Quand le virtuel évince le réel, j’ai envie de…

Crédit Pixabay

Je les regarde vivre, mais vivent-ils vraiment, le nez rivé sur ce petit écran, sur lequel défilent des scénarios qu’ils ne prennent même pas le temps de voir, déjà attirés par autre chose, une autre ligne, une autre photo.
Je les regarde passer dans la vie, sans lui prêter attention, se croyant à l’abri derrière le fil à sensations de la vie des autres, exposée, leur liberté filtrée. Ils marchent, mangent, se posent dans un silence plein de bruit. S’en rendent-ils compte?
Ils admirent puis haïssent aussi vite. Ils sont à côté de la vie qui bat, à côte de la ville animée. Ils ne saisissent pas la beauté ou alors juste, vite fait, un clic rapide sans prendre le temps de juger le bon angle, la luminosité appropriée. Juste un cliché de plus. Histoire de dire qu’on existe. Même un peu.

Je les regarde et j’ai envie de leur dire d’arrêter, d’éteindre leurs écrans, de revenir dans la réalité. J’ai envie de leur arracher des mains ces morceaux inhumains qui ne font que les éloigner du vivant. J’ai envie de leur dire de se réveiller avant que la mort ne les cueille, qu’il ne reste plus rien à sentir, ressentir, à créer, aucune rencontre à faire, aucun sentiment à exprimer.

Je les regarde tantôt conquérante, tantôt démunie.

J’ai envie que cesse cette course dramatique, ce plongeon vertigineux dans un virtuel qui nous éloigne, si on ne sait pas le maitriser, de nos potentiels, de nos rêves. J’ai envie qu’ils ouvrent les yeux sur le monde, pas celui formaté, mais celui qui hurle et crie, celui qui vibre et explose de joie. Qu’ils arrêtent de fermer les yeux sur le vrai, trop obnubilés par cette frénésie de transformé. Qu’ils se gavent d’authentique. Qu’ils se vautrent dans le luxe de la solitude.

Je sais qu’un déclic peut tout changer. Qu’il suffit de peu pour se reconnecter à ce qui compte comme il suffit d’un sourire pour redonner espoir aux plus désespérés.

Je continue d’espérer…

22 thoughts on “Quand le virtuel évince le réel, j’ai envie de…

  1. C’est vrai que ça me dépasse aussi ! Partout, dans le train, le métro, la salle d’attente du médecin, tous ont les yeux rivés sur leur téléphone … Adieu les discussions, la spontanéité et que dire des sourires croisés … Affolant !
    Bises Marie.

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    1. C’est l’anti-relationnel par excellence Catherine. Triste quand même.
      Et ça touche tout le monde, les petits, les jeunes, les moins jeunes.
      On ne se regarde plus, on ne fait plus attention aux autres, on vit ailleurs…pas étonnant que le monde ne tourne pas rond.
      Grosses bises et belle journée à toi

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  2. Un cercle vicieux et maléfique..
    Plus tu t’isoles plus tu es isolé et plus la vie rêvée des autres t’appelle.
    Plus tu fréquentes les écrans moins tu sais vivre, plus ton QI se désagrège…

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    1. Vie rêvée et souvent idéalisée en plus!
      Il est important de savoir trouver son équilibre au milieu de toutes ces sollicitations.
      J’ai conscience que ce n’est pas évident mais ça devient d’utilité publique de trouver des solutions.

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  3. Effectivement, c’est un triste constat : L’humanité est esclave de la technologie, le pire c’est que la plus part des gens se posent plus de questions quant à leur réalité d’humain. Nombreux sont les ado et les adultes devenus complètement addicte, voir esclave, de leur téléphone, de leur tablette, au point de perdre le goût d’échanger avec d’autres, si ce n’est à travers d’une petite machine, inhumaine bien sûr. Réapprendre à échanger va devenir de plus en plus difficile pour beaucoup…

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    1. Je pense aussi Sabine.
      Ce sont des véritables addictions dans certains cas, une dépendance telle qu’il faudrait une cure de désintox comme pour la drogue ou l’alcool.
      Les gens ne se regardent plus c’est à peine si ils intègrent qu’ils vivent ensemble sur la même planète et bâtissent aujourd’hui le monde de demain.
      Belle soirée Sabine!

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  4. Oui, c’est effrayant et je ressens la même chose que toi quand je vois tous ces nez plongés sur les téléphones surtout. Je résiste encore et n’ai pas de smartphone, j’ai banni la TV, trop de tentations au zapping stérile. Je le fais non par sentiment de supériorité, mais bien pour m’éviter les addictions communes à chacun. J’ai les réseaux sociaux pour communiquer avec mon fils, ma famille, mais je me rappelle petite avoir eu un plaisir infini à écrire à mon père (mes parents étaient divorcés), ma grand-mère. On se lisait, s’écoutait, s’entendait et se répondait, même s’il y avait beaucoup de faux-semblants. Ce qui m’inquiète n’est pas tant les dérives des cancans, préjugés, etc, il y en a toujours eu, mais bien les conséquences médicales et sanitaires dont on ne mesure pas l’ampleur encore. Je constate une recrudescence de l’atrophie intellectuelle chez des tout petits là où je travaille (perte du langage), de l’attention et de la concentration chez les primaires, et du manque de sommeil pathologique avec crises d’hystérie chez les ados. Et le lien avec les tumeurs, avc est avéré. Malheureusement, si la société doit changer, ce sera après des alertes rouges exponentielles et un changement de direction forcé et imposé, en attendant, une génération semble être sacrifiée à l’autel du profit, comme d’hab…

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    1. On connait les dérives, les excès, les conséquences parfois dramatiques, les maladies liées à la surconsommation et du téléphone et des réseaux sociaux. Et pourtant ça continue…
      Je me demande comment on a pu en arriver là.
      J’ai conscience que c’est très addictif, je m’en rends compte, mais c’est pour ça qu’il faut être vigilant. Dans les cas les plus critiques ça peut complètement couper du monde. Et développer comme tu le dis si bien, des problèmes d’apprentissage. C’est criminel même parfois.
      Merci pour ton retour et ton regard

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  5. Eh oui ! C’est bien pour ça qu’il est important pour moi de me déconnecter complètement assez régulièrement et suffisamment longtemps. Besoin de me ressourcer dans la nature, me recentrer sur l’essentiel et être présente au monde, comme auprès des miens.
    Très bon texte, joliment bien écrit et avec lequel, je suis entierement d’accord.
    Très très bon week-end à toi, Marie. Et à bientôt
    PS: j’ai dû te le dire ( je ne sais plus), j’ai partagé ta page auteur sur Facebook. Si ça peut t’amener des lecteurs, ce serait bien. Puis sur mon billet ( WordPress) d’aujourd’hui.

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    1. Je te comprends complètement SOlène…
      Il faut toujours soigner l’équilibre, la juste mesure comme dans toute chose.
      Très beau début de semaine à toi
      Et merci beaucoup pour le clin d’œil, cela me touche beaucoup.

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  6. Bonjour Marie, Le problème, comme souvent n’est pas dans l’outil, mais dans l’usage à outrance qui en est fait. Je m’évertue pour ma part à contrôler le temps passé sur les écrans afin de rester connectée au réel et à l’essentiel. J’espère que je parviendrais à enseigner à mes enfants à ne pas tomber dans l’excès quant à cette vie virtuelle et parallèle. Bisous pluvieux de Touraine.

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Un mot doux pour la route...

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