raison qu’il est aussi dédié à tous les enfants du monde et à tous les anges du ciel. Parce que qu’au final c’est l’enfance, ses rires, ses rêves, ses envies, sa curiosité, ses mimiques, sa généreuse vitalité qui m’a donné les clés de ce troisième “regard sur le monde” avant la plongée dans les abysses d’années moins glorieuses (!)

Au total, c’est 14 textes dont 2 poèmes. Les personnes qui me suivent depuis plusieurs années retrouveront quelques textes remaniés. 9 toutefois sont inédits et n’ont jamais été partagés, ni ici, ni ailleurs.

A l’extérieur

Cette fois-ci, j’ai fais appel à une aide extérieure pour réaliser ma couverture. Aline a accepté avec enthousiasme ma proposition et elle a tout de suite perçue mes envies et intégré l’âme de ce recueil. La collaboration a été à la hauteur de mes souhaits et attentes. Sans plus tarder, je vous montre le rendu – très poétique et qui colle parfaitement à l’atmosphère de mon livre. Vous pouvez d’ailleurs découvrir son article sur le sujet ICI.

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Pour conclure

Le livre sera disponible très prochainement * je finalise quelques détails techniques* sur The Book Edition au tarif de 9€. Vous pourrez bien entendu vous le procurer directement en passant sur le site ou si vous souhaitez recevoir une copie (avec dédicace) me contacter sur latmospherique [at] gmail [.] com.

J’espère que cet aperçu vous aura donné envie de tenir ce petit morceau de moi entre vos mains et qu’il trouvera une place de choix dans vos bibliothèques et tout près de vos cœurs, comme un rappel que la vie, bien que chaotique et parfois incertaine, est aussi remplie d’instants simples et précieux.

Album de Senteurs: Ma Terre

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Elle me parle. Dans le silence qui entoure le jour qui se lève. Elle m’appelle. Elle sent la pluie, pas celle de l’aube, mais la pluie chargée de chaleur, celle de l’orage qui gronde au loin. Une odeur forte et sensuelle.

Elle se souvient de l’enfance, de nos courses folles, de l’odeur âcre de soupes improvisées avec de l’herbe, quelques fleurs séchées, des cailloux que nous faisions mine d’engloutir avec délectation, de nos pas de petites, de nos pieds nus de grandes, des roues des vélos qui glissent et laissent des traces. Elle garde en mémoire des sons, des images, des chansons que nous fredonnions, en faisant tourner les 33 tours, l’été. Elle est la gardienne de nos pas de danse, de nos poiriers improvisés, dans le jardin. Elle sent le sapin, l’herbe fraichement tondue. Elle sent la mer, pas très loin, qui se prélasse sur les rochers.

Elle me murmure quelque chose à l’oreille. Elle me dit qu’elle sera toujours mienne, qu’au creux des saisons de la vie, elle sera le havre de paix dans lequel je pourrais venir puiser lumière et sérénité. Son cœur bat vite sous mes plantes de pied, habituées à sa vitalité, à son énergie vivifiante.

Elle me parle de silence et sur la pierre, elle redessine avec moi des souvenirs éparpillés au milieu d’un jardin, dans les feuilles de salade, autour des poulaillers, sur un bateau. Et j’entends l’écho de son rire, je revois l’éclat de nos sourires, je contemple la beauté de ce qui fut et n’a jamais cessé d’exister.

Elle est la terre de mon enfance, la terre mère, nourricière, la gardienne de mes secrets, ma confidente. Elle est la terre gorgée d’eau salée, baignée de lumière sous laquelle dort paisiblement mon grand-père, sur laquelle joue délicieusement mon enfant.

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Ceci est ma  participation au rendez-vous Album de Senteurs de Marie du blog “A l’encre bleu lavande”. Le premier thème de l’année était LA TERRE. Marie nous demande également de proposer une idée de thème pour les prochains rendez-vous. Je choisis “viennoiserie”.

Instantanés Pluriels – Drôle de manège

Comme je vous le disais je pense ne pas maintenir ce rendez-vous. Mais je tenais à présenter les participations de Décembre car je les trouve très jolies.

Chez Linette, la vie est un manège

Chez Miss Fujii, c’est plutôt Tournez Manège

Et Ptite Delph nous offre un beau Carrousel sur la Canebière!

Merci à vous toutes d’avoir répondu présent. Ce fut un plaisir sans cesse renouvelé de découvrir la manière dont vous interprétez les thèmes proposés.

Dans les couloirs du métro…

Prendre le métro. Capturer des instants qui peuvent paraître insignifiants au premier abord. Instants qui racontent une, mille histoires. Instantanés furtifs du temps qui coule, de la vie qui s’emballe ou de celle qui prend son temps.

Au gré d’une promenade dans un charmant coin de Paris, j’ai photographié au gré des arrêts ces moments particuliers. J’ai saisi la vie dans ces souterrains si redoutés par certains. J’ai capté la couleur au creux de la nuit.

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Instantanés Pluriels – Novembre / Décembre 2016

Un petit jour de retard, c’est tout. Juste le temps de terminer la découverte de vos participations qui m’ont beaucoup émue je dois dire. Avec ce thème REFLET, vous avez été au cœur de vous-mêmes et de vos souvenirs pour certaines. Merci pour cette parenthèse inspirante. Je vous laisse découvrir les participations et vous invite à vous rendre visite mutuellement:

Mon cheval, mon reflet chez Cavali’Erre

Des perles de pluie chez Pidiaime

La vie en couleurs par Miss Fujii

Lumière et prière chez Julie

Un regard (et la vie qui n’est pas toujours douce) par Catwoman

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Place au prochain thème.

Pour cette fin d’année, j’ai pensé à quelque chose de léger et je vous propose de plancher sur le thème MANEGE, que ce soit celui de la vie, qui nous emporte dans sa course ou celui que l’on croise, avec ses chevaux, sa musique ancienne, celui que nous escaladons pour revivre quelques souvenirs, ou encore le plus moderne avec ses couleurs et sa musique dernier cri…

Voici la photo, si vous souhaitez ajouter quelques mots ou rédiger un poème, un texte court sur le sujet. Libre à vous! Et rendez-vous le 15 Décembre!

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