Brèves de Confinement #6

Ici, les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas. Celle qui vient de s’achever a été pour le moins chaotique. Je pense que nous avons tous les deux besoin de souffler, de voir autre chose, de faire autre chose.

Cette semaine nous avons accueilli la petite voisine pour les devoirs. La motivation des premières minutes a vite laissé place à un grand bazar. Difficile de gérer deux niveaux, deux rythmes, deux degrés de concentration. J’ai beau avoir lâcher prise sur beaucoup de choses, il n’en reste pas moins que je dois pendre énormément sur moi pour rester calme et patiente. Je ne suis pas particulièrement à l’aise avec les enfants. Je ne l’ai jamais été. Je me sens encore plus dans l’obligation d’être à la hauteur. Ce n’est juste pas mon truc mais pour faire plaisir à mon fils, je fais des efforts. J’accueille, je trouve des idées, je crée, je fais le clown. Son sourire, sa joie et ses instants d’insouciance me disent que j’ai raison. Mais je m’oublie beaucoup, beaucoup trop sûrement, je ne sais pas faire autrement.

On a quand même construit une cabane, rigolé, fait quelques passes dans la cour, dessiné un peu, lu et cuisiné. Mais notre complicité s’est faite la malle au profit de disputes rocambolesques d’enfants pour un “oui” ou pour un “non”. Et si j’ai pris les choses avec recul en début de semaine, je n’avais plus de ressources personnelles à la fin pour faire face.

J’ai continué l’aquarelle, un passe-temps qui me fait du bien et me permet de me détendre. Même si c’est le soir, dans le chaos de l’endormissement de mon fils, même si je dois me lever plusieurs fois pour apaiser ses angoisses, même si c’est loin d’être toujours joli ou facile. Je m’accroche. Et je décroche des contraintes, des obligations de la journée, passée, à venir.

L’épuisement m’est tombé dessus d’un coup. Sans que je l’anticipe une fois de plus. Sans que je comprenne pourquoi dans un premier temps. Et puis la réalité. Franche et saisissante. Je ne sais pas dire “stop”, je ne sais pas poser mes limites. Pour faire plaisir, je passe après. La colère a gagné du terrain, ce ressenti encore une fois de n’être là que quand on a besoin de moi ou envie, de n’être qu’en attente du bien vouloir, de la disponibilité de l’autre. C’est un thème récurrent chez moi. Et encore une fois je sais que je suis la seule à pouvoir changer les choses…

Je ne sais pas (comme beaucoup) comment va se passer le déconfinement. Pour le moment nous avons une date aléatoire de retour à l’école. Quand certains rêvent de pouvoir sortir, de retrouver leurs proches, leurs amis, je ne désire qu’une chose, passer du temps seule à ne rien faire, me mettre sur pause. J’ai besoin de silence. J’ai besoin de déconnecter. J’ai besoin de ralenti. Riche de tout ce que ce confinement nous aura tout de même offert, en tant qu’individus, en tant que famille.

Et vous cette semaine, vous l’avez vécu comment? Vous avez ressenti quoi? 

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Latmospherique

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

18 thoughts on “Brèves de Confinement #6”

  1. De mon côté Marie, je t’avoue que mes problèmes digestifs / intestinaux ont tellement pris le dessus sur le reste que je suis juste épuisée. J’ai rdv chez mon médecin cet après midi, je garde donc un espoir d’amélioration mais dans une journée je vais ressentir des moments ” très hauts ” et d’autres ” au plus bas ” et lors de ces moments au plus bas, je suis comme toi, juste envie de rester enfermée à la maison et qu’on me laisse tranquille.

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    1. Je comprends parfaitement, c’est le genre de problèmes que j’ai fréquemment et je sais à quel point c’est douloureux.
      Comment cela s’est-il passé Sand? Tu as de quoi te soigner?
      Prends soin de toi et reste au calme, fais toi bichonner!
      Grosses bises et tendres pensées

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  2. La date du 11 mai m’a provoqué un élan dynamique vers l’espoir du dehors : alors, je crée, propose, dans l’enthousiasme . Mais ce matin, je me rends compte que personne du boulot n’est dans la même disposition que moi, mon boss est très anxieux pour les mesures et décisions à prendre (on a quand même deux crèches, et plusieurs accueils d’enfants-jeunes etc..), j’ai appris que deux collègues avaient été malades, donc la quarantaine n’est pas terminée pour eux, d’autres sont dans l’indécision complète pour leurs enfants, comme la plupart des parents que nous côtoyons, et certains de mes collègues ont développé hypocondrie et agoraphobie au point d’être tétanisés de reprendre. J’ai l’impression d’être une extra-terrestre à vouloir sourire, créer, aller de l’avant. Donc, cette semaine, je vais me faire petite, pas trop d’échanges de mails car je dois rajouter à leurs angoisses… Sinon, je vis avec une dent cassée depuis trois semaines, les douleurs apparaissent, hâte de pouvoir aller chez le dentiste. Pour ton enfant, ne t’inquiète pas : l’adulte est forcément en décalage avec l’enfant, et “personne n’est fait pour jouer et contenter un enfant” toute la journée. Pour les professionnelles dont je fais partie, c’est différent, il n’y a pas d’affect et on sait qu’il y a une heure de fin de prise en charge. Nous avons tous ressenti ce poids de culpabilité, de recherche d’équilibre, de bonheur. Mais un enfant a une place, l’adulte aussi. On a pas à être heureux de gazouiller avec eux. On peut juste être heureux qu’il soit heureux. Et s’il l’est en jouant seul ou avec un enfant, c’est d’autant mieux. Maintenant, la période de confinement exacerbe tout çà, c’est évident. Bon courage pour la suite.

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  3. Je suis ‘privilégiée’ d’un certain point de vue car je suis seule dans mon petit studio… mais je suis ainsi tout le temps et le confinement ne me pèse pas trop, ça ne change quasi rien à ma vie déjà bien vide, hormis mes dessins, l’écriture, la méditation, la lecture, que des choses plaisantes bien évidemment mais je n’ai pas de challenge, pas d’objectif, je ne sais pas comment ça sera pour moi lorsque je ne serai plus en accident de travail… bref… un gros point d’interrogation inconfortable alors, je vis au jour le jour et c’est bien ainsi…

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  4. Je suis épuisée, en manque des miens, mais je suis aussi consciente de ma chance : j’ai un jardin. Le confinement est différent pour nous, même s’il faut gérer mes loulous et leur cohabitation avec leur papa qui n’est pas un modèle de patience, en dépit de ses efforts pour supporter tout le tapage produit par deux enfants de trois ans. Le jardinage me fatigue, mais me ressource aussi… c’est le meilleur des exutoires (après l’écriture, mais je n’ai pas le temps pour écrire). Je te souhaite du courage et je t’embrasse bien fort.

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    1. J’espère que tu vas vite pouvoir retrouver les tiens Sandra et un rythme plus calme.
      Le jardin, c’est un passe temps, peu apaisant, mais qui permet de déconnecter j’imagine.
      Pas toujours facile de gérer ses émotions avec des petits.
      Grosses bises et bon courage, prends soin de toi surtout.

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  5. De mon côté ça va, même si mon tuteur de stage me donne toujours pas beaucoup de travail… je préférerais avoir des journées bien remplies que des coups de feu suivis de vide…

    En tout cas, prends soin de toi ! 🙂

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  6. Je comprends ton besoin de solitude et je te souhaite que Loulou puisse reprendre le chemin de l’école, ne serait-ce que deux jours par semaine afin que tu recharges tes batteries. Plein de courage à toi Marie, grosses bises.

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  7. Sache que je comprends et partage ce sentiment de n’être là que pour les besoins et envies des autres. Il me semble que personne ne sait qui je suis vraiment, personne ne m’aime comme j’aimerais qu’on m’aime. Je dois être trop exigeante, sûrement. Alors je vais tenter de trouver les ressources en moi-même, sans rien attendre des autres. Ce qui est extrêmement difficile quand on a vécu 17 ans sous emprise.
    J’aurais beaucoup à écrire sur la maternité… Des choses difficiles, qu’on “n’a pas le droit de penser”. C’est un sujet sensible.
    Je te souhaite d’obtenir bientôt ces moments de solitude et d’apaisement dont tu as besoin (et qui sont grandement mérités, après tant de jours de patience et de dévouement avec ton loulou).

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    1. J’ai longtemps vécu ça donc je te comprends parfaitement Nina.
      Il est essentiel de retrouver les ressources en soi car nous sommes seuls responsables de nos vies. Trop attendre des autres nous place en dépendance et ce n’est sain ni pour nous ni pour eux.
      Je suis d’avis qu’on a le droit de dire, et de penser justement, d’ailleurs j’ai pas mal écris sur le sujet. C’est loin d’être quelque chose d’inné. Plus les mères parleront, plus elles se libéreront d’un poids pas facile à porter.
      Merci à toi et très bon weekend!

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  8. J’avoue que même avec le confinement, je ne vois pas grand chose de changée dans ma vie. Sauf ne plus voir mes enfants et petits-enfants, ne plus aller à l’épicerie… le déconfinement commence tranquillemment au Québec, et je trouve ça inquiétant. On a parfois l’impression que certaines personnes ne prennent pas au sérieux ce virus.

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    1. Ici aussi les gens ont commencé à prendre certaines libertés…
      On va voir ce que ça va donner. En même temps il faut bien que la vie reprenne.
      Beau weekend Josée! Et belle semaine à venir

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Un mot doux pour la route...

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