Posted in Atelier écriture

Le goût amer des tulipes

Les tulipes, tu verras, une merveille….

Je n’ai pas vu les tulipes. J’ai arpenté les rues à sa recherche. Amsterdam la nuit, quelle folie! J’ai cru m’étouffer devant ces vitrines, ces corps de femmes exposés. Ces images hantent encore ms rêves, dans lesquelles je tremble de ne pas la trouver.

Ce voyage elle en parlait avec tant d’enthousiasme, comme une destination de rêve, la chanson de Brel en bandoulière. J’étais sceptique mais après tout la jeunesse est pleine d’innocence et d’absolu. Je me devais de respecter ses aspirations, ses envies d’ailleurs. Je lui répétais sans cesse ma mission, celle de lui donner des ailes pour créer son destin.

Ses premières lettres rassurantes disaient la nouveauté, les découvertes, les fabuleuses couleurs des fleurs en avril. Elle m’invitait à venir contempler la magie à ses côtés. Puis les lettres s’étaient espacées. Je mettais ça sur le compte de sa nature sauvage. Elle ressentait sûrement le besoin d’un peu de distance entre nous. Je comprenais. Sur la dernière, je me crispais. Quelque chose n’allait pas, il me fallait partir sans tarder.

Je l’ai retrouvée loin des lumières, dans une rue mal famée, le corps bouffé par des substances illicites. Depuis je fuis, la Hollande, la nuit et ces tulipes au goût de mort.

Ce texte est ma participation à latelier d’Olivia. Les mots imposés étaient: Hollande ou tulipe – étouffer – image – chanson – nouveauté – destination – voyage – merveille – crisper – sauvage

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

24 thoughts on “Le goût amer des tulipes

  1. Allez, je me lance.
    “Elle n’avait plus rien de commun avec les photos que nous avions échangées, à peine si je reconnaissais son visage. Maquillée à l’extrême, elle ressemblait à une poupée de film d’horreur. Les junkies ne se rendent pas compte, et s’en fichent, de ne plus avoir visage normal et même parfois humain. La seule chose qui compte pour eux est le dose de saloperie, pure ou mélange par quelque sagouin dont le seul souci est le fric mais tant pis si l’usager en crève.
    Je pensais qu’elle m’aurait reconnue mais non, cela ne fut pas le cas; Absorbée toute entière par son trip, elle me regarda avec des yeux hagards, éteints de toute trace de vie, de chaleur ou d’amitié. Elle n’était presque déjà plus là.”

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  2. Premier voyage à deux , après une guerre qui a meurtri mon “fiancé, à 19 ans(…Souvenir inoubliable en 2CV et tente(” vers le cap Nord et le soleil de minuit… Mais nous sommes restés quelques jours et nuits à Amsterdam, où cette description de nuit est exacte , car j’y ai ressenti les mêmes sensations, et angoisses Cela m’a fait revivre aussi la chanson de ” Brel “que je considère comme un “frère” que j’aurais tant voulu rencontrer! Merci pour cette évocation, peut-être imaginée mais tellement réelle car cette fin est souvent celle des êtres passionnés…Je sais. Dan.

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  3. Ah oui, la Hollande vue uniquement comme ça, c’est triste; mais je t’assures qu’il y a des tulipes… de beaux musées… et des gens bien 😉

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  4. j’ai visité Amsterdam et si tu ne sais pas ce que c’est, l’odeur de la marijuana, là tu le découvriras, dans certaines rues, elle est dans l’air, constamment…

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Un mot doux pour la route...

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