C’est fini!

Un matin tu te réveilles et tu sais.

Quelque chose fait sens.

C’est fini.

Cette longue agonie.

Cette histoire.

J’ai mis un point final.

Le passé reste là où il réside, hors de portée.

Je lui lâche la main.

Plus rien à prouver à personne.

L’avenir se dessine sous une chaleur torride.

L’horizon, une page blanche à écrire.

Merci pour vos mots tous plus chers à mon coeur les uns que les autres.

Merci pour vos témoignages d’amitié, votre soutien sans faille au fil de ces années. Certaines furent longues et éprouvantes. Mais vous n’avez jamais lâché ma main.

Aujourd’hui une page se tourne.

Ici et ailleurs.

Je ne suis pas loin. Je m’éclipse juste quelques temps.

Le temps de reprendre mon souffle.

Pour revenir

Différemment.

A très vite mes ami(e)s!

 

Vers la lumière, pour le meilleur!

Décidément ce manuscrit aura fait couler de l’encre. Relu, presque finalisé. Et les doutes reviennent. Je crois que j’arrive au bout.

Je suis tellement loin de la femme que j’étais à l’époque.

J’ai l’impression de replonger à chaque fois. Dans les souvenirs. Dans la peur. Dans le noir. Alors que tout autour de moi la lumière brille, que les souvenirs sont à nouveau joyeux et vrais.

Un coup de pouce amical m’a mise face à l’autre étape de l’écriture. La publication. Le partage au reste du Monde.

Je ne suis pas certaine d’être prête, pas sûre de le vouloir vraiment ce grand déballage de printemps.

Je prends l’excuse de mon fils. Mais il n’y a pas que ça. Il y a moi aussi, moi qui en ai marre de ressasser le passé, de décortiquer l’histoire, de parler de tout ça, de justifier mes choix. Je ne suis pas certaine de pouvoir répondre aux questions. Je ne suis même pas certaine du pouvoir de mes mots pour aider les autres. On n’aide pas en écrivant. On montre juste la réalité. Dans la tête du lecteur c’est autre chose. J’ai passé des mois à me conforter dans l’idée que ce que je vivais ce n’était rien de grave.

L’impulsion du départ ne peut venir que de soi, d’une intuition, d’un trop plein. Je crois que personne ne peut aider l’autre à s’en sortir sans son consentement. Ce serait tellement simple. Il faut une prise de conscience. Elle ne vient que de l’intérieur, jamais des autres.

A quoi cela sert-il donc ?

A part me maintenir prisonnière d’un passé dépassé.

A part montrer le pire d’un homme qui est, que je le veuille ou non, le père de mon fils.

En relisant le manuscrit je me rends compte qu’il y a beaucoup de pages sur ma descente aux enfers et si peu sur ma renaissance, ma reconstruction. Je ne sais même pas comment je me suis reconstruite. Ca s’est fait pas à pas. Chaque jour, avancer, prendre confiance. Chaque jour se donner des objectifs. Chaque jour grandir et se battre. Je sais juste dire qu’on s’en sort, plus fort, que la vie gagne au final. Comme toujours.

Le tout était que je comprenne pourquoi, comment. J’ai compris. Que reste t-il après ça?

Aujourd’hui j’ai envie de regarder vers l’avant, riche de mes expériences et de mes choix de vie, riche des bas qui m’ont menée vers le haut, riche des merveilles du jour.

Il reste un ou deux chapitres en suspens. Vais-je les écrire ? Ou bien laisser sagement ce manuscrit de côté, un rappel de tout ce que j’ai dépassé, de toutes mes victoires au creux des heures de chaos féroces, un rappel du chemin parcouru.

Aux victimes de violences psychologiques…

Partir

Partir sans se retourner

Arrêter de trouver des excuses

Arrêter de penser que l’autre va changer

S’extraire de la peur avant qu’elle nous foudroie

Avant que le pire n’arrive et nous noie

Partir

Mais j’oublie

Il faut savoir dire “oui” au vide

Dire “non” à la folie

Nos esprits lobotomisés ne peuvent plus réfléchir

Nos corps ne peuvent plus réagir

Nos cœurs ne peuvent plus nous guider

Loin de la prison dans laquelle nous nous sommes recroquevillés

En attendant que cessent les hostilités

Partir

Le choix le plus délicat

L’acte le plus courageux qui soit

Partir ou fuir

Sans laisser d’adresse

Sans croire aux promesses

Sans se retourner

Quand l’instinct de survie nous murmure

Qu’il faut y aller

S’échapper

Sans douter

Ne minimisez jamais ce qu’endurent les victimes de violence psychologique, au sein de leur foyer, au travail, dans leurs relations amicales. Ne pensez par que partir / mettre un terme à une relation toxique est un acte simple et sans danger. Ne pensez pas qu’un peu de “bonne volonté” peut venir à bout de l’emprise. Ne jugez pas. Écoutez, tendez la main, soyez présents et laissez chacun / chacune se reconstruire à son rythme, en son temps.

Et si je vous parlais de mon petit côté « old school » !

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J’ai eu l’idée de ce billet (un peu différent) en déjeunant avec des collègues hier. J’écoutais leur conversation et je ne me sentais pas du tout en phase et pour cause :

  • Je ne suis pas abonnée à Netflix.
  • J’achète toujours des CD et des DVD.
  • Je n’ai encore jamais téléchargé ni musique ni vidéo.
  • Je ne lis que des livres « papier » si possible des livres de poche, que j’emprunte le plus souvent à la bibliothèque ou que j’achète en vide-grenier.
  • Je n’ai jamais eu ni Mp3 ni Ipod. La musique chez moi ça s’écoute sur une chaine hi-fi.
  • Je déteste Facebook.
  • Je n’ai lu ni « cinquante nuances de grey » ni « hunger games » et je viens tout juste de découvrir Harry Potter (don’t blame me !).
  • J’adore envoyer des cartes postales à mes amies.
  • Je garde encore de (trop rares) correspondances épistolaires.
  • Je n’arrive toujours pas à me séparer de mon appareil photo argentique (le passage au numérique m’a coûté mais je me dois d’apprécier sa qualité et son efficacité – j’aurais du mal à m’en passer aujourd’hui).
  • Je ne regarde aucune série à la mode.
  • Je suis nostalgique des dessins animés de mon enfance.
  • Je déteste acheter des vêtements / chaussures sur Internet. Je ne le fais qu’en cas d’extrême nécessité.
  • Je suis fan du style des Sixties!
  • Je préfère donner que vendre.
  • J’adore écrire avec un stylo plume – Parker de préférence.
  • Je fais toutes mes pâtes (à tarte – boulangerie – pizza…) à la main.
  • J’ai le minimum d’applis sur mon portable pro.
  • Je possède encore un Nokia 5cb – tout petit et très pratique.
  • Je voyage uniquement en car ou train. Je n’ai pas de voiture et je m’en porte très bien !

Et vous? Dites moi tout…

Mon plus gros challenge : m’aimer

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Je t’aime. Trois mots qui en disent long.

Mais arrivons-nous seulement à les dire. A nos proches ? A nos amies ? A notre amoureux (se) ? A nos enfants ?

Et enfin à nous même ?

Je t’aime. Trois mots qui ne sont pas à prendre à la légère. Aimer c’est simple et compliqué à la fois. Simple car aimer vient de notre être, de notre cœur. Et nous avons tous un cœur. Compliqué car aimer s’accorde avec liberté, authenticité, confiance, respect, inconditionnalité. C’est là que le bât blesse. Il semblerait que nous mettions souvent des conditions à l’amour.

Envers les autres.

Envers nous-même.

Comment aimer les autres quand on ne s’aime pas soi-même ? Je me pose la question depuis quelques années. Je n’y avais jamais pensé avant. Je n’avais jamais pensé d’ailleurs à l’importance de m’aimer. Les autres avant. Toujours.

Est-ce parce que c’est plus facile de penser aux autres que de s’intéresser à soi ? Est-ce parce que s’intéresser à soi implique de creuser, de déterrer des blessures, de laisser tomber des principes qui nous oppressent, de travailler, d’aller à l’intérieur de soi – un intérieur longtemps délaissé ? Est-ce parce qu’on nous a souvent répété qu’il « fallait » penser aux autres ? Est-ce parce l’altruisme est érigé en valeur souveraine ? Et l’égoïsme un travers dans lequel nous craignons de tomber facilement ?

Et si entre altruisme et égoïsme, il y avait juste l’être. On ne peut pas offrir ce qu’on n’a pas. On ne peut pas recevoir ce qu’on n’est pas prêt à accepter dans notre vie. Ne serait-ce qu’un compliment. Comment offrir un compliment sincère qu’on ne se ferait pas à nous-même ? Comment recevoir un compliment sincère en se dénigrant sans cesse ?

On a tendance – moi aussi – à voir les travers des autres d’un coup d’œil, à cerner leurs zones d’ombres et à les décortiquer jusqu’à la dernière miette, à leur en vouloir pour tel ou tel trait de caractère, tel ou tel manque. Et si nous nous intéressions à nous ? Et si nous regardions à l’intérieur de nous pour voir ce qu’il s’y passe, pour distinguer les émotions qui nous traversent, pouvoir les nommer, les étudier et les laisser passer ? Et si nous devenions notre priorité ?

En écrivant cette phrase, je me rends compte que quelque chose fait tilt en moi. Ce n’est pas ce qu’on m’a appris. Ca ne rentre pas dans mes « valeurs », mes « principes ». Et si mes valeurs étaient erronées, mes principes plus adaptés à la personne que je suis ?

Depuis quelques années je prends conscience de moi – une nouveauté agréable et déstabilisante. Est-ce que je me respecte ? Est-ce que je m’aime telle que je suis ? Est-ce que je suis prête à me dire « je t’aime » chaque matin en me regardant dans le miroir ? Est-ce que je me sens libre de passer du temps avec moi, de prendre soin de moi, d’investir en moi ? Est-ce que je  suis prête à me donner ce que je donne depuis des années aux autres et à l’assumer (auprès de ces autres) justement ?

Tant de questions autour de quelque chose de si naturel.

Un gros chantier sur lequel je travaille depuis près de 3 ans déjà. Les progrès sont là c’est certain. Les regarder en face m’aide à aller de l’avant, à y croire même quand tout me pousse à renoncer. Le plus dur en ce moment, c’est 1) le regard des autres (s’en affranchir) 2) ne pas me comparer sans cesse 3) mes principes et la culpabilité qui va avec (les lâcher).

Je vois la belle lumière au bout du chemin. Elle est époustouflante et vraie. J’avance vers elle chaque jour un peu plus, à mon rythme, en me regardant avec des yeux remplis de bienveillance. Et je sais que cet amour une fois installé fera des merveilles autour de moi.

Et vous, dites-moi, vous en êtes où sur ce chemin ?

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Mes lectures de Mai

En Mai j’ai voyagé un peu – un weekend entre filles sur Marseille et quelques jours dans mon coin de Paradis avec mon escargot. Donc j’ai moins lu. Quand on me demande comment je fais pour lire autant, je réponds “merci les transports en commun”. Je lis en effet essentiellement dans le bus matin et soir. A la maison de temps en temps le soir aussi. C’est plus rare.

C’est parti pour les livres du mois. J’ai commencé avec un manuscrit – dont je tairais le nom et l’auteur pour l’instant – qui m’a fait passer un très bon moment. Entre rires et belles leçons de vie. J’attends sa sortie officielle pour vous en parler plus longuement!

J’ai continué avec Amélia de Kimberly McCreight, lu en une semaine à peine. L’histoire tient en haleine. A new York Kate élève seule sa fille de 15 ans – Amélia. Un jour elle reçoit un appel de l’école. Quand elle arrive on lui apprend que sa fille est morte. Suicide conclut la police. Kate a du mal à y croire. Un SMS anonyme la fait douter et elle se lance dans une enquête pour savoir ce qui ce cache derrière ce cauchemar. Accident? Suicide? Meurtre? En creusant dans les dernières semaines de vie de sa fille, elle va découvrir une réalité qu’elle était loin d’imaginer. Le combat d’une mère, le passé d’une femme et les doutes d’une adolescente face à l’engrenage dramatique dans lequel elle tombe inconsciente des dangers qui l’entourent. Comme dans la cour des secrets de Tana French, on lit en parallèle l’histoire d’Amélia jusqu’au dénouement final. Un récit bien mené autour d’un thème qui m’intéresse et m’interpelle de plus en plus.

J’ai poursuivi avec un livre auto-édité – Backstage de Loreleï Martin. Si vous voulez en savoir plus sur l’auteur, c’est par ICI. Là aussi, j’ai passé un agréable moment. Je savais que le roman comptait de nombreux personnages et j’avoue avoir eu peur un instant de ne pas m’y retrouver. Mais en fin de compte c’est passé comme une lettre à la poste et je me suis attachée à chacun d’eux. Un roman “chorale” autour de thèmes qui nous touchent, l’amour, l’amitié, les deuils, les belles surprises et la violence incertaine du quotidien qui vient parfois faire voler en éclats toutes nos certitudes sur la vie. A découvrir…

En cette fin de mois, difficile pour moi d’accrocher à une histoire. J’ai dû commencer 3 livres sans aller au bout – le signe qu’il faut faire une pause. Je me suis rabattue sur mes magazines en attente et ai dévoré “Le Monde des Religions” sur 5 jours!

En passant sur le port de la Ciotat dans une charmant librairie, mes yeux se sont posés sur un nom  – Tahar Ben Jelloul. Je n’ai pas résisté et suis ressortie avec Un pays sur les nerfs sous le bras. Au programme: une France blessée, une Europe qui laisse mourir des milliers de familles dans ses eaux, tombeaux à ciel ouvert, le racisme des cages d’escalier, le manque d’éducation ou encore le terrorisme et l’ “intelligence” des fous de Dieu. A lire et à relire. Pour le style. Mais surtout pour le regard éclairé d’un homme de lettres sur notre monde actuel et ses dérives.

Je continue mes découvertes et vous donne RDV en juin pour la suite des festivités! A vous de partager vos coups de coeur du mois…

Une femme libre!

J’ai dit OUI plus d’une fois par le passé, à fleur de peau, terrassée par la peur. Peur des menaces. Peur de la violence qui ne se dit pas. Face à la confiance qui se délite, j’ai dit OUI pour avoir la paix. Pour ne plus trembler derrière la porte. Face au mépris, l’instrument des lâches, j’ai abdiqué. J’ai dit OUI en croyant résister. Peur de perdre ci ou ça. Ceux qui nous narguent le savent bien, ils finiront par avoir le dernier mot. J’ai lâché la barre face au harcèlement qui n’en finit pas. J’ai dit OUI pour la forme, pour ne pas avoir à gérer les heures, les jours de silence, ma punition.

J’ai tremblé face aux mots blessants, aux paroles lancées en l’air comme autant de sabres puissants. J’ai fait fi de mes sentiments pour pouvoir encaisser. Je me suis brûlée les ailes à toujours vouloir trouver des excuses à tous, tout le temps.

J’ai dit OUI à celui et à celle qui m’ont écrasée du poids de leur égo surdimensionné. J’ai dit OUI dans la détresse, perdue, paumée, affaiblie, cassée. J’ai dit OUI pour pouvoir continuer. Quand il ou elle ne pensait qu’à me faire tomber.

J’ai dit OUI aux insultes, aux mots durs, aux ricanements, aux pressions.

J’ai dit OUI dans ma vie scolaire, professionnelle, conjugale. J’ai dit OUI en me voyant fragile, incapable de me défendre. J’ai dit OUI en faisant taire celle que j’étais, non pas pour me fondre dans la masse, mais pour me faire toute petite, pour qu’on ne me remarque surtout pas, qu’on m’oublie presque (de cela est né un besoin de reconnaissance que j’arrive doucement à dompter) dans le coin, là-bas.

J’ai dit OUI trop souvent, renonçant à moi-même, à mon identité, à mes émotions.

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Aujourd’hui je dis NON.

NON à toi pour tes mots blessants, infondés.

NON à toi qui me juge.

NON à toi qui te permet de me lancer ton mépris à la figure sous prétexte que tu te trouves au-dessus de moi dans la hiérarchie.

NON à toi qui abuse de ton pouvoir.

NON à toi qui ne donne rien.

NON à toi qui impose ta manière de voir ou gérer les choses.

NON au harcèlement, à la folie, aux menaces (elles ne me font plus peur), au déni, à la vague destructrice qui s’empare de toi quand tu ne te contrôles plus, aux regards de travers, aux yeux baladeurs, à ton paternalisme désuet.

Je ne suis plus cette petite chose fragile, cette enfant contrainte, cette adulte apeurée, cette employée qui ne fait pas de vague, qui encaisse chaque remarque, chaque tentative de conflit en chaussant son masque souriant, pour faire plaisir. Je suis une femme libre !

Mon bout du Monde

◊♦

On s’y rend en voiture, en train ou en car. Au détour d’un virage on aperçoit la mer, pas celle bleue ou verte de la Méditerranée, ni la transparente dans laquelle on plonge pour regarder les poissons. Ma mer est foncée, gorgée de boue et d’eau salée. Elle monte et descend, nous offrant soit de belles matinées ou de belles après-midi à la plage, rarement les deux, ou alors il faut se lever tôt et se coucher tard.

C’est un endroit tout simple, sans transat ni restaurants face à la mer. C’est une maison, celle de mon enfance, des vacances, des weekends qui s’allongent jusqu’au dimanche soir, celle de mes souvenirs, des cousines.

C’est une plage, des heures de dériveur, des brioches partagées, des baignades nocturnes, des drapeaux « orange » qui nous font courir sur la plage déserte en criant à tue-tête « qui m’aime me suive » avant le grand plongeon dans les vagues déchainées.

◊♦

◊♦

C’est un jardin rempli de rires, rires de l’enfance insouciante, de l’adolescence passionnée. Un jardin dans lequel j’aime marcher pieds nus et au fond duquel je prends plaisir à étendre le linge. Les draps blancs volent au vent et emportent avec eux, au creux de mes nuits, des parfums savoureux.

C’est une histoire, celle de mes grands-parents, de mes parents, la mienne et celle de mon enfant. C’est une plaque grise au cimetière, un vieux garage, une coque de bateau abîmée.

◊♦

◊♦

Certains parcourent la terre entière pour trouver cet endroit de paix dans lequel ils se sentent en sécurité, apaisés, libres et heureux. Mon bonheur à moi, il est là. Dans cet endroit, mon bout du Monde, mon éternel lieu de quiétude et d’harmonie, dans lequel je puise chaque été un nouveau souffle, loin du chaos et des heures vides. Il est dans la mer qui danse sur les rochers et balaye la plage avec douceur. Il est dans ces heures passées au frais à refaire le monde autour d’un thé ou sur la terrasse le soir, le mieux au réveil, les yeux sur l’horizon, avec en bruit de fond le chant des oiseaux. Il est entre ces murs qui connaissent tout de moi, qui ont mon âge et qui me manquent souvent quand les deux pieds ancrés dans mon quotidien, je me sens lourde et épuisée.

◊♦

Cet endroit-là, c’est ma vérité.

Face à la haine, je choisis l’amour

Face à la violence

Aux matins au gout amer

Face au chagrin

Aux tragédies qui nous glacent le sang

Face à la colère

Aux adieux silencieux

Face à l’innommable

L’insoutenable

L’enfance foudroyée

L’adolescence décimée

Face aux bombes qui explosent

Aux hommes qui tombent

Face à l’indicible

A l’agonie

A la peur sombre qui nous foudroie

Face à ce qui détruit

En un claquement de doigts

Face à la haine

Qui gangrène la société

Face aux armes qui fauchent

L’innocence, l’insouciance

Face à tout ce qui nous dépasse

Aux ténèbres qui nous pourchassent

Je choisis L’AMOUR

Sa puissance

Son authenticité

Son cœur qui bat

Je choisis D’AIMER

Envers et contre tout

De le dire

De le crier sur tous les toits

Je choisis LA VIE

Faillible et pourtant

Merveilleuse par moments

Je choisis la LUMIERE

Son énergie

Sa clarté vivifiante

Je choisis de RESISTER

Et quand tout vacille

Je PRIE

Pour Manchester

Pour les victimes et leurs familles

Pour la vie fauchée et une ville à tout jamais blessée

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