Posted in Emprise et Renaissance

La voie du pardon est-elle toujours possible?

Photo by Chuck Johnson on Pexels.com

En discutant autour du Pardon ce midi, je me suis interrogée, comme souvent après une conversation qui touche un point un peu sensible. On est tous d’accord pour dire que le Pardon c’est le Must, la Voie Sacrée! C’est surement aussi l’une des plus belles des preuves d’amour.

Justement, quand on aime, le pardon c’est presque naturel, par forcément là, maintenant, parce qu’il y a le deuil, un chemin à faire. Mais le pardon et l’amour, ça s’accorde bien et tant qu’il y a de l’amour, le pardon est possible.

J’en ai fait du chemin sur le pardon. Je n’y croyais pas beaucoup au début, ça paraissait un peu simpliste comme principe. Et puis au fil du temps, j’ai perçu les subtilités de l’approche, j’ai mieux compris ce qu’il était, ce qu’il impliquait. Le pardon, c’est toujours un choix, jamais une obligation. On n’impose pas le pardon et on ne se force pas non plus à pardonner. C’est un chemin très personnel qui ouvre sur quelque de plus grand et nous aide également à nous libérer, à guérir. Ce n’est au fond pas un acte aussi altruiste qu’il y parait!

Les actes de pardon que j’ai pu poser par le passé m’ont tous amenée à une ouverture plus grande, une compréhension différente de l’autre, un accueil, m’ont permis aussi de m’alléger d’un poids et parfois ont eu des impacts forts autour de moi. En y réfléchissant, ces “pardons” se sont imposés à moi, comme une intuition, une évidence. J’ai pris conscience que les actes, les mots, les silences, les non-dits, les mensonges, les ruptures, les séparations avaient touché quelque chose en moi, mais que ce quelque chose, même blessé, existait toujours et que pour ressusciter, en quelque sorte, le pardon était ma clé.

Je me suis donc demandée ce qu’il arrivait au pardon quand il n’y avait pas ou plus d’amour. Et plus particulièrement, par rapport à mon vécu personnel, dans des situations de violences conjugales, d’emprise psychologique. Je ne dis pas que ce n’est pas possible, je me demande juste dans quelle mesure ça l’est, comment ça s’articule face aux évènements marquants, traumatisants de nos existences.

En quatre ans de relation et trois de procédure de divorce, j’ai pardonné des dizaines de fois. J’ai compris, j’ai entendu, j’ai accueilli les maux, les failles. J’ai pardonné pour ma survie et parce qu’il y avait quelque part quelque chose de plus fort que le dégoût et la haine, plus fort que l’indifférence, quelque chose qui me permettait de tenir debout. J’ai pardonné par lâcheté. Puis je suis partie. Et là le pardon m’est apparu comme une chimère. Là, il n’avais plus sa place. Quelque chose était mort.

Je crois que ce qui m’a finalement libérée et permis de me reconstruire c’est d’avoir fais le choix de ME pardonner. C’est quelque chose qui pesait lourd, trop lourd. Je ne sais pas si j’y suis pleinement arrivée, si je me suis tout pardonné. On nous vend le pardon comme le remède miracle. Dans l’absolu, j’aime l’idée mais entre le quotidien et l’absolu, il y a la vie!

Selon moi, chaque choix est ce qu’il est, il nous appartient et il est juste pour nous. Pardonner ne fait pas de nous des “saints” et ne pas pardonner ne fait pas de nous de “mauvaises personnes”. Le pardon doit rester cet acte engagé de soi face à soi-même et non un acte contraint parce que c’est “bon”, parce que c’est “bien” ou encore dans l’air du temps. Le pardon n’est pas un but ou une fin en soi. On peut vivre sans pardonner et être heureux. On peut pardonner et ne jamais venir à bout de nos maux. Il y a autant de chemins qu’il y a d’existences et d’expériences de vie.

A l’heure qu’il est, je dis “merci” à cette histoire qui a existé et qui m’a permis de sortir d’un long sommeil dans lequel je m’étais perdue depuis de très nombreuses années. Pour le reste, je ne sais pas, dire que j’ai pardonné serait un mensonge je crois. J’y arriverai peut-être un jour, ou pas. Mais au final, cela ne regarde que moi!

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

13 thoughts on “La voie du pardon est-elle toujours possible?

  1. Le pardon est beau, le pardon est grand lorsque tu le vois dans un film ou que tu le lis dans un roman. Par contre dans la vraie vie je réalise que nous n’en avons qu’une et quand quelqu’un vous la gâche à cause de l’alcool, j’ai du mal à pardonner car il ne pourra jamais reconstruire ce qu’il a détruit ! Il a détruit 15 années de ma vie et cela ne passe pas même si pour mon fils j’ai fait celle pour qui ce n’était pas important ! La blessure est encore à vif ! Passe une bonne fin de journée Marie Grosses bises

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  2. Jolie réflexion. C est délicat tout dépend de notre définition du pardon et de que l on en attend. Dans la continuité de ton texte je dirais que ce qui peut nous aider est d entendre les actes d autrui qui nous blessent pour pouvoir les comprendre, comprendre leur cheminement leur raison d etre ce qui ne veut absolument pas dire : les excuser et se pardonner a soi soi-même de n avoir pas avoir eu le courage de se rebeller suffisamment, d d’avoir été trop cléments, de les avoir subis. Et enfin concentrer notre énergie pour nous pour l avenir.

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  3. Je te rejoins sur ce point et me concernant, le pardon est avant tout égoïste et nullement altruiste. Pardonner aux autres est une question d’hygiène mentale pour moi afin de ne pas trainer des boulets aux pieds comme la colère, l’amertume, la rancœur, la jalousie…
    Plein de bises Marie !
    PS : le brunch d’où tu sais était super bon 😉

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  4. À trop vouloir pardonner j’ai l’impression de m’être parfois trahie. J’ai préférée souvent une paix de façade à l’expression de mon véritable mal-être. Ton billet tombe à pic, j’ai l’intention de m’écouter mieux même si cela m’empêche parfois d’être la gentille. Merci 🙏

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  5. Tu as raison. Je te rejoint. Je dis souvent Pardonner ce n’est pas oublier mais avancer. Je l’ai également fait pour moi, pour être libre. Et quand certains souvenirs remontent à la surface, j’utilise le mantra suivant : Désolée, Pardon, Merci, Je t’aime 💜. J’adore 💕 la philosophie d’Oponopono. Ça nettoye vraiment et dans les deux sens.

    Douce nuit et de beaux rêves 😴 😘 🙏

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  6. Je suis d’accord avec toi Marie, on ne peut pas tout pardonner et c’est propre à chacun et à leur histoire personnelle.

    Je t’embrasse bien fort et te souhaite un bon week-end

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  7. Il faut déjà être capable de verbaliser ses maux, ses blessures, ses trahisons, de leur donner un sens pour les évacuer et peut-être que le pardon vient après…
    Mais oui se pardonner aussi parce que souvent on se sent responsable et même parfois coupable de ce qui nous a été infligé

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  8. Belle question quasi philosophique et pourtant qui nous touche tous.
    Chacun à ses propres réponses et le pardon est un des outils à notre disposition.
    Il m’a été plutôt utile.
    Et oui, se pardonner à soi même est aussi important.

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  9. Superbe réflexion. Se pardonner est en effet très libérateur, cela nous engage dans de nouvelles directions de nos vies. On met d’ailleurs plus de temps à se pardonner soi, qu’à pardonner aux autres, non? 🙂

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  10. Ce sujet me parle particulièrement en ce moment…Merci pour ces mots qui font écho en moi et nourrissent ma réflexion.
    J’admire ta force, car il faut être suffisamment forte pour pouvoir pardonner!
    Belle journée Marie

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  11. Belle article Marie. Le pardon ne doit pas être seulement entendu d’après son sens éthique. Il ne se contente pas de poser la question entre le bien et le mal mais plutôt celle de la limite entre le bien et le mal. Toutefois cette limite est posée par la liberté et la subjectivité du sujet : choisir qu’au-delà d’une certaine limite, ce n’est plus pardonnable. C’est là que la souffrance commence. Puisqu’il ne dépend que de soi de fixer la limite du pardonnable, l’individu est seul juge face à la culpabilité de l’autre. Cette liberté se transforme peu à peu en volonté de puissance sur l’autre.
    Pour nous aider resituons le pardon du côté de la santé. Véritable anti-stress, juste ce qu’il faut plutôt d’anti-stress, tout un chacun en connaît ses vertus puisque nous revendiquons tous en avoir fait l’expérience. Mais constatons encore une fois qu’il nous échappe lorsque nous jugeons (quelle limite !) la situation dramatique et injuste. Serait-il là alors le piège qui consisterait à nous empêcher de persévérer dans la démarche de pardon ?

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  12. Terriblement vrai cette phrase ” Le pardon doit rester cet acte engagé de soi face à soi-même et non un acte contraint parce que c’est « bon » – il faut agir en phase avec soi-même.

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Un mot doux pour la route...

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