Avec toute mon amitié…

Crédit Pïxabay

Pour cet article, je suis allée fureter dans mes archives. Les extraits de textes qui suivent ont été écrits entre 2003 et 2007. Je voulais les partager pour une amie chère qui me lit chaque soir, pour lui dire qu’il n’y a pas de recette miracle pour vivre une séparation. Pour certains, ça prendra trois semaines, pour d’autres quelques années. Certains aimeront en diagonale, d’autres passionnément. Certains auront droit à un au revoir quand d’autres devront faire face au silence. Il n’y a pas de règle non plus. Nous aimons tous si différemment. Écrire m’a toujours libérée. J’espère qu’il en sera de même pour toi P. Avec toute mon amitié…

“Plus le choix de rejeter en bloc ce qui revient comme un boomerang torturer mon paisible quotidien, à chaque fois qu’un regard se pose sur ma faiblesse, décortique les miettes bien cachées de mes incertitudes. Il me faut tout reprendre depuis le début, m’immerger dans ce long et sombre escalier pour comprendre où tout a commencé, pourquoi tout a pris si peu de temps. Que pourrais-je dire de moi après toi que tu ne devines pas? De la peine, de l’incompréhension et ce mur qui s’élève un peu plus chaque jour entre le monde et moi. La douleur comme un fardeau désespérant, l’envie de crier, de déchirer les fragments de nos souvenirs, d’abattre la muraille d’indifférence qui annonce nos prochaines tranches de vie. Mes yeux rougis par les larmes et les nuits sans sommeil, peuplées de rêves inquiétants, offrant à notre séparation une interprétation qui ne me convient guère. Des images qui reviennent sans cesse comme un film qui se déroulerait à l’infini, mais qui n’expliquent jamais rien. “

“Le premier matin. A quoi cela sert-il ? Le premier du tout et du rien. Tout à effacer. Tout à reconstruire. Mais comment reconstruire sur des fondements brisés, sur des pierres abîmées? Comment être sûre que rien ne va s’effondrer et réduire à néant nos efforts? Je suis rentrée découragée à l’idée de devoir affronter les visages du quotidien, les prochains matins sans toi. J’ai caché mon désarroi derrière mon sourire de tous les jours. Je leur ai dit plus tard, que je ne te reverrai plus. Quand j’ai eu assimilé, quand mes messages sont restés sans réponse plus d’une semaine.”

“Tu es partout, dans mes rêves, mes pensées, mes idées, mes doutes. Tout me rappelle à toi comme une obsession. Tout est toi. Dans chaque instant de ma vie, tu vis avec moi. Tout ce que je fais en pensant à toi, peut-être le fais tu en pensant à moi ? C’est sûrement l’unique idée qui me permet d’envisager le reste de ma vie sans toi.”

“Qu’aurais-je donné pour m’accoutumer à ton absence, pour apprendre à marcher sans ta main. Je ne peux qu’être cruelle en écrivant cela, mais j’aurai préféré te voir mort que d’avoir à continuer la vie, en sachant que toi aussi tu avançais sur ce chemin quelque part, ailleurs, si loin  de moi. J’aurai eu des égards. On aurait compris ma souffrance. On m’aurait offert du temps pour effacer, reprendre mes marques, pour repartir. On ne m’aurait pas jugé.”

“Comment puis-je vivre ainsi dans l’ombre qu’a laissé ton sillage dans mon existence ? Je dois être folle pour m’accrocher de la sorte à notre passé, pour me laisser broyer par cet odieux souvenir. Je suis folle, je le crois vraiment. Je vais finir par tomber puisque aucun lien ne semble me retenir. Mais ne suis-je pas la seule à m’imposer ce vertige, à m’obliger à ressentir encore quelque chose pour toi ? Si je ne ressens plus rien, j’aurai l’impression que notre relation ne représente plus rien. Comment puis-je rayer cela de la carte existentielle ? Je demeure pourtant la seule à pouvoir détruire ce processus qui m’enchaîne à ton souvenir. Quelle est cette autre vie que je me refuse de connaître, ces autres yeux que je me condamne de croiser ? “

“J’ai appris récemment que tu venais de refaire ta vie. Je ne m’y attendais pas. Tout ce qu’on m’a dit m’a fait terriblement mal. La page se tourne. Quatre ans de joies, de peurs échangées, de projets, de rêves, de déceptions, de vie tout simplement, quatre ans rayés de la carte du monde comme si nous nous étions endormis quelque temps. Il n’y a donc plus aucun espoir. Il faut que je t’oublie définitivement. Au fond, à bien y réfléchir, c’est la chance de ma vie. Cette rencontre, c’est la rupture du lien qui nous unit, la possibilité d’envisager quelque chose après toi.”

“J’ai vécu ces  dernières années avec ton fantôme collé à ma peau. Dans toutes ces soirées où j’ai cru pouvoir l’abandonner sur un fauteuil, près d’une déesse aux cheveux d’or, il n’a cessé de me rappeler à chaque regard croisé, chaque corps un peu trop serré, chaque sourire un peu trop facile, chaque danse un peu trop sensuelle, qu’il ne fallait pas replonger. Quand mon cœur disait oui, ma raison peut-être, sa voix me murmurait non. Et c’était son conseil que je suivais. Comme si je n’existais plus moi-même, au point de me retrancher derrière l’image de ton absence. Je lui ai laissé l’amplitude de contrôler ma vie, de bloquer les vaisseaux irriguant mon cœur. Je l’ai laissé détruire ce qu’il me restait d’espérance, broyer les maigres efforts que je m’imposais pour refaire surface.”

“le temps est venu de ne plus m’encombrer l’esprit, de me gâcher l’existence avec cet adieu sordide que fut la fin de notre histoire. Je ne remets rien en cause. Je n’accuse personne. Je tente juste de comprendre ce que le silence  nous a volé. Elle revient sans cesse depuis ce matin de janvier cette même interrogation. Que nous est-il arrivé que je n’ai su discerner avant qu’il ne soit trop tard ? Quelle étape avons nous manqué ? Je n’ai toujours pas la réponse. Tout est flou et ce qui me trouble encore plus, c’est sûrement le fait de savoir que je n’aurai jamais aucune explication. “

“Je suis enfin revenue de cette longue agonie. Ta voix s’est perdue, les musiques que tu aimais tant s’élèvent comme autant de petites lumières dans mon ciel chargé de rayons lunaires, tes yeux ne remplacent plus ceux que je croise et qui me troublent, tes mains ne laissent plus de caresses décevantes sur mon corps prisonnier de ton ombre. Si la vie nous a séparés, c’est sûrement pour le meilleur.”

 

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Un souffle

Crédit Pixabay

Il s’est posé là, dans le creux de mon cou, il s’est glissé frôlant le grain de ma peau. Un souffle si doux que j’aurai pu le perdre, ne pas savoir, j’aurai pu le manquer. Et le souffle se serait tu.

Il s’est posé, je l’attendais presque. Et puis le souffle a pris vie. Et la vie a pris des couleurs. Le souffle s’est accordé au mien.

Il a fait basculer mon cœur. Il a fait ressurgir mes peurs. Et mon souffle a pris froid. Il a tenté de retenir le flot des sentiments naissants et les barrages ont cédé. Un à un. L’armure s’est fissurée, brisée. Il n’y avait plus rien à cacher.

Le souffle s’est imposé, patient, aimant. Il s’est donné en vérité, sans promesse.

Posé là dans le creux de mon cou, ce souffle avait une âme, il parlait ma langue, il entendait ma voix, il savait ce que je ne savais pas.

Depuis, il embellit mes jours, jour après jour. Et mon souffle à trouver sa paix.

Les États d’esprit du Vendredi 21.09.2018

C’est l’automne et l’heure tant attendue du rendez-vous de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [22h00]

Fatigue : un léger mal de tête qui me murmure de filer au lit sans tarder
Humeur : très beau fixe
Estomac: salade de restes, yaourt, tisane
Esprit: libre
Cond. phys. : un peu de marche, une séance de yoga
Boulot : quand ton patron refile ton boulot à d’autres sans te mettre dans la boucle, tu as des envies d’ailleurs ou d’autres choses…
Culture: L’éternité n’est pas de trop de François Cheng
Penser à : terminer mon micro-roman
Avis perso 1 : les groupes Whats’app c’est bien mais quand tu reçois 25 notifications par jour pour dire des banalités, c’est beaucoup moins cool.
Avis perso 2: il faut toujours faire confiance à la vie parce qu’un jour tout ce en quoi tu as cru se réalise…
Avis perso 3: ne jamais dire jamais…
Message perso: (1) le moral remonte doucement (2) c’est inspirant toutes ces idées passionnantes! Merci de les partager (3) si je ne t’avais pas rencontré, tu aurais manqué à ma vie
Loulou: veut faire du skate, ramasse des dizaines de marrons par jour, mange comme 4
Amitiés : cartes en cours…
Love : partage ses idées, me fait découvrir des choses, m’épate chaque jour, me fait rire
Sorties : piscine, quelques courses
Essentiel: partager, faire confiance, se faire confiance, s’aimer (et se le dire)
Courses: nourriture, vêtements de sport pour loulou
Envie de: cuisiner de nouveaux plats, une soirée au musée, vous présenter mon recueil de poèmes, tester les massages
Photo: Sur les murs de Paris…

Zic: Pomme – Sans toi (jolie découverte et une pensée particulière…)

Fin [22h50]

Bon et beau et doux weekend à tous! Profitez en bien!

 

“On pourra partager ça aussi !”

Partager ?

Quel est ce mot barbare ?

Moi, on ne m’a jamais proposé de partager. Alors du coup, je suis émue. Et quand je suis émue je dis plein de choses sans intérêt, histoire de meubler l’espace pour que mon cœur puisse retrouver son rythme normal.

J’ai 38 ans dans quelques semaines et j’ai l’impression de découvrir la vie, les relations humaines. Avant « partager » c’était puéril (qu’est-ce que j’ai pu l’entendre ce mot !) et puis partager quoi ?

Nos gouts. Ah oui, mais tu sais moi lire, écrire, ce n’est pas trop mon truc. Et puis t’écris quoi ? Enfin je te pose la question comme ça. Je ne te lirai pas. T’écris sur ça, si on veut, c’est loin d’être passionnant quand même…

Nos idées. Pour quoi faire ? A mon avis on n’a pas les mêmes. Enrichissant ? Je ne crois pas. Moi je sais que mes idées elles tiennent la route et que ce sont les meilleures.

Nos envies. Tu sais de quoi j’ai envie là, de mâter un bon film à la télé. Ça te tente ?

Et puis on pourrait aller se balader, faire des voyages,  visiter des expos, se faire un weekend au bord de la mer, aller à un concert. On pourrait partager autre chose qu’un repas, un ciné, un énième navet à la télé. Qu’est-ce que t’en dit ?

Je trouve qu’on partage déjà plein de choses ?

Ah oui !

C’est toi, t’es jamais contente de rien.

C’est juste que j’aimerai faire autre chose que regarder Albator le weekend ou visionner pour la cinquième fois Rocky. En plus il fait super beau dehors !

Trop chaud !

Sinon tu pourrais venir me voir à une répétition de danse. Ou on pourrait essayer un truc un peu loufoque, genre une nuit dans une roulotte.

C’est ça tes idées ! Déjà la danse j’aime pas. La roulotte, t’as piqué ça où? C’est grotesque!

On pourrait aller courir ensemble alors. Courir ça te plait ?

On n’ira plus courir ensemble…T’aura fait trois tours, je terminerai le premier complètement essoufflée. On se sera vus sur 300m et encore je suis gentille. En plus tu m’auras dit un truc genre je ne fais pas d’effort, je ne suis pas très rapide. Enfin on aura essayé…

On se rendra à l’évidence que partager, comme on l’entend, c’est pour les autres. Nous on se limitera à partager une literie, une douche, une cuisine et de temps en temps une table au restaurant ou deux fauteuils dans une salle obscure. Pour le reste, il faudra faire preuve de compréhension. Et intégrer qu’un petit plaisir doit se faire rare pour être délicieux.

Donc partager je ne sais pas vraiment ce que c’est. Je me suis même longtemps demandé qui pourrait s’intéresser à moi, puisque mes idées, mes goûts, mes envies semblaient sans intérêt.

Alors ça me touche. Et du coup je me dis que je suis un tant soit peu intéressante au final. Ça me touche vraiment et je vais mettre encore un peu de temps à oser…

Qu’est-ce qu’une sexualité « normale » ?

A la base j’étais partie sur un article plus personnel, mais j’avais trop de choses à dire et je ne savais pas trop comment les dire, alors j’ai remis à plus tard. Puis m’est revenue en mémoire une conversation avec ma voisine. On en a déjà discuté sur le blog, la sexualité ce n’est clairement pas le sujet dont on parle facilement avec tout le monde. Alors quand l’occasion se présente, autant en profiter!

Nous étions donc en train de discuter quand est venue dans la conversation la phrase à l’origine de ce billet « tant qu’on a une sexualité normale… ».

Il faut déjà savoir que tout ce qui commence par « norme » j’ai du mal. La norme ça enferme et tout ce qui enferme, ça ne me convient pas. Je déteste les cases, les catégories, les mots qui cloisonnent.

On sera tous d’accord pour dire que la sexualité est quelque chose d’ordinaire. Cela fait partie de nos vies à tous à différents niveaux. Et d’assez extraordinaire aussi. Dans la sexualité, se mêlent la vie, la mort, le corps, le cérébral, les sensations, le plaisir, le vide, soi, l’autre, la rencontre, les interdits, nos pulsions, nos fantasmes, nos limites, nos envies, le partage, la tentation et j’en passe. Nous abordons tous la sexualité avec une sensibilité qui nous est propre. Ce qui sera primordial pour l’un ne le sera pas pour l’autre. L’essentiel étant bien pour chacun d’avoir une vie sexuelle épanouie et épanouissante.

Si je devais définir une sexualité normale, je dirai que c’est une sexualité basée sur le respect. Respect de soi et respect de l’autre. Toute relation imposée sous la contrainte n’est pas une relation « normale ». C’est bien souvent un acte puni pénalement. Pour le reste, c’est un peu chacun ses goûts, non ?

Ce qui me gêne avec cette idée de « sexualité normale », c’est que dès qu’on a des envies un peu différentes de la moyenne, on se colle soi-même des étiquettes et on se sent hors-norme et potentiellement « pervers ». On culpabilise et la sexualité, loin d’être une joie, devient un malaise, que nous gérons comme nous pouvons et qui souvent nous pèse. Ce qui veut dire que soit on va vivre ce qu’on a à vivre en gardant en soit une « honte », soit on va se fermer et rentrer dans le « moule » en renonçant à une vie sexuelle positive.

Sans compter que ce qui sera « normal » pour une personne ne le sera pas forcément pour une autre. Tant que rien n’est imposé, tout me va. Personne ne nous oblige a adhéré à quelque chose qui ne nous tente pas, ne nous convient pas. La sexualité est une histoire personnelle d’abord et de couple ensuite. A chacun de trouver le tempo qui lui convient. Tout est possible et tout peut être expérimenté. Tant qu’à chaque instant un « oui » est un « oui » et un « non » entendu. Tant que chacun s’y sent bien. Tant que chacun peut dire les choses, que le dialogue reste ouvert.

La sexualité est riche. Je trouve qu’il serait dommage de se priver de toute la gamme d’expériences à notre disposition. Sans compter que la sexualité est un merveilleux outil de connaissance de soi !  Et qui enrichit considérablement notre rapport à l’autre!

*Il est clair que cette réflexion je ne l’aurai pas eu il y a un an. Elle est le fuit d’un cheminement personnel. La personne qui m’a accompagnée dans cette démarche se reconnaîtra!

Et vous, vous en pensez quoi ? J’ai hâte de lire votre avis sur la question ?

Dans ses bras

Des bras qui étreignent mal, oppressants, qui retiennent des caresses jugées inadaptées à un comportement jugé incorrect.

De ces bras, j’en suis revenue.

Au creux des siens, la vie se décline en des teintes pour le moins différentes. Son étreinte est rassurante, elle soutient mon corps, apaise mon cœur. Elle s’imprègne des signaux que j’envoie pour juger de ce qu’il convient de faire, de ne pas faire, ce qui pourrait être tenté, ce qui prendra du temps.

Ses bras sont le rivage auprès duquel je me sens bien, libre, où je peux être moi-même, avec autant de failles que de forces, autant de peurs que d’envies de dépasser la peur, autant de pas que je n’ose pas, autant de paradoxes qu’il accueille avec cette sensibilité qui lui est propre.

Entre ses bras, je ne me pose pas de questions, je sais que je suis respectée, aimée, et les fantômes du passé s’évanouissent doucement dans la nuit.

Par moments j’ai besoin d’être tenue, maintenue dans cette étreinte puissante, j’ai besoin de ses bras autour de moi, comme un baume qui délierait tous mes secrets et me relierait à l’essence de ce que nous partageons, les sentiments et qui dans le tumulte de la vie de tous les jours ne se dit pas toujours. Même si on le sait. Même si on le sent. Même si un sourire dit tout.

Entre ses bras, je m’abandonne…

Ces commentaires (qui nous veulent du bien)!

Je tiens un blog – enfin plusieurs blogs – depuis 10 ans, alors des commentaires j’en ai eu. Et sur des sujets variés.

Il y a les commentaires qui font sourire, ceux qui font du bien, ceux qui apaisent, ceux qui interpellent, les bienveillants, ceux remplis d’incompréhension, ceux qui consolent, ceux qui nous font violence, les irrespectueux, ceux qu’on choisit d’évincer, ceux qui nous accompagnent, ceux qui nous chamboulent pas mal.

Et au milieu de tout ça, il y a les commentaires qui nous font grandir. J’ai toujours écrit pour partager. Comme tout un chacun, c’est humain, j’ai cherché un temps la reconnaissance, celle qui faisait défaut à ma vie. Étant donné que j’ai commencé à bloguer au cœur de la tempête, ça n’a rien d’étonnant!

Les commentaires qui m’ont souvent le plus déstabilisé sont ceux qui mettaient le doigt sur quelque chose de douloureux. Sur le coup, j’étais plutôt dans la colère, l’envie de faire mal à mon tour – alors que dans bien des cas, l’intention de la personne derrière le commentaire n’était pas de me faire du mal, juste de partager son avis, son idée sur le sujet – en manquant parfois d’un minimum de tact !

J’ai pris à plusieurs reprises soit le parti de détruire ces commentaires que je jugeais inappropriés – avec le recul je me dis que c’était un peu puéril comme approche, sur le coup on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a – ou bien d’y répondre dans un article. J’ai pris parfois le parti d’en rire. Puis au fil du temps je me suis interrogée. Pourquoi est-ce que tel commentaire me blessait ?

Et c’est à partir de là que j’ai grandi, que j’ai appris sur moi, que je suis allée à l’intérieur pour déconstruire mes schémas, pour faire taire les fantômes. Parfois j’étais d’accord. Parfois je ne l’étais pas. J’ai appris que le désaccord pouvait aussi être source d’enrichissement. Au final ces commentaires furent les plus formateurs, les plus porteurs, les plus libérateurs. Le jour où j’ai intégré qu’ils n’étaient pas un rejet de moi-même, qu’ils ne remettaient pas en cause ma vérité, qu’ils étaient juste une vision différente de la vie, je les ai accueillis avec le cœur prêt à faire le travail sur moi-même nécessaire à toute évolution.

Aujourd’hui encore, certains mots me touchent profondément, au détour d’une conversation, d’un évènement, ils réveillent des blessures. Je m’en rends compte parce que mon corps réagit au quart de tour. Là je sais qu’il y a quelque chose à creuser, quelque chose que je n’arrive pas à dire ou à assumer. Ce fut le cas avec mon dernier article « et un jour devenir maman ».

Dans cette aventure, je ne remercierai jamais assez tous mes lecteurs d’hier et d’aujourd’hui. Ici, je me suis toujours livrée telle que j’étais, sans fard. J’ai écrit des articles légers et d’autres très noirs. Je me suis mise à nue. J’ai essayé tant que faire se peut d’être authentique. J’ai flirté avec le politiquement correct de temps à autres. Je me suis remise en question. J’ai accepté mes failles, mes limites. J’ai appris à dire « non ». J’ai appris à regarder le monde différemment, à l’accepter, à le respecter. En me retirant quand je l’ai jugé nécessaire. Pour mon bien (mouliner dans la purée c’est pas vraiment ma tasse de thé)!

Et vous les commentaires comment les gérez-vous ?  Ils vous aident à vous regarder sous un autre angle ? Ou bien vous vivez mal le désaccord, le “jugement” de certains ?

Tout ce temps perdu

Crédit Pixabay

 

On ne se sera rien promis. Ou alors juste comme les autres, rien de plus, rien de moins. On se sera connu en s’appréhendant du bout des doigts. On se connaîtra dans un souffle, on se reconnaîtra dans une voix. Et après. On ne sera plus que deux étrangers. On reprendra la route là où on l’a laissée. On se questionnera. On regrettera tout. On voudra réécrire l’histoire.

Peut- être que si. Peut-être que ça peut fonctionner. Peut-être qu’on peut essayer. Peut-être que ce n’était qu’une erreur de parcours, qu’on n’a pas su, qu’on n’a pas pu. On se pardonnera nos errances.

On resservira les plats, plein d’espoir, inconscients des ruines de l’histoire. On s’acharnera sur ce qui reste, sur ce qu’il nous reste. Un lien soit disant indéfectible que le temps aura endommagé. Bien sûr que non. Nous, ce sera différent. Cette fois ci on ne gardera que le bon, on se gardera de voir le verre à moitié-vide. On se satisfera d’un peu, de petits gestes, de bonheurs fugaces. On s’enverra des fleurs en se disant qu’on ne s’en sort pas si mal.

On ne parlera pas d’amour au risque de le voir se faire la malle. On se contentera du quotidien. Puisqu’on est ensemble tout va bien. On oubliera qu’on se ment dans la valse cruelle des sentiments, qui ne sont plus. On ne s’avouera jamais qu’on s’est perdu.

On ne se dira plus, on ne partagera plus. Peut-être qu’on aura l’envie de mettre un terme à la mascarade. Ou bien on restera, pour tout un tas de raisons partagées. On fera semblant de s’aimer. Ou on se s’aimera plus. On regrettera tout ce qu’on n’a pas vécu.

Le retour du héros

© Tama66

Je ne pouvais que m’en douter. Comment un type qui m’avait prouvé par A + B être né dans les choux – je t’assure la légende n’a rien à voir avec tout ça, mais oui bien sûr – pouvait terminer ses jours ailleurs que dans ce terrain vague, devant ce colosse de pierre et ses turbines infernales ?

Putain Romain, tu aurais pu me prévenir au moins. Le retour du héros. Tu parles ! Un héros de pacotille. Les vrais héros, ça se bat. Quoique peut-être que tu t’étais battu là-dedans. Personne n’en saurait jamais rien. Était-ce un pari insensé ? Ou juste une de tes folies passagères ? Que souhaitais-tu prouver au monde ?

Tu aurais quand même pu trouver autre chose. Quoi ? La mer par exemple, celle des golfes clairs, la mer qui danse avec ses reflets d’argent. Je sais tu n’aimais pas Trénet mais quand même. Ici, c’est glauque, tu ne trouves pas? Cet endroit me fiche la trouille. Tu le savais en plus. Je ne suis pas venue pour cette raison, à cause des fantômes qui grouillent sous cette terre, des souvenirs qui par vagues viennent hanter les nuits de nos mères. Qu’est-ce que va dire la tienne ?

Ne me dis pas qu’il faudra que je vienne devant ces pierres pour te voir, causer avec toi, te raconter nos vies sans toi ? Et quand le vent viendra, le bruit sera sidérant. Tu y as pensé ? Il faudra que je crie pour que tu m’entendes. Déjà que tu trouves que je parle fort.

Bien entendu, tu n’as pensé à rien de tout ça. Tu te fous de tout Romain. Bon allez je te laisse, je vais aller verser mes larmes ailleurs, loin de ce lieu maudit. Et je vais revenir pour te dire la seule chose que je retiens depuis le début. Tu veux savoir ? Hier, je t’aimais Romain. Aujourd’hui, je te déteste, je te déteste, je te déteste…

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture 310 de Bric a Book.

Les États d’Esprit du Vendredi 14.09.2018

Une semaine entre fraicheur, pluie et soleil, en gardant le meilleur pour la fin, le rendez-vous de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [22h00]

Fatigue : légère (de fin de semaine)
Humeur : excellente
Estomac: cake salé, framboises, tisane
Esprit: léger
Cond. phys. : marche (il faut que je me mette sérieusement à faire des abdos!)
Boulot : grand calme et beaucoup de temps pour écrire
Culture: enfin j’ai réussi à lire – Nos Séparations de David Foenkinos et L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle
Penser à : profiter de chaque instant
Avis perso : on apprécie toujours une situation en fonction de son vécu et ce n’est pas forcément la meilleure façon de faire
Message perso: (1) Tiens bon! (2) welcome back! (3) j’aime tes idées (4) j’assume de les aimer
Loulou: est en pleine forme, mange comme quatre, adore notre rituel du soir
Amitiés : cartes envoyées, cartes en cours
Love : touchant, séduisant, tactile, passionnant
Sorties : piscine demain et journées du patrimoine dimanche
Essentiel: le temps présent
Courses: nourriture, chaussures
Envie de: plein de choses que je ne dévoilerai pas ici
Photo: passion laverie…

Zic: en souvenir du temps où j’écoutais Eminem!

Fin [22h25]

Très bonne soirée et excellent weekend à tous!