Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Le va et vient des sentiments (réflexions sur l’amour)

J’ai retrouvé le grand lit et les draps enroulés autour des fragilités. On ne se refait pas. On reste ce qu’on est et on enlève les couches de ce que nous ne sommes pas. Les masques tombent en chemin et reste le vulnérable.

Elle a dit “on ne se remet jamais totalement d’un divorce” et quelque part elle a raison. Il y a toujours une petite cicatrice quelque part comme toutes les blessures de la vie. Même si c’était nécessaire, essentiel, vital, c’est toujours un deuil qu’on ne finit jamais vraiment de faire. Ou bien avec le temps, quand on a intégré que nos rêves ne sont que des chimères de papier. On en construit d’autres ou on les laisse passer.

Oui une cicatrice, une petite faille. On fait du mal sans le vouloir. Ce n’est pas entre deux, c’est entre tant. Les parents, les enfants. Mêmes les amis. Tout le monde reçoit sa dose de chagrin. C’est presque équitable.

C’est comme les séparations, les ruptures, les “je t’aime” qui ne portent plus très loin. Parfois il y a des garde-fous, des bases plus stables pour nous maintenir droit dans le chagrin. Parfois, on reprend tout à zéro, on repart de rien. On tient. On est comme ces aventuriers de l’extrême qui côtoient les hauteurs et s’aventurent sur ces ponts suspendus. Mieux vaut ne pas avoir peur du vide! On évolue comme on peut et on nous dit qu’il faut aller de l’avant. On ne fait que ça. On reconstruit tout pas à pas. Ils sont fort ceux pétris de bons conseils. Ils zappent les émotions ou bien reviennent aux fondations. Mais quand il n’y en a plus, quand tout s’est envolé, quand on reste seul avec le poids de ce qui ne sera pas, aller de l’avant c’est épuisant tant le sommet de la montagne semble inatteignable. Et si on y arrive, on se demande si on n’aura pas brûlé toutes nos cartes. On ne sait pas encore qu’au milieu de tout ça, la lumière lentement se faufile pour nous apparaître dans toute sa beauté quand on sera enfin prêt à ouvrir les yeux pour l’embrasser.

On se quitte en s’aimant, parce qu’on n’a pas su faire, dire, se dire, parler. Pour tout un tas de raisons qu’on ne saurait expliquer. Trop de certitudes ou de doutes. Trop de choix ou de non-choix. Au final, les creux pèsent davantage, c’est dommage. On a juste mal évaluer les choses, notre aptitude aux compromis. On n’a pas compris. Ou on reste en ne s’aimant plus parce que c’est plus facile. Peut-être. C’est mal fichu parfois la vie!

On s’isole ou on replonge, un peu vite, sans avoir guéri, sans avoir pris le temps des émotions, sans plage de solitude pour se retrouver. L’autre devient le pansement qu’on n’a pas pris le temps de trouver, en soi. Ou bien on choisit plus de facilité. L’amour liberté. Pas d’attache. Pas de projet. Pas de communauté. Pas d’attente. Juste ce qu’il faut de sentiments pour vivre le meilleur. Pas de quotidien. Beaucoup de mystère autour d’une histoire sans titre. Un abonnement entre parenthèses, juste l’essentiel. Parfois c’est doux. Parfois douloureux. On fait ce qu’on peut.

Tout le monde se demande un jour ou l’autre si ils/elle est doué pour aimer, s’aimer. La nuit surtout. Le jour, les fantômes se taisent, l’heure est à vivre. C’est quand les lumières s’éteignent que les maux reviennent nous bousculer. On ne pourra jamais tout comprendre ni tout expliquer. Alors pourquoi je m’escrime tant à essayer?

Et vous, vous en pensez quoi de tout ça?

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

19 thoughts on “Le va et vient des sentiments (réflexions sur l’amour)

  1. De jolis mots, des pensées sincères et douloureuses pour une réalité bien difficile à cerner. Merci Marie pour cet article émouvant. Je te souhaite de poursuivre ton chemin le cœur et la tête plus légers, enfin en paix.

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  2. Je me suis souvent demandée si j’étais digne d’être aimée et ça m’a conduite à me sentir reconnaissante chaque fois que quelqu’un me témoignait un peu d’affection et d’intérêt. Le temps et mon compagnon calment ces inquiétudes peu à peu, mais j’ai encore un très long chemin à faire dans ce sens. Je crois que c’est compliqué pour tout le monde, mais que ça l’est davantage si on n’ pas appris à s’aimer soi-même.

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    1. C’est le chemin d’une vie je crois Sandra. On ne nous apprend pas à nous aimer, nous estimer alors on le cherche tous quelque part.
      C’est la grande faille humaine, ce grand besoin d’être reconnu, aimé.
      Je t’embrasse. Tu es sur la voie ma jolie

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  3. C’est certain qu’un divorce laisse une cicatrice même si on a essayé de le faire ” à l’amiable” ! Pourtant la vie vaut la peine d’être vécue et je la savoure enfin pleinement depuis que j’ai fini de me poser les questions qui torturent . Accepter le quotidien est un gage de bonheur ! Bon retour Marie Bisous

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    1. Je te rejoins Paulette, la vie mérite d’être vécue et bien vécue!
      Il faut savourer ce qui se présente et doucement lâcher ce qui ne nous convient plus.
      Merci et belle journée à toi

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  4. Hey!
    J’adore ce que tu as ecris!
    Je me reconnais un petit peu dans ta façon d’écrire les choses, d’analyser mais surtout dans le premier paragraphe de ton article.

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  5. Il est très juste et très profond ton article Marie ! On se quitte par amour ou par haine et puis un jour cette question terrible se ramène, est ce que je mérite d’être aimée ? Toute ma vie me dit non parce qu’une maman ne sait pas dire je t’aime, parce qu’on homme un jour à volé l’innocence et la joie, parce que cet autre t’a manipulé …
    Mais la réponse est oui. Chacun mérite d’être aimé et cela commence par apprendre à s’aimer soi ..,
    Je t’embrasse Marie, affectueusement.

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    1. Il est vrai Catherine que les expériences de la vie nous amènent plus ou moins à cette question. Chacun le mérite mais comme tu le dis chacun doit le trouver en soi. Cette une belle aventure pleine de surprises.
      Je t’embrasse et t’envoie de tendres pensées.

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  6. Très joli texte!
    Oui, il est bien difficile de panser la blessure laisser par un divorce. On met un pied devant l’autre, on continue à avancer sur le chemin de la vie mais cette blessure nous fait souffrir. Il faut du temps et de l’amour pour que cette blessure cicatrise. Alors, on s’autorise à aimer à nouveau pleinement!

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  7. Bonjour Marie,

    Une eau calme et claire, c’est apaisant, mais il n’y a pas de vent sans vague et sans vent, le voilier n’avance plus. Il faut accepter les vagues, pour que le vent nous porte plus loin.

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  8. Ton dernier paragraphe est magnifique, Marie.
    Depuis toute petite, j’ai le sentiment de ne pas mériter d’amour, et mon ex-mari a joué de cette faille pendant des années (“personne d’autre ne t’aimera”, “seul un con pourra t’aimer”…). J’ai fui, avant de mourir.
    Quand, après avoir été éteinte pendant des années, je me suis plongée dans une relation passionnée, j’étais convaincue que j’avais besoin d’éprouver des sentiments extrêmes – qui m’ont été apportés par cette nouvelle relation, qui possédait un côté assez destructeur, elle aussi. Je me suis alors demandé si j’étais capable de vraiment aimer (j’en ai parlé en commentaire sous l’un de tes articles, si je me souviens bien). J’ai fini par mettre un terme à cette relation aussi, après beaucoup d’hésitations.
    Et maintenant… maintenant, je me retrouve face à une relation qui est à la fois tranquille et tumultueuse, dont j’ai à la fois la certitude (depuis le premier jour, j’ai su) qu’elle a un avenir, et à la fois plein de doutes (car lui se débat avec son passé, qui pourrait lui coûter son présent). Résultat, je ne laisse pas les sentiments éclore, et la question revient : comment aime-t-on ?

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    1. C’est fou cette idée de penser que l’amour se mérite mais je comprends complètement en même temps Olivia.
      On aime comme on peut, avec nos bagages, comme tu le dis et nos idées. Trouver le bon équilibre est parfois un vrai travail d’équilibriste. Je te souhaite sincèrement de le trouver Olivia.
      Encore merci pour ton partage.

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Un mot doux pour la route...

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