Un jour, je suis devenue maman…

Je suis devenue mère d’une façon un peu particulière. Une grossesse désirée au sein d’un mariage qui prenait l’eau de toute part – nous ne voulions juste pas l’admettre. Un enfant ne résout rien, je le savais et pourtant j’ai parié pour le contraire. Le risque était de taille, je l’ai pris et il m’a sauvée.

Mais ça, je ne l’ai compris que plus tard. Le jour où j’ai senti que l’avenir qui se dessinait sous mes yeux ce n’était pas celui que je voulais pour mon enfant. Alors j’ai fait la chose la plus sensée que je pouvais faire, je suis partie et je nous ai offert la chance de quelque chose de mieux.

Cela ne s’est toutefois pas fait dans la douceur. Lui (l’enfant) et moi,  nous avons morflé. Je l’ai rejeté avant de l’aimer. Ce n’était pas simple de donner la vie alors qu’à l’intérieur de moi, la vie se défilait. J’ai voulu accoucher sous X, l’abandonner.

L’évidence dont parlent nombre de mères ne m’a pas sauté aux yeux. Même si je peux assurer qu’à l’instant où l’on m’a posé mon fils sur ma poitrine j’ai ressenti un débordement d’amour sans précédent. Mais lorsque l’enfant nait, le chagrin ne se résorbe pas d’un coup, comme par magie.

Il nous a donc fallu du temps, à moi et à lui aussi, pour que chacun trouve sa place au cœur d’une histoire complexe, sur laquelle pesait une menace que je ne pouvais ignorer. Nous avons connu des bas conséquents et des hauts qui m’ont laissé un goût d’inachevé au bord du cœur. A mon rythme, j’ai appris à devenir mère, en laissant tomber la culpabilité en chemin. J’ai appris à accepter mon enfant, à le regarder à travers un autre prisme que celui des souvenirs douloureux. J’ai appris à lui consacrer du temps, sans avoir peur de mal faire. Je suis tombée bien des fois, j’ai appris à me relever sans me juger.

Aujourd’hui, alors que je me redécouvre femme, que je laisse l’amour envahir ma vie et me surprendre chaque jour un peu plus, je m’épanouis davantage dans ma vie de maman, je donne ce que je reçois avec beaucoup d’amour, tout celui que je n’avais pas, que j’avais perdu en cours de route.

Quand on dit qu’il faut être heureux pour rendre ses enfants heureux, savoir prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin de ceux que l’on aime, j’y crois. Cela n’empêche pas les tempêtes, ni les coups de gueule, ni la course matinale ponctuée de « dépêche-toi » pour arriver à l’heure à l’école. Cela ne m’empêche pas d’avoir des doutes et la tête remplie de questions.

Il nous aura fallu ce temps pour être heureux ensemble, pour nous construire, pour être une famille. Il nous aura fallu ce temps pour avancer main dans la main, rire pour un rien, pour le regarder partir à l’école, serein. Il nous aura fallu ce temps pour sortir toute la colère, la rage que nous avions en nous, pour que la chagrin laisse place à une nouvelle page à écrire…

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Arrêtons le massacre !

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Je sens déjà qu’avec cet article je ne vais pas me faire que des amis, mais qu’importe. Je ressens depuis plusieurs jours le besoin de l’écrire, alors je me lance.

Je ne vais pas vous parler des arbres qu’on assassine à longueur de journée – et pourtant il y en aurait des choses à dire sur le sujet – ni des guerres toutes aussi pourries les unes que les autres qui déciment des peuples entiers et réduisent des civilisations à néant.

Dans cet article, je vais te parler d’un massacre beaucoup plus caché, dont on n’entend guère parler, celui des enfants mais pas n’importe quels enfants, des enfants qu’on a, alors que tous les dés sont pipés.

Tu vas me dire que je ne suis pas la mieux placée pour parler de ça, moi qui ai fui une relation merdique, enceinte jusqu’aux dents. Pourtant je ne te parle pas non plus de cet enfant-là, de ces enfants-là, de ces enfants que nous portons au Monde dans des circonstances plus ou moins douteuses mais sur lesquelles nous n’avons aucune prise.

Je te parle de ces enfants que nous faisons alors que nous n’avons que des cartes pourries en main, que nous le savons, mais que nous décidons de passer outre. Je te parle de ces enfants ballotés, complètement paumés, autant certainement que leurs parents, ces enfants pris entre deux camps, ces enfants traumatisés, ces accidentés de la vie avant même que leurs vies n’aient commencé. Je te parle de ces deuxièmes, troisièmes, quatrièmes, de tous ceux qu’on a voulu avoir pour ressouder notre couple. Je te parle de ces enfants otages d’une séparation, d’un couple, non pas qui tangue, mais qui coule complètement, couple à la dérive, prisonniers de la violence au quotidien, de la folie parfois.

Tu vas me dire qu’on a tous nos valises, nos cartons mal ficelés à porter, qu’au final on s’en sort. Comment ? Amoché, apeuré, meurtri.

Pour le coup, là je peux parler. J’ai matière à prouver qu’un enfant dont on a volé l’enfance est un être humain blessé à vie, un adulte en sursis. J’ai l’exemple de ma mère depuis 36 ans sous les yeux. Je l’ai vu lutter, se dépasser pour nous, perdre pied, avoir envie de se flinguer. Pourtant elle a toujours tenu à nous offrir le meilleur. Elle l’a fait. A sa manière, en mode survie sans arrêt.

Pour moi c’est sans appel. Avoir un enfant c’est pour la vie, ça ne s’arrête pas à la majorité. Ca ne s’arrête pas le jour où il sait voler de ses propres ailes. C’est comme un tatouage imprimé sur la peau à l’encre indélébile. On ne joue pas avec la vie d’un enfant.

Bien sûr pour certaines femmes dans le monde aujourd’hui, ce n’est pas un choix. Je ne te parle pas de ces femmes-là, ni de ces couples-là d’ailleurs. Parce que ce n’est pas qu’une histoire de femmes, c’est une histoire d’hommes aussi, une histoire de pères en devenir, d’éducateur, de modèle aussi à suivre.

Je te parle de toutes celles et ceux qui ont envie, qui veulent un autre enfant comme on voudrait une nouvelle voiture ou un autre appartement. Je te parle de toutes celles et ceux qui ont déjà des enfants en grande difficulté ou pas, qui ne sont déjà plus à l’écoute, qui n’arrivent pas à gérer le quotidien, parce que parfois le quotidien est angoissant, pesant, destructeur (et je ne les juge pas d’ailleurs) et qui envers et contre tout décide tout de même de récidiver. Je te parle de tous ces enfants qui voient le jour dans des familles où tout s’effrite, de la peinture au plafond au corps des mères, auprès de femmes qui n’ont plus d’énergie, auprès d’hommes absents, violents, auprès de parents eux-mêmes blessés, désespérés. Je te parle de tous ces enfants désirés mais déjà écartelés, sujet principal des disputes entre leurs deux parents. Je te parle de ce sixième qui arrive en pleine bataille judiciaire, de ce deuxième dont la sœur est une adolescente suicidaire, de cet enfant qu’on appelle « accident ».

Je sais qu’on ne peut pas toujours tout contrôler et que parfois la vie décide pour nous, sans que nous ayons le temps de dire stop. Je sais qu’on se trouve parfois pris contre notre gré dans une spirale qui nous empêche de prendre des décisions rationnelles.

Mais essayons tant que faire se peut de préserver nos enfants. Nous leur souhaitons un avenir plus lumineux, plus paisible. Mais comment faire quand nous ne leur léguons que des valises pleines de peurs, de colère, de frustration, de violence, de regrets, de larmes ? Comment peuvent-ils avancer sereins quand leur enfance n’a été qu’un champ de mines ?

Bien sûr nous ne leur épargnerons pas la vie telle qu’elle est et heureusement. Mais essayons quand même, quand c’est possible, de les protéger et de leur offrir ce qu’il y a de mieux. Pour qu’à leur tour, riche d’une enfance heureuse, ils s’accomplissent pleinement.

Arrêtons le massacre, arrêtons de condamner les couples qui ne souhaitent pas d’enfants (pour les raisons qui sont les leurs), arrêtons de fermer les yeux sur l’enfance torturée, violentée, soumise à tant d’injustice et si peu de respect. Arrêtons cette extermination silencieuse, qui ne fait pas de vagues et qui condamne chaque année tant d’innocents.

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Ces traumatismes de l’enfance

Je viens de te déposer à un anniversaire, ton premier. Et force est de constater que je n’ai pas été à la hauteur. J’ai copié le modèle appris, celui de mon père. J’ai eu les mêmes mots que lui, ces mots qui m’ont si longtemps fait douté de moi. Il ne savait pas. Il pensait bien faire. Moi j’aurais dû savoir. A peine sortis que je les regrettais déjà.

Qu’est-ce qui m’angoisse tant à l’idée que tu mettes du temps à t’habituer à un nouvel environnement, que tu ne rentres pas dans les jeux à la même vitesse que les autres, que tu ai besoin que je reste, quand d’autres parents passent la porte sans un regard de leur enfant de 4 ans?

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Une peur qui remonte à l’enfance. On croit avoir guérit de ses blessures, avoir passé l’éponge. Et puis, un jour on a un enfant. Et comme un boomerang les souvenirs du passé se mêlent au présent. Les images se superposent. On perd ses moyens devant l’enfant qui n’a besoin que d’une chose, être rassuré.

Mon enfance. L’école. La solitude. Ma timidité. Il y a tellement de moi en lui. Puis il y a lui, unique, différent. Comme chaque enfant. Moi, j’étais celle qu’on invitait parce qu’elle était calme et gentille. J’étais celle qui restait dans mon coin, qui ne se mélangeait pas. J’étais celle dont on se moquait à l’école primaire et qui encaissait sans élever la voix. J’étais celle qui ne parlait pas en classe, qui tremblait de tous ses membres quand il fallait passer au tableau, celle dont on riait avec ses vêtements inadaptés à sa taille, à l’époque. Je n’étais jamais à ma place nulle part. Je croyais avoir pardonné, dépassé tout ça. Je trouvais que je m’en étais bien tiré, que j’avais bien rectifié ma trajectoire.

J’ai réussi à m’éclipser. Il m’a regardé partir, confiant. Il avait juste besoin que je reste, que je l’accompagne dans cette nouvelle aventure. Et moi je n’ai eu de cesse que de le gronder, d’avoir recours à des menaces complètement disproportionnées pour le faire plier. Mon erreur c’est d’avoir peur, peur qu’il vive ce que je moi j’ai vécu et qui m’a profondément affectée. A ce goûter d’anniversaire, j’étais redevenue une petit fille de 4 ans, une petite fille que son papa gronde parce qu’elle met trop de temps à aller jouer avec les autres, les autres qui eux, sont si heureux de se retrouver et sautent dans tous les sens…

A la différence près que lui, à l’école, il se sent comme un poisson dans l’eau, il joue, il rit, il a des amis.

Aujourd’hui un gouter d’anniversaire banal m’a mis en face d’une nouvelle réalité. Il devient essentiel que je fasse le deuil de mon passé, des traumatismes tenaces de l’enfance, pour accompagner au mieux mon enfant sur son chemin de vie.

Chuchotis et Ricochets (je vous dis tout ou presque sur mon nouveau livre)

Chose promise, chose due. Je vous avais, ici et là, donné rendez-vous pour le 14 février. Cette date est importante pour moi – en effet le 14 février 2013 à 4h33, la sage-femme posait le petit escargot sur mon corps épuisé mais heureux d’avoir mené cette grossesse à terme. La St Valentin a alors pris toute sa signification pour nous deux. C’était vraiment un beau jour pour célébrer l’Amour.

Aujourd’hui, j’ai donc envie de vous présenter mon nouveau livre.

Les Origines

J’ai débuté son écriture courant juin 2016. J’avais des velléités de vous l’offrir en rentrant des grandes vacances, mais celles-ci ont été employées à tant d’autres choses que j’ai du repousser la date maintes et maintes fois. Et puis il a fallut se positionner afin de mettre un terme à ce projet, dont j’avais hâte de vous parler.

L’été m’a inspirée. Je me suis sentie pousser des ailes. C’est peut-être notre rencontre au sommet avec Laurie et Laurie dans la cité des Papes ou bien la joie qui s’est glissée dans chaque instant vécu ou encore le profond désir d’écrire qui accompagne chaque retour du soleil et laisse quelques pépites dorées sur mes bras nus. J’ai regardé l’été s’écouler avec grâce, humant l’air frais, me laissant bercer par le doux va et vient des vagues sur les plages de mon enfance. J’ai engrangé des rires en cascade. J’ai fais le plein d’amitié et de tendresse.

A l’intérieur

L’idée de départ était de partager des textes courts sur la vie, sur ses moments simples et pourtant magiques. Puis j’ai changé d’avis, j’ai écris au feeling. J’ai oublié la trame. Je me suis laissée porter par ma plume. Et je me suis retrouvée à évoquer la maternité, l’amour, les plaisirs du quotidien, les souvenirs, l’évasion, les belles rencontres, l’enfance.

Ce livre est dédié à quatre petits garçons. Dont un est parti un peu tôt (même si je sais qu’il est en paix aujourd’hui). C’est pour cette raison qu’il est aussi dédié à tous les enfants du monde et à tous les anges du ciel. Parce que qu’au final c’est l’enfance, ses rires, ses rêves, ses envies, sa curiosité, ses mimiques, sa généreuse vitalité qui m’a donné les clés de ce troisième “regard sur le monde” avant la plongée dans les abysses d’années moins glorieuses (!)

Au total, c’est 14 textes dont 2 poèmes. Les personnes qui me suivent depuis plusieurs années retrouveront quelques textes remaniés. 9 toutefois sont inédits et n’ont jamais été partagés, ni ici, ni ailleurs.

A l’extérieur

Cette fois-ci, j’ai fais appel à une aide extérieure pour réaliser ma couverture. Aline a accepté avec enthousiasme ma proposition et elle a tout de suite perçue mes envies et intégré l’âme de ce recueil. La collaboration a été à la hauteur de mes souhaits et attentes. Sans plus tarder, je vous montre le rendu – très poétique et qui colle parfaitement à l’atmosphère de mon livre. Vous pouvez d’ailleurs découvrir son article sur le sujet ICI.

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Pour conclure

Le livre sera disponible très prochainement * je finalise quelques détails techniques* sur The Book Edition au tarif de 9€. Vous pourrez bien entendu vous le procurer directement en passant sur le site ou si vous souhaitez recevoir une copie (avec dédicace) me contacter sur latmospherique [at] gmail [.] com.

J’espère que cet aperçu vous aura donné envie de tenir ce petit morceau de moi entre vos mains et qu’il trouvera une place de choix dans vos bibliothèques et tout près de vos cœurs, comme un rappel que la vie, bien que chaotique et parfois incertaine, est aussi remplie d’instants simples et précieux.

Mais d’où vient cette colère ?

 

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Cette indépendance je l’attendais avec une impatience difficilement gérable. Et voilà que j’y suis, je l’ai ! Et voilà que tout semble tourner de travers. Les doutes refont surface. La peur de mal faire. L’envie de tout gérer de main de maître me colle des angoisses et j’ai du mal à gérer ma fatigue. Et ma colère. Je crie. Je pleure. Je tente vainement de me remettre à flot, je tiens un journal. Je flanche. Je crée de la panique chez l’escargot. Et je culpabilise.

Comment apprendre à mon enfant à gérer ses frustrations si je n’arrive pas à le faire moi même?

Tout commence par soi – Ca n’a jamais été aussi vrai…

On entend souvent les parents évoquer le stress du retour de la maternité – j’ai l’impression de vivre la même chose, à la différence près que mon enfant a 4 ans et qu’il n’est plus un bébé.

Et si je n’étais pas à la hauteur ?

Ce n’est pas ça. Je ne suis pas à la hauteur. Je ne prends pas assez soin de moi. Je me néglige au profit de ma maison, mon repassage, mon ménage. Je me dis que je me poserais une fois tout en ordre. Et puis je ne me pose pas. Parce que rien n’est jamais assez parfait. Je crie pour un rien. Je cours sans cesse.

Et puis il y a cette colère que je ne comprenais pas encore hier. Aujourd’hui je la vois se dessiner un peu mieux. La vérité est là, sous mes yeux. Je suis une maman seule. Je ne m’en rendais pas compte avant, parce que j’avais du soutien au quotidien, même si ce soutien était parfois pesant. Maintenant, il n’y a que moi. Et lui. J’aimerais tant lui assurer une enfance heureuse et épanouie. Au lieu de ça, je me mets une pression et des objectifs impossibles à tenir. Mais je n’arrive pas à les laisser de côté ni à définir les bons.

Et si c’était vrai ? Et si je n’y arrivais pas ? Et si j’allais me noyer au milieu de toutes ces obligations ?

La colère est contre lui, l’autre, l’étranger. Et contre moi, notre histoire, le passé. Et contre la terre entière parfois (oui ça ne sert à rien je sais mais sur le coup ça fait un peu de bien…)

Et à côté de ça il faudrait avoir une vie d’adulte, sortir, rencontrer du monde. Le soir je n’ai même pas le courage de regarder un film en entier à la télévision.

Je sais que ce n’est qu’un passage à vide, que je vais remonter la pente. Mais pour un début d’année, c’est assez perturbant je trouve. Je m’en veux terriblement de ne pas réussir à être cette maman apaisée et pleine d’énergie, donnant l’exemple et exerçant son autorité avec mesure.

Nos instants

Regard plongé dans l’obscurité

De la chambre à coucher

La nuit dessine des ombres sur le lit

A côté tu sombres dans les bras

De Morphée

Regard plongé sur la courbe fine

De ton petit corps fragile

Et compter les secondes entre

Chaque respiration

Me fait prendre conscience

Du temps qui passe

Un grand lit désormais

A pris la place

De ton berceau de nouveau-né

Petit écrin de satin

Blanc parsemé de pépites dorées

Regard plongé dans l’encrier

Du temps vague qui déferle

Sur nos vies

Avec fracas pleine de folie joyeuse

Et de joie scandaleuse

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Dans tes éclats de rire

Retrouver encore

Le tremblement subtil

De toutes tes premières fois

Me revoir jeune maman

Savourant l’instant

Perdre contact avec la terre

Pour te retrouver hurlant

Au coin des cauchemars qui

Chahutent mes nuits

Regard plongé dans les photos

Qui viennent nous rappeler

Combien il a compté

Ce moment magique

Où peau contre peau

Nous nous sommes apprivoisés

Deux cœurs battant à l’unisson

Sur un même refrain

Une nouvelle chanson

Pour danser main dans la main ou

Bercer tes nouveaux chagrins

Regard plongé dans le présent

Quelques craintes et quelques doutes

Certains pour le quotidien

D’autres pour la route

Et ses virages, ses descentes

Infernales, ses paysages majestueux

Ses matins sans planning

Que nous faisons durer

Pour le plaisir

Et ses soirées trop courtes

Qui nous laissent sur notre faim

Regard plongé dans le tien

Qui me fait oublier

Combien parfois j’ai envie

De filer à l’anglaise

A moitié à l’aise

Dans mes baskets de grande

De maman de tous les instants

Dépassée par les évènements

Qui me rappelle

La chance que j’ai de te regarder

Grandir en bonne santé

T’opposer vigoureusement

Vivre passionnément

Mes deux pieds ancrés

Sur le sol ferme

De ma terre natale le cœur

Bien accroché

Et au fond de moi

Savourer cet amour

Qui n’en finit pas…

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Pourquoi je n’arrive pas à être heureuse pour toi…

Il y a de cela quelques mois, j’écrivais ici combien l’annonce d’une naissance à venir me mettait en joie. Bonheur pour la vie qui se faufile et pour l’amour qui dit « oui ».

Pourtant parfois, à l’annonce d’une naissance, quelque chose s’empare de moi, une angoisse, une crainte. Tu es un proche, une amie, quelqu’un que j’aime ou que j’estime. Je ne souhaite que ton bonheur, le vôtre aussi. Mais à l’annonce de cette nouvelle, des souvenirs refont surface, des choses dites puis tues, des images se battent devant mes yeux et mon cœur se serre à l’idée qu’un enfant va venir, au milieu du chaos de vos vies.

Ce n’est pas de la jalousie. Ni un jugement, je ne me permettrais pas. Et pourtant, je reçois cette nouvelle comme un coup de poignard. Il n’y a pas si longtemps, il te trompait. Il n’y a pas si longtemps, tu pleurais dans ta chambre, les jambes repliées sur ton ventre contracté, des ecchymoses sur le visage – il t’avait frappée. Il n’y a pas si longtemps, il est parti. Puis il est revenu. Il parait qu’il avait changé… Il n’y a pas si longtemps tu m’avais juré – jamais plus d’enfant – j’ai déjà donné. Qu’est-ce qui a changé depuis ?  

Ton corps est blessé, tu te traînes entre l’hôpital et ton lit. Et soudain, une nouvelle vie qui tape au carreau de tes nuits d’insomnie.

Qu’est-ce qu’il faut dire dans ces cas-là ?

Là maintenant. Rien. J’ai mal, terriblement mal pour toi. Et pour l’enfant qui va naître. Pour ceux qui grandissent, qui quittent la maison. Pour ceux qui restent, pour ceux qui assistent chaque jour à tes efforts magistraux pour trouver le courage de sortir la tête de l’eau.

Il n’y a pas si longtemps il t’a dit, si tu capitules, je prends les enfants. Il n’a pas ta culture. Peut-être même pas ta religion. Tu me dis que ce n’est pas grave – l’amour dépasse toutes ces limites dont je te parle. Je crois en toi. Mais j’ai peur pour toi. Parce qu’un enfant c’est pour la vie, c’est lui donner le meilleur, l’accompagner pendant des années. Et c’est parfois épuisant, éreintant, douloureux. Et c’est parfois fabuleux, merveilleux. Parfois tu restes deux et parfois tu te retrouves seule. Tu connais, tu es passée par là. Tu ne te souviens pas ? Et lui, qu’est-ce qu’il a fait pour toi ? A part t’emprisonner loin de chez toi ?

Je sais bien que chacun, sa vie, chacun, son destin. Pourtant je donnerais cher pour que tu ne retombes pas, pour que tu ne te fasses pas mal encore une fois, pour que ta vie ressemble davantage à une route agréable et calme, sans toutes ces chutes vertigineuses qui te plaquent à terre.

Hier soir à la télévision, en voyant le ruban rouge « alerte enlèvement » défiler, j’ai pensé à toutes ces femmes qui gardent au fond d’elles (sans oser l’avouer) cette peur si naturelle de voir celui qu’elles aiment se faire enlever. On se jure qu’il ne passera jamais à l’action. Et pourtant depuis la nuit des temps, vole dans l’air saturé cet évènement passager, incertain, qui dépose sur nos vies des centaines de points d’interrogation…

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J’aimerais sauter de joie, t’assurer que tout ira bien, te féliciter, le féliciter (non ça c’est au-dessus de mes forces). J’aimerais te dire que je l’attends autant que toi ce petit être innocent qui rejoindra bientôt votre famille. Mais au fond de moi je le sens je suis triste. Il va me falloir un peu de temps, pour digérer, pour te répondre. En toute amitié…

Comment faites-vous face à ce genre d’annonce ? Arrivez-vous à être heureux pour l’arrivée d’un bébé, quand les dés de la famille sont pipés ?

Qui es-tu pour me juger?

Tu as sous-entendu que je maltraitais mon enfant.

Tu as cru bon de me dire qu’il était trop gâté.

Tu dis que tout est de ma faute, que je vous pourris la vie.

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Mais qui es-tu, toi, ex-conjoint, père, anonyme pour me juger ?

N’es-tu pas là plutôt pour me soutenir, me soulager, dans mon rôle de mère à temps plein, qui ne peut rien déléguer, ni le bain, ni le coucher, ni les weekends qui s’éternisent, ni les crises, ni les colères ?

N’es-tu pas là pour me dire que tu comprends, que tu entends ma souffrance, que tu vas m’aider, quand je perds mes moyens, quand je suis à cran et que ni mes cris, ni ma patience ne servent à rien pour calmer mon enfant qui se croit tout-puissant ?

Qui es-tu pour me dire que je fais mal, que si mon enfant réagit comme ceci ou comme cela, c’est que quelque chose cloche chez moi ?

N’es-tu pas là pour m’offrir une heure par semaine pour respirer, pour exister en tant que personne ?

Qui es-tu pour me dire que je ne referais pas ma vie avec un enfant aussi terrible ou pour m’intimer l’ordre d’aller consulter un pédopsychiatre, tout ça parce qu’il a fait une crise à table pour ne pas manger (comme des tas d’enfants de son âge) ?

Oui, qui es-tu, toi, pour me dénigrer, m’imposer ta vision des choses, pour me condamner parce qu’à bout de souffle, la claque est partie, sans intention de la donner ?

N’es-tu pas là pour m’aider à l’élever cet enfant, à faire de lui un jeune homme respectueux et heureux ?

Crois-tu sincèrement qu’en me manquant de respect constamment, en m’accusant du pire, je vais y arriver ?

A moins que tu n’attendes qu’une chose, que je plonge, comme tant de mères autour de moi, au bout du rouleau…

Ce billet fait suite à un weekend particulièrement difficile à la maison avec un petit garçon qui a enchainé cris, coups, colères et une maman qui a craqué plus d’une fois (en se sentant la pire mère du monde) et qui n’aspire qu’à une chose, un peu de temps pour faire le vide et sécher ses larmes. (aucun commentaire porteur d’un quelconque jugement ne sera accepté sur cet article – merci)

Accepter son enfant tel qu’il est

Nous aimerions tous avoir un / des enfant(s) à l’aise en société, souriants, polis, indépendants, partageurs. C’est tellement plus rassurant qu’un enfant qui ne vous quitte pas d’une semelle dès qu’il est en terrain inconnu, qui préfère jouer seul (ou seul avec vous) qu’avec les autres, qui fond en larmes dès que vous vous absentez quelques heures.

Et nous parents, nous avons sans cesse besoin d’être rassurés. Il faut dire que nous nous posons souvent des tonnes de question et doutons énormément de nos capacités à bien élever – éduquer nos enfants. Sommes-nous à la hauteur ?

Et puis disons le haut et fort nous comparons énormément. Nous sommes faits sur ce modèle. Les autres sont notre baromètre (pas le meilleur). Tout le monde a beau nous répéter que tous les enfants grandissent à leur rythme et que chacun est unique, on se dit quand même que s’il ne rentre pas dans la grosse moyenne, il a un truc qui cloche ou il y a un truc qui cloche chez nous. Quoi ?

Je n’échappe pas à cette règle. Tant qu’il était petit, souriant, qu’il mangeait bien, faisait ses nuits, tout était parfait et je vivais sans souci majeur. Et puis il a grandi, a commencé à dire non, à faire des colères impressionnantes. Il refuse catégoriquement de dire bonjour, aurevoir, de manger seul. Il coupe la parole sans arrêt, impose ses volontés, négocie tout. A côté de ça,  il aide, range ses jouets, a été propre très vite. Avec les autres, il est tantôt distant, tantôt partie prenante pour jouer et rire. Il peut passer une journée accroché à mes jambes, toujours en demande, ne me laissant pas souffler une seconde, ni profiter de mes amis. Ou bien se sentir très à l’aise tout de suite. Quand je sors, c’est de plus en plus compliqué. Le laisser quelques heures relève d’un miracle que je m’impose (je dois aussi penser à moi).

Et je me pose moi aussi des questions. D’où vient cette peur de l’autre / l’inconnu ? Comment lui donner confiance quand moi-même j’en manque cruellement ? Comment l’aider à aller davantage vers les autres, à partager jeux et rires, sans moi ?

On veut tellement que nos enfants partagent nos forces mais pas nos faiblesses, que dès qu’on les voit prendre un chemin que l’on connait, on freine des quatre fers. Du coup on les pousse sans vraiment prendre en compte leur identité, leurs limites, leurs souhaits. On se perd. On les perd. On culpabilise.

ik-naitre-grandir-enfant-timide-timidite-comment-aider-1Je suis en train de me rendre compte qu’il est temps que j’accepte pleinement mon fils, comme il est et non comme je voudrais qu’il soit. Ce n’est pas tous les jours facile car il a parfois certains comportements que je ne comprends pas. Mais je sais trop ce que c’est de devoir rentrer dans un moule. Je le voudrais pleinement libre et heureux d’être lui…

Et vous, vous comparez vos enfants ? Comment gérez-vous les différences ? Quel rapport avez-vous avec la séparation ? Comment vos enfants interagissent avec les autres ?  Avez-vous du mal à accepter votre enfant tel qu’il est ?