Posted in Carnets de route

Arrêtons de voir le mal (mâle) partout…

Crédit Pixabay

J’entends souvent des mamans qui s’offusquent des petits garçons qui regardent sous les jupes des filles.

Je ne vais pas partir dans un débat sur les grandes “causes” de l’instant, la composition du nouveau gouvernement, la lutte pour l’égalité des sexes ou la main mise de la société patriarcale sur la vie des femmes. 

Un petit garçon comme une petite fille, ça découvre sa sexualité, rien de plus naturel. Il n’y a pas de perversion dans ce geste, ce jeu comme il n’y en a pas quand à l’école maternelle les enfants regardent les parties génitales de leurs camarades ou se masturbent pendant la sieste. L’enfant, qu’on le veuille ou non, part très tôt à la découverte de ses zones érogènes, de son plaisir. Il est curieux du monde, des autres. Il s’interroge et pose plein de questions. Il s’apprend dans le modèle et la différence.

Bien sûr il faut apprendre aux enfants que certaines choses ne se font pas en public par exemple, que pour jouer à un “jeu” il faut que l’autre soit d’accord. Mais c’est valable pour tout. Et quand une situation ne nous parait pas juste, en tant que parents, en discuter, en parler tranquillement, sans faire peser sur l’enfant le poids de normes, de limites, de frustrations qui ne le concernent absolument pas.

Je crois aussi qu’il faut arrêter de voir l’homme comme un prédateur et la femme comme une victime. Il faut sortir des schémas, des idées toutes faites. Je suis toujours surprise quand j’entends, encore une fois, des mamans dire qu’elles préfèrent que leur fille fasse du judo plutôt que de la danse, parce que dans la société elles auront besoin de savoir se défendre. Surprise et choquée. Je sais que ça part d’un bon sentiment mais je ne suis pas certaine que le résultat soit celui escompté.

Dans nos combats, nous oublions souvent que nos enfants ne sont pas nous, qu’ils ne sont pas notre prolongement non plus, qu’ils ne sont pas là pour réaliser les rêves que nous n’avons pas mené à terme, qu’ils sont juste des enfants qui découvrent le monde, leur monde, intérieur, leur corps, le corps de l’autre, explorent l’inconnu. Et pour le petit garçon comme pour la petite fille, l’espace intime de l’autre reste et restera pendant longtemps un mystère à percer.

Je préfère sincèrement savoir qu’ils s’apprennent ensemble (à la condition bien entendu que le sujet soit libre) plutôt que de s’initier à la sexualité à travers des médiums qui ne seraient pas adaptés à leur âge!

Et vous, ça vous choque, ça vous fait sourire, vous interroger?

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

30 thoughts on “Arrêtons de voir le mal (mâle) partout…

  1. c’est vrai, on voit le mal partout maintenant…

    Comme la nana qui a posté sur wanted un message “Bonjour j’ai perdu mon sac ce matin dans les transports si quelqu’un l’a trouvé???”

    Je lui ai répondu “Oui, aux objets touvés! Signé le sale pervers qui est descendu 6 stations avant la sienne et qui s’est fait gazé la gueule pour avoir voulu aider quelqu’un.

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      1. Oui, le nombre de fois où j’ai eu droits à des clash et insultes sur fb ou dans la vraie vie… maintenant j’en suis arrivé au stade où je mets mon casque anti bruit avec mes écouteurs, et je regarde mes pieds ou le ciel… en gros je suis sur que la majorité des gens bien pensants le font et donc on laisse du coup le fond du panier au dessus.

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  2. Et oui l’époque a tendance voir les problématiques, celle là en particulier, uniquement sous un angle manichéen.

    Je suis bien d’accord avec ton avant-dernier paragraphe, le fait que les enfants soient, si jeunes, scotchés à des images qui ne sont pas de leur âge me laisse pantois.

    À bientôt,
    Johan

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  3. Face au silence pesant des parents, j’ai dû faire mon éducation sexuelle seule, dans les livres et avec les copines à l’école. Il m’ai longtemps resté une idée de tabou honteux que je ne comprenais pas bien …puisque c’était naturel ? Avec mon fils cela s’est super bien passé, nous avons pu parler du respect de l’autre sans détour ! Grosses bise Marie

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    1. Les moeurs n’étaient sûreùment pas aussi libres Paulette à l’époque de tes parents.
      On trouve d’autres façons de se faire son expérience…
      C’est super que ça se soit passer aussi facilement avec ton fils. Le dialogue ouvert il n’y a que ça de vrai!
      Grosses bises

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  4. Je vais me faire incendier mais tant pis…Je ne crois pas que nous sommes arrivés à une époque où “on ne peut plus rien dire” et où le mal ou mâle comme tu veux est partout. Je crois qu’enfin, les victimes parlent et que ça amène des dérives et des amalgames. Un garçon n’a pas à soulever les jupes des filles, découverte ou pas de sa sexualité…et non, bien sûr, qu’il ne faut pas l’engueuler comme du poisson pourri car il est clair qu’il ne voit pas où est le mal mais il faut l’éduquer…Quand petite, j’ai subi du harcèlement sexuel par des garçons de mon âge, j’ai fait de l’amnésie traumatique…Alors je ne sais pas quel était le degré de conscience de la chose mais il est clair que ce n’était pas normal et que ça a eu une influence sur ma relation avec les hommes, une fois adulte. En Hollande, l’éducation sexuelle est une matière à l’école et ce, depuis la maternelle…Étrangement, c’est le pays en Europe où il y ait le moins de grossesses adolescentes et le moins de mst.
    Quant aux mamans qui préfèrent inscrire leurs petites filles au judo qu’à la danse (pourquoi la danse d’ailleurs?), elles le font car comme la majorité des personnes, elles pensent que les agresseurs sont des inconnus, et plus précisément un taré le soir dans un parking et qu’elles parviendront à se défendre si elles connaissent les techniques. Or, la vérité c’est que plus de 80% des victimes connaissent leur bourreau et que le judo, du coup, ne leur servira sans doute pas à grand chose, car soit elles ne se méfieront pas, soit elles ne feront pas le poids, soit elles seront victime du mécanisme de sidération.
    Enfin, ce n’est pas le masculin, en général, qui est rejeté mais un type de masculinité qui est à démonter complètement, celui-là même qui permet à des Darmanin, des Dupont-Moretti d’arriver dans votre gouvernement et des hommes qui ne sauront jamais ce qu’il se passe dans le corps et la tête d’une femme de décider de postposer à l’infini des décisions concernant la dépénalisation de l’avortement dans celui du mien.

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    1. Incendier non. Tu partages ton point de vue qui est différent de celui de l’article en question. Et tu as le droit de l’avoir. Je rentre rarement dans ce genre de débat parce que pour ma part je les trouve trop violents.
      On est quand même dans une société où on ne peut pas dire grand chose. Sauf ce qui est vu comme “correct”.
      Parler, protéger ses enfants, oui. Mais parfois c’est un peu extrême.
      Parler de sexualité à l’école, oui, je suis complètement d’accord, ça changerait la donne mais pas certaine que la société soit ouverte à cela. Même si les mentalités évoluent.
      Et si en lieu et place de la méfiance, on construisait leur confiance à ces petites filles? Juste une idée…
      Quant à ce que tu as vécu petite, ça aurait dû être pris au sérieux et les adultes auraient dû jouer leur rôle. Pour expliquer aux enfants que ce comportement n’était pas permis. Et apaiser ta souffrance aussi.

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      1. Mais je ne l’ai pas dit, j’ai oublié pendant 12 ans. La preuve que c’était grave et je suis loin d’être un cas isolé. Le problème c’est que c’est tellement banalisé que même lorsque je me suis rappelée lorsque j’avais 19 ans, j’ai culpabilisé, j’ai eu honte, ça n’existait pas. Je pensais être la seule au monde à avoir vécu ça, parce qu’on n’en parle pas.
        Si tu essayes de construire une confiance chez les filles sans éduquer les deux sexes à des notions comme le consentement, respect, la différence du corps fille/garçon, etc, ça ne marchera pas…On en sera où on en est aujourd’hui, pratiquement, avec cette vague idée qu’en tant que filles on a les mêmes droits que les hommes mais sans que ce soit vrai car les hommes n’auront pas été éduqués à cette idée que les filles ont les mêmes droits et ils continueront à se conduire exactement de la même façon..100% des femmes ont déjà vécu ne serait-ce que du harcèlement de rue, c’est quand même révélateur.
        .Et non, tous les hommes ne sont pas les mêmes et le machisme n’a pas à se lire qu’au masculin car je connais plein de femmes plus machistes que certains hommes mais là, on tombe dans le #notallmen et ce n’est pas se rendre service. C’est systémique, structurel, le nier ne fera pas avancer les choses et se réfugier derrière “la société n’est pas prête” ne le fera pas non plus parce que si on continue à se réfugier à l’infini derrière ça sans agir,c ‘est certain qu’elle ne le sera jamais.
        Je crois que le grand amalgame c’est de penser qu’il faut choisir entre femmes et hommes, et ce n’est pas le cas. Ce qui est rejeté c’est cette idée de virilité abusive, la masculinité hégémonique qu’un certain rappeur dont j’ai oublié le nom parlait dans une chanson
        Enfin, je pense qu’on est dans une société où on a trop dit n’importe quoi et que beaucoup de choses ne sont plus permises parce qu’elles n’ont pas à l’être…Perso, je suis une personne très ouverte d’esprit, on peut parler de tout mais pas de n’importe quoi. Quelqu’un qui va se montrer sexiste, raciste et classiste ne va pas avoir ma sympathie. Or, la plupart des commentaires, blagues sont toujours fait au détriment de types de personnes considérées comme inférieures…

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        1. On est bien d’accord qu’il faut éduquer les deux sexes.
          Il ne faut pas choisir en effet mais ce que je vois sur les réseaux en tous cas c’est beaucoup de violence, cette violence même que nous condamnons. Il y a un truc qui cloche…
          L’inconscient met souvent un voile pour nous protéger. C’est fréquent en cas de traumatisme. Ce qui n’enleve rien au poids de celui ci que nous portons sans en avoir conscience.
          Pour ce qui est de l’humour je n’ai pas véritablement d’avis. Rire de tout je ne sais pas. On sera plus sensible sur un sujet qu’un autre en fonction de notre vécu. Ça me renvoie souvent à Charlie Hebdo. Mais c’est un autre débat.
          Ce texte c’est surtout pour dire qu’il est nécessaire de parler à nos enfants sur ce sujet dans toutefois projeter sur eux nos peurs et nos traumatismes d’adultes. Pas simple…

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          1. Oui, moi aussi, j’y vois beaucoup de violence…C’est destabilisant, choquant même et facile parce qu’on est protégés derrière son écran.
            Effectivement, ce n’est pas facile de ne pas projeter nos peurs sur nos enfants car parfois, nous les portons inconsciemment et ils se répercutent sur notre façon de fonctionner au quotidien…

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            1. C’est toujours plus facile derrière un écran mais ça montre aussi toute la colère qu’il y a dans ce monde.
              Oh non ce n’est pas simple Elisa, on fait ce qu’on peut. Et c’est déjà pas mal.
              Grosses bises

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          1. Je pense qu’en fonction de nos histoires personnelles nous ne seront pas sensibles aux mêmes blagues…
            La neutralité n’est pas toujours simple quand les émotions sur un sujet sont fortes

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  5. Il est certain que les femmes ayant été victimes d’abus, de viol, sont sans doute plus de cette vision de l’homme prédateur. Logique ! Il y a tout de même une femme sur cinq en France victime de violence sexuelle … En même temps il n’est pas nécessaire de transmettre nos peurs à nos enfants. Tout est question d’éducation, le garçon doit savoir que la fille doit toujours être consentante même et surtout petite. Il n’y a rien de mal a découvrir la sexualité quand c’est un choix ! Et une petite fille doit apprendre qu’elle peut dire non.
    Merci de soulever la question en tout cas. Bises Marie.

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    1. Oui Catherine et je le comprends parfaitement. Je n’ai pas ouvert le débat mais il est certain qu’il est nécessaire – essentiel d’en parler au regard du constat dramatique de cette violence.
      Je te rejoins il faut parler aux enfants avec des mots simples pour leur expliquer ce qui peut se faire ou pas, leur parler de respect et de leur corps. Dans les 2 sens. Certaines petites filles sont très “entreprenantes”!
      Mais se souvenir que le cerveau du petit enfant n’est pas celui d’un adulte. Et que sa vision du monde ne passe pas par nos filtres.
      Quand je vois des adultes prêts à incendier un enfant qui, selon eux, a eu des gestes déplacés, ça me fait bouillir. Parce qu’on juge l’enfant comme on jugerait un adulte alors qu’il aura juste suffit de lui expliquer avec ses mots les choses de la vie.
      Merci à toi pour ton partage. Je t’embrasse.

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  6. C’est l’évolution normale de la vie.

    Interdire ou brimer, c’est la porte ouverte à des blocages à l’âge adulte.

    L’essentiel est vraiment de parler et de répondre aux questions avec le plus d’honnêteté possible.

    Merci pour cet article 🙏🥰

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  7. Comme tu le sais je travaille avec des 6/12 ans et ton point de vue ne me choque pas bien au contraire. On ne va pas rentrer dans les détails de la construction d’un enfant ici car j’en ferai un roman mais cette étape là est comme chaque étape indispensable.
    Je t’embrasse Marie, bravo pour les sujets que tu abordes ici !

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    1. Merci Sand pour ton retour!
      J’imagine que tu as une bonne connaissance de terrain en effet. Ce qui n’empêche pas le dialogue bien entendu.
      L’enfant a besoin d’en passer par là.
      Je t’embrasse également. Belle fin de semaine

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      1. Bien sur ! Dès l’âge de 3 ans l’enfant commence à être curieux de son sexe et de celui de ses camarades garçons et filles. C’est un comportement normal et sain à son bon développement. Il va prendre conscience des différences, regarder son corps avec curiosité, il va commencer à vouloir aussi se déshabiller tout seul et à vouloir regarder également les grands et les adultes se déshabiller. Absolument rien de malsain , c’est pour comprendre qui il est, se comparer ( ce qui est super important ) et bien sur apprendre les règles de ce que l’on a le droit de faire hors intimité ( par exemple il va comprendre qu’on ne peut pas se déshabiller et montrer son intimité en pleine rue, tout comme il va comprendre que son corps lui appartient, chacun le sien et donc la notion de sécurité,protection, ne pas laisser ” n’importe “qui y toucher ) ). C’est l’âge ou l’on va commencer à jouer au papa et à la maman et vouloir faire des bisous a son amoureux ( ou amoureuse ). Toujours pour apprendre à se situer en tant qu’individu à part entière. C’est également l’âge où les petites filles sont amoureuses de leur papa et les petits garçons de leur maman, ce qui encore une fois est normal et sain ( jusqu’à l’âge de 6 ans environ ).

        C’est aussi en observant leur comportement face à leur sexe que nous pouvons ( les professionnels) ” repérer ” des enfants maltraités, violentés et autres mais ça c’est particulier et je ne peux pas en parler comme ça en quelques mots et il faut être très prudents lorsque l’on commence à aborder ce sujet car tous les enfants dont le comportement n’est pas très naturel ne sont pas forcement maltraités. Chaque cas est différent et à prendre avec beaucoup de recul.

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  8. Je m’interroge car dans beaucoup de domaines les choix éducatifs sont basés sur la peur :
    -choisir une école souvent une compétitive, qui fait bosser au lieu d’une école qui convient à l’enfant, à son mode d’apprentissage
    -ne pas les laisser explorer et là je suis souvent très timorée si je compare avec ce que mes parents me laissaient faire au même âge.
    -choisir des sports pour “les former”
    Je m’interroge sur les adultes que ces enfants deviendront….
    Mais je n’ai pas de réponse
    Bonnes vacances !

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    1. De plus en plus en effet tu as raison.
      On leur passe nos peurs de grands, inconsciemment. On leur montre que la vie est dure et qu’il faut être prêt à l’affronter.
      Je n’en ai pas non plus. On n’a pas à attendre longtemps pour voir le résultat…
      Merci et bonnes vacances également

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  9. Merci pour cet article!
    Effectivement, on ne peut pas demander à un enfant d’agir comme un adulte. Il a des gestes, des paroles qui sont de son âge…un âge de pleine curiosité, de questionnements et il cherche les réponses! Rien d’alarmant à cela!
    A l’adulte ensuite de lui expliquer les règles, ce qui se fait ou ne se fait pas, et répondre à ses questions. Et ce, quel que soit le sexe de l’enfant!

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    1. C’est tout à fait ça.
      Merci pour cet excellent résumé de ma pensée 😉
      Bien entendu il est essentiel de répondre à ses questions, d’etre ouvert à ses expériences, de lui parler et de poser des limites.
      Nos blessures, traumatismes peuvent nous empêcher d’avoir cette ouverture. Dans ces cas là il peut être opportun de pouvoir en parler.

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Un mot doux pour la route...

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