Carnets Intimes

Quand la sexualité fait mal & quelques pistes de réflexions

Crédit Pixabay

Ça fait un bail qu’on n’a pas parlé de sexualité ici! J’avais une idée en tête mais j’ai changé de ligne directrice. Et du coup, je vais m’orienter vers un sujet peut-être un peu tabou pour certains, mais, comme on dit chacun est libre de lire ou pas. Et puis, bon, les tabous, c’est fait pour être levés, non?!

Il y a les personnes pour qui la sexualité a toujours été liée à quelque chose de violent, que l’on parle attouchements, pédophilie, agressions, viol, inceste. Et puis il y a les personnes qui n’ont jamais vécu ce type de drames et qui pourtant se trouvent aux prises avec des maux, que ce soit pendant ou après l’acte sexuel. Il y a des gens très libres sur le sujet, d’autres qui ne veulent surtout pas en entendre parler et des personnes qui, comme moi, entretiennent avec la sexualité un lien très particulier, où le bien et le mal se livrent une guerre sans merci, où joie et honte se côtoient dans un ballet tantôt euphorisant, tantôt étouffant.

La sexualité est un terrain de jeu fantastique dans lequel le corps devrait pleinement s’épanouir et non se sentir tiraillé. Les maux qui naissent alors sont synonymes d’un blocage intérieur, dont nous n’avons pas toujours conscience, qui met à mal la rencontre.

J’ai souffert pendant des années de maux terribles au niveau des ovaires, de crampes, de contractions qui mettaient parfois 48 heures à disparaître, pendant ou après avoir fait l’amour. C’était chronique et très handicapant. Que la rencontre se soit bien passée ou pas, d’ailleurs, que j’ai eu du plaisir ou pas. Ma vie sexuelle n’a pas toujours été à la hauteur de mes espérances mais bon, c’est du passé! La douleur me faisait souffrir physiquement et psychologiquement.

Avec le recul, je me rends compte que j’ai été dans deux relations où la sexualité était assez tabou justement, où le plaisir devait être quelque chose de contenu, où l’expression même de ce plaisir devait être tue ou tempérée, dans laquelle ma place aussi était entourée d’interdits. Les maux n’étaient pas seulement liés à cette vision, mais cette vision a grandement altérée la mienne. Et comme je voguais déjà entre deux eaux, je me suis vite laissée emporter par ce tourbillon de “désamour” de mon corps, de l’autre corps, par cette sensation d’être “sale”, “salie”, de devoir avoir “honte”. Il y a plein d’autres données, que j’ai saisi avec le temps, au niveau de mon histoire familiale, au niveau de mon attirance pour des choses que je jugeais “contre nature”, étant donné que j’ai longtemps baigné dans une culture religieuse qui prône la procréation avant tout. Plus les idées de la société, l’image de la femme, je pense que vous voyez très bien de quoi je veux parler…

Etre dans une relation avec quelqu’un pour qui la sexualité est un sujet qui a toute sa place m’aide vraiment à envisager les choses différemment. Je vois désormais les maux comme un signal. Les deux notions ne vont plus ensemble. Un signal pour aller chercher ce qui empêche la rencontre d’être pleinement épanouissante. Un signal comme un appel à lâcher mes résistances, à embrasser ce qui se présente, à vivre la joie de ce rendez-vous hors du commun, cet échange qui ne ressemble à aucun autre. A oser, à assumer mes désirs, mes pulsions, mes fantasmes. Même si je n’arrive pas encore à les verbaliser.

Même si la rencontre a été une évidence, elle n’a pas agit comme une baguette magique. Elle a par contre mis en lumière les zones d’ombre. Elle a posé des bases de réflexion. Elle a fait éclater des vérités, elle m’a offert de reprendre contact avec mon corps, d’apprendre à l’aimer et d’apprendre à l’offrir sans crainte. Tout ça est un apprentissage de chaque instant. Ça demande de la confiance en l’autre et en soi. Je me suis livrée pas à pas et je suis certaine que je n’ai pas encore atteint ma pleine libération. Les maux sont les verrous qui nous maintiennent loin de nos sens. Ils sont à prendre au sérieux car au delà de l’impact qu’ils ont dans notre quotidien, ils nous montrent aussi que nous ne sommes pas alignés avec qui nous sommes vraiment.

Il n’est pas toujours évident de s’exprimer en général, de trouver sa place, d’être en phase avec les autres, le monde, la vie quoi et je crois sincèrement que la sexualité nous offre justement cet espace pour être pleinement nous-mêmes, que ce soit dans une relation ou en solo. La sexualité existe avant le couple et elle existe en dehors également. Une excuse en moins! J’ai lu récemment une enquête qui disait que beaucoup de femmes ne savaient pas à quoi ressemblait leur vagin. C’est quand même la base, la source, le temple de notre créativité, de notre féminité. Je pense qu’en apprenant son corps, on s’ouvre déjà à plus grand que soi. On se libère déjà. On s’approprie ce qui nous appartient. On est plus à même aussi de savoir ce qui acceptable, pour nous, de ce qui ne l’est pas. On est moins dans le jugement, davantage dans l’accueil.

J’ai expérimenté aussi le lâcher prise au niveau mental. Tout rationaliser, tout comprendre, tout disséquer, c’est bien mon truc. Oui, mais faire l’amour avec un esprit 100 % connecté, avec un mental en perpétuel mouvement, c’est loin d’être extatique! Ça vient nous couper de nos ressentis. On est dans l’avant, dans l’après, jamais dans l’instant. Et il y a forcément une culpabilité qui naît de ne pas avoir su profiter. Les maux ne sont jamais loin si on leur laisse une chance de passer. Et ils viennent sans cesse nous faire douter.

Il n’y a sûrement pas de remède miracle. Mais un travail sur soi, une visite intérieure, une approche différente, une ouverture, en parler aussi, toutes ces pistes peuvent nous aider je pense à y voir plus clair et à pouvoir profiter de ce temps, hors du temps, en toute sérénité, confiance, nous permettre aussi de nous ouvrir à notre beauté, notre force, notre identité, notre sensualité, notre vulnérabilité. Nous sommes ce tout qui n’attend qu’une chose: expérimenter la joie, une joie pure et profonde.

N’hésitez pas à partager vos avis, vos pensées, vos réflexions sur le sujet! Au plaisir de vous lire…

 

 

 

 

 

11 thoughts on “Quand la sexualité fait mal & quelques pistes de réflexions

  1. Je pense que lorsqu’on est une femme, il y a tout un travail de libération à faire…En tout cas pour notre génération et celles qui précèdent…Nous, on a vécu dans le “profite” mais attention tout de même à ne pas passer pour “une salope”…Il y a aussi beaucoup d’hommes qui ont une idée précise de ce que devrait être la sexualité féminine et qui ont du mal avec le fait qu’une femme ait eu plusieurs partenaires ou l’idée qu’elle aime le sexe…Il y a les douleurs aussi qui sont symptomatiques (de l’endométriose aussi) de quelque chose…Bref, ce n’est pas évident…Après, je crois qu’il ne faut pas faire une obsession dessus. Je pense que le plus important, ce sont deux partenaires ouverts et dans l’accueil de l’autre et un respect constant du consentement.

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    1. C’est une certitude Elisa, il y a tant de données avec lesquelles nous devons composer, qu’il n’est as toujours évident de se positionner. Sans compter notre héritage à toutes.
      Je suis d’accord pour ne pas en faire une obsession mais je suis pour pouvoir en parler, car dans une relation cela peut être très handicapant et le malaise au sein d’un couple n’est jamais porteur de positif.
      Merci pour ton partage et belle fin de journée

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  2. Merci beaucoup pour ton article. Je me suis assez retrouvée dans ce texte. Et tout comme toi, j’ai réussi à me libérer des fausses croyances inculquées par la religion, la famille…

    Cependant, malgré toutes les recherches effectuées, j’ai toujours vécu l’après relation dans la douleur.

    À l’image des règles hyper douloureuses, dues à l’endométriose, j’avais des spasmes hyper douloureux suite aux multiples orgasmes.

    De plus, vu qu’à l’époque, on ne parlait pas d’endométriose, ma gynécologue m’avait dit : Vous avez qu’à prendre un anti douleur avant d’avoir un rapport.

    N’importe quoi !

    Par contre, j’ai appris à connaître mon corps et à m’adapter à chaque douleur.

    Je ne pensais pas avant au mal que j’aurai et ensuite, j’attendais que ça passe.

    En écrivant tout ça, je trouve bien triste.

    Mais sur le moment, j’ai vraiment vécu des relations pleines d’amour et de plaisir.

    Maintenant que le désir s’est éteint, j’accueille cette pause avec bonheur.

    La tendresse, le toucher et bien d’autres choses ont remplacés la fusion.

    Du coup, je me sens mieux et surtout mon bas ventre n’est plus en souffrance.

    Merci de m’avoir permis de mettre ces maux de femme en mots.

    Douce fin de journée. Gros bisous et meilleures pensées 🙏🥰✨

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    1. Je te remercie sincèrement pour ton partage Nicole que je trouve très touchant.
      Je crois que nous faisons tous et toutes ce que nous pouvons avec les données dont nous disposons. Je te comprends pour la douleur, j’ai fait pareil.
      Parce que c’est tout ce que j’avais. Et comme toi je ne voulais pas me priver.
      Ce n’est qu’en remontant le fil de l’histoire que j’ai mieux compris certaines choses.
      Les maux n’ont pas complètement disparus, mais j’ai appris à les reconnaitre. Certains…
      Je t’embrasse affectueusement

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  3. Tu en parles très bien de ces douleurs souvent tues, cachées ! A mon époque c’était silence radar et je suis arrivée au mariage sans aucune idée de ce qui m’attendait ! Ce mariage était une erreur monumentale et j’attendais comme une délivrance qu’il ait fini ! Mon docteur de l’époque a qui j’avais fini par parler de mes douleurs m’avait dit qu’une femme était faite pour souffrir !!! C’est bien plus tard que l’Hom m’a fait découvrir la sexualité avec beaucoup de douceur et en parlant beaucoup 🙂 La jeune génération est plus ouverte et c’est tant mieux Grosses bises et bon week end Marie

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    1. Oui Paulette, heureusement tout cela n’est plus aussi tabou.
      Les médecins m’épateront toujours! C’est très ancré je trouve cette idée de la souffrance. On me l’a souvent répété aussi. Comme si ce n’était pas un problème et qu’il fallait endurer, après tout nous n’étions ni les premières ni les dernières!
      Je suis heureuse que tu sois revenue de tout ça. C’est quand même mieux le couple complice et ouvert!!
      Grosses bises et doux weekend

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  4. Tu imagines bien que pour moi, du fait de ce viol subi enfant, la sexualité a été compliquée. Du mental, de la peur, des douleurs et je croyais que c’était comme ça pour toutes les femmes ! Aujourd’hui je sais poser des mots sur mes maux il ne me reste plus qu’à trouver un partenaire doux et gentil 😉
    Merci pour ton article Marie et bises affectueuses.

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  5. Magnifique… Merci d’en parler! Ca fait du bien. D’en parler, d’y penser, de le faire… ahah
    Personnellement, j’ai toujours adoré ça (je suis scorpion, et une vraie scorpion), la sensualité, c’est un mot que j’aime et qui me fait vibrer. Mais pourtant, dans la société, j’ai parfois eu du mal à trouver ma place à ce niveau là. Je me suis parfois sentie anormale, ou même vicieuse, j’en sais rien, un peu comme toi, l’impression que ce n’était pas bien. C’est la société, c’est la famille, des petites choses qu’on entend enfant au moment de la découverte de tout ça, et puis le fait d’être une femme, bien sûr… Mais plus je grandis, plus j’évolue et plus je m’affirme, plus je décide d’assumer et de revendiquer qu’une femme peut aimer le sexe et être libre d’en faire quand, comme et avec qui elle le veut!
    Pour les douleurs, je crois que c’est bien sûr un message, un blocage à creuser pour libérer tout ça également. Mais bon, je ne suis pas pro. M’enfin je suis d’accord avec tous tes mots! Et je suis très heureuse que tu aies rencontré quelqu’un qui sache en parler avec toi librement. 😀

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    1. Merci Justine pour ton commentaire qui fait écho (ça doit être le côté scorpion!)
      J’ai eu les mêmes ressentis que toi. Et quand j’entends le mot “sensualité” ça me fait le même effet;
      Il y a encore trop de sous-entendus, de “on dit” sur la sexualité des femmes et ce n’est pas toujours évident de s’affranchir de ces pensées et jugements.
      Mais comme tu le dis on évolue et on grandit, on arrive petit à petit à s’affirmer et à être plus libre, plus soi. Et c’est bien comme ça.
      Grosses bises et doux weekend à toi

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Un mot doux pour la route...

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