Viol – Violence – Emprise: 6 ans après…

J’ai volontairement choisi de ne pas répondre aux commentaires sous l’article d’hier, étant donné que ces mots appartiennent à une autre personne. Je vous remercie toutefois pour votre bienveillance à son égard.

Certains ont particulièrement retenu mon attention et comme l’idée d’un article se profilait à l’horizon sur le même thème, je me suis dit que j’allais en profiter pour rebondir dessus.

Tout d’abord, comme le souligne très justement Sweet-Things, les victimes de viol, de violence conjugale ne sont pas uniquement des femmes et les bourreaux pas essentiellement des hommes. Les couples hétérosexuels comme homosexuels sont concernés également. Les femmes victimes parlent peu, les hommes victimes ne parlent pas, au nom de ce diktat qui veut qu’un homme soit « fort ». Tous les hommes ne sont pas des brutes épaisses non plus et les femmes des oies blanches. Pour connaître autour de moi des hommes victimes, je peux vous dire que les femmes peuvent parfois être bien pires.

L’anonymat n’est certes pas une solution, toutefois elle permet de se protéger et une personne victime de viol / violence DOIT se protéger.

Pourquoi se forcer ? Souvent parce que le dialogue n’est plus possible ou peut-être ne l’a jamais été. Parce qu’on ne parle pas de ces choses-là. Parce que le fossé entre les deux personnes s’est tant élargi que la communication est brisée. Parce que dire « non » comporte un risque. Parce que dire « oui » nous assure une paix relative. Et que cette paix c’est tout ce qui nous reste. Parce qu’il y a les enfants, la famille, le regard des autres, les convenances, nos valeurs dans la balance aussi.

J’ai déjà écrit des articles sur pourquoi on reste avec une personne toxique. Vous les trouverez en furetant dans la catégorie « emprise et renaissance » si le cœur vous en dit. C’est toujours facile et je l’ai dit plus d’une fois à des amies de partir, fuir. Toutefois quand on est dans la relation, l’emprise est telle que partir est difficile, sans dire dangereux. Ne croyez pas que les victimes restent par plaisir. Elles n’ont souvent pas le choix. Et quand elles font celui de partir, c’est souvent à un prix que nul ne peut imaginer.

Hier, nous regardions l’album des 1 an de Loulou. Au départ j’avais mis quelques photos de moi enceinte, j’en ai très peu. Les premiers mots qu’il a prononcé ont été « ce n’est pas toi ». Et pourtant il a vu des tonnes d’autres photos de moi, à des âges différents et avec des coupes de cheveux différentes et il m’a toujours reconnue. Alors ça a fait tilt. Non ce n’est pas moi. C’est ce que j’ai été pendant 4 ans, une personne étrangère. C’est la peur qui m’a guidée à chaque instant de cette relation. C’est la peur qui m’a fait dire « oui » des centaines de fois. C’est la peur qui m’a maintenue prisonnière. Au début j’ai dit « non ». Puis j’ai dit « non » en me sentant coupable parce qu’ on me faisait comprendre que ce “non” on ne voulait pas l’entendre. Puis les représailles sont arrivées. Et j’ai dit « oui ». Parce qu’en continuant à dire « non » je m’exposais à la violence, au harcèlement, à la manipulation.

Le 16 novembre 2012, ma descente aux enfers allait connaitre son heure de gloire! Là ce n’est plus de la peur, c’est la terreur, les larmes qui coulent, les nuits qui semblent interminables, les tripes en vrac. 11 jours après je prenais un aller-simple pour la France, laissant tout derrière moi, enceinte de six mois. Quand j’y pense j’ai presque du mal à me revoir, du mal à réaliser que j’ai été là, que j’ai vécu ça, que j’ai encaissé tout ce mépris. La jeune femme sur la photo est si éloignée de qui je suis aujourd’hui. C’est très étrange. Je suis désormais dans les faits, moins dans les émotions. Je peux parler de ces derniers jours, sans avoir le cœur prit de frissons, sans ressentir dans mon corps toutes ces sensations désagréables. Le traumatisme s’est estompé. Il revient parfois. Je ne peux plus voir la violence en peinture. Je ne peux plus entendre de cris sans me retourner dans la rue. Je ne peux plus voir de couples s’invectiver devant moi. Je ne peux plus visionner un film sur le sujet.

La prise de conscience de ma part de responsabilité dans ce naufrage m’a permis de faire mon deuil, de pardonner, d’accepter, de dépasser mes maux, de me reconstruire. Ce processus est propre à chacun.

Vous ne pourrez pas, nous ne pourrons pas tout comprendre. C’est impossible. Si un jour vous êtes en face d’une victime de viol, de violence, ne lui dites pas ce que vous feriez à sa place, vous n’y êtes pas. Écoutez-la et soyez présent. Mettez de côté vos idées toutes faites et écoutez-la VRAIMENT.

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Cette zone grise entre devoir et viol conjugal : Témoignage de femme

« Ça fait combien d’années qu’il te viole ? »

Crédit – Campagne Contre le Viol Conjugal (Chloé F Thompson)

Avec une violence inouïe, les mots se sont affichés sur l’écran de mon portable. Comme j’ai pu, je me suis défendue. Ça ne fait pas des années que ça dure. Quelques mois, tout au plus. Et puis, vu que je ne dis pas clairement “non”, ce ne sont pas vraiment des viols. Un viol, c’est dans la violence, la contrainte, la surprise

Dans la réalité, surtout, pour me protéger. Je ne veux pas admettre complètement ce qui s’est passé. Ce que trop longtemps j’ai toléré. Alors, viens, je t’emmène dans le sacro-saint. Là où peu de monde rentre. Dans l’intimité de la chambre et du lit conjugal, quand la lumière est éteinte.
Toute la soirée, j’ai retardé les contacts, plongée dans mes jeux sur la tablette ou sur Facebook et, le plus tard possible, je suis allée me coucher. Il m’a suivie. Je me suis recroquevillée en chien de fusil, contre le mur et il est venu s’allonger contre moi. Le câlin avant de dormir dure. Je ne bouge pas, espérant qu’il se retourne pour s’endormir. Pas ce soir. Ce soir, au bout d’un moment, ses mains descendent. Elles me malaxent les fesses puis viennent sur une autre partie et la caressent ou la pénètrent. Je sais ce qu’il va se passer si je ne dis pas non, ne donne pas un coup de jambe, d’un air de dire « sors de là ». Je me tétanise.
Je n’ai pas envie. C’est du harcèlement. Pourvu qu’il se lasse et se retourne.
Il ne se lasse pas. Alors je cède. Si je cède, ça cessera vite. Ce sera mal fait, je n’y prendrai aucun plaisir, mais au moins, j’aurai la paix et je pourrai dormir ce soir et quelques autres soirs encore. Alors, j’écarte les cuisses et le laisse faire. Tout en moi lui crie de cesser, que je ne veux pas. Mais aucun son ne sors de ma bouche. Ce n’est pas un viol : je n’ai pas dit “non”. Je me déteste de le laisser faire ça. De me renier à ce point. Je le hais de continuer, de ne rien voir. Je suis certaine qu’il n’y prend pas plus de plaisir que moi alors pourquoi ? Pourquoi continue t’il ? Pourquoi revient-il à la charge sans cesse ? J’en aurais presque envie de vomir. J’ai envie de pleurer mais rien ne vient. Et puis il s’arrête, se retire. Je me retourne et me recroqueville encore un peu plus sur moi-même, tout au bord du lit, coincée contre le mur. J’ai enfin la paix. Je peux dormir.

Pourquoi est-ce que je ne dis pas « non » ? Pourquoi ? Tout simplement parce-que demain, il reviendra à la charge et après-demain et les jours suivants, jusqu’à ce que je cède. C’est une bien sombre histoire. Ma sombre histoire. Une sombre histoire à la frontière entre le devoir conjugal et le viol. Une histoire dans ce que l’on nomme la « zone grise », celle où l’un des partenaires cède, juste pour avoir la paix. Qu’on ne vienne pas me dire : c’est comme une balade en forêt, des fois, il faut un peu se forcer pour lui faire plaisir. Parce-qu’on commence comme ça, en se forçant un peu une fois en passant et puis, ça devient routinier. Je ne veux plus de ça. Je ne veux plus le vivre mais je ne veux plus l’entendre. Parce-que tant qu’il y aura du monde pour le dire, des femmes continueront à se forcer et à en souffrir, de plus en plus.

Je ne veux pas que nos filles et nos fils grandissent en croyant que c’est normal. Non, ce n’est pas normal. Quand un des membres du couple ne voit pas ou ne veut pas voir que l’autre n’a pas envie, ce soir. Quand un des membres du couple se force, encore et encore, s’efface et se renie à ce point. Ce n’est pas normal, tout simplement.

Ce texte est un témoignage anonyme de femme que j’ai accepté de partager sur mon blog.

La sexualité et nous

Crédit Pixabay

La sexualité n’est pas une entité à part. Elle est nous. Elle nous appartient. A tous niveaux. A  tout moment. Elle est reliée à notre essence. Elle ne se définit pas vraiment ou alors à chacun, sa définition. Elle se vit au quotidien, dans un rapport à soi, à l’autre. Elle est notre lien le plus intime au monde.

La sexualité ne connait ni frontière, ni limite. Elle est tout ce que nous nous autorisons à vivre. Seul, à deux, à plusieurs. Elle nait avec nous et meurt avec nous. Elle cristallise nos peurs et nous invite au dépassement, à l’abandon, au lâcher prise. A voir au-delà de ce que nous connaissons. A ressentir. Elle est une source intarissable de sensations diverses et variées.

Elle nous concerne tous, quelles que soient notre âge, nos préférences, nos curiosités, nos différences, nos envies, nos fantasmes, nos paradoxes. On aurait parfois tendance à la qualifier, la quantifier. On voudrait la faire tenir dans des cases, des moules. On voudrait pouvoir la contenir. Quand elle reste indomptable, pleine d’incertitudes et pourtant riche de tant de possibles, de découvertes.

Elle est unique, multiple, ancrée / encrée en nous. Notre corps en est le véhicule, le réceptacle. Elle se vit dépourvue de protection. Si on se livre entier à son pouvoir, on peut se libérer de nos chaines, de nos tabous, de nos idées toutes faites, celles qui sont un frein à notre épanouissement.

La sexualité est à l’origine de la vie. Elle est un terrain de jeu passionnant, un tremplin, un mélange des genres, une porte ouverte sur soi, encore une fois. Sur ce que nous sommes au plus profond loin des apparences, de l’attraction, de la séduction. Sur l’autre aussi, mis à nu, vulnérable, animal.

La sexualité acceptée, assumée nous révèle à nous-mêmes. Elle est la vérité crue. Et quand nous la laissons-nous absorber, nous emporter, nous envoler, nous touchons du bout des doigts un fragment d’éternité.

13 Novembre 2015 – C’était hier…

©PHOTOPQR/LE PROGRES/JEGAT MAXIME

Je me souviendrai toujours de ce vendredi soir, de l’agitation, des information en boucle, du sang qui crève l’écran noir. Je me souviendrai être allée me coucher, en regardant longtemps mon fils dans son petit lit. Il dormait paisiblement, ça m’a rassurée. Je me souviendrai du lendemain, des rues désertes, de l’air saturé de peur. Je me souviendrai des mots dits, des morts inconnus et pourtant liés à l’un ou l’autre croisé, de ceux qui y étaient, de ceux dont les regards trahissaient l’horreur. Je me souviendrai longtemps du silence opaque du lundi matin dans les transports en commun et de quelque chose d’unique, une union au delà des mots / maux, un souffle fragile. Et de la claque magistrale que je me suis prise en arrivant au bureau. Alors l’urgence d’écrire s’est imposée à moi. Pour eux. Pour ceux qui s’étaient éteints. Pour ceux qui restaient. Pour les traumatisés, blessés, amputés d’une partie d’eux-même. Pour l’innocence trahie. Pour la liberté bafouée. Et aussi pour la Vie.

Vertiges (extrait de mon livre Ils avaient un Prénom en mémoire des victimes des attentats du 13 novembre 2015 – les bénéfices sont reversés à l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix)

Plonge la plume dans l’encrier

La nuit s’étire
Les étoiles crépitent
D’un feu assassin

Une vie
Mille vies
Endeuillées

Lance la plume sur le papier
Laisse l’encre couler

Une
Mille pages griffonnées

Les mots
Dénués de sens
S’écorchent vifs
Contre les phalanges
De tes doigts torturés

Lâche la plume

Le sablier du temps
Se vide
Sous l’effet de l’affront
Sordide
Soupirs imperceptibles
Bulles de savon
Plombées d’acide

Laisse la plume glisser

Meilleur remède
Face à l’absurdité
La déchéance implacable de l’humanité

La plume dessine des vérités

Soulager les cœurs
Panser les plaies
Se souvenir
Exploser d’Amour
Vibrer l’Absolu
Encore et toujours

Marie Kléber – Place de La République Paris

Je ne pouvais pas terminer sans ces mots de mon amie Laurie qui pour moi sont essentiels. Aujourd’hui et demain: « Allumez une bougie avec une intention d’Amour, et faites reculer les ténèbres. A chaque fois que vous mettez une intention de vengeance ou de haine, vous soufflez une bougie. Et la nuit reprend ses droits. Ne pensez pas comme eux. Vous valez mieux. Ils sont déconnectés de leur cœur. Une flamme puissante brûle dans le vôtre. Et elle peut tout. N’ouvrez pas votre cœur à l’obscurité. Ne soyez pas des terroristes. Soyez ceux qui aiment et qui éclairent. Soyez source de Lumière. »  

La mère que je rêvais d’être, celle que je suis et que j’accueille

Copyright Marie Kléber

Si je n’ai jamais rêvé l’enfant que tu serais, j’ai souvent rêvé la mère que je souhaitais être. Bien sûr c’était avant. Avant la maternité. Avant le quotidien et tout ce qui va avec. Avant toi et moi. Bien sûr ce n’était qu’un rêve et parfois je rêve encore.

Accepter qui l’on est n’empêche pas de vouloir s’améliorer. Et si il y a une chose que la maternité m’a apprise c’est bien celle-ci, qu’à chaque instant, en quelque sorte, je renais. A moi-même et à ce qui compose mon univers. A chaque instant, il m’est donné de choisir entre la manière dont je réagis et la manière dont je pourrais le faire si…je lâchais prise, j’acceptais ce qui se présente et surtout j’abandonnais mes idées de « perfection ».

Je sais le poids des mots et pourtant, encore, souvent, je me fais avoir. Je dis ce qui me passe par la tête. La fatigue, la colère, le ras le bol, la charge mentale d’une femme, d’une mère. Et tout fout le camp, bonnes résolutions et tout le toutim. Avant que je ne prenne du recul.

Je suis en perpétuelle évolution depuis toi, en perpétuel chemin. Je sais que rien n’est linéaire, que tout se construit jour après jour et que ce qui fonctionne une fois ne fonctionnera peut-être pas dans deux semaines. Tout est question d’ajustement, d’adaptation.

Parfois je me surprends à lâcher du lest. Parfois je suis dure et ça ne sert à rien. Je ne sais pas toujours poser les limites et parfois j’en pose qui n’ont pas lieu d’être. Parfois je me fais confiance et parfois seule dans cette tâche, je perds pied. Pourtant je chéris mes choix, mes pas, chacun  de ceux qui font de nous une famille, même si nous ne sommes que deux.

Certains jours sont plus compliqués, ma patience mise à rude épreuve – elle n’est déjà pas bien  développée ! – mes nerfs à cran, j’enverrai tout balader. Et puis tu me regardes et je reviens sur terre. J’arrête de rêver à ce que je pourrais être si j’étais différente et j’accueille qui je suis, avec mon lot de vulnérabilité, de force, avec mes doutes et ma capacité à transcender ce qui me bloque, avec ma colère et mon envie d’une vie équilibrée et heureuse. Pour toi et moi.

La première fois…

Crédit Pixabay

Est-ce que j’y croyais davantage ? Est-ce que j’avais davantage confiance ? Est-ce que je me sentais plus légitime ?

Le premier recueil, je m’en souviens. Je me souviens des heures à l’écrire et des heures à le peaufiner. J’imaginais déjà comment j’allais le présenter. Et l’enthousiasme de mes lecteurs a rencontré mes espérances les plus folles. En moins d’une semaine les ventes décollaient !

Force est de constater que tout s’est émoussé au fil des années (les meilleurs sont restés!). Je ne jette la pierre à personne, tout le monde a sa vie et se priorités. Je me pose des questions – c’est ce qui me fait avancer. Je me demande quelle est ma part de responsabilité dans cela ? Je me demande à quel moment j’ai changé de cap ?

Je suis comme beaucoup d’auteurs, j’ai envoyé mes manuscrits à des maisons d’édition, j’ai reçu des lettres de refus, j’ai reçu des lettres standards et d’autres plus riches qui me disaient que mon style était plat et sans intérêt, que du revu et corrigé, pas assez de profondeur… J’ai revu, relu des textes, je les ai modifiés en espérant qu’ils seraient plus adaptés. Non. Le manque de reconnaissance du travail réalisé, c’est sûrement le plus dur à encaisser. Surtout venant de personnes dont c’est le métier. J’ai rebondis.

Puis je me suis tournée vers le plus simple – a-priori – parce que l’autoédition c’est loin d’être simple. Je me suis lancée dans le grand bain de tous les postulants au « succès ». J’ai lâché les maisons d’édition, incertaine, pour quelque chose d’aussi incertain. J’ai tenté le site auteur et j’ai dépensé plus d’argent que je n’en ai gagné. Pour au final faire marche arrière – on apprend toujours de ses erreurs.

Je n’ai pas l’âme d’une conquérante dans ce domaine. Je ne crois pas assez en moi pour défendre bec et ongle mes livres, mes mots. Je compte sur les autres pour le faire, je vous l’accorde ce n’est pas très mature comme comportement. Je suis incapable d’aller démarcher des librairies, présenter mon travail, essuyer des refus – il y en a toujours. Je suis toute en paradoxe, préférant le vide à l’audace, préférant déposer mes livres sur des bancs, dans des rames de métro plutôt que d’aller défendre mon “talent” auprès de professionnels. Et après j’ai le culot de me plaindre!

C’est vrai je n’écris pas pour la gloire. J’écris pour partager, pour créer un lien. J’écris pour le plaisir et j’espère être lue – il faut bien l’avouer. J’ai encore de grandes envies, de beaux rêves. J’ai encore des milliers de choses à écrire. Mais je sais que tant que je n’aurai pas confiance, tout ça ne sera que du vent, un souffle fragile au creux d’un matin chagrin…

Ps – Je me pose des questions & Tout va bien

La valse agitée de mes émotions

Crédit Pixabay

Histoire de ne perdre personne en cours de route et que personne ne se tire en courant en pensant que je suis complètement barrée, je vais tenter tant que faire se peut de rester sobre dans cet article.

D’abord la mélancolie…

Pour celles et ceux qui connaissent, qui la côtoient, la voient rappliquer illico presto après chaque moment de pur bonheur, ce sera facile à comprendre. Pour les autres, imaginez une vague qui arrive à l’improviste, charriant un condensé de vos plus précieux souvenirs et de vos plus grandes angoisses. Vous vous retrouvez alors seul, avec votre lot d’émotions à fleur de peau. Et vous tentez de maintenir le cap devant la mer enragée, prête à vous engloutir.

La mélancolie, chez moi, n’arrive jamais seule, elle est souvent accompagnée des deux grandes forces qui gèrent le monde, la vie, la mort. La mélancolie rappelle que le temps d’avant n’est plus et ne sera plus jamais. Pour autant que nous en ayant pleinement profité, nous pourrons revivre le temps de quelques instants ces moments de félicité. Tout en sachant que le passé n’est plus que points de suspension dans un no man’s land dépassé. Et que bien souvent plus personne n’y pense, à part nous!

Avec le temps, j’ai appris, non pas à gérer, mais à accepter ces vagues qui m’assaillent sans que je ne puisse ni les anticiper ni les contrer. Fut un temps, j’allais contre elles et le résultat était rarement positif. Désormais, je les laisse venir, je leur donne une place, puis je les laisse me dire ce qu’il faut que je retienne et ce que je laisse partir. La mort n’est pas quelque chose qui me fait peur en soi. Je sais qu’elle est là, en moi. Elle est mon rappel, ma boussole. Pas seulement la mort physique d’ailleurs.

Dans ces moments de profond déséquilibre, je vois la vie sous un prisme différent. Je la vois en format RAW, comme un corps sans la peau. Je la vois dans sa vérité, dans ses possibles. Je la vois dans tout ce que le monde pourrait être et faire, dans tout ce que je pourrais être et faire. Je la vois dépourvue de tous ces oripeaux qui en font un terrain de jeu souvent dangereux. Je la vois dans sa vérité. Mais cela ne dure que le temps de me dire qu’il est peut-être temps de vivre justement, vivre avant que quelque chose de dur, de douloureux, de grave ne me fasse oser davantage, ne me fasse lâcher mes peurs, ma colère pour aller vers ce en quoi je crois, ce qui est fait pour moi.

La réalité, ma réalité alors me rattrape et la mélancolie se carapate, en me laissant un goût acre au creux du cœur. Car une fois de plus je n’aurai pas saisi ma chance, je retournerai à mes démons, à mes doutes, à des pas cadencés, habitués, je retomberai dans mes chers travers. Et tous mes rêves d’autre chose s’envoleront dans le vaste univers. Jusqu’au prochain raz de marée…

Dites-moi, ça vous arrive à vous aussi ces moments là? Vous les gérez comment? A moins que vos creux de vague ressemblent à autre chose. Dites-moi!

L’ombre de minuit

L’ombre de minuit s’enroule autour
Du vaste champ des possibles
Qu’offre la proximité de l’autre

L’aimé(e)

Au sanctuaire des extravagances partagées
L’intimité se pare d’un parfum diffus
Les courbes dansent lascivement
Au rythme de la découverte symbolique
De territoires inconnus

Ce poème est extrait de mon dernier recueil de poésie L’appel des Sens disponible sur The Book Edition ou en commande par mail (latmospherique@gmail.com)

Foutez-moi la paix!

Je ne voudrai pas anticiper d’éventuels commentaires ou réactions, toutefois sachez que ces mots ont déjà été dits aux concernés, dans les formes de l’art bien sûr, mais j’ai l’impression que personne ne veut les entendre.

Je sais que tout cela, le ménage, le rangement, les avis de déco, les heures de repassage, les carreaux, les rideaux, la vaisselle, le linge, et j’en passe, ça part d’un très bon sentiment.

Mais moi ça me saoule qu’on gère ma vie à ma place. On croit m’aider et au final ça ne fait que créer de la colère en moi, celle qui scande “je suis chez moi, laissez-moi vivre ma vie comme je l’entends”. Et par ça j’entends laissez mes tasses là où elles sont,même si elles sont sales, ne lavez pas mes dessous avec le linge commun, n’apportez pas votre touche personnelle à mon environnement de vie, laissez-moi porter des t-shirts non repassés si ça me chante, arrêtez de me vanter l’intérêt d’avoir des rideaux (je déteste ça), laissez ma poussière tranquille, arrêtez de ranger les choses (ça me met en rogne de chercher le gilet de loulou dans toute la maison au moment de partir à l’école) – en gros si j’ai besoin d’un coup de main, d’un conseil, laissez-moi vous le demander. Je sais que je peux compter sur vous. Mais par pitié arrêtez de vous faire plaisir, à mon détriment. Si vous voulez aider, il y a plein  d’âmes en peine qui n’attendent que cela.

Et par la même occasion, acceptez que je ne veuille pas de cadeaux à Noël. C’est pas bien compliqué pourtant! Acceptez qu’un soir je n’ai pas envie de parler ou que j’ai un coup de blues. Arrêtez de penser que tout ça m’indiffère parce que je ferme ma gueule souvent. Et arrêtez de penser que si je vous demande ce respect là c’est parce que je ne veux pas de vous dans ma vie. Ça n’a strictement aucun rapport.

Arrêtez aussi de reprendre loulou à chaque fois qu’il fait quelque chose qui ne vous convient pas ou par crainte de la réaction des autres. Primo je gère. Secundo, le regard des autres est la cadet de mes soucis.

Vous me répétez assez souvent que je gère comme une pro. Désormais, laissez-moi l’espace de le faire, de déployer mes ailes, de m’émanciper. Laissez-moi faire des erreurs, me planter, faire des choix que vous ne trouvez pas judicieux. Laissez-moi respirer! Laissez-moi vivre comme je l’entends, même si c’est à des années lumières de votre conception des choses! Parce que c’est bien de cela dont il  s’agit, de MA VIE.

Corps à corps

© Tyler Dozier

Dans le corps à corps qui me lie à la terre, je suis la mère

Dans le corps à corps qui me lie à l’arbre de vie, je suis la femme épanouie

Le vert, l’espoir, toujours au creux du cœur, je me laisse aller, porter par les saisons dont la mélodie me fait frissonner

Les destins ancrés en moi sont ceux de tant de passions prêtes à éclore

Et dansent les aiguilles sur mon corps comme le souvenir de toutes ces petites morts

Qui me portent vers la vie!

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture 315 de Bric A Book.