Posted in Atelier écriture

Le vide des souvenirs

Je reverrais toujours le vert anis de son manteau de petit garçon, une lueur vive dans le vide absolu des jours qui passent et ne laissent comme trace qu’un souvenir tenu.

Je perçois au loin le son d’une balle qui rebondit sur le sol, un jouet d’enfant sûrement. Les aiguilles de ma montre scandent son retard. Où peut-il être à cette heure ? Combien de temps lui faut-il pour sortir de sa torpeur ?

Les groupes de paroles me laissent croire à une hypothétique renaissance. Les bouches, gavées de mots bienveillants, me promettent du mieux, du meilleur, quand tout autour n’est que désolation.

J’ai fermé les yeux trop longtemps. Très pratique pour ne pas affronter le squelette de son enfant terrassé par le poids des substances illicites ingurgitées. L’abandon plutôt que le défi. Je l’ai laissé couler dans l’abîme.

Je l’attends, réfléchissant à l’impromptu qui le retient loin de moi. Encore une fois, je fuis la terrible absence. Depuis qu’il est parti, je colmate les manques.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient:

Impromptu – anis – squelette – rebondir – renaissance – vide – retard

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

25 thoughts on “Le vide des souvenirs

  1. J’ai vécu un peu de ça avec ma fille, qui avait sombré dans un monde où je ne pouvais l’atteindre … Et même si elle n’a pas cédé aux drogues dures, j’ai cru l’avoir perdue. Quand on est à côté, impuissant, il n’y a que l’amour, le dire chaque jour, qu’il, qu’elle est aimée, sans relâche. Je crois bien que c’est ce qui l’a sauvée. Merci Marie de poser des mots sur ce fléau, cet étau que certains vivent. Bises affectueuses.

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    1. Je pense que l’amour a ce pouvoir en effet Catherine. Ça doit être dur de voir son enfant sombrer.
      Mais oui être là avant, pendant et après.
      Je t’embrasse bien fort et merci pour ton partage.

      Liked by 1 person

  2. L’heure est à l’action, “les bouches gavées de mots bienveillants” c’est mieux quand même que le mépris et la mise à l’écart !
    Parfois il faut même prendre des décisions à contre cœur, c’est douloureux mais ça peut sauver un être cher…

    La nuit n’est jamais complète.
    Il y a toujours, puisque je le dis,
    Puisque je l’affirme,
    Au bout du chagrin
    Une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée
    Il y a toujours un rêve qui veille,
    Désir à combler, Faim à satisfaire,
    Un cœur généreux,
    Une main tendue, une main ouverte,
    Des yeux attentifs,
    Une vie, la vie à se partager.
    La nuit n’est jamais complète.
    Paul Eluard

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    1. Oui Tony.
      Mais tu sais parfois on n’est pas encore prêt pour les mots bienveillants.
      J’aime ce poème de Paul Eluard qui m’a longtemps accompagnée sur les chemins escarpés et m’a aidé à croire en la lumière chaque jour un peu plus
      Belle semaine. Grosses bises

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Un mot doux pour la route...

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