Posted in Carnets de route

Pensées et réflexions (philosophiques) du moment!

Photo by Harry Cooke on Pexels.com

Je vous l’ai souvent dit, je me pose et j’aime me poser des questions, c’est ce qui nourrit ma créativité et me permet aussi de m’ouvrir à d’autres façons de voir, de penser, de réfléchir.

En ce moment je me questionne sur la frénésie de partage qu’on trouve un peu partout sur les réseaux, sur ce qu’on dit du monde, son malaise, sans se rendre compte que nous sommes les premiers à l’entretenir. Je m’interroge sur toutes les cases, les normes que nous détestons, sur les raccourcis dont nous essayons de nous éloigner mais qui nous rattrapent, car peut-on réellement être hors du groupe, peut-on réellement tenir debout, seul?

Je m’interroge sur la solitude, trouver sa propre voix au milieu du tumulte, savoir ce qui nous fait vibrer et tenir le cap, ne plus chercher, ne plus courir après quelque chose, ne plus partager à l’excès, ne plus chercher à ce qu’on vienne nous dire que nos pensées sont justes, nos actes sensés. Juste être bien, là, dans le silence du jour qui décline, comme dans la chaos des jours de liesse. Accueillir et laisser passer. S’abandonner à la vie.

Je m’interroge sur les amalgames. Quand je vois des messages passer comparant la France à une dictature, je bouillonne de l’intérieur. Quand je vois les gens pleurnicher sur la restriction de nos libertés et fulminer contre le gouvernement qui ne chercherait au fond qu’à faire de nous de bons petits soldats! Nous oublions alors que beaucoup de peuples sont opprimés à travers le monde, nous oublions leur combat, chaque jour. Nous oublions ceux qui souffrent de cette situation, ceux pour qui cette crise aura été catastrophique, tant économiquement, que psychologiquement, alors que nous, nous avons tout ou presque, rien perdu, rien cédé, assez de temps entre nos mains pour dégueuler nos idées aussi violentes que celles contre lesquelles nous luttons.

Je m’interroge sur le deuil, ce chemin si long, si douloureux, si lumineux, une fois qu’on peut le regarder le cœur en paix. Je pense à la souffrance que nous essayons tous plus ou moins de tenir à distance, à ces coups que l’on prend, ces chemins qui dévient, ces explosions qui nous laissent sur le bord de la route, désorientés, sur les beaux discours qui découpent le deuil en phases, qui vantent les mérites d’un programme miracle. Mais combien investissent une autre relation, une autre histoire, en ayant guéri toutes leurs blessures? Ou plutôt combien se jettent à corps perdu dans quelque chose qui leur évitera de vivre, la plaie à vif? Combien évitent leur propre chagrin?

Je m’interroge sur le besoin de reconnaissance, d’appartenance, sur la liberté de penser et d’être, sur la solitude de penser et d’être (!), sur tout ce que l’on fuit et que l’on retrouve parce que fuir n’est jamais la solution. Je m’interroge sur la marginalité, l’identité, nos valeurs et la manière dont nous les vivons, sur le respect de nous-mêmes, sur notre liberté intérieure, sur ce qui tient et sur ce qui nous tient.

Je m’interroge sur l’évènement, un instant, une seconde parfois, qui change le cours de notre destin, sans que nous sachions pourquoi et qui nous laisse face à l’inconnu, ce champ des possibles, espéré et redouté. Je pense à toutes ces vies contenues dans une, à tous nos rêves, nos déceptions, nos souvenirs, à tous nos espoirs, toutes nos convictions, les rencontres qui ont changé le cours de nos existences, nos peurs trimballées d’années en années, nos bagages, nos engagements, tout ce que nous avons laissé, tout ce que nous avons essayé, tenté, osé. Je pense à tout ce qui nous froisse et nous rend plus forts, à nos fausses espérances et aux bruits des pas dans le noir, à ce qui compose et décompose nos routes, ce qui fait la beauté de cette expérience unique, que nous n’arrivons pas toujours à voir comme un éphémère qui prendra fin un soir.

Que garderons-nous de ce passage éclair? Que laisserons-nous comme empreinte sur cette terre?

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

23 thoughts on “Pensées et réflexions (philosophiques) du moment!

  1. Mais que voilà de grandes questions Marie ! Si j’ai par moment eu ce questionnement je m’efforce de me calmer et de “subir” les évènements avec plus de sérénité. Puisque que cela risque de durer encore un moment pourquoi se triturer l’esprit et se faire du mal . Je penche à présent pour la zénitude 😀 Tel est mon destin, autant l’accepter ! Grosses bises Marie et douce soirée

    Liked by 1 person

    1. Le privilège de l’âge sûrement Paulette!
      Je vois ces questions évoluer au fil du temps, elles sont différentes d’il y a 20 ans, peut-être moins impressionnantes, moins torturées aussi!
      Grosses bises et je te comprends pour la zénitude.

      Like

  2. Oh comme j’aime ♥ tes textes. Tes réflexions rejoignent les miennes. Ça me permet de me rendre compte que je ne suis pas seule à me poser toutes ces questions. Merci pour cette magnifique réflexion. Douce fin de journée et gros bisous 😘

    Liked by 1 person

    1. Merci Nicole, ça me fait du bien de te lire! Je suis contente de voir que je ne suis pas complètement à côté de la plaque!! Et que d’autres se font aussi ces réflexions:
      Je t’embrasse fort. Prends soin de toi encore et toujours.

      Liked by 1 person

  3. J’aime bien vos questions.
    Elles sont centrales et on les oublie trop souvent.
    J’aime bien votre humanité.
    J’aime les gens qui doutent plus que ceux qui assènent des vérités.
    J’aime les gens qui me paraissent humains, pleins de fêlures (ils laissent passer la lumière comme disait l’autre).
    Merci pour ce beau post qui résonne et fait vibrer une corde sensible.

    Liked by 1 person

    1. Merci beaucoup pour ce superbe commentaire qui me va droit au coeur!
      Je le relirai dans les jours de doute justement, parce que je le trouve vraiment magnifique et humain, proche de moi.
      Belle soirée!

      Liked by 1 person

  4. Il y a matière a un livre, ou plusieurs…
    De très intéressantes questions que nous pourrions / devrions tous nous poser….

    Liked by 1 person

  5. Que j’aime ces réflexions en vrac !

    Et oui il me semble que l’humain est un être de contradictions.

    Point de mathématiques dans sa caboche mais un torrent de pensées qui s’ordonnent à la va-comme-je-te-pousse.

    L’Homme qui doute est un humain, celui qui est pétri de convictions, un cauchemar sur pattes qui veut être au dessus de la mêlée.

    Et puis comme dirait quelqu’un : pour changer le monde, change-toi toi-même…

    Liked by 1 person

    1. Merci beaucoup, parfois on a juste besoin de vider le trop plein, ça fait du bien!
      Je crois en la beauté des doutes en effet. Puisqu’il n’y a aucune vérité, comment pourrions nous avoir des certitudes?
      J’en ai eu sûrement et j’en ai encore peut-être…
      Oui pour changer le monde. Certains ne le savent pas encore!

      Like

  6. Il n’y a pas de vent Favorable pour celui qui ne sait pas où il va” Sénèque. Concernant le deuil,
    pour se libérer de ses charges émotionnelles, il faut d’abord être capable de définir ou elles se situent, toutes nos émotions non vécues consciemment, non ressenties ressortent forcement à un moment précis, c’est pourquoi, il est impératif d’utiliser des techniques de libérations mentales, physiques, émotionnelles, pour se libérer avant d’en arriver à l’apparition d’un symptôme. Tout cela implique de s’écouter dans sa globalité et de ne négliger aucun de ces différents domaines, car pour que la Vitalité, circulent en nous devons nous débarrasser de nos déchets comme on jette ses poubelles…

    Liked by 1 person

    1. Alors je suis vouée à errer!!!
      Oui très juste sur le deuil, d’ailleurs j’avais été à une conférence sur le sujet, qui disait que chaque jour il était bon de vider ses émotions, car le trop plein, toujours, en tout, est néfaste pour soi.
      Merci Sabine

      Like

      1. Mais non ma petite Marie tu n’es pas voué à errer, c’est juste une croyance erronée. Tout se fait en temps et en heure. Dieu est juste un champ d’information, juste planter la bonne graine. Si tu veux avoir un chaîne il faut planter un gland… Gros bisous

        Like

  7. La frénésie de partage mais aussi l’affolement du débat public me font vraiment peur et plutôt que de lutter devant ce monde de fous, je laisse couler parce que je n’en peux plus (et du coup les abrutis (enfin, on est tous l’abruti de quelqu’un !) gagnent… ce que je vis assez mal parce que ça me fait assez peur).

    Je ne pense pas que l’on puisse tenir debout seul, mais je ne pense pas non plus qu’il faille accepter les cases, surtout en ce moment justement où j’ai l’impression que beaucoup de gens (ou du moins ceux qui gueulent fort dans les médias (tous types de média, des réseaux sociaux à la télé)) s’arqueboute. L’autre jour, Rachel Khan passait dans C ce soir sur France 5. Je ne la connaissais pas du tout et j’ai découvert une femme rayonnante mais surtout avec un propos que j’ai trouvé vraiment pertinent. Son père est Noir (de Gambie, je crois me souvenir), sa mère est Blanche et il me semble d’origine juive polonaise. Ce qui fait de Rachel Khan une femme avec des racines très diverses ! Mais aussi un parcours divers : elle a fait de la politique, a été actrice, juriste… bref. Et elle dit : je suis 100% Noire, je suis 100% Blanche. Elle refuse d’ailleurs le mot métisse (qui suppose qu’il existe une race pur). En fait, elle rejette les assignations. Je pense qu’il est possible de faire groupe sans accepter les assignations et les cases. Et j’irai même jusqu’à dire que l’on ne peut faire groupe que si on abolit les cases dans la mesure où dire “moi, je suis Blanche ; moi, je suis Noire ; moi, je suis Anglais ; moi, je suis homosexuel, etc. n’aide pas à faire groupe puisque c’est insister sur nos différences. Alors qu’en réalité, une couleur de peau, une origine, une religion, une orientation sexuelle, qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Les gens sont comme ils sont et nous sommes d’abord humains. Oui, avec nos différences, oui avec une Histoire commune pas toujours très reluisante c’est le moins qu’on puisse dire, et il ne s’agit pas de dire que nous sommes tous identiques loin de là mais que nous sommes riche dans nos différences. Être Noir ou être Blanc je pense que ça ne veut pas dire grand-chose, d’ailleurs, les enfants ne voient pas les couleurs, c’est bien que tout cela n’est que constructions stupides. Là, je parle pour tout ce qui est discrimination, mais ça marche pour toute case (“elle, c’est une supporter de l’OM, donc elle est forcément comme ci ou comme ça” ; “ah ! tu lis National Geographic ? Comme tu regardes des dessins animés j’aurais jamais pensé que tu t’intéressais à des trucs sérieux…!”).

    Tes questions sur le deuil me parlent particulièrement, parce que c’est finalement l’histoire du roman fantasy auquel je m’apprête à apporter les ultimes corrections avant envoi en maisons d’édition !

    Ce que nous laisserons comme empreinte sur la Terre… En tant qu’individu, rien du tout dans le sens où la vie est absurde, tout ça ne sert absolument à rien et même quand on essaye de donner du sens à sa vie (en éduquant des enfants, par exemple, ou autres “missions de vie” dont tu parlais l’autre jour) au final ça n’amène à rien puisque la vie des enfants que l’on éduque n’est pas moins absurde que la nôtre. Je veux dire…. : une abeille participe à l’équilibre de la planète, au moins même si c’est dérisoire parce que l’équilibre de la planète a-t-il un sens ? ça “sert à quelque chose”. Mais un humain ? Ce que je dis est souvent perçu comme super pessimiste, triste, fataliste, le genre de pensée qui ne peut déboucher que sur un suicide mais en réalité je vois plutôt ça comme quelque chose de pragmatique, au fond. Maintenant, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas profiter à fond, même si c’est absurde, on peut en faire une belle absurdité !

    Liked by 1 person

    1. Merci pour ton partage et tes réflexions posées là!!
      Je te rejoins sur beaucoup de points. C’est un peu étrange ces cases, ces mots que l’on met sur les uns, sur les autres, qui nous séparent finalement. Mais si ces mots n’étaient que des mots parce qu’il faut définir les choses, les gens, parce que cela fait partie de l’ordre du monde. Des mots sans rien autour parce que c’est bien souvent le jugement derrière les mots qui fait des dégâts!

      J’aime la vie, je suis la première à la dire mais je suis complètement en phase pour dire qu’il n’y a rien de concret à la vie elle-même. On nait et on meurt et entre les deux on crée quelque chose, on donne, on reçoit, on essaie chacun à sa manière de trouver quelque chose à quoi se raccrocher, quelque chose de plus grand qui nous permette de nous dire: je vis pour telle ou telle chose.

      Super pour ton roman!! J’ai vu sur ton blog que tu avais des retours positifs. C’est extra. Keep going!!

      Grosses bises et bon dimanche.

      Liked by 1 person

      1. (J’adore le nouveau design de ton blog, je le trouve super pop et électrique, c’est trop chouette ! :D)

        Oui, c’est le jugement derrière les mots qui produit des réactions vraiment violentes !

        J’aime bien cette idée de “créer” quelque chose ! 🙂

        Haha merci ! J’essaye ! Je suis en train de corriger, actuellement pas de la tarte !

        Bon dimanche à toi aussi ! 😀

        Liked by 2 people

  8. Ce sont des sacrés bonnes questions et j’ai apprécié prendre un peu de recul pour les lire avec intérêt. Ce qui me fait du bien car je suis tellement le nez dans le guidon depuis le début de cette année. Du coup, tes mots sur le deuilparticulèrement résonnent évidement beaucoup.

    Liked by 1 person

Un mot doux pour la route...

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.