Author: Latmospherique

L’histoire de la petite robe noire

Elle est simple, pratique. Elle se porte avec tout. Du noir, du blanc, du coloré. On l’accessoirise à l’infini. Elle se porte avec des talons, des ballerines, des baskets, un foulard, un chemisier, bras nus ou avec une veste. Elle est classe ou décontractée. Légèrement décolletée. On la met pour sortir le soir avec un collier de perle ou le weekend avec une veste en jean. Elle accompagne nos soirées romantiques et les sorties au parc.

Elle est classe et rock, classique et charmante. Elle ne se donne pas des airs. Elle est tout en simplicité. Elle s’emporte en vacances, se glisse dans une valise, s’invite pour une soirée chic. Elle est intemporelle. Elle traverse les âges et les époques. Elle conte des histoires. Par centaines.

Elle a de l’audace et des allures de grande dame.

Elle se fait rare pourtant. Elle n’est jamais comme on l’attend. On cherche un peu partout et tout nous parait fade. La petite robe noire reste introuvable. Elle se pare de froufrous ou de fermetures sur les côtés. Elle n’est pas comme on l’imaginait. Alors on la laisse.

Puis un jour, sans qu’on la cherche, on la trouve. Là, sur un portant. Elle nous attend. Elle est sobre et déjà on sait. Elle est celle dont on rêvait. La petite robe noire de tant de possibles…

Elle vous dit quelque chose cette robe là? Il y a t-il un accessoire de mode dont vous ne pouvez pas vous passer?

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Des mots pour dénoncer les abus

Crédit Pixabay

Ça commence par un coup.
Pas franc.
Une faille. Un interstice dans lequel l’autre se fraie un passage.
Quelque chose qui nous bouscule. Dans un regard. Une histoire.
On croit pouvoir tenir le monde trop grand. Entre nos bras.
Sauver l’humanité.
Rien ne fait sens en nous. Sauf peut-être ça.
Alors on se laisse aller à croire.
A quelque chose qui ressemble vaguement à de l’amour.

De mots en maux.
De fissures en blessures.

L’autre investit notre univers.
Nous ordonne de nous taire.
Sans rien dire.
C’est peut-être le pire.
On se fond dans un moule préparé.
On se glisse dans une parenthèse.
On offre tout pour quelques grammes de tendresse.
Qui n’est qu’une fade copie de l’amour.

De mots en maux.
De blessures en morsures.

L’argent coule.
De nous à l’autre.
Il ne demande pas.
Il ne fait que dire le manque.
Il le répète. Il le scande.
L’argent passe d’une main à une autre.
A force de l’entendre dire et redire.
Ce qu’il n’a pas.
Ce qu’il voudrait avoir.
Ce qu’on pourrait lui donner.
Si on voulait vraiment l’aider.
Si ce qu’on ressent est vraiment de l’amour.

De mots en maux.
De morsures en brulures.

On ne compte plus.
De centaines en milliers.
Pour quelques sourires.
Une trahison de plus.
Quelques mots d’amour.
Qui ne guérissent plus.

Il faudrait dire non.
Le chaos est trop obscur.
On soupire, on se perd.
Les minutes solitaires.
A ne plus savoir qui l’on est.
Ce que l’on doit faire.
Pour s’extraire de cet absurde.

Jusqu’au maux mis en mots
Pour dénoncer l’abus.
Au nom de tous ceux qui ont un jour croisé un regard.
Se sont laissés emporter par des promesses dérisoires.
Des mots doux pour commettre le pire.
En tout impunité.
Puis partir.
Sans laisser de traces.
Sinon celle des blessures.
Comme des fissures…

De la félicité

Crédit Pixabay

Un cœur dessiné sur le bitume. Bleu sur gris. Le ciel balaie les infortunes. Les passants le traversent sans le voir. Et ceux qui le tracent du bout des cils y voient comme un signe.

Un sourire arraché à un visage. Sourire triste qui déploie ses ailes. Le temps s’en mêle et les souvenirs pleuvent sur le visage qui prend des couleurs. Un arc-en-ciel inonde le ciel.

Une main attachée à une étreinte. La force d’un toucher, le contact des paumes, les lignes entremêlées. A la croisée des chemins, les destins tissent des histoires sur l’inconnu.

Un regard volé. Dans la cohue du dernier train. Derniers repères envolés. On ose, un pas. Le risque de l’incertain a un goût d’enfance. L’innocence en moins.

Il faudrait l’éternité pour conter le monde. Sa beauté. Ses aspérités. Ses traits tracés sur le calendrier de l’intemporalité. L’éphémère. Les murmures. Les instantanés qui nous surprennent et nous laissent riches d’une félicité à fleur de cœur.

Une maman fragile

Credit Pixabay

J’épingle les maux au cahier des charges de la vie de famille. Je passe du rire aux larmes, j’oublie les cris puis la colère revient. Je fuis les nuits, leur lot de cauchemars. Je perds le fil du beau.

J’aspire à davantage…
De temps que je suis seule à pouvoir m’offrir.

Je m’oublie. Je passe après le repas, le brossage des dents, l’histoire, le dernier rappel, les câlins. Je passe après la tournée officielle des machines, de la vaisselle, du ménage. Parfois ça laisser un goût amer. Et puis ça s’en va.
Au réveil, la joie me cueille au saut du lit. Un peu avant le retour des “non” qui ne cessent de s’accumuler. Mes limites semblent contestables. Elles sont sans cesse contestées. Les négociations sont interminables et me laissent vidée derrière la grille de l’école. Un sourire aux lèvres. Je m’accroche aux rires pour ne pas perdre le fil.

Et quand on me propose de l’aide j’ai du mal à lâcher prise. Comme si j’avais peur de quelque chose. Que l’on me vole encore un peu de lui. Comme si j’avais peur de le perdre, qu’avec d’autres il trouve plus de sérénité et de confiance qu’avec moi. Quelle étrangeté que ce sentiment là!
J’ai l’impression de disparaitre derrière ces autres, derrière ces mains tendues. Je perds de ma consistance. Mes failles m’apparaissent en gros plan. Je me sens vulnérable, indécise. J’accepte, le cœur partagé. Je sais qu’il appartient au monde et que le monde l’attend, que le garder trop proche serait ne pas véritablement l’aimer.

C’est comme si la blessure des premiers mois s’ouvrait à nouveau, ce temps que je croyais guérit, ces mois à ne le voir que 48h par semaine. Essayer de l’aimer au milieu du chaos. Dans l’imprécis. Le voir s’attacher à d’autres et m’éviter. Un réflex. Si compréhensible. Quand mon corps tout entier respirait l’angoisse de ne pas savoir faire, ni dire.

Je cherche le juste milieu dans un espace riche de contrastes. Tant de données m’échappent. Je suis comme un funambule au dessus d’un brasier. En perpétuelle quête d’équilibre. Quand je crois y être arrivée, une marche disparait et c’est le vide. A apprivoiser. Sans certitude.

Je manque de légèreté. Je suis une maman fragile.