Posted in Variations Littéraires

Des mots pour dénoncer les abus

Crédit Pixabay

Ça commence par un coup.
Pas franc.
Une faille. Un interstice dans lequel l’autre se fraie un passage.
Quelque chose qui nous bouscule. Dans un regard. Une histoire.
On croit pouvoir tenir le monde trop grand. Entre nos bras.
Sauver l’humanité.
Rien ne fait sens en nous. Sauf peut-être ça.
Alors on se laisse aller à croire.
A quelque chose qui ressemble vaguement à de l’amour.

De mots en maux.
De fissures en blessures.

L’autre investit notre univers.
Nous ordonne de nous taire.
Sans rien dire.
C’est peut-être le pire.
On se fond dans un moule préparé.
On se glisse dans une parenthèse.
On offre tout pour quelques grammes de tendresse.
Qui n’est qu’une fade copie de l’amour.

De mots en maux.
De blessures en morsures.

L’argent coule.
De nous à l’autre.
Il ne demande pas.
Il ne fait que dire le manque.
Il le répète. Il le scande.
L’argent passe d’une main à une autre.
A force de l’entendre dire et redire.
Ce qu’il n’a pas.
Ce qu’il voudrait avoir.
Ce qu’on pourrait lui donner.
Si on voulait vraiment l’aider.
Si ce qu’on ressent est vraiment de l’amour.

De mots en maux.
De morsures en brulures.

On ne compte plus.
De centaines en milliers.
Pour quelques sourires.
Une trahison de plus.
Quelques mots d’amour.
Qui ne guérissent plus.

Il faudrait dire non.
Le chaos est trop obscur.
On soupire, on se perd.
Les minutes solitaires.
A ne plus savoir qui l’on est.
Ce que l’on doit faire.
Pour s’extraire de cet absurde.

Jusqu’au maux mis en mots
Pour dénoncer l’abus.
Au nom de tous ceux qui ont un jour croisé un regard.
Se sont laissés emporter par des promesses dérisoires.
Des mots doux pour commettre le pire.
En tout impunité.
Puis partir.
Sans laisser de traces.
Sinon celle des blessures.
Comme des fissures…

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

5 thoughts on “Des mots pour dénoncer les abus

  1. Beau texte, tout en douleur retenue.
    Oui, Marie, il faut en parler.

    Une faille.
    Et l’autre la sent.
    Longtemps, je me suis dit que c’était de ma faute, parce que j’avais cette faille.
    Mais ça ne donne pas le droit à l’autre de s’y engouffrer.
    De tout détruire.
    Les minutes solitaires, je les préférais aux heures narquoises, au moins j’étais tranquille.

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    1. Tout à fait Olivia
      Ça ne donne le droit à personne
      De jouer avec ce qui ne lui appartient pas.
      Tu as raison pour les minutes solitaires même si elles étaient souvent pour moi accompagnées d’un mal être physique intense qui me faisait me taper la tête contre les murs et hurler de douleur.

      Like

Un mot doux pour la route...

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