Posted in Carnets de route

15 mois

Photo by Nita on Pexels.com

Qu’on se le dise, en toute franchise, ces 15 derniers mois n’ont pas été si simples que nous avons choisi de le penser. Par fierté personnelle. Par culpabilité. Comme si dire “c’est compliqué” faisait de nous des incapables, des inadaptés de la vie. Il y en a tellement d’autres qui vivent pire!

La grande phrase. La plus dangereuse aussi.

J’en tire du positif, beaucoup. Mais je ne peux plus faire l’impasse sur les heures de vide, les heures enchainées à un flot, un flux d’émotions tout aussi déstabilisantes les unes que les autres, à tenter de maintenir notre équilibre à flot. Si nous en sortons grandis, nous en sortons aussi un peu blessées. De ces blessures que je n’ai pas voulu voir, parce qu’il faudrait toujours ne retenir que le positif.

Cela me rappelle que durant 4 ans j’ai tenu plus ou moins le cap dans une relation destructrice, en m’accrochant à ces bouts de soleil. Bien dérisoires. Mais une fois de plus il y avait pire!

Ces mois nous ont éloignés, un peu esquintés, même si nous tenons à ne pas ressasser. Nous nous sommes à peine croisés. Juste de quoi appliquer un baume sur l’absence, histoire de combler un manque, de se réconforter. Quelque part, quelque chose a changé. Nous avons changé, c’est évident. Etre capable de poser son regard sur cette parenthèse un peu longue c’est peut-être bien se donner une chance de fermer une porte pour en ouvrir une autre.

La solitude n’a pas été choisie, elle s’est imposée. Avec son lot d’hypothèses à tenter de percer. Il a fallu se réapproprier une réalité, notre identité. Un exercice de retour à soi, précieux, nécessaire. Qui permet aujourd’hui de poser les mots sur tous ces besoins qui n’ont pas été exprimés, exposés. Il y avait d’autres priorités. Etre là pour ceux qui comptent.

La vie reprend doucement et il faut en son temps reprendre le chemin de la vie. Celle de mars 2020 ne ressemble plus à celle d’aujourd’hui. Petite vague de nostalgie. Elle aussi il faudrait lui lâcher la main. Pourquoi tout le monde se fait un devoir d’avoir une idée sur tout. Chacun sa vérité, sa voix dans ce tumulte, sa route.

Je ne veux plus faire comme si, comme si il fallait être bien, coute que coute. Je ne veux plus porter ces masques polis, si bien dessinés par tant d’années de “faire plaisir”. J’ai appris que fuir n’était pas la solution. Mieux vaut regarder l’orage et se souvenir de ce pouvoir entre nos mains, s’en remettre à la force de Vie.

Et vous cette période, vous en gardez quoi comme souvenir?

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

13 thoughts on “15 mois

  1. C’est tellement ça. Et ce n’est pas encore totalement terminé. Moi, j’ai vécu cette période comme un vrai retour à MOI. J’ai également pris de la distance, beaucoup de distance pour revenir vers la sincérité et le vrai.

    Il y avait eu trop de tout et depuis, il y a moins mais beaucoup mieux.

    Je suis devenue égoïste. Je pense à moi et aux personnes que j’aime ♥.

    Je vais à l’essentiel. J’ai ouvert les yeux sur un monde pas si rose que ça et j’essaie de mon mieux d’y mettre des touches de couleurs.

    Oui, le plus marquant de cette période covid, c’est un retour à moi et au je laisse à la belle personne que je suis toute la place qu’elle a droit.

    Je ne me cache plus, si ce n’est derrière le masque 🤣 et encore.

    Cette période m’aura permis de renaître à moi et aux autres différemment.

    Voilà ce qui restera de cette année particulière.

    Belle journée ma chérie 🥰 ☀️ 🍀.

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    1. C’est super Nicole!
      Au fil des mots et de tes partages, j’ai vu ton évolution et c’est un beau chemin, riche pour toi et pour les autres.
      Je te souhaite de belles découvertes encore et de toujours rester fidèle à qui tu es.
      Grosses bises et à très vite
      ♥ ♥

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  2. Tu adoptes la bonne attitude Marie : fuir n’a jamais été que reculer pour mieux sauter ! La vie est faite de bons moments et …d’autres aussi ! Être là pour ceux qui comptent et attendre ce que l’avenir te réserve . Savourer les bons moments et ne pas s’attarder sur ce qui blesse ! Bon week end Marie Grosses bises

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      1. C’est en partie par un évènement extérieur, indépendant de ma volonté puis par l’accoutumance et ma peur des autres. Mais je peins, je dessine, j’écris, j’apprends l’italien, etc. Je pense qu’il faudra un renouveau pro et un changement d’environnement pour réguler ça.
        Beau dimanche Marie !

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        1. Oui je me souviens tu en avais parlé au début de ton blog je crois Patricia.
          Tu fais énormément de choses, c’est top.
          Pas à pas revenir à soi. Pas toujours évident. Parfois il faut aussi une aide extérieure en effet pour avancer.
          Belle semaine à toi

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  3. Vouloir voir que le positif, c’est se mentir à soi-même, je pense. Je me souviens d’une Youtubeuse que je suis, Olivia Kissper, qui a une formation en psychologie, qui disait que le problème quand on se répète “tout va bien”, par exemple, ce n’est pas la pensée positive forcée, en soi, mais le mensonge qu’on se fait à soi-même. Parce que non, tout ne va pas bien.
    Le “y a pire” est à la fois salvateur pour prendre un peu de recul, et à la fois un peu dangereux parce que d’une part il y a toujours pire jusqu’au point où les situations sont tellement horrible qu’on ne peut plus faire un choix entre la peste et le choléra ; et aussi parce que c’est faire l’impasse sur l’individu : tout le monde n’a pas la même capacité de résilience, et un truc anodin pour quelqu’un peut paraître insurmontable à quelqu’un d’autre, parce qu’on aborde les choses avec notre sensibilité propre.

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    1. Oui complètement, on se force à croire quelque chose qui n’est pas vrai. En tous cas pas à cet instant là.
      Je te rejoins pour “il y a pire” il y a des moments où ça nous aide à relativiser et d’autres où c’est dangereux, parce que face à une même situation nous n’avons pas tous les mêmes clés ni manières de fonctionner.
      Merci pour tes retours toujours très riches!

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  4. Coucou Marie,

    Jen garde un très bon souvenir d’un point de vue personnel. J’ai adoré être confinée avec mon conjoint. Seuls tous les deux, rien que nous deux. Notre relation était à mes yeux très belle à ce moment là. C’est comme si nous étions tous les deux, seuls au monde. J’ai adoré pouvoir me consacrer professionnellement qu’à mon activité de tarologue. J’ai adoré les liens magnifiques qui se sont créés via Instagram. De réelles amitiés sont nées.

    Si on devait être de nouveau confinés, je serai très égoïstement contente.

    D’un point de vue santé par contre, ça ne m’a apporté que des ennuis. Je n’ai jamais autant été chez mon médecin et à l’hôpital. Le manque d’activités physiques, le manque d’air, de soleil ect, m’a declanché pas mal de problème de santé dont j’en paie encore le prix.

    De gros bisous Marie, merci pour ce partage écrit avec tellement de beauté dans tes mots.

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    1. Hello Sand, merci pour ton retour, je suis contente que tu ai pleinement profité de cette période.
      C’était un peu un temps hors du temps, c’es comme ça que je l’ai ressenti même si ça n’a pas été de tout repos.
      Je t’embrasse et t’envoie plein de tendres pensées

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Un mot doux pour la route...

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