Au bord de mes larmes…

Crédit Pixabay

Le bonheur ne rentre pas dans des considérations préétablies. Il est. Juste là. Dans l’instant du souffle. Il est dans l’intention posée. Il est dans l’appréciation d’un partage, le don de soi à l’autre, le don de soi à soi.

Un rien peut le faire chavirer dans une succession de flashs, espaces dans lesquels tout existe dans une pureté absolue. Comme si d’un coup de baguette magique le divin imprimait sa marque sur le monde. Vous les avez peut-être déjà connu vous aussi ces minutes de profonde connexion, de sublime interaction.

Et alors il reste peu de mots pour exprimer le ressenti. Tout tient dans le vécu, dans un rapport au temps dépourvu de mesure. Tout tient dans un équilibre fragile, une étincelle lumineuse, qui va et vient, revient plus souvent, pour peu qu’on s’abandonne complètement à ce qui se passe.

Et quand le cœur déborde de ce plein, plein de vie, plein d’amour, l’intensité du présent se cogne avec force à toutes les barrières que nous tentons de maintenir debout pour nous protéger de nous-mêmes. Rien ne se retient et les larmes coulent comme une bénédiction…

Advertisements
Featured

Écrire encore et encore…

Crédit Pixabay

Une chose est sûre, écrire pour moi est aussi essentiel que  respirer! D’ailleurs les mots et le souffle ne sont ils pas liés? L’idée ne prend elle pas sa source dans l’air qui nous entoure, celui de la nature, celui des autres, celui du monde qui nous appelle à vivre, à créer, à vibrer?

Quoi de mieux pour commencer l’année que quelques concours (thème imposé ou pas) – juste pour le plaisir, encore une fois:

Encore une fois, merci pour votre soutien – toujours aussi précieux!

 

Écrire un poème…

Copyright Marie Kléber

Écrire un poème
Aux gens que j’aime
Murmurer l’essentiel
Sur un tapis de fleurs
Que j’aurai cueilli
Dans les herbes folles
Des matins solitaires

Avant l’orage
Avant la nuit
Avant le chaos
Des sentiments
Qui au gré du vent
Se perdent dans le néant

Celui des tours d’ivoires
Des bateaux ivres de peurs
Des terreurs d’enfance

Avant la perte de l’innocence

Écrire un poème
Aux gens que j’aime
Pour ne garder que l’essentiel
Saisir le sens éternel
De l’existence

L’être
L’Amour
Puis au milieu
L’expérience de Dieu

Le rêve de l’intérieur

©Zhu Liang

Dehors, la vie
Dedans, l’envie
Que rien ne se brise
Surtout pas ce rêve d’absolu
Bien gardé à l’intérieur.

Un rêve comme une porte ouverte
Au-delà du monde de verre
Plein de pensées aseptisées

Dehors, la vie
Dedans, l’envie
Que la confiance se matérialise
Et que vibrent à l’unisson
Cœur et lumière intérieure.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture 321 de Bric a Book.

Si je te contais le bonheur…

Crédit Pixabay

Si je te contais le bonheur, je te dirais qu’il est propre à chacun, que nul n’en a la même définition. Toutefois une chose est sûre, beaucoup en ont peur. Ils craignent sa générosité, son entrain, son allégresse, ses attentions. Ils préfèrent les nuages gris annonciateurs de tempête à un grand ciel bleu, la pluie qui tombe avec fracas aux rayons du soleil qui percent à travers le feuillage des arbres et déposent des pépites d’or sur le jour. Ils craignent surtout qu’il parte (si seulement ils savaient qu’il n’ai jamais loin – il est patient, sait attendre son heure), qu’il ne tienne pas ses promesses. Et alors ils pourront dire que le bonheur est un leurre.

Je ne peux pas te conter le Bonheur mais je peux te dire le MIEN.

Il a un goût sucré, un goût de croissant chaud, bien beurré, un goût de friandise qu’on savoure, qu’on laisse fondre dans la bouche et dont on découvre une nouvelle saveur à mesure du temps qui passe.

Il est plein de tendresse, de douceur, de câlins qui s’éternisent, bulles éphémères qui s’inscrivent dans l’éternité. Il est cristallin, unique. Il est fait de mots et de charmes, d’anges qui planent et déposent ici et là une trace de leur passage. Il est léger comme la brise du printemps, amical comme un coup de fil, passionné comme une nuit d’encre. Il est extase, jouissance, audace, abandon. Il tient dans un sourire. Il a la poésie de la pluie et l’odeur de l’herbe mouillée. Il a la chaleur de l’orage et s’imprègne du silence de la ville qui s’éveille. Il est un plat cuisiné avec amour, un cadeau de cœur à cœur.

MON bonheur se trouve dans le chant joyeux des oiseaux, dans la nature, la rosée, l’aube et ses couleurs apaisantes, dans la fraicheur du vent qui vient déposer un baiser sur mes joues rosées, dans l’équilibre qui sans cesse demeure à définir, dans un instant de partage, un déjeuner improvisé, un élan du cœur, une prière, une déclaration, un « merci ».

Je te dirai que le bonheur il est là pour tous. Il est juste sans chercher à plaire. Il se laisse cueillir par ceux qui passent et osent un regard. Il ne s’impose pas. Il laisse l’homme libre. Il se laisse trouver par ceux qui croient en l’extraordinaire. Il est dans les petites choses.

Il se partage. Il se regarde dans les yeux. Il scintille dans la nuit. Il embellit les jours.

Il est un cœur, une étoile, une fleur de vie, un trésor. Il est inspiration, méditation, contemplation.  Il est l’amour qui danse en communion avec le monde. Il est le sel de la terre. Il se vit plus qu’il ne s’écrit – certains le disent et c’est dommage. Parce que le bonheur partagé est un carburant magique, il nous porte, nous transporte. Il est, même au milieu du pire, la clarté qui nous éblouit, la foi inébranlable, la vie qui nous appelle à vibrer l’essentiel !

Et pour vous le bonheur ça ressemble à quoi?

Si vous êtes intéressés par le bonheur, mon livre “Chuchotis et Ricochets” en est un concentré!

Si j’arrêtais…

Crédit – Pixabay

Si je partais d’ici sur la pointe des pieds, comme tant d’autres avant moi. Si je désertais, fermais la porte derrière, sans un regard en arrière. Si je quittais cet espace…

Force est d’admettre que ça ne changerait pas la face du monde. Nous ne sommes pas des êtres interchangeables et pourtant nous sommes vite oubliés.

Qui s’inquiète d’un blog délaissé ?

Qui envoie un mail après x jours / mois d’absence ?

Qui se pose des questions ?

Si je partais vers d’autres contrées, laissant tout tel quel, combien viendraient se perdre dans les limbes des années passées, combien prendraient plaisir à dépoussiérer de temps en temps la centaine d’articles écrits au fil de mes pensées, états d’âme, coups de gueule ?

Si je coupais tout, quelle réalité me ferait face ? A quoi m’exposerais-je ?

Au courroux des lecteurs fidèles qui prendraient mon départ comme un abandon lâche et irrespectueux ?

Ou bien à rien – mes mots n’étant que de gouttes de pluie dans le vaste univers de tous ceux qui tentent de trouver  leur voie, de faire entendre leur voix…

Chaque matin de lui

Copyright Marie Kléber

Chaque matin, au réveil, je le regarde, se réveiller.

Comme un cadeau. Un cadeau que je redécouvre chaque matin. Un peu différent de la veille.

Je pose mes yeux sur lui. Je prends ce temps, avant que tout ne tourne trop vite.

Un jour de plus. Voilà ce qu’il gagne.

Et chaque jour compte à le regarder grandir.

Être au monde. Petit être que je tenais il y a six ans à peine contre mon cœur cabossé.

Ses mimiques et la façon dont il a de dire « je comprends rien » avec le sourire.

Ses chansons phares, ses rythmes fous.

Ses prises de position. Bien senties.

Même si parfois je sors de mes gonds, je n’arrive pas à gérer mes frustrations, même si parfois je perds le contrôle, si j’aimerai qu’il soit plus ci ou ça, comme ci ou comme ça, parce que ce serait plus simple…

J’admire cette capacité qu’il a à s’affirmer.

Et je ne peux que lui souhaiter de ne jamais être, juste pour me faire plaisir.

De suivre sa voie, celle qui le fera vibrer, celle qu’il aura choisie.

Je ne suis là que pour l’accompagner, le guider.

Je suis ses racines, jusqu’à ce qu’il ai des ailes pour s’envoler.

Le premier flocon

© Aaron Wilson

Il n’y aurait donc que la peine qui mériterait d’être contée, la tristesse, la colère, les démons qui mériteraient d’être peints, le cafard, les idées noires qui mériteraient de prendre vie sous le crayon de l’écrivain, le trouble, le doute, la peur qui mériteraient d’être captés par l’objectif du photographe.

Face à cette photo, dans cette galerie, elle se pose des questions. Que penseraient les autres de ce cliché ? Tous ces flocons et ce brouillard, n’est-ce pas un peu trop ?  Elle entend déjà les voix qui cloueraient au pilori cette œuvre qu’ils regarderaient comme une énième guimauve, sans saveur.

Les écouterait-elle ? Se rallierait-elle à leur façon de penser, qui veut que si ça ne saigne pas, c’est sans intérêt ?

Elle se souvient alors. Des circonstances. Du jour, de l’heure. Du premier flocon qui fend l’air, qui dégringole du ciel et vient s’écraser sur le bitume froid. Puis de ceux qui suivent, enveloppant la ville d’un manteau blanc, soyeux. Du silence et des pas qui crépitent. De l’enthousiasme des enfants, de leurs yeux éblouis. Du ciel gris perle. Et de ce papier sur lequel dansaient les lettres « rejoins moi près du pont ». De l’excitation, des frissons. Du chemin. Et de ce pont. Un paysage de carte postale, juste là sous ses yeux. Juste le jour où…

Face à cette photo, dans cette galerie, elle sut que le bonheur aussi pouvait être peint, capturé, conté, écrit.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture 318 de Bric A Book

Tous ces mots écrits

instagram-1-102.jpg

Je les écris tous les jours. Les jours de doute. Et les jours de joie. Je noircis des pages d’eux. Des pages que je partage et d’autres qui n’existent que pour mon regard. Un souvenir se grave. Chaque regard, chaque sourire, chaque échange, chaque miracle. Je les regarde vivre, aimer, faire vibrer la corde sensible de mes sentiments. Si imprégnés d’eux. Ils sont mon refuge, mon rivage, ma terre ferme.

Je les ai écris, ceux qui ne sont plus. Des mots lus pour un dernier au revoir – des mots qui m’arrachent encore quelques larmes, celles des adieux auxquels on ne s’était pas préparé.

Je l’ai écrit, lui,  petit ange qui se pose sur le monde, mon monde, qui s’envole et vole au dessus des nuages, libéré de ces maux qui marquent au fer rouge.

J’ai écrit le premier amour. Pour accepter la séparation. Pour le laisser partir. Écrire pour guérir. J’ai écrit les suivants, sentiments platoniques, vérités tragiques. Pour ne pas oublier.

Alors toi aussi il fallait que je t’écrive, que je te donne vie dans une histoire qui porterait ton prénom. Il y aurait les vacances, nos souvenirs de gosses, la mer, les prémices de l’amour, la liberté de ces deux mois d’été. Puis il y aurait la fin – purement inventée. Tout comme les personnages et le deuil. Il n’y aurait que ton prénom et cette place au cimetière sur laquelle je m’arrête à chaque fois que j’y passe. Juste là, là où nos souvenirs communs convergent. Une histoire pour exorciser les démons. Et faire taire les fantômes de la nuit qui jouent avec les émotions de ceux qui restent.

Alors j’aurai presque fait le tour des mots écrits…

Sur les hommes de ma vie.