Le pouvoir entre nos mains

Comment dans notre pays de droits
En sommes-nous arrivés là ?
Laisser des Hommes pourrir sur des trottoirs
Des gens mourir de désespoir

Nous nous révoltons
Contre l’État – les Institutions
Qui laissent la misère s’installer

Que faisons-nous contre ?

Nous n’osons même plus un regard
Nous passons sans les voir
Ces mendiants de l’essentiel
Aux existences pestilentielles

Nous demandons de l’attention
A l’État – Aux Institutions
Qui laissent la violence s’insinuer

Que faisons-nous pour ?

Nous pourrions gratifier d’un sourire
D’un bonjour sincère
Les enfants dont les rires
Inondent les heures de galère

Nous pourrions au moins
Les regarder
L’humanité au creux de nos mains
Les accepter

Sans attendre que d’autres
L’État – Les Institutions
Abolissent ces exactions

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Il disait…

Copyright Marie Kléber

Il disait la vie.

Il disait qu’il fallait faire ce dont on a envie. Envolées les certitudes, qui nous lient à des destins dont personne ne retient rien. Il disait qu’il était sain d’aimer et de regarder le monde, chaque matin, de l’admirer, comme si ce matin là était le dernier jour du monde.

Il regardait le ciel et savait le soleil, les marées, le vent qui souffle fort sur la dune et envoie le sable voler au loin, aussi loin que la nuit qui soutient la vie.

Il disait les errances et cette quête sans importance qui nous enterre parfois vivants, sans que nous ayons pris le temps de savourer, de nous poser, de respirer la chance.

Il disait que le temps qu’il fait en juin le trois sera le temps de tout le mois. Et moi, chaque mois, le troisième jour de juin, je regarde le ciel, je guette un signe de lui dans les nuages qui tissent sur l’horizon de mes jours de belles histoires d’amour.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture A vos claviers #8 proposé par Estelle du blog l’atelier sous les feuilles.

De la force (et) de l’amour

C’est devenu facile de lui parler de lui. Quand les questions viennent, la parole ne se fige plus dans un rictus compliqué, le chaos ne se glisse plus comme si un combat sans merci allait commencer. C’est fluide, pas toujours simple mais fluide. C’est par vague, des moments il parle beaucoup de lui, d’autres il n’y pense pas ou s’il y pense il n’en parle pas. Peut-être que c’est clair à ce moment-là.

Il sait qu’il peut m’en parler. J’ai toujours souhaité être ouverte là-dessus. Même  si ça m’a longtemps couté, surtout au début, même si c’était compliqué de devoir faire semblant à l’évocation d’un prénom, à la vue d’une photo. Même si le sujet était devenu presque tabou entre tous les protagonistes de cette histoire « sordide ». Je voulais qu’il se sente libre d’en parler, comme de ne pas en parler, qu’il ait accès à son espace identitaire, au-delà de ce que j’avais vécu en tant que femme.

Mettre un visage sur un prénom. Savoir d’où il vient. L’histoire il la sait, depuis le début. Elle n’a jamais été édulcorée, juste racontée à hauteur d’enfant, avec les mots qui aujourd’hui ont un sens pour lui. Il sait ce qu’il doit savoir, rien de plus, rien de moins.

Je me rends compte toutefois que nous n’avons pas tous évolué de la même façon sur ce sujet « sensible ». Quand il évoque son père, les mots et les regards ne disent pas la même chose. Je me demande s’il le sent, s’il remarque cette moue, ce petit rien, mélange de peur et de colère, ce clignement d’œil presque insignifiant,  qui me frappe pourtant toujours en plein cœur, comme s’il restait des morceaux d’humanité blessés en chacun d’eux, comme si la rage n’attendait qu’un mot pour sortir et se libérer de tout ce qui pèse comme un poids mort. Certains gardent le silence. D’autres sursautent à la moindre pensée de ce qui pourrait arriver si. D’autres se font des scénarios sur l’avenir, mon avenir, le sien. Tout le monde essaie de se rassurer comme il peut avec ce qu’il a entre les mains, peu de choses au final, je finis par être discrète, par en dire le moins possible pour apaiser les cœurs et les esprits, pour que les mots ne soient plus aussi violents qu’ils le furent, pour qu’ils ne m’atteignent plus dans le bonheur de l’instant présent.

C’est devenu facile de lui parler de lui. J’ai fait mon deuil. J’ai pardonné ce qu’il y avait à pardonner. Les autres, un peu ou pas. Ils sont de ceux qui pensent que tout ne se pardonne pas. Ils préfèrent vivre avec ce poids sur le cœur, comme une marque de ce qui fut, comme une blessure qui ne peut totalement guérir. C’est peut-être une question de ligne de départ ou encore une façon d’envisager le pire, pour ne pas être pris au dépourvu si le pire se manifeste. Peut-être que la route était plus facile pour moi, je l’avais lui, ce petit être à protéger, à aimer. Peut-être qu’il m’a donné l’envie de me dépasser, de dépasser ce qui me tirait vers le bas. Il a été ma lumière dans les heures creuses, le soleil auquel je me suis raccrochée bien des fois pour continuer. Ou c’est peut-être un choix, le choix de la vie, d’une nouvelle page à écrire, plus vraie.

Je souhaite être juste avec le passé, comme le présent. Je souhaite être juste avec l’histoire, son histoire. Pour qu’il puisse un jour faire ses choix, en conscience. Si pour certains le risque est grand, l’incertitude omniprésente, je sais que ma peur s’est transmutée en force. Et que cette force, couplée à l’amour, personne ne peut rien contre.

A l’aube, mon coeur

20180514_111001
Copyright Marie Kléber

Où tu es

Là-bas

Si près

Si loin de moi

Je rêve tes pas

Les mots que tu dis

Et ceux que tu gardes pour moi

Le soir, mon cœur se languit de toi

Je t’imagine

Regarder l’heure d’un geste vague

Déposer ta veste sur la chaise à l’angle près de la table

Encore couverte des restes du dîner

Fermer les yeux avant de sombrer

Dans un sommeil qui nous réunira

Le matin nous cueillera

Avec ses lumières chaudes, sa fraicheur habituelle

Alors qu’au firmament du ciel

Le soleil reste discret

A l’aube, mon cœur retrouve ses couleurs

Renaître à la vie

[:fr]

Crédit Copyright Marie Kléber

Le temps est venu de partir

Fais-toi belle ce soir, ma tendre, ma douce amie

Habille ta peau de dentelles d’or,

Pare tes doigts fins de diamants bruts,

Revêt ton cachemire,  je soupire…

D’aise – Viens, je t’emmène au pays

Où les destins s’étreignent

Dans un souffle brûlant

Où les amants se livrent

Dans un corps à corps saisissant, je soupire…

De plaisir – Viens, laissons notre énergie se perdre

Dans le tumulte du monde

Prenons soin l’un de l’autre

Embrassons demain sans perdre une seconde

Le temps est venu de mourir à nous-mêmes

Pour renaître à la vie

Ceci est ma participation à l’atelier d’écriture “A vos claviers #6” proposé par Estelle du Blog L’Atelier sous les feuilles. Les mots en gras étaient ceux à utiliser dans le texte. 

[:]

Dans mes archives #3 – Trafic perturbé

[:fr]

Crédit Copyright Marie Kléber

Les hauts-parleurs annoncent un accident sur la ligne 9. Le métro ralentit et s’arrête en pleine voie. Les gens se regardent quelques secondes et replongent dans leurs lectures. La chaleur s’infiltre dans la rame, obsédante et étouffante. Chacun respire. Ça ne devrait pas durer longtemps.

Élise fait un rapide tour d’horizon. Sa tête est pleine d’images d’ailleurs. Son mal de crâne la tourmente. Elle pensait que l’air frais lui ferait du bien, qu’il calmerait le bourdonnement contre ses tempes. Elle aurait mieux fait d’avaler les deux cachets qu’Eric  avait préparé, avant de partir en courant, certaine qu’elle allait encore une fois rater son train.

Comme elle n’a pas la tête à se plonger dans une lecture, ses yeux étant incapables de restés ouverts devant l’écriture en patte de mouches, elle laisse vagabonder son regard dans la rame. Elle s’imprègne peu à peu des individus à ses côtés. Elle se prête au jeu qu’elle adore, imaginer leurs vies, deviner leurs pensées. Elle les décortique, les scrute, les assomme de mots silencieux, les couvre d’adjectifs subjectifs. Elle les imagine ailleurs, chez eux, au bureau, avec l’être aimé, avec leurs enfants, leurs amants. Elle les fait se parler, se rencontrer, se plaire ou se déchirer.

Elle se demande bien ce qu’il fait lui, avec ses bouteilles de Champagne dans un sac en plastique. Elle se demande où il va de si bon matin, s’il les a gagnées lors d’une soirée ou si la tenue qu’il porte n’a pas été empruntée à un ami, tellement il a l’air ridicule dans ce costume marron.

Élise s’interroge sur la musique qu’écoute la jeune fille assise en face d’elle. Elle bouge ses lèvres et tape ses mains sur ses cuisses menues. La chanson qu’elle n’entend pas lui plaît bien. Elle aurait presque envie, que pour une fois, la jeune femme monte le son, que la musique inonde la rame, se glisse dans les oreilles de ceux qui patientent, en commençant doucement à perdre leur calme.

Élise voudrait bien savoir ce que pense l’homme en costume-cravate, le nez vissé sur son téléphone portable, réactif à chaque vibration de son engin, prêt à répondre du tac au tac à ses messages. De temps en temps, il lève la tête, réajuste sa cravate, tripote le bouton de sa veste, sort son oreillette et la replace au même endroit, comme pour dégourdir son oreille fatiguée.

Le métro repart lentement. Il s’arrête à nouveau. La voix indique que le prochain arrêt est le dernier, que l’accident est trop important pour que le métro puisse fonctionner normalement. Les esprits s’échauffent. Les visages se crispent. Les gens se mettent à chercher frénétiquement un plan, à se demander quel est le meilleur chemin à prendre pour arriver à destination.

« C’est toujours pareil. » « Accident, accident, ils ne nous disent jamais vraiment ce qui se passe. » « C’est bien ma veine. » « Comment je vais faire pour arriver à l’heure au bureau » « Non, mais quelle journée de merde… »

Elle se demande bien ce que c’est que cet accident. Elle se demande si c’est grave, si elle doit s’en faire, si être en retard au bureau peut avoir un quelconque impact sur la suite des évènements.

Il y a un accident sur la ligne 9. Le trafic est fortement perturbé. Au loin, on distingue les contours d’un corps sur la voie ferrée.

[:en]

Les hauts-parleurs annoncent un accident sur la ligne 9. Le métro ralentit et s’arrête en pleine voie. Les gens se regardent quelques secondes et replongent dans leurs lectures. La chaleur s’infiltre dans la rame, obsédante et étouffante. Chacun respire. Ça ne devrait pas durer longtemps.

Élise fait un rapide tour d’horizon. Sa tête est pleine d’images d’ailleurs. Son mal de crâne la tourmente. Elle pensait que l’air frais lui ferait du bien, qu’il calmerait le bourdonnement contre ses tempes. Elle aurait mieux fait d’avaler les deux cachets qu’Eric  avait préparé, avant de partir en courant, certaine qu’elle allait encore une fois rater son train.

Comme elle n’a pas la tête à se plonger dans une lecture, ses yeux étant incapables de restés ouverts devant l’écriture en patte de mouches, elle laisse vagabonder son regard dans la rame. Elle s’imprègne peu à peu des individus à ses côtés. Elle se prête au jeu qu’elle adore, imaginer leurs vies, deviner leurs pensées. Elle les décortique, les scrute, les assomme de mots silencieux, les couvre d’adjectifs subjectifs. Elle les imagine ailleurs, chez eux, au bureau, avec l’être aimé, avec leurs enfants, leurs amants. Elle les fait se parler, se rencontrer, se plaire ou se déchirer.

Elle se demande bien ce qu’il fait lui, avec ses bouteilles de Champagne dans un sac en plastique. Elle se demande où il va de si bon matin, s’il les a gagnées lors d’une soirée ou si la tenue qu’il porte n’a pas été empruntée à un ami, tellement il a l’air ridicule dans ce costume marron.

Élise s’interroge sur la musique qu’écoute la jeune fille assise en face d’elle. Elle bouge ses lèvres et tape ses mains sur ses cuisses menues. La chanson qu’elle n’entend pas lui plait bien. Elle aurait presque envie, que pour une fois, la jeune femme monte le son, que la musique inonde la rame, se glisse dans les oreilles de ceux qui patientent, en commençant doucement à perdre leur calme.

Élise voudrait bien savoir ce que pense l’homme en costume-cravate, le nez vissé sur son téléphone portable, réactif à chaque vibration de son engin, prêt à répondre du tac au tac à ses messages. De temps en temps, il lève la tête, réajuste sa cravate, tripote le bouton de sa veste, sort son oreillette et la replace au même endroit, comme pour dégourdir son oreille fatiguée.

Le métro repart lentement. Il s’arrête à nouveau. La voix indique que le prochain arrêt est le dernier, que l’accident est trop important pour que le métro puisse fonctionner normalement. Les esprits s’échauffent. Les visages se crispent. Les gens se mettent à chercher frénétiquement un plan, à se demander quel est le meilleur chemin à prendre pour arriver à destination.

« C’est toujours pareil. » « Accident, accident, ils ne nous disent jamais vraiment ce qui se passe. » « C’est bien ma veine. » « Comment je vais faire pour arriver à l’heure au bureau » « Non, mais quelle journée de merde… »

Elle se demande bien ce que c’est que cet accident. Elle se demande si c’est grave, si elle doit s’en faire, si être en retard au bureau peut avoir un quelconque impact sur la suite des évènements.

Il y a un accident sur la ligne 9. Le trafic est fortement perturbé. Au loin, on distingue les contours d’un corps sur la voie ferrée.

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Après la nuit

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Crédit – Marie Kléber

Sur la ville, les lumières tissent des histoires, interrogent les destins qui se croisent, s’évitent, s’éloignent. Les lumières comme autant de perles de pluie déclinent sur l’horizon de mon inspiration.

Combien de vies? De morts? De départs incertains?

Combien d’envies?

Combien de corps, de corps à corps ?

Que restera t-il demain de ces visages, ces sourires échangés, ces quelques rêves dessinés à partir de rien? Que restera t-il de ces mains qui se cherchent dans la foule, de ces regards échangés sans rien se dire, de ces mots qu’on hésite à prononcer?

Que reste t-il après la nuit?

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Les Instantanés Singuliers #4

Je reviens avec le 4e opus des Instantanés Singuliers, avec une semaine de retard! Les thèmes me paraissaient simples mais on dirait qu’ils vous ont donné du fil à retordre:

MissFujii – Fiasco en Cuisine

Cléa – L’eau et le sourire

Marie – Choix double

Sweet-Things – Sourire singulier

Merci à vous 4 pour vos participations et aux fidèles que sont Sabine et Marie!

Pour tout vous dire l’idée du thème Fiasco en Cuisine m’est venu en me souvenant du premier grand repas partagé en Irlande quand j’étais “au pair”. Il avait été convenu que chacun apporterait un plat de son pays. La majorité des Françaises que je connaissais étaient bretonnes, ce serait des crêpes donc! C’était sans compter sur l’état de la cuisine, des ustensiles, les problèmes de cuisson. Ça nous a pris 3h à 4 pour faire une trentaine de crêpes.

Elles ont eu un peu de succès tout de même. A quel prix! Un souvenir dont nous nous régalons encore souvent!

Crêpes Maison 2016

Pour le mois prochain (vous aurez jusqu’au 3/03), je vous propose les thèmes suivants:

Message personnel

et/ou

Au fil de l’eau