L’autre n’est jamais le problème…

Crédit Pixabay

Au premier jour de formation, cette phrase vous fait l’effet d’une bombe et vous vous dites que vous avez du boulot à faire sur vous!

L’autre, vous savez, votre patron, vos parents, votre voisin de palier, vos collègues, vos potes, votre meilleure amie, votre mouflet, les gosses des autres, la maitresse, les autres conducteurs, votre coiffeur, votre belle-mère, les parents d’élèves, le garagiste, la SNCF, la Poste, les hommes politiques, votre conjoint, vos lecteurs, vos clients…
Je pense que vous voyez très bien.

Et oui, au début ça file une de ses claques.
Mais si l’autre n’est pas la source de TOUS mes problèmes, qui en est responsable? Ça mouline, un peu, beaucoup, ça mouline et ça lutte à l’intérieur, un vrai bras de fer, pour ne surtout pas faire face à la réponse.
L’autre, responsable de mes maux, c’est beaucoup plus simple et pratique.
L’autre, cet inadapté, cet abruti, ce sans-gêne, cet irrespectueux, cet empêcheur de tourner en rond, l’autre, celui qui me gâche l’existence. Je ne vais quand même pas le laisser s’en tirer à si bon compte.

Peut-être, mais à force de se dire que c’est l’autre, on perd le contrôle de nos choix, de nos vies. On devient un pantin entre ses mains et on va pouvoir continuer à en vouloir à la terre entière pour tout ce que nous considérons comme injustice et manque de chance.

Toutefois, ça n’aura pas l’effet escompté. L’autre ne va pas changer pour vos beaux yeux. D’ailleurs pourquoi devrait-il changer? L’autre est tel qu’il est comme vous êtes tel que vous êtes. Il n’est peut-être pas comme vous aimeriez qu’il soit, certes, mais vous n’êtes peut-être pas, vous non plus, comme il aimerait que vous soyez. A ce régime là, nous ne cesserons jamais tourner en rond. Or le but de toute vie c’est d’évoluer, non!

Comment évoluer sans prendre nos responsabilités. Nous avons tous en tête la célèbre phrase de Gandhi “soyez le changement que vous voulez voir dans le monde”. Le monde ce n’est pas ailleurs, c’est là, votre monde, votre famille, vos loisirs, votre travail, vos blessures, votre histoire.
Je ne vous cache pas que ce n’est pas un travail évident mais je peux vous assurer qu’il est très libérateur. Il donne une vision du monde totalement différente et aide à accueillir l’autre sans jugement.

Comme l’autre n’est pas responsable de notre bonheur, il ne l’est pas non plus de notre malheur. Oui, je sais c’est un peu compliqué à intégrer et pas de souci, il y a des jours où ça vous paraitra simple et d’autres où vous vous direz que c’est complètement barré cette histoire.

Le but c’est bien de réfléchir à la place de chacun et à la meilleure manière de trouver la sienne. Notre colère, notre déception, notre peine, nos chagrins, nos peurs, notre jalousie tout comme nos joies, nos partages, nos réussites, parlent de nous. Toutes nos émotions et nos sentiments sont un baromètre fantastique pour apprendre à nous connaître, nous accueillir, nous accepter, nous aimer.

Bien sûr si l’autre pouvait aussi faire le travail, ce serait mieux. Mais là nous n’avons pas la main. Et nous ne l’aurons jamais. Demandez à tous les “sauveurs” de la terre, personne n’a jamais réussi à changer quelqu’un contre son gré. C’est une utopie et une certaine violence aussi envers l’autre (après réflexion). Mettons nous, à sa place, aimerions nous que quelqu’un nous façonne à sa guise, selon des valeurs et idées qui ne nous parlent pas du tout?

Chacun son chemin, chacun son rythme. Chacun son cheminement personnel, chacun son histoire et chacun sa personnalité. Nos différences ne sont pas faites pour être gommées, elles sont une richesse pour nous aider à grandir encore et toujours.

PS/ Ca va de soi mais je préfère le préciser, nous ne sommes aucunement responsables des actes odieux commis par d’autres à notre encontre. Seulement de la manière dont nous y faisons face et là encore nous y faisons face en fonction d’où nous en sommes dans notre parcours personnel. Ce billet a été écrit pour ouvrir la réflexion de chacun…

35 thoughts on “L’autre n’est jamais le problème…

  1. Je ne suis pas tout à fait d’accord. Je parle pour mon amie violée. Je ne vois pas où ça peut être sa faute. Moi, la seule chose que je vois, c’est que lui continue à mener sa vie tranquilou et que, elle, elle doit se reconstruire et surtout, qu’elle va rester “marquée” pour toujours…Alors oui, on peut dire, elle n’avait qu’à pas sortir avec lui, mais est-ce qu’on s’imagine ça quand on commence à sortir avec quelqu’un? J’espère pas, sinon vaut mieux rester seule. Si je lui dis qu’elle est responsable, ça va encore plus la détruire. Bref, je ne dis pas que tous nos malheurs viennent des autres mais pour moi, l’inverse n’est pas vrai non plus.

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    1. Elle n’est en effet pas responsable du viol qu’elle a subi – personne ne l’ai jamais. Juste de ce qu’elle va faire de cela, la manière dont elle va se reconstruire après cet épisode dramatique.
      Les actes des autres peuvent être très destructeurs. Et je ne pense pas que ce soit facile de se remettre d’un tel choc. Elle aura besoin d’aide, d’écoute et de trouver la voie pour en revenir.
      Marquée oui mais cette empreinte sera peut-être aussi sa plus grande force.

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      1. Oui, sauf que dans ce genre de cas, la société s’attend à ce que tu sois détruit.e à jamais, que ça se voit limite ce qu’il t’est arrivé et qu’en même temps, elle va te faire sentir que si tu ne t’en sors pas, ce n’est pas normal, que tu es faible…Les extrêmes me dérangent toujours, il n’y a rien à faire

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        1. C’est pourquoi il faut réussir petit à petit à se détacher du “regard” de la société.
          Là encore ce n’est pas évident. Face à une même situation chacun réagira différemment. Et chacun fera en fonction de son vécu et de sa personnalité. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse face à ce type de drame malheureusement. Je ne peux toutefois que lui souhaiter de s’en sortir.

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          1. Oui, je suis d’accord. Je pense qu’elle n’a rien à prouver, qu’elle arrive à l’intégrer, se remette sur pied et qu’il lui arrive malheur à lui (c’est pas politiquement correct mais c’est ce qu’on lui souhaite), ce sera déjà assez…

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  2. C’est pile l’article qu’il me fallait aujourd’hui. Depuis quelques jours, je ressens à nouveau des mauvaises choses à l’encontre de ma cheffe et de mon chef. Et, comme tu l’écris, le pire c’est que c’est moi qui me rend malade à cause de deux personnes qui me sont totalement indifférentes. Pas facile de lâcher la rancœur, la haine lorsqu’on a trahi ma confiance. Tu as raison, c’est un travail énorme même un défi pour moi. Dépasser tout ça, pour avancer la tête haute et l’esprit léger. Merci pour ton article. Je vais le mettre dans mon blog, il a vraiment sa place. Agréable fin de journée. Gros bisous 😘🙏

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    1. Heureuse que cela fasse autant écho en toi Nicole et t’aide à un moment de ta semaine.
      Et oui nous sommes doués pour nous faire du mal tous seuls. Le tout est d’en avoir conscience, de cette manière nous pouvons changer de direction!
      C’est un peu un exercice de chaque instant au début et puis au fil du temps ça devient plus facile.
      Grosses bises et mille merci.

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  3. Je suis assez d’accord avec ce que tu dis. Nous somme responsables de ce que nous faisons, disons, pensons et de la manière dont nous réagissons face aux autres et aux événements… Maintenant, quel travail difficile que de changer notre propre façon de voir et de vivre les choses ! C’est parfois beaucoup plus facile de subir et d’être victime que d’agir et d’être acteur. Bises d’ici !

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    1. C’est clair que ce n’est pas un travail évident Sandra. Je n’y arrive pas toujours.
      Mais la formation que je fais nous y invite et cela ne peut qu’être productif pour une vie plus saine et agréable.
      Je te rejoins complètement sur le fait que parfois il est plus simple d’être victime – on se laisse porter au final…
      Grosses bises et merci pour ton retour

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  4. Pingback: Même pas désolée – Bonheurs au quotidien

  5. Tu le sais j’ai été victime de viol toute petite et il est vrai que l’on ne peut être tenu pour responsable des fais d’un agresseur ! Cependant ce qui est important, c’est ce que l’on en fait. Alors évidement il faut du temps. Mais après un certain temps chacun doit décider ce qu’il veut faire de son fardeau. S’en délester par tous les moyens possibles ou continuer à le porter indéfiniment. Cela est vraiment de notre choix et de notre responsabilité.
    Bises affectueuses Marie.

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    1. Oui Catherine, non en effet nous ne sommes pas responsables des actes des autres à notre encontre.
      Et comme tu le dis, ce qu’on en fait, voilà ce qui compte et ce sur quoi nous avons la main.
      Tu en es un magnifique exemple.
      Nous sommes tous différents, certains réussiront à dépasser ce qui les ronge, d’autres pas. Il n’y a pas de bon ou mauvais chemin.
      Mais reporter sans cesse la faute sur l’autre lui donne souvent un pouvoir sur nous. Et c’est cela qu’il faudrait pouvoir enrayer pour vivre plus sereinement.
      Je t’embrasse et merci pour ton partage chère Catherine

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  6. C’est un vaste sujet qui peut apporter tout un tas de réactions. Je pense que nous sommes responsables de ce que nous pensons, de ce que nous vibrons, de ce que nous projetons, de ce que nous rayonnons et nous avons une grande marche de manœuvre en ce sens. En revanche, ce qui arrive de l’extérieur, je parle de choses dramatiques, sont indépendants de notre volonté (encore qu’il y ait l’histoire d’énergie, d’attraction mais je ne me risquerai pas plus en avant) mais comment nous faisons face à ce qui arrive, oui, personne ne peut agir, réagir, ressentir les émotions à notre place. Si je prends mon exemple de braquage subi dans le magasin où je bossais, je pourrais me dire : ‘mon dieu, comme vais-je vivre maintenant ? Ce traumatisme m’a foutu en l’air’ ou quelque chose de similaire, mais je choisis de me dire que je vais rebondir et que de belles opportunités vont venir à moi… ou quelque chose dans ce genre….

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    1. C’est tout à fait ça Patricia, tout est lié à notre manière de réagir face à un évènement, une situation, de notre capacité à rebondir.
      Après tout dépend de notre personnalité et d’où nous en sommes à titre personnel dans notre évolution.
      Merci

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  7. missfujii

    Certains individus semblent provoquer la guigne. Ils accumulent les catastrophes, apparemment sans y être pour grand-chose. Celui-ci ne connaît que des déboires amoureux, alors que cet autre va de licenciement en licenciement. Comme si l’un et l’autre choisissaient leurs partenaires ou leurs patrons dans le but de se faire éjecter. Ils sont pourtant persuadés de n’être pour rien dans cette accumulation de mauvaise fortune… De fait, consciemment, ils n’y sont pour rien. Mais c’est une stratégie inconsciente qui les pousse à choisir les mauvaises relations affectives et professionnelles, en réponse à un schéma névrotique engrammé en eux depuis l’enfance.C’est pourquoi, devant une accumulation de malchance, il est bon de s’interroger afin de débusquer, au fond de soi, ce qui en est responsable. Au contraire il s’agit de se nourrir de ce que notre quotidien nous apporte pour cultiver en nous cet état d’ouverture et de confiance qui nous aidera à mieux saisir la chance quand elle passera.

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    1. D’où l’importance de se poser Sabine et de prendre le temps d’aller à l’intérieur de soi. C’est là qu’est la clé pour comprendre nos schémas, déconstruire ceux qui ne nous conviennent pas et en créer d’autres en accord avec notre “moi” de l’instant.
      Merci!

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  8. L’enfer c’est parfois les autres, tu ne peux pas changer la personne en face et si elle a décidé d’être con tu n’y peux rien ! Faut juste prier de rencontrer des gens qui se connectent bien à ton PC mental (et réciproquement) !

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    1. On va dire que pour la formation que je fais, on apprend à prendre chacun comme il est là où il en est…
      L’avantage dans la vie c’est qu’on reste maître à bord de son propre mental. A nous de voir avec qui on veut / peut avoir des relations.

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  9. L’enfer c’est les autres, disait un célèbre philosophe. Soit, parfois oui. Mais le paradis aussi….
    La faute de l’autre, certes c’est facile. Mais lorsqu’on se cogne le petit orteil dans le bas de l’armoire ou sur la table basse, ce n’est peut-être pas la peine d’en rajouter et de donner un coup de pied à ces meubles que l’on tient pour responsables. Enfin bref !
    Une chose est sûre: on ne peut pas changer les autres, c’est nous qui changeons ( ou pas, d’ailleurs). La remise en cause, le mea-culpa, ce n’est pas donné à tout le monde.
    En tout cas belle réflexion, Marie.
    Douce soirée à toi.

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    1. Soeur Emmanuelle disait que le Paradis c’était les autres…comme quoi des goûts et des couleurs Solène.
      Je trouve que prendre sa responsabilité permet de se libérer.
      Si je prends mon exemple j’en ai énormément voulu à mon ex et ça m’a beaucoup pourri l’existence. Aujourd’hui je me dis qu’il est tel qu’il même si je suis très, mais alors, très bien sans lui. Entretenir des pensées négatives à son égard ne vont pas le faire changer, ni ne vont modifier le passé et continueront à empoissonner mon quotidien.
      Je veux la paix alors je me concentre sur ce qui compte et fais sens.
      Belle semaine à toi et merci pour ta visite

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      1. Et tu as bien raison. De toute façon, je ne pense pas qu’il soit possible de se sentir bien tant qu’ on en veut à quelqu’un. Quand bien même on aurait de “bonnes raisons”, il faut aller de l’avant et ne pas s’encombrer de pensées négatives.
        Pour en revenir à cette phrase, l’enfer c’est les autres, je pense sincèrement que l’inverse est forcément valable aussi. Et je préfère retenir ceci.
        Bonne à toi également Marie. A bientôt.

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  10. J’ai également commencé un article sur la deculpabilisation générale qui sévit en ce moment. Ce n’est jamais de notre faute, toujours celle des autres. En lisant ton article, je me rend compte que j’ai bien fait de ne jamais le publier car ta plume est bien plus sympathique à lire que la mienne 😄😄

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  11. C’est malheureusement la chose la plus difficile à faire comprendre à celles et ceux qui estiment que l’autre est la cause de tous leurs maux. Tu as réussi à plutôt bien l’expliquer même si ceux qui ne veulent pas l’entendre ne l’entendront pas, c’est certain. Moi-même j’ai mis de nombreuses années à l’intégrer et parfois, encore, j’ai du mal à faire la part des choses entre culpabilité et responsabilité. Mais c’est le plus important. Je ne suis pas coupable des cruautés des autres mais je suis responsable de ma vie et de ce que je fais de mes expériences… 🙂

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    1. On peut en parler mais en effet comme tu le dis Justine si les personnes n’ont pas envie d’entendre, elles n’entendront pas. Ce n’est pas de notre ressort.
      Ta dernière phrase est un excellent résumé de mon propos.
      Merci!

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  12. sweetiejulie

    J’ai voulu agir pour que les choses changent là où je bossais, et le résultat ne s’est pas fait attendre : je suis devenue la cible de harcèlement moral. Je pensais agir pour le bien de tous, mais je me suis rendue malade et j’étais toute seule.
    Le jour où j’ai compris que je n’y changerai rien, malgré mes efforts pour communiquer avec la personne qui me harcelait, j’ai lâché prise. Non, on ne change pas les gens.
    Par contre on peut changer sa façon de gérer une situation difficile et quand nos émotions débordent, soit on les expose sans honte, soit on prend le temps de se recueillir, de se reposer et de retrouver la sérénité.
    Très bon article, merci Marie.

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    1. On ne communique pas avec des personnes toxiques Julie. On croit pouvoir parce qu’on est loin de ce type de communication, qui n’est généralement qu’à sens unique.
      Nous ne sommes pas responsables des autres, juste de la manière dont nous prenons les choses, bonnes comme moins bonnes, de la manière dont nous réagissons et de celle dont cela impacte nos vies.
      Merci pour ton partage sur ce sujet

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Un mot doux pour la route...

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