C’est quoi le manque (de l’autre)?

C’est la question philosophique du jour! Comme quoi le confinement ne détruit pas nos neurones. Même si il teste grandement notre patience.

En fait c’est une question que je me pose depuis très longtemps. Il y a le manque vital, celui que l’on ressent quand nos besoins primaires ne sont pas remplis. Il y a le manque lié à notre autres besoins, mais pour ceux-là nous avons souvent les solutions en nous. Et puis il y a le manque de l’autre, des autres.

En général, les gens ne me manquent pas. On associe souvent le manque à l’amour. Mais pour moi, ça n’a rien à voir. On peut aimer les autres et réussir à  vivre sans eux. C’est profondément libérateur, pour soi, pour l’autre. C’est même plutôt sain je trouve. Parce que personne ne nous appartient, jamais.

Le manque pour moi c’est comme si, sans l’autre, nous n’existions pas ou nous existions moins. Alors que ce n’est pas le cas. Dans la vie, nous ne sommes pas toujours proches, physiquement, de ceux qui comptent, nos amis, nos enfants, nos parents, nos conjoints. Est-ce pour autant que nous arrêtons de respirer? Est-ce pour autant que notre cœur arrête de battre?

Bien sûr, j’aimerais voir plus souvent mes amies, pouvoir m’arrêter chez l’une, chez l’autre sans avoir à prévoir un voyage, j’aimerais voir leurs enfants grandir, pouvoir échanger autrement que par téléphone, j’aimerais ne pas avoir à compter le nombre de jours qui séparent, ni devoir jongler avec les obligations familiales des uns et des autres, j’aimerais parfois que les choses soient plus simples, que nos rendez-vous soient plus spontanés, que nos agendas soient plus souples, que les parenthèses ne s’achèvent pas un peu abruptement au lever du soleil.

J’aimerais, je rêverais mais la réalité est ce qu’elle est et je dois composer avec. Le manque ne crée rien, il prend tout. Je vois le manque un peu comme un vide. Et j’ai horreur du vide! Le manque me renvoie aussi beaucoup à la dépendance affective, un mal que je connais bien.

Nous sommes créateurs de notre vie à chaque instant. Nous faisons nos choix en conscience. Ils impliquent certains schémas avec lesquels nous devons composer. Et si ceux là ne nous conviennent pas, nous pouvons toujours les modifier. Ou choisir de ne pas le faire, cela nous appartient.

Quand à ceux qui ont quitté ce monde, ils vivent en moi. Ils me rappellent l’essence de la vie, ils me disent de tout donner ici et maintenant. Ils sont dans mes souvenirs, dans mon cœur, éternellement.

Et vous le manque ça vous dit quoi? C’est quelque chose que vous ressentez? Ou pas? Comment? 

Published by

Latmospherique

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

31 thoughts on “C’est quoi le manque (de l’autre)?”

  1. Bonjour Marie. Très belle rélexion ce matin. Lorsque je dis que le confinement ne m’affecte pas tant que ça… et bien, tu as su l’exprimer en mots, et je te cite : “Dans la vie, nous ne sommes pas toujours proches, physiquement, de ceux qui comptent, nos amis, nos enfants, nos parents, nos conjoints. Est-ce pour autant que nous arrêtons de respirer? Est-ce pour autant que notre cœur arrête de battre?”

    Merci pour ce magnifique texte que je partagerai, si tu n’y vois pas d’inconvénients.

    Bisousxxx

    Liked by 2 people

  2. Je me dis que pour ressentir le manque, il faut donc désirer ce que l’on n’a pas. Le manque de l’autre, des autres, je crois ne plus l’avoir et je n’aimais pas le ressentir avant car c’est une dépendance déplaisante. Et puis, nous sommes toujours seuls de toute façon, dans notre peau et notre tête et je me suffis à moi-même affectivement ou alors je m’en persuade peut-être mais en tout cas, je ne ressens pas de manque à ce niveau. Le seul manque que je ressente c’est de ne pas savoir comment générer de l’argent en respectant mon horloge biologique et je suis sûre de l’avoir toujours connu celui-là…

    Liked by 2 people

    1. C’est ce que je me dis aussi…
      On est toujours au final seul face à soi même. Ce qui n’empêche ni l’amitié, ni l’amour. C’est juste un fait qu’il faut accepter.
      Pas facile ce manque là, j’espère que tu trouveras au fil des expériences des bribes de réponses.
      Merci pour ton retour sur le sujet

      Liked by 1 person

  3. Longtemps j’ai vécu le manque. J’ai grandi avec, je ne savais pas vivre sans. Maintenant, je l’ai apprivoisé. Je l’ai mis un peu de côté. Je me sens moins en manque. J’apprends à vivre avec ce que j’ai et c’est beaucoup. Bel après-midi et gros bisous 🥰🌟🙏

    Liked by 2 people

    1. C’est bien de t’en être affranchie Nicole, c’est un grand pas à faire, à oser!
      Oui apprendre à vivre avec ce qu’on a et savourer. C’est une des clés du bonheur aussi
      Grosses bises et merci!!

      Like

  4. Comme toi, je n’ai jamais vraiment ressenti le manque de quelqu’un. Mais je n’avais jamais fait non plus le rapprochement avec la dépendance affective ! Ceci dit, je suis en situation de détresse affective, comme j’ai pu le raconter sur mon blog, donc je ne sais pas trop si dépendance affective et manque sont intrinsèquement liés ou si cela dépend des personnes. Dans tous les cas, personne ne m’a jamais manqué. Bien sûr, je suis contente d’avoir mes amies par téléphone, d’appeler mon grand-père, etc. mais les gens ne me manquent pas. Une collègue quand j’étais en Service Civique en avait d’ailleurs été très surprise. Régulièrement je me dis que c’est un défaut, qu’une personne normale ressens un manque. Mais d’un autre côté je sais aussi que je ne me lie pas vraiment de manière fusionnelle avec les gens, j’ai beaucoup de mal à faire confiance, donc ne pas me lier, et ne pas ressentir de manque, c’est aussi me protéger si jamais la personne en face n’investit pas la relation d’une manière suffisamment similaire à la mienne.

    Liked by 2 people

    1. Je crois que nous sommes tous différents et que nous vivons les choses à notre manière.
      Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon d’être.
      Même si on finit parfois par le penser devant les réactions des autres.
      Courage et merci pour ton partage.

      Like

  5. Longtemps j’ai été dans la dépendance affective, dans le manque de l’autre. Plus aujourd’hui parce que comme tu l’as si bien dit c’est combler un vide. Ce manque est d’abord le manque d’amour de soi alors on le cherche partout chez les autres. Mais quand on le trouve en soi cet amour, quand on s’en remplit, plus besoin de se perdre dans le vide.
    Merci pour ce bel article Marie et bises.

    Liked by 1 person

  6. Christian Bobin a écrit: qui n’a pas connu le manque, n’a pas connu l’amour…. Ah bon ?! Peut-être a-t-il raisonn. En tout cas, je partage ton idée que personne n’appartient à personne. Et j’avoue qu’etant une solitaire, je ne sais pas trop ce qu’est le manque de l’autre…. des autres…..
    Au bout d’un certain temps, c’est vrai que j’ai envie de revoir mon petit monde ( famille et amis proches), je suis contente quand je revois les uns ou les autres…. Mais le manque ? Ben non, pas vraiment..
    Bon, maintenant, il s’ agit d’une durée limitée. Pas des semaines. Et quoi que, en ce moment…. Je ne vois pas grand monde. A part sur Messenger, en visio….. Bah, je survis. Et ne m’ennuie pas. Pas le temps.
    Belle fin d’après-midi petite Marie. Bisous, à bientôt.

    Liked by 1 person

    1. Peut-être que cela à avoir avec le fait que nous soyons solitaires aussi SOlène…
      J’espère que tu va pouvoir retrouver des amis en “réel” très vite.
      Grosses bises et merci!

      Like

  7. Pour moi, en ce moment, le manque des autres c’est avoir mal de ne pas pouvoir chouchouter leurs cœurs et leurs papilles avec de bons petits plats “de matriarche”, comme dit mon fils… Avoir mal de ne pas pouvoir les entourer, les dorloter, comme quand ils étaient petits et qu’ils étaient là, sous mon aile… L’un de mes fils est confiné tout seul et même s’il a l’air d’aller bien et d’être très occupé, ça me chagrine de le savoir isolé en cette période.
    Le manque des autres, c’est aussi avoir mal de ne pas pouvoir serrer mes parents contre moi et leur donner toute la tendresse possible par les gestes plutôt que par les mots – qui restent plats et froids, en général. Les gestes ne mentent pas. Ils disent ce que la pudeur n’ose pas.

    C’est une très belle idée, ces ‘Instants de blog’, Marie. Je relis tes poèmes avec plaisir, c’est un vrai régal ! Je me dis que je devrais me laisser tenter et me lancer à mon tour dans cet exercice. À creuser…

    Merci d’être là, toujours bienveillante, toujours inspirante ❤

    Liked by 1 person

    1. Oui j’imagine Marie, c’est sûrement le cas de beaucoup de mamans quand les enfants sont loin.
      Merci, contente que ces diffusions te plaisent. C’est une façon de partager différemment.
      Merci beaucoup pour tes mots qui me touchent.
      Grosses bises et bon weekend

      Liked by 1 person

  8. C’est quoi le manque ? Tout dépend si il est désir ou besoin ! Nous sommes d’autant plus authentiques dans nos échanges que nous sommes plus enclins à donner qu’à prendre. Se suffire à soi-même fait que nous gagnons en liberté et que nous libérons aussi autrui ! Ne pas demander à un partenaire de réaliser ce que nous pouvons faire sans lui est, en fait, le gage du plaisir que nous avons à être en sa compagnie. Et non d’un besoin qui ne ferait que le réduire. En effet, dépendre de quelqu’un, non seulement nous enchaîne mais nous transforme en objet. Ainsi, il ne faut jamais demander à autrui ce que nous pouvons faire sans son aide. Ne plus compter sur l’aide d’un tiers ne doit cependant pas être synonyme de repli sur soi et de sentiment de toute-puissance. Bien au contraire, il s’agit de se diriger vers plus de vie selon un processus d’individuation. Il ne désigne en aucun cas une forme d’individualisme égoïste mais, d’un processus qui fait d’un être humain un individu, une personnalité unique, indivisible Certes, le chemin proposé n’est pas sans obstacles. Il demande en effet de ne plus être dupe de soi-même. Ainsi, se libérer de tout appui inutile est la seule façon d’offrir dans la relation ce que nous avons de meilleur, à savoir notre capacité à générer non pas du besoin mais du plaisir.

    Liked by 1 person

  9. Bonjour Marie,
    Je me pose très souvent la question. Je n’habite pas en couple, nous sommes un couple qui habitons chacun chez soi. Et durant ce confinement, c’était chacun chez soi, donc 2 mois sans se voir. Et j’ai souvent pensé : est-ce qu’il me manque? Est ce que si il n’y a pas de manque c’est que l’amour n’est plus là?
    C’est souvent une question qui me hante.
    Bises

    Liked by 1 person

  10. Tu n’imagines pas à quel point tes mots résonnent en moi. Je suis comme toi Marie, les autres ne me manquent pas à l’exception des morts avec lesquels il m’est impossible de communiquer. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas contente de revoir mes proches mais de là à ressentir un manque lorsque je ne les vois pas durant une longue période, non.
    Belle journée Marie et plein de bises !

    Liked by 1 person

    1. Merci Cécilia.
      J’ai l’impression que les personnes n’osent pas trop le dire, comme si c’était “mal”.
      Alors que c’est juste un trait de personnalité je pense
      Grosses bises et bon weekend.
      PS – alors l’école de ta puce ça reprend?

      Like

  11. Réflexion intéressante.
    Je me demande si souvent manque et envie ne sont pas confondus. Je dirais :
    Le manque c’est pour une drogue
    L’envie pour ce que l’on aime

    Liked by 1 person

  12. “En général, les gens ne me manquent pas.”
    C’est fou, j’ai écrit quelque chose d’à peu près similaire à une amie après quelques semaines de confinement, mais en mode confidence un peu honteuse, parce qu’elle me demandait si ma vie (et les gens) de Bordeaux me manquaient.
    J’y ai beaucoup repensé depuis, et j’en arrive aux mêmes conclusions que toi.

    Et quand, rarement, j’éprouve du manque pour quelqu’un/quelque chose, c’est plus souvent sous la forme d’une nostalgie qui me quitte généralement bien rapidement, car la vie n’est pas là.

    Avec mon histoire du muguet, le manque était maladif… il m’a écœurée. Une relation saine n’est pas une relation où le manque s’exprime à tout-va sans laisser respirer.

    Et puis… ça n’empêche pas de se réjouir quand enfin on revoit des personnes éloignées !

    Mais tout ça tu l’écris déjà très bien.
    Bises MArie !

    Like

    1. Merci beaucoup pour ton retour Cléa. Comme quoi nous sommes nombreux dans ce cas là. Ce qui ne m’étonne pas.
      On est bien d’accord le manque à l’extrême montre qu’il y a un problème.
      Et en effet cela ne change rien au bonheur de se voir. Bien au contraire! C’est pour cela aussi qu’il faut profiter des gens qu’on apprécie sur le moment. Certes après il peut y avoir un peu de nostalgie, c’est humain.
      Mais comme tu le dis, ça passe aussi.
      Grosses bises et belle semaine en espérant que tu te portes bien

      Liked by 1 person

  13. A travers ce texte tu as tout dit, le manque peut être tellement de choses. Ma famille me manque, non parce pas que j’ai été confiné, mais juste parce que j’ai envie de les voir. Et on trouvé bien des moyens de rester en contact. Merci pour ce joli texte.

    Like

Un mot doux pour la route...

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.