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On ne guérira jamais toutes nos blessures (et c’est ok)

Crédit Pixabay

Au moins dans cette vie. C’est un leurre de le penser, à mon avis. Sauf bien entendu, les grands sages. Mais je n’en suis pas là!

Nous avons déjà tant de vies derrière nous et peut-être autant devant. Doucement nous cheminons vers une libération totale. Chacun à son rythme. Qui dit blessure ne veut pas dire que nous n’accéderons jamais au bonheur loin de là! D’ailleurs nous n’avons pas à aller vers lui, il est déjà là. Il suffit de lui ouvrir nos bras. Nos blessures nous font grandir, à chaque instant.

Fut un temps où j’avais beaucoup de mal à faire face dès que quelque chose ressortait, à l’occasion d’un événement, d’un échange, d’une rencontre. Je me sentais incapable, inadaptée. Je plongeais dans les abîmes pour mieux m’écorcher. L’auto-destruction était mon arme préférée. Se faire mal encore un peu plus. Avant de remonter et d’oublier complètement ce passage à vide, toutefois très déstabilisant. 

Nos blessures se rappellent à nous, quand nous sommes prêts à les travailler, à les intégrer, à les guérir.

Il y a quelques mois à peine, l’annonce d’une naissance me laissait avec un sentiment de malaise que je ne comprenais pas. Ce moment de “pure joie” était teinté de mélancolie. Je n’arrivais pas à me réjouir! Le deuil du deuxième enfant j’en ai souvent parlé ici. Mais était-ce mon deuil à moi ou celui des autres? J’ai grandi avec “un enfant unique c’est criminel!” Ça marque je peux vous le dire. Il m’a fallut accepter que je n’aurais pas d’autre enfant, que c’était mon choix, que mon choix n’était pas égoïste, qu’il convenait à ma vie et à mes envies. Je ne me justifie plus quand la grande question s’invite dans la conversation. Et elle s’invite encore souvent!!

Aujourd’hui, quand une blessure se manifeste, je me demande ce qu’elle a à me dire. Ma vision a changé. Je la laisse venir, je la laisse me parler, ça prend le temps que ça prend. Je la laisse me transformer. Ce n’est pas toujours une partie de plaisir, ça me fait encore mal. C’est un peu normal puisque ça vient toucher une partie de moi, vulnérable. Mais je me bats beaucoup moins contre moi-même, j’économise mes forces et mon énergie. 

C’est le “mariage” qui vient me pousser dans mes retranchements. Dès qu’il y a malaise chez moi (c’est mon signal), je sais qu’il y a un truc qui coince et qu’il va falloir aller regarder ça de plus près. Je pourrais me dire que ça va passer mais je sais que ça ne va pas passer. Et puis si ça se présente, là, autant y aller. Reculer pour mieux sauter n’est plus un adage qui me convient. J’en ai trop fait les frais!

Pour le moment je n’ai que des questions.
Est-ce lié à moi, à mon propre mariage? Il ne fallait pas être devin pour savoir qu’il était voué à l’échec! Et heureusement d’ailleurs!
Est-ce parce que le mariage au final ça ne me dit rien, ça me crée plus d’angoisse que de plaisir? Là encore c’est très personnel et sûrement lié à mon histoire familiale.
Est-ce l’idée de ne pas vouloir la même chose que les autres qui me dérange? Ou bien encore cette histoire de norme, de moule? Je suis assez forte pour laisser mon mental faire son travail de sape en sourdine!
Est-ce lié à ma vision du couple? Ma vision de la vie à deux? Mon choix de vivre seule? Encore une fois c’est très personnel. 
De ne pas pleinement assumer mes choix de vie? On se rapproche de la vérité je pense…

Beaucoup de questions, qui trouveront leurs réponses en temps voulu. Je ne presse rien. J’accueille pour le moment. Tout en me rappelant que chacun fait ses choix en fonction de sa carte du monde. Et qu’il n’y a donc que des bons choix, à l’instant T.

Et vous vos blessures, elles racontent quoi? Vous préférez laisser couler? Ou vous êtes plutôt du genre à aller creuser pour voir où ça fait mal?

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

33 thoughts on “On ne guérira jamais toutes nos blessures (et c’est ok)

  1. exactement comme toi j’ai connu le problème d’un enfant unique puis du mariage ! J’étais contre, préférant une union libre mais nos mères ( des harpies ) en avaient décidé autrement . Je pense que notre couple a survécu parce que j’ai toujours dans ma tête que, tout comme au début, nous sommes libres et donc consentants ! 😀 Grosses bises Marie

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  2. Beau cheminement d’en être parvenue à accueillir et se mettre à l’écoute. Je crois que s’il y a vraiment quelque chose à retenir concernant les difficultés dont les blessures font partie, c’est que l’accueil et le fait d’accepter de creuser et approfondir permettent de comprendre et dépasser. De toutes les façons, faire la sourde oreille ne fait que repousser l’échéance. Je dis souvent que la vie est un excellent professeur, elle nous soumet les mêmes épreuves jusqu’à ce que nous comprenions, et comme elle est très astucieuse, elle déborde d’imagination pour décliner les épreuves de diverses manières, jusqu’à ce qu’il y en ai une qui nous fasse “tilt” et que nous nous y arrêtions. ça me fait penser au livre de Cecilia Ahern The time of my life, très belle déclinaison de ce parcours où la vie nous invite à l’écouter pour panser ce qui doit l’être 😉 Bon voyage!

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  3. ça c’est sûr qu’il y a des blessures qui ne guériront pas dans cette vie! Mais je crois que chacune de ces blessures nous construit, nous sculpte, comme un artiste qui mettrait un coup de burin sur son socle de pierre encore vierge pour en faire sortir une oeuvre d’art!

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  4. Moi aussi j’ai fait le deuil de ne pas avoir d’enfants. J’en veux pas et c’est mon choix personnel. Je l’assume. Certainement dû au fait d’avoir eu des parents toxiques, vécu dans un climat familial difficile et peur de reproduire le schéma familial. Pour le mariage, j’ai toujours été contre et pourtant j’ai vécu en couple pendant 10 ans. Et aussi je suis contre le mariage, sans doute parce que mes parents ont divorcés après 25 ans de mariage. Je chéris tellement ma liberté, elle est précieuse à mes yeux. Peut importe le qu’en dira t-on.

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    1. Le tout est toujours d’être en accord avec ses choix de vie, tout en ne les imposant pas aux autres. Un équilibre pas toujours évident à trouver!
      Tant qu’ils nous correspondent ils nous rendent heureux et ça n’a pas de prix.
      Les assumer c’est encore une autre étape. Mais ça se fait, comme tout!

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      1. Exactement. Accepter ses choix de vie. On vit tous avec des blessures enfouies, des casseroles que l’on traîne . Il faut apprendre à vivre avec ses blessures. Elles font parties de nous, de notre histoire, de notre vécu. Et nous renforcent et forgent notre personnalité. J’avance désormais sereinement avec mes blessures et plaies indélébiles.

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  5. Comme toi quand une blessure se manifeste je lui laisse le temps , je l’assimile pour comprendre ce qu’elle a me dire, même si c’est désagréable, même si ça fait mal. Je crois que c’est la meilleure façon de s’en débarrasser et de grandir, d’en guérir. Je me suis d’abord attelée aux plus petites jusqu’à comprendre qu’un monstre sommeillait en moi. Le monstre ne disparaîtra jamais complètement mais j’espère bien qu’un jour il ne squattera plus mon corps.
    J’aime quand tu nous partages ainsi tes pensées et évolutions, si proches des miennes. Bises et belle fin de journée Marie.

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    1. Oui, la seule façon Catherine.
      Tu avais sûrement besoin de temps et d’être prête à faire ce gros travail. Toute ce qui a été fait avant t’a mené là et un jour tu auras intégré tout cela.
      Merci à toi pour ta lecture et tes partages.
      C’est toujours enrichissant.
      Je t’embrasse bien fort

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  6. Une nouvelle fois, MERCI Marie pour ce témoignage.

    Pour répondre à ta question et je pense, qu’en me lisant, tu le sais déjà, je vais creuser pour connaître la raison de ce mal être.

    Tout comme toi, je me suis suffisamment fait du mal pour ne plus avoir envie de suivre ce chemin.

    Merci de partager cela avec nous, ça donne à ma propre histoire une dimension autre.

    Je me sens moins seule avec ce passé de souffrance.

    Bravo pour tout ce que tu fais pour continuer ton chemin de vie la tête haute.

    Bravo aussi de reconnaître que certains choix faits ne sont pas toujours faciles à vivre même s’ils étaient ce qui a de mieux pour soi.

    Douce fin de journée et gros bisous ensoleillés du Valais ☀️🙏🥰

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    1. Merci Nicole,
      Tes mots me mettent toujours du baume au coeur.
      Le partage de nos expériences est toujours une richesse je pense. Cela permet aussi de voir que nous ne sommes pas seuls sur ce chemin, parfois un peu tortueux tout de même!
      Nous avançons ensemble.
      Je t’embrasse et te souhaite une formidable soirée.

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  7. Oui tout pareil Marie ! Je cherche toujours à comprendre même si mon entourage parfois me traite gentiment de ” casse pompon à toujours vouloir tout comprendre “. Par contre je crois que je me prends plus la tête que toi car j’ai besoin de comprendre rapidement. Faut que ça aille vite mais bon lol je suis bélier ça doit être ça ( humour ).

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    1. J’ai calmé un peu mon mental Sand. Ca devait compliqué pour les autres mais surtout pour moi. Et au final ça ne me faisait pas tant de bien. Depuis que je lâche prise davantage je trouve que ça va mieux!
      Un bélier ça fonce que veux tu!!
      Grosses bises

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  8. Étant suivie par un psy depuis le braquage il y a un an, si je gratte trop, ça ne va pas, ça me replonge dans le passé et ça ressort les vieilles casseroles qui me submergent. Faire l’autruche est mon système de protection depuis longtemps. En fait, moins j’en dis, moins je suis confrontée aux évènements trauma et au regard de l’autre, mieux c’est. Seulement, je m’enferme un peu plus dans ma bulle… le serpent qui se mord la queue…

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  9. Moi, j’ai pas une pelle, j’ai un marteau piqueur…Je gratte, je pique, je veux tout déterrer. Je ne sais pas vivre dans autre chose que la clarté et la transparence…Sûrement parce que j’ai grandi dans le: contente-toi, pourquoi tu veux toujours tout savoir? les mauvaises interprétations…Comme tu le dis, on a chacun notre carte du monde et on prend des décisions en fonction de ce qu’on y a vu 🙂

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  10. “On ne guérira jamais toutes nos blessures (et c’est ok)” ton titre résume tout Marie !

    Accepter que c’est OK de pas tout guérir est un grand pas pour nous en tant que personne.
    Accepter que c’est OK de pas tout guérir est aussi un autre pas pour notre entourage.

    J’ai découvert aujourd’hui cette citation de Don Miguel Ruiz sur les blessures et elle fait écho à ton post : “Ce n’est pas ce que je vous dis qui vous blesse : ce sont vos propres plaies intérieures qui réagissent lorsqu’elles sont touchées par mes propos”

    “Et vous vos blessures, elles racontent quoi? ”

    Je te dirai que ça dépend du moment où je t’en parle. Il y a 5 ans elles me racontent une certaine histoire, qui n’est la même que celle je vais raconter aujourd’hui et qui va encore évoluer demain.

    Je crois que tant qu’on fait évoluer notre histoire et qu’on se raconte sous différentes perspectives, le chemin est vertueux. Quand on reste bloqué dans une histoire sur nous-même et nos blessures car la douleur est trop forte et qu’on ne change pas ce récit durant des années, c’est un signe que la blessure a du mal à être intégrée, revecue…

    Quand on voit les blessures des autres on simplifie en se mettant à leur place à partir de notre propre vie, et pourtant nous ne sommes jamais dans les baskets de quelqu’un d’autre et vice versa.

    Chacun doit faire son propre chemin avec ses blessures, comme il peut, en se faisant le moins mal possible et sans être toxique pour les autres aussi.

    Un chemin qui au détour d’un virage offre un soleil étincelant, gorgé d’espoir pour continuer son voyage de l’ombre à la lumière…

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    1. Très juste tout ça!
      Les autres agissent en miroir. Ce que je ne peux pas voir chez l’autre me renvoit à moi-même toujours.
      Nos blessures nous font grandir aussi et ta dernière phrase est sublime!
      Merci beaucoup

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  11. Les blessures sont faites d’accidents de la vie, de déceptions intenses, d’incompréhension, de trahisons, d’amour, de haine, et toutes teintées d’une émotion, d’une sensibilité rendant le quotidien parfois un peu trop difficile à vivre.

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  12. Bien entendu, on ne guérit pas de tout, mais tout arrive en temps et en heure. En ce qui me concerne, je creuse dès lors qu’il y a compulsion de répétition aussi insignifiante soit-elle. C’est le signal qui me prévient que je dois m’intéresser aux relations de cause à effet, alors je cherche à comprendre le lien qui existe entre ce qui m’ arrive et ce qui est inscrit inconsciemment en moi. Ensuite lorsque je trouve un sens en lien avec mon histoire, je cherche toujours comment retourner la situation en son contraire pour la sublimer en positif. J’utilise les différents miroirs et signes que l’univers place sur mon chemin. C’est devenu un jeu tellement le résultat est magique….

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  13. Chacun son chemin, chacun ses choix, ses épreuves : les gens jugent, commentent sans rien savoir des difficultés des autres. Pas facile de se libérer de ce regard, de la norme….
    Au plus j’avance, au plus je me rends compte que la norme ne me convient pas. Je cherche un peu à me démouler mais ce n’est pas si facile et là le plus gros obstacle c’est moi. J’ai du mal à secouer le cocotier….

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    1. C’est facile le jugement!
      On part de soi sans savoir ce que vit ni qui est l’autre.
      Ce n’est pas facile de se démouler c’est bien vrai, il faut être patient, les choses se font même quand on n’en a pas conscience.

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  14. As-tu lu le livre de Lise Bourbeau, Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même ? Moi ça m’a beaucoup aidé à comprendre plein de choses, plein de réactions, et à lâcher un peu prise 🙂

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    1. Je l’ai lu mais je l’ai trouvé au final assez compliqué.
      Il y a tellement de travail sur tout, ça me passionne et parfois ça me tiraille aussi!
      Je crois qu’il faut surtout que j’apprenne à davantage m’écouter et accueillir mes émotions
      Merci Justine

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  15. Mes blessures, je les connais. J’ai longtemps analysé, creusé, disséqué. Cependant, mon cerveau s’est révélé un allié lorsqu’il m’a fait oublier beaucoup de choses douloureuses : quand un proche me parle de tel ou tel souvenir difficile, je reste souvent coite, car moi, je ne m’en remémore pas. Et c’est très bien ainsi, je n’ai plus envie de visiter cette période sombre de ma vie.

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Un mot doux pour la route...

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