La seule vérité

Crédit Pixabay

Le passé est un horizon dépassé. On garde longtemps la trace comme pour dire qu’il a existé. Comme pour se justifier d’être encore vivant, d’avoir survécu aux tourments. On se console et on se perd dans les méandres des heures solitaires dans lesquelles on tente de défaire les nœuds, de lever les voiles.

Nous sommes des histoires dans l’Histoire, des étincelles de vie dans l’univers immense des destins. Nous vivons bien souvent sur des racines esquintées, mal en point, reliées à la terre et mal nourries. Nous penchons du côté de l’oubli. Jusqu’à ce qu’un évènement nous bouscule et nous demande de choisir. A chaque instant en nous les pulsions de vie et de mort se font face.

Puis on bascule.

Le passé s’égare. Pour peu qu’on le laisse tranquille. Y revenir sans cesse nous empêche d’être présent à nous mêmes. A la vie qui se joue là, sous nos yeux, la vie qui nous invite à une danse époustouflante jusqu’au grand final.
On devrait pouvoir dire “je t’aime” sans avoir peur de se brûler les ailes, faire confiance sans faillir. Et partir sans se retourner. Même sur un baiser volé.

Nos vies sont liées. Nos corps subtiles se touchent au quotidien. Nous sommes des entités distinctes, des singularités avec un but commun, vivre. Autant que cela se fasse dans l’allégresse et les sourires. L’histoire nous rappelle que même au milieu du pire, il suffit d’un matin pour que le soleil brille un peu plus fort et que l’innocence des enfants pousse tout le monde dehors.

N’attendons pas le noir, le vide, la fin pour enfin nous ouvrir aux promesses d’aujourd’hui. Il est le seul temps que nous maitrisons, la seule constante à portée de main.
Si il existe une seule vérité, c’est bien celle des battements de nos cœurs vivants dans chaque seconde.

16 thoughts on “La seule vérité

  1. Je sais Marie que ne plus écrire un temps serait impossible pour toi mais tu phosphores tellement que parfois je me dit que ton cerveau doit bouillir…. Tes mots sont toujours beaux mais si tourmentés parfois, tant de questionnements…

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  2. Le passé fait de nous ce que nous sommes mais il vaut mieux ne pas trop se retourner et se glisser dans le présent avec fraîcheur et enthousiasme car chaque histoire est unique et parfois le rétroviseur est mauvais conseiller.

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  3. La vie et la mort se font face, oui, toujours. Et vivre l’instant, profiter de chaque bulle de plaisir, de bonheur est essentiel. Faut Il délaisser le passé pour autant ? On m’a dit que j’étais maso de vouloir revivre ce passé si douloureux … Je ne suis pas maso. C’est juste que ce passé resurgit, qu’il y a une raison à cela. Quand le passé nous rappelle à l’ordre, c’est qu’il est nécessaire de guérir, et il faut écouter nos blessures pour qu’elles ne rejaillissent pas au détour d’un mot, d’une odeur. Il y a quelque chose de l’ordre d’une libération quand le passé refait surface trop violemment. Une libération pour nous même, mais aussi pour nos enfants et les enfants de nos enfants. Il faut parfois avoir la sagesse d’écouter le passé pour vivre pleinement l’instant présent.
    Affectueuses pensées Marie 😊

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    1. Oh non Catherine, il faut parfois mettre les deux pieds dans le passé, s’y coller, démêler les fils. Pour construire aujourd’hui il faut avoir compris, accueilli, cicatrisé. Sinon ce n’est que du colmatage et l’on sait que ça ne résiste pas au temps.
      Tu es surtout très courageuse parce qu’affronter des choses si dures ce n’est pas donné à tout le monde. Mais au bout du processus, comme tu le dis, la libération pour toi et ta lignée. Et ça c’est lumineux!
      Merci et très belle journée à toi.

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  4. Les conséquences à développer et entretenir une âme passéiste sont plus négatives que ce que l’on peut l’imaginer. Vivre constamment dans le passé prive de sa propre existence. Alors, Stop à la rumination, oui à l’espérance ! la rumination mentale crée un conflit épuisant dans la mesure où elle s’oppose à ce qui est. Ainsi, ressasser à outrance les bons souvenirs ou les peines empêche tout simplement l’action juste. Par un curieux paradoxe, rompre avec son passé consiste aussi à l’accepter. Ainsi, tant que les rancœurs d’une autre époque se réactualisent, il paraît difficile d’avancer.

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    1. “Par un curieux paradoxe, rompre avec son passé consiste aussi à l’accepter”
      Je crois que c’est le gros travail préalable à faire Sabine.
      Pour ensuite pouvoir avancer et regarder devant.

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  5. Vivre l’instant présent… J’oublie parfois, tellement le passé revient m’obséder. La nuit surtout, quand rien d’autre ne m’aide à m’en détourner. Mais tu as raison, quand on laisse le passé un peu de côté, sans l’oublier, mais en le considérant avec un esprit apaisé, on vit de belles choses et de bons moments. Bisous tourangeaux sous le vent…

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    1. C’est de la pratique Sandra. Un jour on en a tellement marre du passé qui rapplique qu’on met des limites. Il existe donc le nier ne sert à rien, mais le lâcher un peu ça offre quelques grammes de sérénité au début et puis plus après.
      Grosses bises et douce journée. Ici on croirait presque que c’est la nuit!

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Un mot doux pour la route...

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