Posted in Emprise et Renaissance

Ce souvenirs heureux qui n’existent pas

Crédit Pixabay

J’ai pesé le pour, le contre, le tout de cet article. Je l’ai construit mentalement puis déconstruit. Je l’ai rayé. Et puis une nouvelle lumière. Allez, s’il faut poser les mots…

On a coutume de dire qu’il faut se souvenir des belles choses. La fin d’une relation annonce une nouvelle page à écrire. Certes au départ, on ne saisit que ce qui a cloché, ça aide peut-être à guérir. Et puis avec le temps, on oublie ce qui n’a pas fonctionné, on se concentre sur l’agréable, ce qui résonne positivement en nous. Chaque histoire est porteuse de beau.

Je dois l’avouer, j’ai essayé. De toutes mes forces. Faire ressortir les meilleurs moments de ces quatre années. J’ai puisé dans mes réserves. Mais il ne reste que peu de choses. A peine de quoi couvrir une main.

Il ne faudrait pas comparer hier et aujourd’hui. Mais si je me prête au jeu, tu m’excuseras la banalité, c’est le jour et la nuit.

Entre nous, tout a été vite moche. Le beau est passé telle une fusée mise sur orbite. Elle a atteint l’espace avant même que nous ayons pu dire si « oui » ou « non » nous voulions continuer. Flirter, cela m’allait bien. Toi, tu voulais plus. Le sexe, la cohabitation, le mariage. Un package. En mars, une idée. En mai, une obsession. Deux mois tout juste pour que tout devienne une question de survie. Deux mois pour que mon armure se fendille. Juste parce que tu avais l’air perdu, blessé et que je pensais encore que ma vie ne valait rien. Si je sauvais la tienne, j’avais peut-être une chance…

Peut-être qu’il y aurait eu des souvenirs heureux si je n’avais rien dit, si je t’avais gardé un peu pour moi. Peut-être que ces deux mois au moins auraient été réussis. Non, il y avait déjà eu un dérapage, le premier. La première nuit et les draps brûlants d’humidité. C’était glauque.

Le mariage. Dix-huit mois de harcèlement. Rien que ça. Les jours heureux furent ceux où tu n’étais pas là. Où on se parlait au téléphone une fois par semaine. Le temps de ne surtout pas aborder le sujet. Le temps de se dire qu’on se manquait. Rien de plus.

Pour pouvoir lui raconter notre histoire, il faut y voir clair. J’ai cru qu’aimer et souffrir avaient les mêmes racines. Alors je me suis lancée dans cette aventure avec fougue.  J’ai imaginé mon bonheur. J’en ai pris plein la gueule. Presque satisfaite. Je me suis esquinté le corps et le cœur. J’ai voulu tomber, littéralement. J’ai espéré que si je tombais tu me rattraperais. Mais tu n’as rien fait. Tu m’as regardé disparaitre, m’écrouler. Tu as été le spectateur privilégié de ma déchéance. Tu as eu les honneurs de ma souffrance.

Je suis restée parce tu trouvais toujours les arguments pour me faire plier. Quelques promesses d’un ciel bleu sans nuage et je remontais en selle. Peut-être qu’ils se logent là les souvenirs heureux. Dans du vent. Tes arguments n’avaient pas plus de poids. Ils titillaient juste mon besoin d’exister.

Je n’ai presque rien perdu en choisissant de mettre un terme à cette mascarade. Que du matériel. J’ai beaucoup appris de cette histoire, de moi. J’ai grandis, en m’abîmant pas mal au passage. Il me fallait sûrement ça pour comprendre la valeur de ma vie, ma valeur à moi. Sans le savoir, tu as été le déclencheur d’une prise de conscience sans précédent.

Pour ce qui est de garder des sentiments, là on frise la sainteté. Je n’ai pas cette prétention. Tu pourrai déserter la surface de la terre que ça ne me ferait rien. Je t’ai aimé sans savoir que ce n’était pas vraiment de l’amour. Il y a un début, une espérance. Il y a une histoire.

Pour lui, elle existe. Et c’est déjà pas si mal.

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

22 thoughts on “Ce souvenirs heureux qui n’existent pas

  1. L’amour à sens unique laisse toujours un goût amer . Le bonheur ne sera jamais s’accrocher à une utopie. Il faut du courage et se dire que les souvenirs heureux , si on est obligé de se les inventer , ce n’est pas le bonheur ! Heureusement Marie , tu as pu t’en sortir ! Belle semaine Bisous

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    1. “se dire que les souvenirs heureux , si on est obligé de se les inventer , ce n’est pas le bonheur !” J’aime beaucoup cette phrase Paulette. Oui tu as tout à fait raison.
      Mille mercis et douce semaine à toi. Bises

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    1. Analyser permet d’intégrer sa part de responsabilité et de faire le deuil du passé Marie. Oui c’est vrai tout le monde ne le fait pas et oui c’est dommage parce que sans ça, difficile d’avancer vraiment.
      Merci à toi

      Liked by 1 person

  2. Il n’y a pas de souvenirs heureux sans doute parce que ce n’était pas une histoire d’amour mais une histoire que tu devais vivre, qui fait partie de TON histoire, là est la différence. Avec mon ex, j’ai tenté les beaux moments, nous étions partis vivre à la Réunion, dans un lieu paradisiaque pour “inventer le paradis”. Mais il fracassait tout, tout le temps. J’étais alors commerciale dans une radio, et lui…ben il avait accident de travail sur licenciement un peu partout. Un jour, je suis passée à la maison à 10h alors qu’il ne m’y attendait pas. Certain(e)s y font des découvertes d’infidélités etc..moi, je l’ai vu en train d’attraper la bouteille de pastis caché derrière un fauteuil du patio.. ah les cachettes des alcooliques ! J’étais déjà enceinte mais ce jour là, je sus que je ne pourrais rien contre ses démons. Je pense que les souvenirs qui ressurgissent sont ceux dont nous avons besoin pour nous construire, nous étudier, afin de ne plus revivre çà et pour comprendre pourquoi nous nous sommes infligées ce parcours. Pour toi, ta première nuit résonne en toi souvent, car c’est de là que sont nés des sentiments te faisant “basculer” dans une autre dimension intérieure. Tu devais le vivre, tu en auras besoin encore pour y puiser tes vérités, et pour les souvenirs heureux, il faudrait que tu aies cru à ton bonheur pour cela 🙂 Toutes les expériences où je déguisais la réalité m’ont apprise à écouter ma petite voix et à regarder ce qui Est véritablement. Une amie vient de me dire à l’instant “ben dis donc, tu l’aimes ton chien”. Ben oui, pourquoi je me cacherais d’un amour vrai pour inventer un qui n’existerait pas ? La vie m’offre ce cadeau, je sais en être reconnaissante. Et peut être qu’à force de voir la réalité, je serai reconnaissante de rencontrer un homme bon un jour. Parce qu’il y en a eu qui ont jalonné mon existence, mais je ne les voyais pas à l’époque. J’étais déconnectée de la réalité si longtemps… Parce qu’on nous apprend à satisfaire ce que veut la famille et la société, on en oublie ce qui nous est donné : la Vie que nous croisons sur notre chemin… 🙂 Et un jour, on sillonne SON chemin et tout n’est que beau souvenir, même dans l’adversité… 🙂 bisous

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    1. “Il n’y a pas de souvenirs heureux sans doute parce que ce n’était pas une histoire d’amour mais une histoire que tu devais vivre, qui fait partie de TON histoire, là est la différence”
      C’est exactement ça Christelle.
      Il faut trouver sa vérité. Chacun son rythme.
      Merci pour tout

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Un mot doux pour la route...

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