De l’urgence à la renaissance

Crédit Pixabay

Elle savait survivre. Elle savait l’urgence de la peur, celle des pas posés pour éviter le pire. Elle savait le froid, la voix qui tremble devant la porte d’embarquement et les larmes qu’on ne retient pas. Elle savait le vide dans le plein de vie des jours de fête.
Elle avait vu la mort dans son regard et la mort lui avait laissé la vie sauve.

Elle ne savait plus vivre. Elle ne savait plus l’urgence des corps qui se manquent. Elle ne savait pas les pas de l’audace, ni les mots qui disent le plaisir des sens et les sens qui entrainent sur des terrains glissants euphorisants.
A trop vouloir oublier, à s’assurer de ne rien laisser paraitre, à vouloir trop se protéger, elle s’était privée du souffle pur et vivifiant des sentiments.
Elle avait vu la vie dans son regard et la vie lui avait tendu la main.

De l’urgence de se fondre dans l’élégance des peaux à l’enivrant tumulte des corps composés, structures décomposées. Se posséder sans s’appartenir. Se glisser dans un bain de douces folies et se laisser porter. Ne plus ressentir que le désir épanouissant, que la jouissance exquise d’un rendez-vous qui dicterait les prochains gestes, qui testerait les limites, inviterait à lâcher la pudeur, masque machiavélique sans intérêt.

Elle revenait d’un pays lointain, d’une terre gorgée de feu et de peurs, celles qui tiennent éveillé la nuit et empêchent le sommeil.
Elle revenait pour embrasser chaque seconde de vie, chaque vibration à l’intérieur de son ventre, au creux de son bassin.
Dans chacun de ses mots et chacun de ses gestes, dans chaque doigt qui trace le contours de ses lèvres, dans chaque effleurement, chaque pulsion, chaque fois qu’il pose ses désirs sur ses cicatrices, elle renait.

14 thoughts on “De l’urgence à la renaissance

  1. Comme c’est beau Marie et si bien écrit ! Il me parle fort ton texte, je suis cette femme qui a vu la peur et la mort, qui s’est protégée comme elle l’a pu.
    Et je nourris l’espoir de renaître un jour. Je t’embrasse.

    Like

  2. Ton texte est vraiment beau ! Il exprime si bien les passions de l’amour. J’aimerai un jour renaître ainsi, ne plus avoir peur d’être aimée … Bientôt 😉
    Bises pleines de tendresse Marie.

    Like

    1. Cela viendra, j’en suis sûre. Avec la guérison, le temps, la bonne personne.
      L’amour a cette force aussi de venir apaiser nos blessures.
      Grosses bises et belle fin de journée Catherine.
      Merci

      Like

Un mot doux pour la route...

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.