13 Novembre 2015 – C’était hier…

©PHOTOPQR/LE PROGRES/JEGAT MAXIME

Je me souviendrai toujours de ce vendredi soir, de l’agitation, des information en boucle, du sang qui crève l’écran noir. Je me souviendrai être allée me coucher, en regardant longtemps mon fils dans son petit lit. Il dormait paisiblement, ça m’a rassurée. Je me souviendrai du lendemain, des rues désertes, de l’air saturé de peur. Je me souviendrai des mots dits, des morts inconnus et pourtant liés à l’un ou l’autre croisé, de ceux qui y étaient, de ceux dont les regards trahissaient l’horreur. Je me souviendrai longtemps du silence opaque du lundi matin dans les transports en commun et de quelque chose d’unique, une union au delà des mots / maux, un souffle fragile. Et de la claque magistrale que je me suis prise en arrivant au bureau. Alors l’urgence d’écrire s’est imposée à moi. Pour eux. Pour ceux qui s’étaient éteints. Pour ceux qui restaient. Pour les traumatisés, blessés, amputés d’une partie d’eux-même. Pour l’innocence trahie. Pour la liberté bafouée. Et aussi pour la Vie.

Vertiges (extrait de mon livre Ils avaient un Prénom en mémoire des victimes des attentats du 13 novembre 2015 – les bénéfices sont reversés à l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix)

Plonge la plume dans l’encrier

La nuit s’étire
Les étoiles crépitent
D’un feu assassin

Une vie
Mille vies
Endeuillées

Lance la plume sur le papier
Laisse l’encre couler

Une
Mille pages griffonnées

Les mots
Dénués de sens
S’écorchent vifs
Contre les phalanges
De tes doigts torturés

Lâche la plume

Le sablier du temps
Se vide
Sous l’effet de l’affront
Sordide
Soupirs imperceptibles
Bulles de savon
Plombées d’acide

Laisse la plume glisser

Meilleur remède
Face à l’absurdité
La déchéance implacable de l’humanité

La plume dessine des vérités

Soulager les cœurs
Panser les plaies
Se souvenir
Exploser d’Amour
Vibrer l’Absolu
Encore et toujours

Marie Kléber – Place de La République Paris

Je ne pouvais pas terminer sans ces mots de mon amie Laurie qui pour moi sont essentiels. Aujourd’hui et demain: « Allumez une bougie avec une intention d’Amour, et faites reculer les ténèbres. A chaque fois que vous mettez une intention de vengeance ou de haine, vous soufflez une bougie. Et la nuit reprend ses droits. Ne pensez pas comme eux. Vous valez mieux. Ils sont déconnectés de leur cœur. Une flamme puissante brûle dans le vôtre. Et elle peut tout. N’ouvrez pas votre cœur à l’obscurité. Ne soyez pas des terroristes. Soyez ceux qui aiment et qui éclairent. Soyez source de Lumière. »  

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La première fois…

Crédit Pixabay

Est-ce que j’y croyais davantage ? Est-ce que j’avais davantage confiance ? Est-ce que je me sentais plus légitime ?

Le premier recueil, je m’en souviens. Je me souviens des heures à l’écrire et des heures à le peaufiner. J’imaginais déjà comment j’allais le présenter. Et l’enthousiasme de mes lecteurs a rencontré mes espérances les plus folles. En moins d’une semaine les ventes décollaient !

Force est de constater que tout s’est émoussé au fil des années (les meilleurs sont restés!). Je ne jette la pierre à personne, tout le monde a sa vie et se priorités. Je me pose des questions – c’est ce qui me fait avancer. Je me demande quelle est ma part de responsabilité dans cela ? Je me demande à quel moment j’ai changé de cap ?

Je suis comme beaucoup d’auteurs, j’ai envoyé mes manuscrits à des maisons d’édition, j’ai reçu des lettres de refus, j’ai reçu des lettres standards et d’autres plus riches qui me disaient que mon style était plat et sans intérêt, que du revu et corrigé, pas assez de profondeur… J’ai revu, relu des textes, je les ai modifiés en espérant qu’ils seraient plus adaptés. Non. Le manque de reconnaissance du travail réalisé, c’est sûrement le plus dur à encaisser. Surtout venant de personnes dont c’est le métier. J’ai rebondis.

Puis je me suis tournée vers le plus simple – a-priori – parce que l’autoédition c’est loin d’être simple. Je me suis lancée dans le grand bain de tous les postulants au « succès ». J’ai lâché les maisons d’édition, incertaine, pour quelque chose d’aussi incertain. J’ai tenté le site auteur et j’ai dépensé plus d’argent que je n’en ai gagné. Pour au final faire marche arrière – on apprend toujours de ses erreurs.

Je n’ai pas l’âme d’une conquérante dans ce domaine. Je ne crois pas assez en moi pour défendre bec et ongle mes livres, mes mots. Je compte sur les autres pour le faire, je vous l’accorde ce n’est pas très mature comme comportement. Je suis incapable d’aller démarcher des librairies, présenter mon travail, essuyer des refus – il y en a toujours. Je suis toute en paradoxe, préférant le vide à l’audace, préférant déposer mes livres sur des bancs, dans des rames de métro plutôt que d’aller défendre mon “talent” auprès de professionnels. Et après j’ai le culot de me plaindre!

C’est vrai je n’écris pas pour la gloire. J’écris pour partager, pour créer un lien. J’écris pour le plaisir et j’espère être lue – il faut bien l’avouer. J’ai encore de grandes envies, de beaux rêves. J’ai encore des milliers de choses à écrire. Mais je sais que tant que je n’aurai pas confiance, tout ça ne sera que du vent, un souffle fragile au creux d’un matin chagrin…

Ps – Je me pose des questions & Tout va bien

L’ombre de minuit

L’ombre de minuit s’enroule autour
Du vaste champ des possibles
Qu’offre la proximité de l’autre

L’aimé(e)

Au sanctuaire des extravagances partagées
L’intimité se pare d’un parfum diffus
Les courbes dansent lascivement
Au rythme de la découverte symbolique
De territoires inconnus

Ce poème est extrait de mon dernier recueil de poésie L’appel des Sens disponible sur The Book Edition ou en commande par mail (latmospherique@gmail.com)

Mon nouveau livre ou l’appel des sens – Y céderez-vous?

A un moment donné il faut se lancer, alors je me lance !

Je vous ai toujours parlé de mes livres, depuis le premier, dont vous avez suivi l’évolution au fil des mois.

Celui que je vous présente aujourd’hui est né un peu à l’improviste. C’est-à-dire qu’au départ il ne s’agissait que de poèmes écrits au fil de l’eau, sans but précis. Des poèmes selon l’inspiration de moments, fragments de l’existence. En les relisant un matin, force fut de constater qu’ils avaient de nombreux points communs. Alors je les ai regroupés. Quand ma mère m’a dit « ce recueil pourrait s’appeler renaître femme », cela a fait mouche. Je me suis lancée dans l’écriture d’un recueil.

Un recueil qui toucherait à l’essence même de ce qui m’avait tant fait défaut pendant de nombreuses années et qu’un regard avait saisi. Je renaissais. Mon corps reprenait vie. Ma vie reprenait des couleurs. Et des mains, des yeux, une peau, des envies me donnaient de quoi faire vibrer les cordes d’un arc délaissé depuis longtemps.

Un recueil assez intime au fond – comme beaucoup de mes écrits – qui pouvait résonner avec d’autres femmes, d’autres désirs tus, d’autres fantasmes cachés, d’autres envies égarées. Puisqu’il pouvait parler à d’autres, je n’allais pas m’en priver !

Les poèmes de ce recueil parlent d’amour, de communion, de chaos, de passion. Ils se déclinent en regards, courbes, caresses, tracés, voyages, dentelles. Ils ouvrent la porte à la sensualité, à l’érotisme. Ils subliment l’embrasement des corps. Ils sont parfois un peu fous. Ils sont le fruit d’un imaginaire fécond et d’une réalité qui ne cesse de m’éblouir. Ils disent ce qui ne se dit pas toujours. Et qui pourtant est source d’épanouissement et de liberté.

Cela fait des mois qu’il murit, des mois que je me pose des questions, des mois que je me demande “si oui” et “quand”, des mois que je retravaille mes textes. Une gestation longue durée et en même temps, octobre est le mois parfait pour vous le proposer, un mois de renaissance chaque année, un mois qui parle si bien de moi dans toutes mes forces et mes fragilités.

Si ces quelques lignes vous parlent et que vous avez envie d’ouvrir la porte, c’est par ici. Vous trouverez mon recueil sur le site The Book Edition. Vous pouvez aussi le commander par mail en utilisant la page contact et je me ferai un plaisir de vous envoyer un exemplaire dédicacé. Encore merci pour tout, votre soutien, votre enthousiasme et votre fidélité quotidienne!

Rétrospective Littéraire

Oser se vendre, savoir se vendre, se faire confiance, tout ça c’est très joli sur le papier. Pas trop joli, juste un peu trop pour moi, encore. Et pourtant je ne m’avoue pas vaincue. J’ai essayé le site auteur, mais force est de constater à part beaucoup de travail et beaucoup d’argent, cela ne m’a pas apporté plus de visibilité ni davantage de confiance. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de revenir à mes premières amours – ici – et je peux dire que je suis comblée par tous vos messages et commentaires.

Certains d’entre vous possèdent déjà tous mes livres, m’ont laissé des retours très positifs, en ont parlé sur leurs blogs, ont partagé sur les réseaux sociaux (terrain sur lequel je ne suis pas et n’arrive pas à être non plus – ce n’est pas faute d’avoir essayé).   D’autres ont pris le train en cours de route et je remercie chacun / chacune de sa présence bienveillante. Je reconnais que je suis chanceuse d’avoir un lectorat tel que vous !

Pour la peine, j’ai eu envie de vous présenter mes cinq livres, tous différents les uns des autres, histoire de vous donner des idées de (ou juste pour le plaisir de faire un cadeau !).

L’essence de l’être

C’est mon premier né, celui avec lequel j’ai sauté le pas. Avec le recul, je me rends compte qu’il y aurait pas mal de retouches à faire mais il est tel qu’il est, avec ses défauts et surtout ses mots qui ont touché un très grand nombre de personnes. Il m’a servi d’exutoire dans une période de ma vie douloureuse. Il m’a surtout permis de sortir de l’ombre et d’avancer dans la lumière, discrète au départ puis plus franche avec le temps.

Je sais que la poésie est un style peu apprécié ou plutôt méconnu. J’ai envie de vous dire que c’est l’occasion d’y gouter !

Iridescent Delight

Il faut savoir que la poésie est devenue une forme d’expression alors même que je participais à un atelier d’écriture en Irlande. Force est de constater que je n’écrivais pas les mêmes choses en anglais et en français. Je me suis souvent et longtemps sentie plus libre dans cette langue qui n’était pas ma langue maternelle.

Ici j’ai regroupé quelques-uns des textes auxquels je tiens. Pas de fil conducteur particulier. Juste une envie de partager aussi ces textes-là.

 Ils avaient un prénom

Ce recueil s’est imposé à moi. Le 13 novembre 2015 a fait basculé la France dans l’horreur. Je me souviendrai éternellement de nos visages ce soir-là, du lendemain, de nos pas dans Paris, ville déserte, des regards des gens, entre eux, du silence de ce lundi matin, du cœur qui sursaute au détour d’une conversation. Ce n’est pas la peur qui m’a saisi, ce sont toutes ces vies brisées, cette liberté assassinée, ces rires qui se sont fanés au bout d’un tir de Kalachnikov. Des gens célébraient juste le bonheur d’être en vie et des hommes en choisi de tuer la vie. Devant l’indifférence de beaucoup, le cœur au bord d’un vide que peu semblaient prêts à entendre, j’ai fait ce que je fais toujours quand le poids est trop lourd, j’ai noirci des pages et des pages.

La poésie encore une fois m’a prise par la main. Tous les bénéfices des ventes de ce livre sont reversés à l’Association IMAD pour la Jeunesse et la Paix.

Chuchotis et Ricochets

L’été est passé par là. En regardant mon fils jouer, en prenant le temps de vivre, en vacances, au soleil, j’ai eu envie de légèreté. Les premières notes furent composées au rythme des éclats de rire des enfants sur la place d’un village avant l’orage.

J’ai laissé ma plume dire le beau, la joie, égrener les souvenirs, dire l’amour, la maternité, l’évasion, le doux gout d’un thé à la menthe ou d’un chocolat chaud. Je pouvais donc aussi écrire sur le bonheur et cela pouvait même avoir bon goût. Je pouvais aussi écrire autre chose que des poèmes.

 J’ai choisi de faire faire ma couverture par une graphiste talentueuse et j’ai décidé de le sortir un 14 février, en souvenir d’un anniversaire particulier.

La vraie vie

Un recueil de nouvelles, j’en rêvais depuis longtemps. Les textes avaient été maintes fois retravaillés, envoyés à des maisons d’édition, refusés. Je pouvais continuer sur ma lancée, en envoyer d’autres ou bien le publier tel quel. Après tout ce n’est pas parce mon style ne plaisait pas à certains qu’il ne plairait pas à d’autres.

Et puis la vraie vie faisait référence à un instant particulier, un brunch entre bloggeuses imaginatives. J’avais promis à Sandra que ce livre-là serait pour elle.  J’honorais par là-même une promesse.

Je suis en ce moment en train de finaliser mon troisième recueil de poésie – je vous en parlais ici même. Et vous en reparlerai très prochainement. Pour acheter mes livres, rien de plus simple, envoyez-moi un mail et je me ferai un plaisir de vous faire parvenir un exemplaire dédicacé. A noter que les frais de port sont offerts pour les envois en France.

Encore merci pour votre soutien, sans faille, depuis le début de cette aventure. En regardant dans mes archives je me suis rendu compte que certaines personnes me lisaient depuis bientôt dix ans, avec tout ce que cela compte de changements – et on peut dire qu’il y en a eu ! Merci de m’avoir suivi dans mes errances, mes heures de doute, mes quarts d’heures fous et d’avoir participé à cette aventure extraordinaire, qui n’est pas prête de s’arrêter.

Le syndrome de la page blanche – et moi

Crédit Pixabay

Pour tout vous dire ce matin je n’avais pas moins de quatre idées de sujets. J’ai choisi celui-ci car cela fait un moment que nous n’avons pas parlé écriture ici. Et pourtant c’est  l’essence même de ce blog.

Qui n’a pas entendu parler du syndrome de la page blanche, la hantise de tout écrivain. Quoi de pire en effet que de se mettre devant son ordinateur ou face à son cahier et de n’avoir rien à dire, de se sentir perdu face au vide.

Je peux dire en toute franchise que ça ne m’est pas souvent arrivé. D’une part parce que je ne n’impose aucune contrainte ni pression. Je reste à l’écoute de mon envie. D’autre part parce que je considère que les « mauvais textes » ont tout autant le droit d’exister que les « bons ». Parfois on est satisfait, voir fier (les écrivains ne sont pas tous des âmes torturées qui pensent que leurs écrits ne valent pas cher) de ce que l’on vient d’écrire. Et parfois on s’interroge sur le sens des mots mis bout à bout quand ce n’est pas plat et sans intérêt.

Quand les mots viennent c’est le bonheur, à l’état brut. On se réjouit de ce qu’on va pouvoir partager.

Quand les mots se font discrets, rien ne sert de les forcer. Le mieux pour moi est d’aller me balader, de me prendre un bain de foule, pas celui des supermarchés ou des grands magasins, celui de la rue, de la vie qui bat dans les quartiers, les jardins, les transports en commun. L’écriture se nourrit d’espaces, de nature, de rencontres, de conversations. Et si la foule ne nous tente pas, passer du temps avec ceux que l’on aime, les écouter, les regarder est tout aussi inspirant.

Certains diront que les mots me viennent aisément. Il est des cas où il suffit d’un souvenir, d’un coup d’œil dehors, d’un partage pour qu’une idée germe et devienne un texte en moins de quelques minutes. Mes poèmes par exemple naissent assez rapidement, ils traduisent un état d’esprit souvent, ils sont le reflet de mes ressentis, des émotions qui me traversent. Pour une nouvelle ou un hypothétique roman, cela demande plus de concentration et de rigueur, il me faut alors des plages horaires plus longues pour rester concentrée sur le sujet traité, les personnages, le cadre, les évènements. Cela demande aussi plus de recherches parfois. Ecrire sur ce que l’on connait c’est facile. La fiction quant à elle nous emmène un peu plus loin, il faut se sentir prêt à sortir de sa zone de confort.

Pour finir, je vous donne quelques nouvelles de mon projet en cours – un recueil de poésie, cela faisait longtemps. Il est bien avancé, presque terminé dans l’écriture. Puis il y aura la mise en page à faire, la photo à trouver et il pourra venir occuper une place particulière, je l’espère, dans vos bibliothèques, sacs à mains, sur vos étagères ou vos tables de chevet. Pour le décrire, je vous dirai qu’il parle d’amour, de passion, d’extase, de plaisir, de fantasmes, qu’il est tout en sensualité et en arabesques. Il est représentatif de la femme que l’homme que j’aime a révélée, moi qui avais tellement de mal à assumer mes goûts, mes envies, à m’affirmer. Il pourrait parler aux femmes qui se cherchent dans leur intimité, dans leur sexualité et qui souhaitent s’affranchir des tabous comme des interdits qui  les empêchent de pleinement s’épanouir. Il pourrait parler tout aussi bien aux hommes attirés par la poésie érotique. Le choix restera le vôtre.

Sinon la page blanche, vous connaissez? Comment réagissez-vous face à elle?

 

Écrire du triste, ras le bol !

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Venant de moi, cette phrase me choquerait presque. Je ne suis pas très roman à l’eau de rose ou feel-good, je préfère souvent la réalité brute à toute forme d’artifice. Et pourtant j’arrive à saturation des drames.

En courant il y a quelques semaines, j’ai eu une idée. Et comme toute idée qui se respecte chez moi, j’ai fait ni une ni deux, je me suis mise à écrire, toute guillerette à l’idée d’avoir enfin un sujet intéressant sur lequel travailler. J’étais plutôt satisfaite de moi quand tout à coup, en relisant les 20 pages écrites, je me suis sentie mal. Toute cette tristesse, ces destins tragiques, j’en ai marre. J’ai l’impression de régler des comptes avec une histoire qui n’est pas la mienne.

Encore un texte qui va finir sa vie dans le dossier «  projets avortés » de mon ordinateur. Ne vous inquiétez pas, il a de la compagnie ! Tout un tas de débuts de romans, nouvelles aussi lourds les uns que les autres, qui parlent de vies brisées, de destins saccagés, que des mots qui mis bout à bout tentent d’appréhender l’humain, dans sa complexité et ses paradoxes, dans la souffrance et la violence. Comme si la vie ce n’était que ça !

Est-ce que je suis capable d’écrire autre chose que ce ramassis d’horreurs ? Est-ce que je peux prétendre moi aussi à quelques idées légères sans être insipides, à quelque texte passionné sans être pétri de chaos ?

Je pourrais passer des heures à me demander pourquoi j’en reviens toujours à ça. Mais ça ne servirait à rien. Et puis au bout du compte des heures, j’en arriverai à une conclusion qui ne refléterait absolument pas la réalité. Mieux vaut accepter qu’écrire, c’est aussi se planter parfois.

Je crois qu’il est préférable dans un cas comme celui-là, de faire une pause, de regarder le monde, de respirer la vie. Et peut-être qu’au milieu de tout ça, il y a une belle histoire qui attend d’être contée. On verra !

Et vous, comment écrivez-vous? Arrivez-vous à parler de choses légères? Ou bien vous sentez-vous attiré par l’absurde, la tragédie? 

Mauvaise Pioche

Crédit Pixabay

Des cases, des cases, encore et toujours des cases. Certaines obligatoires. D’autres à remplir si le cœur nous en dit. Des cases de toutes les grandeurs. A cocher. A éviter, à griffonner. C’est épuisant ces cases à l’infini. Ils s’y connaissent en cases dans l’administration. Elles me sortent par les trous de nez leurs cases et le discours qui va avec.

Des cases. Et puis aussi des files d’attente qui s’éternisent. Il faut prendre son ticket, mémoriser son numéro, répondre présent au premier appel, sous peine de se faire sucrer sa place. Des numéros. De suivi. De dossiers. Numéros à appeler, à rappeler. Numéros à sélectionner, à indiquer. Des horaires à intégrer sous peine de se retrouver mis à la porte, parce que ça ferme dans trente minutes. Il faut au moins ça pour plier bagage et rentrer chez soi, avant les embouteillages du soir.

J’allais oublier les courriers. Les courriers reçus, envoyés. Les courriers recommandés, photocopiés, scannés, faxés. Les courriers retournés, égarés. Et la plateforme téléphonique qui s’égosille à vous rappeler que tous les conseiller sont pris, qu’il vous faudra attendre 3 minutes et 25 secondes, avant que quelqu’un prenne votre appel. Si après avoir attendu 4 minutes et 41 secondes, vous n’avez tout simplement pas raccroché, devant toutes ces fausses promesses.

Je me retrouve une fois de plus devant ce bâtiment sans âme, construit par un architecte insensé ou déprimé, sans aucun doute. Je suis là, mon dossier sous le bras. Trois mois de procédure engloutis sous cet amas de papiers, que je trie méthodiquement tous les soirs, pour ne pas perdre les pédales. Les forêts pleurent elles aussi de désespoir, j’en suis presque certain. Il n’y a personne qui attend ce matin. Le type du guichet me fait signe d’avancer. Il va encore falloir que je lui raconte mon histoire, ses détails croustillants, ses rebondissements alarmants. J’ai envie de la lui imprimer sur le bras, pour la prochaine fois. Il me regarde avec son sourire mielleux, qui trahi un cruel manque d’envie de prendre mon problème au sérieux.

Dans la salle d’attente, c’est la même consternation sur tous les visages. Je feuillette encore une fois mon dossier, vérifie que j’ai bien tout ce qu’il faut, les bonnes preuves, les bons identifiants, les bons mots au bon endroit. Un truc de travers et tout est à refaire. J’ai pratiqué. Je suis vacciné.

La dernière fois, sûr de mon coup, j’étais arrivé fier et droit dans mes baskets, tel un destrier des temps modernes partant au combat. Tout était là, au creux de mes bras. Un dossier béton, aussi solide que le bâtiment administratif, couleur fer forgé, que je fréquentais depuis des semaines.

Je m’étais engouffré dans un couloir sombre, moquette délavée et murs tapissés d’affiches de plus de cinquante ans au moins, dont les coins abîmés se décollaient sous l’emprise de l’humidité ambiante. Affolé par le regard méprisant de mon interlocutrice, j’avais tout simplement failli rebrousser chemin. Bon gré, mal gré, j’avais pris place en face du très respecté agent administratif, en charge de mon dossier. Pas un bonjour, ça débutait parfaitement bien :

  • Votre carte d’assuré?
  • Voilà Madame.
  • C’est pour quoi?
  • Ma demande de droits.
  • Vous avez rempli le dossier ?
  • Oui, ici.
  • On va l’étudier et on vous tiendra au courant.
  • Vous ne regardez pas si tout y est ?
  • La commission va le regarder et on vous tiendra au courant.
  • Mais s’il manque un document, ce serait plus simple de me le dire de suite. Ça fait déjà deux mois que j’entends la même chose. J’ai de quoi m’inquiéter n’est-ce pas?
  • Ce n’est pas moi qui décide Monsieur. Moi, je prends votre dossier et je le transmets, un point c’est tout.
  • Je comprends bien, Madame, mais c’est juste une question de bon sens.
  • De bon sens?
  • Oui, enfin, je pense que vous m’avez compris.
  • Pas vraiment Monsieur. J’ai surtout l’impression que vous êtes en train de me dire comment faire mon travail.
  • Non, pas du tout. Je souhaite juste savoir si cette fois, c’est la bonne.
  • Et bien vous le saurez, quand la commission aura étudié votre dossier. Vous m’excuserez, mais il y a la queue derrière vous. Bonne journée.

J’avais quitté la scène, complètement désorienté, déstabilisé, tel un boxeur mis KO par son adversaire, qu’il pensait pourtant moins fort que lui au départ J’étais reparti bredouille, dans l’attente d’une hypothétique réponse positive. J’avais envoyé des lettres, toutes restées sans réponse. J’avais téléphoné des dizaines de fois, été mis en attente, avec en fond sonore une musique déprimante. La bonne nouvelle, tant espérée, n’était pas arrivée, bien entendu, sinon je ne serai pas assis là aujourd’hui avec ma pile de photocopies et un nouveau dossier, que j’ai rempli avec encore plus d’incertitudes que les fois précédentes, me demandant vraiment si tout cela servait à quelque chose.

Un numéro clignote sur l’écran. C’est le mien. Je m’avance avec un sourire, histoire de détendre l’atmosphère, de me détendre surtout.

Allez, aurai-je plus de chance aujourd’hui ?

Extrait de mon recueil de nouvelles La Vraie Vie (en vente sur mon Site ou sur The Book Edition)

Tous vos avis sont les bienvenus…

L’année dernière à la même période je prenais la décision de créer mon site Auteur. L’idée était de gagner en visibilité. Pour cela? j’ai fait appel à une professionnelle et je peux dire qu’une fois le travail terminé, j’étais très satisfaite.

Un an après, un bilan s’impose. Non comme un couperet qui trancherait dans le vif mais pour peser le pour, le contre et surtout savoir si je continue dans cette voie ou si je choisis un autre chemin.

Entre il y a un an et aujourd’hui, il est certain que je ne suis ni la même femme, ni le même auteur (désolé je déteste autrice !). Mon style a évolué, j’ai évolué.

Mais au-delà du style, de la forme des choses, je me pose la question de ce que l’existence de mon site m’a apporté.

Force est de constater que une fois de plus (une fois n’est pas coutume non plus) je me suis sentie tiraillée, ne sachant pas toujours où placer mes mots, ici ou là-bas. Ce n’est pas l’existence de deux blogs qui me pose problème car j’ai toujours eu deux blogs, un anglais, un français – au minimum – c’est plutôt où je me situe dans cet état des choses. Sans compter le nombre de personnes que j’ai perdu en cours de route (ceux qui restent sont courageux je dois le dire!)

Comme mon écriture a changé, mon regard sur l’écriture aussi. Le plaisir de partager est je crois plus fort que celui de « vendre » mon travail. Je suis d’avis que tout travail mérite salaire. Et moi j’en ai un salaire justement. Je fais un travail qui me plait, même si il y a des creux de vague et que parfois j’ai des envies d’ailleurs. L’écriture c’est un plus, une passion qui m’apporte énormément mais n’est pas mon gagne-pain.

J’ai eu une période où le besoin d’être reconnue, appréciée était si intense qu’il fallait qu’on me voit et pour qu’on me voit, il fallait que je me mette en avant, quitte à aller à l’encontre de qui je suis. D’ailleurs je suis passée par Facebook, Instagram, j’ai joué le jeu jusqu’à être fatiguée de faire comme tout le monde, de passer du temps sur des choses qui ne m’apportaient rien et pour lesquelles j’avais la nette impression de me travestir pour être acceptée. Puis je me suis lassée. Et j’ai tout lâché. Alors même qu’ils étaient nombreux à me dire de persévérer, ça porterait ses fruits à terme.

Mais quels fruits justement ?

Qu’est-ce que j’attendais ?

Qu’est-ce que j’attends ?

Je suis dans cette réflexion en ce moment. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai une vie sereine et épanouie, je suis heureuse tant dans ma vie professionnelle, sentimentale, familiale, personnelle. J’ai trouvé mon équilibre de maman, de femme, qui sans cesse est challengé bien entendu (sinon ce ne serait pas drôle !). J’ai de plus en plus de moments où je me sens à ma place et en sécurité. L’écriture est un plus qui me file des papillons dans le ventre et tous les messages que je reçois au quotidien ne font que me confirmer mon ressenti et mes envies.

Je n’ai toutefois pas l’envie d’en faire un business. J’ai davantage envie que mes mots soient lus par le plus grand nombre, de toucher des vies, de donner envie à certains d’apprécier la poésie ou à d’autres de simplement se lancer dans l’aventure.

Aujourd’hui j’en suis là, j’essaye de ne pas céder à l’impulsivité et tout bazarder d’un coup. Mais d’ici quelques semaines il me faudra prendre une décision, renouveler ou non mon nom de domaine, migrer mes articles, renommer mon blog anglais peut-être, juste garder le site qui propose mes livres. Ou tourner la page, contente d’avoir tenté l’expérience.

Vous en pensez-quoi ?

Tous les avis sont les bienvenus, même si je sais que le choix n’appartient qu’à moi…

Et si tu manquais juste d’imagination!

Crédit Pixabay

Rien de tel qu’une conversation matinale avec chéri pour l’inspiration d’un nouvel article!

Vu l’état avancé de ma nouvelle, plus de 30 pages au compteur, c’est un exploit (dont je suis assez fière d’ailleurs), je commence à élaborer le scénario du dénouement. Toute idée est la bienvenue, même si chaque nouvelle idée perturbe un peu mon plan de départ et m’oblige à identifier si je souhaite ou non la garder.

Il est clair que nous mettons un peu, voir beaucoup parfois, de nous dans nos textes, en fonction du thème et du style. Cela peut être un souvenir, une phrase entendue, juste un mot, une situation. A partir de là nous brodons. Et créons un univers qui pour le coup n’a pas ou peu de connexion avec nous, notre vie. Nos personnages finissent par vivre la leur, indépendamment de nos idées, principes, idéaux, valeurs. On finit même par se demander qui écrit!

J’ai noté en vous lisant que beaucoup de lecteurs apprécient qu’une histoire colle avec la réalité. Pour ma part, ce n’est pas un critère de sélection. D’ailleurs je crois ne pas en avoir de précis. Si j’aime, j’aime. C’est une des raisons pour lesquelles je suis incapable bien souvent d’écrire des critiques littéraires. Si le récit m’emballe, les incohérences (il y en a parfois) glissent sur moi. Par contre si je n’accroche pas, là je suis incorrigible.

Comment alors créer / décrire une réalité quand l’expérience de cette réalité nous fait défaut?

Notre imagination a le pouvoir de nous entrainer sur des sentiers jamais parcourus (je sais de quoi je parle). Une fois lancée, elle se sent libre de tout tenter, de tout donner. Nous ne nous posons pas la question de savoir si cela colle, dans un premier temps du moins, nous avançons avec elle. Advienne que pourra!

Vous qui écrivez, qui travestissez la réalité, la vôtre, la nôtre, que faites-vous quand vous souhaitez relater une situation mais que l’expérience de celle-ci vous est parfaitement inconnue?

Vous vous documentez sur le sujet?

Vous interrogez des personnes à même de vous éclairer?

Ou vous faites confiance à votre imaginaire débordant, votre intuition, qui même sans avoir toutes les clés pour mener à bien le récit en question, saura vous guider – et tant pis si l’exactitude n’est pas au rendez-vous, après tout lire c’est aussi l’occasion de rêver, de se laisser emporter loin de la réalité?