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Challenge Ecriture Semaine #3

Ils ne se doutaient pas. Derrière le mur, tant de silences. Des matins brumeux au goût de fausse espérance. Ils ne savaient pas. Derrière le flou, tant de non-dits, secrets gardés bien au chaud. Ils ne pouvaient pas savoir. Ils ne voulaient surtout pas voir. La trame des jours “sans” à se demander de quoi serait fait demain. Ils passaient le matin et le soir. Ils ne s’arrêtaient pas. Ils faisaient semblant de s’intéresser. Puis passaient leur chemin. Ils se croyaient dispensés des règles de savoir être en société.

La maison était belle et les enfants bien soignés, alors ils faisaient comme “si”, comme si tout allait bien. Ils jouaient aux “bien élevés”, un sourire par ci, un merci par là. Ils se vantaient d’être des gens comme il faut. Ils baladaient leurs egos dans les rues pavées du quartier.

Ils s’abstenaient de commentaires, d’ailleurs ils ne disaient rien, rien qui puisse faire des vagues. Ils se goinfraient d’ordinaire et de normalité. Ils se jugeaient au-dessus des autres, bien au-dessus. Ils savaient mais ils laissaient passer. Ils gardaient tout dans des boites, sur de belles étagères blanches. Ils partaient du principe – dangereux – que ce qui se passait derrière les murs ne les regardait pas.

Ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes et s’enorgueillissaient de rendre service. Aux plus faibles, aux démunis, à ceux dans le besoin. Un beau faire-valoir, une preuve irréfutable qu’ils faisaient partie de la catégorie des gens bien. Et bons. Peu importe ce qui se paissait sous leurs fenêtres. Peu importe le silence. Peu importe le souffle froid des jours de peine.

A la barre aujourd’hui, ils témoignent, maladroitement. Ils ne savent que dire, ni comment, par quoi commencer surtout. Derrière le mur, ils n’imaginent plus. Plus rien ne cache l’horreur. Si seulement ils avaient eu le courage…

Retrouvez les textes des participants: Chez Justine Plume d’étoiles, Bien plus visible chez Mébul, Rose et le mur de briques chez Josée, Chez Sweet Things, Au jardin chez l’encre nomade

***

Pour la semaine #4, dernière semaine sur le thème de la photographie, je vous invite à écrire un dialogue entre les deux personnes de cette photo en utilisant les mots suivants: croix, présence, imagination, loufoque, allées et fleurs.

Crédit Marie Kléber

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

14 thoughts on “Challenge Ecriture Semaine #3

  1. Un texte fort qui évoque ces non-dits . Je m’affole lorsque des horreurs sont dévoilées et que le voisinage les décrit comme des gens “bien” et “sans histoire” . Difficile aussi car les gens ne veulent pas s’adonner à la délation ! Ma grand mère disait : ” Lorsque la porte est refermée nul ne sait ce qui s’y passe !” Bonne semaine Marie Grosses bises

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    1. C’est toujours ce que je dis aussi Paulette! Derrière les portes closes, il se joue parfois aussi quelques tragédies, que nous connaissons, que nous préférons ignorer.
      Grosses bises et merci.

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  2. Bonjour Marie,
    Le mur, le trait d’union, la zone d’ombre entre l’être et le paraître…
    Celui derrière lequel se cachent les failles. Celui aussi derrière lequel on ne veut pas aventurer le regard.
    Ton texte est fort et percutant.
    Merci pour tes mots.

    Un dialogue pour le prochain challenge, on sort complètement de ma zone de confort ! 😉

    Je te souhaite une belle journée, à bientôt !

    Justine

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    1. Et j’aime te voir sortir de ta zone de confort Justine.
      C’est à partir de là que d’autres choses sont possibles…
      Pour en revenir aux murs, aux masques, on fait tous un peu semblant, d’être, de faire, de ne pas faire, de regarder, d’ignorer.
      Ce n’est ni bien ni mal, quoique parfois ça fait de sacrés dégâts tout de même.
      Je t’embrasse et à très vite

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  3. On connait à peine nos voisins pour ne pas dire pas du tout. On se salue de la main, on se fait un sourire, mais qui sont-ils vraiment? Lorsqu’un drame arrive à quelque part et qu’on interroge les voisins, souvent, trop souvent, ils vont dire que c’était du bon monde, qu’ils ne comprennent pas.

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  4. Et nous ? Est-ce que nous l’aurions, ce courage ? On part toujours du principe que oui, en pareille circonstance, on ferait ce qu’il y a lieu de faire. Mais quand on y est confronté dans la réalité, est-ce que c’est si simple ? Ça fait réfléchir en tout cas, Marie.
    J’arrive un peu en retard pour ce challenge, mais c’est fait : ma participation est en ligne !

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    1. Non on ne sait pas Marie et je m’interroge souvent sur ce sujet.
      C’est toujours délicat, de savoir, de faire comme si on ne savait pas, de ne pas vraiment savoir, pas tout. Délicat de dire ou de ne pas dire.
      On peut s’imaginer courageux tant qu’on est loin d’un choix mais quand il s’impose, je ne suis pas certaine que ce soit si évident que ça.
      C’est un bon début de réfléchir, je trouve que ça aide à être moins dans le jugement aussi, plus à l’écoute de la différence, de nos zones d’ombre.
      Belle journée et merci Marie

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Un mot doux pour la route...

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