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Interview Femmes Inspirantes Saison #2 – Maude Perrier, Autrice

Nous sommes mercredi et comme vous le savez si vous suivez la série, le mercredi est désormais consacré aux interviews de femmes inspirantes. Aujourd’hui, c’est au tour de Maude Perrier de venir nous parler écriture. C’est la première autrice interviewée sur ce blog et j’en suis ravie! Allez, c’est parti…

Bonjour Maude, une présentation rapide, avant de passer aux choses sérieuses :

Bonjour Marie, alors pour me présenter rapidement, j’ai 41 ans, je travaille à plein temps dans un cabinet comptable et j’écris des romans depuis 2014/2015, après une espèce de crise existentielle. Je suis également femme et maman d’un petit garçon de 7 ans, bientôt 8.

Quel(s) type(s) de romans écris-tu ?

J’écris des portraits de femmes, qui au départ sont souvent dans une situation compliquée voire douloureuse (alcoolisme, prostitution, sans domicile etc) et qui tentent de s’en sortir. La romance a également une part belle dans mes histoires ainsi que les voyages.

Comme dirait Attali, j’écris des romans que j’aimerais lire.

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

C’est un peu cliché que de dire que tout m’inspire et cependant, c’est très vrai. Une personne, une discussion, une situation, un fait d’actualité, une chanson, une émotion… je me nourris de tout pour créer mes personnages et mes histoires.

Je suis aussi ma propre source d’inspiration. Quand un sujet m’intéresse ou me touche, je décide d’en faire le thème central de mon roman. Quand j’ai envie de voyage à l’autre bout au monde, je la choisis pour y emmener mes personnages.

Pour te donner un exemple concret, je travaille sur un nouveau roman. Le thème, je l’ai décidé après être tombée sur une interview de Marsha Elle, une femme que je ne connaissais absolument pas mais qui m’a fait forte impression. Elle a beau avoir une jambe en moins, elle n’en est pas moins très “successful” en tant que chanteuse, mannequin, conférencière inspirante… Je me suis tout de suite vue écrire un roman dont l’héroïne serait, comme elle, une femme amputée. A partir de là, j’ai commencé à regarder des reportages et des témoignages de personnes dans pareille situation et j’ai pris une claque. Nous sommes tellement loin de l’apitoiement sur soi ! J’adore.

Tu as toujours eu ça en toi, l’envie d’écrire, de raconter des histoires ?

Carrément ! Et pourtant, contrairement à beaucoup de mes consœurs, je n’ai pas d’abord été une fan de lecture. Plus jeune, c’était ma sœur qui bouquinait, moi pas trop. L’amour des livres est venu un peu plus tard mais après, je n’ai plus décroché. En revanche, raconter des histoires, ça a toujours été mon truc, même avec des poupées ou des Playmobils.

J’ai commencé assez jeune avec quelques nouvelles griffonnées sur des feuilles blanches, puis suis passée à des choses plus sérieuses vers 15/16 ans. L’écriture m’a toujours apporté un sentiment extraordinaire de bien être, de liberté, d’épanouissement. Je me sens tellement moi avec un stylo ou un clavier ! En parfait accord avec qui je suis lorsque tous les masques imposés par la société tombent.

Quand t’es-tu vraiment lancée dans l’aventure ? Qu’est-ce qui t’a poussée, motivée ?

La première fois c’est vers 16 ans. J’avais écrit cette histoire courte que j’ai ensuite transformée en roman. J’ai mis des années à l’écrire, sur papier, sur machine, sur ordinateur.

Et puis pendant des années, je suis passée à autre chose. J’écrivais toujours mais des documents professionnels, pas de la fiction.

C’est en 2014, que le tournant a eu lieu. Après une crise existentielle, j’ai découvert à peu près simultanément le développement personnel et l’autoédition. J’ai alors repensé à cette histoire que j’avais écrite des années plus tôt et l’ai remise au goût du jour (Une rencontre inattendue).

En renouant avec l’écriture, j’ai comme redonné de l’air à mes poumons. Les idées, les romans se sont succédés à un rythme fou l’année suivante. Je me suis retrouvée.

Peux-tu nous parler de ton premier roman – de l’idée de départ au point final ? Qu’as-tu ressenti une fois celui-ci terminé ?

Mon premier roman, j’en ai parlé un peu plus tôt, il s’agit d’Une rencontre inattendue.

Je pourrais en discuter pendant des heures tant l’écriture fut épique. Je me revois dans ma chambre chez mes parents, avec la musique de Richard Clayderman en fond sonore. J’écrivais pendant des heures sur des feuilles de papier. J’allais à la bibliothèque prendre des livres sur le Brésil et le sida (à l’époque, pas d’Internet 🙂 ). J’écrivais au feeling, sans plan ni rien, mais j’avais l’impression que ça tenait la route.

Ensuite mes parents m’ont offert un cadeau juste extraordinaire : une machine à écrire électronique. Elle fonctionnait avec des disquettes. Du coup, je pouvais écrire chez moi mais aussi à la fac, pendant les temps morts. C’était génial.

Quand je l’ai eu fini dans sa première version, je ne me souviens plus trop du contexte mais je sais que je l’avais envoyé à un concours et qu’il avait eu un prix (sans valeur) . Après, on a proposé de l’éditer, à compte d’auteur. J’ai beaucoup hésité mais je ne voulais pas que ma sœur ni mes parents mettent près de 10000 francs à l’époque dans une pareille aventure, d’autant que vraiment, je n’y connaissais absolument rien.

Il n’empêche, ce premier roman m’a procuré un plaisir indescriptible pendant tout le temps qu’a duré sa rédaction, même pendant les phases d’agacement, quand j’avais oublié de sauvegarder un chapitre par exemple. Et quand j’y ai mis le mot fin… j’ai eu mal de quitter l’histoire, les personnages, les émotions éprouvées tout le long, à émerger en somme. J’étais aussi fière de moi parce que c’était vraiment la chose à laquelle je tenais par-dessus tout. Je voulais la mener à terme et je l’ai fait.

Que dirais-tu à une personne qui a envie d’écrire mais n’ose pas, qui a peur de ne pas « être capable » ?

Je dirais qu’il n’y a aucune raison objective d’avoir peur. Écrire ne veut pas dire être publié, lu, gagner de l’argent etc. Écrire c’est avant tout entre toi et toi. Personne ne t’oblige à le montrer aux autres.

Quant à avoir peur de ne pas y arriver… eh bien ce n’est qu’en essayant qu’on s’en rend compte n’est-ce pas ? Pourquoi mettre des bâtons dans les roues d’un vélo avant même de monter sur sa selle ?

A ces personnes, je dirais juste écrivez, sans vous poser la moindre question. Prenez un crayon ou votre ordinateur et allez-y, mettez un mot après l’autre. Eclatez-vous sans penser à rien d‘autre qu’à ce que vous avez envie de raconter. Il sera toujours temps ensuite de vous poser toutes les questions du monde.

Si je te dis que tes romans sont de belles sources d’inspiration pour les femmes d’aujourd’hui, qu’en penses-tu ?

Je ne sais pas si c’est le cas mais entre nous, ce serait un compliment magnifique !

Les autres m’inspirent tout le temps alors si à mon tour, je pouvais faire pareil avec mes romans, je me dirais que je rends ce que j’ai reçois… euh…je ne suis pas certaine d’avoir été claire 🙂

J’ai conscience aussi que ce ne sont pas les sans-abris, les alcooliques ou les femmes qui sortent de prison qui vont me lire, mais si l’une d’entre elles le faisait et si, d’une manière ou d’une autre, elle puisait dans mes écrits un tout petit peu de force, là, je serais un milliard de fois plus heureuse encore.

 Il va falloir s’arrêter. Un mot, une citation, une envie particulière, un projet à partager :

Un mot ? Hum, faire court n’est pas vraiment dans ma nature 🙂

Je pourrais parler de ce projet de roman qui verra, j’espère, le jour avant l’été, avec cette héroïne unijambiste. De cet autre projet qui est dans un coin de ma tête depuis des mois et qui est revenu brutalement sur le devant de la scène quand je dormais.

Je terminerai alors simplement par cette phrase de Jim Rohn qui m’accompagne depuis que j’ai commencé l’aventure Maude Perrier “if you quit you lose. You lose automatically if you quit”. Si tu renonces, tu perds. Tu perds automatiquement si tu abandonnes.
Je ne renoncerai pas.

Ne renonce surtout pas Maude et enchante nous encore avec ces destins de femmes qui ne peuvent que nous toucher. Je te souhaite encore de beaux projets, de belles histoires à nous raconter. Merci beaucoup pour cet interview pleine de peps!

Pour découvrir l’univers de Maude, c’est par ICI.

 

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

14 thoughts on “Interview Femmes Inspirantes Saison #2 – Maude Perrier, Autrice

  1. Coucou Marie,
    Comme j’ai déjà dû te le dire je ne lis plus ou presque plus alors que j’ai dévoré pendant environ 60 années de ma vie. Je n’ai plus le temps, la photo m’en prenant beaucoup et mes chiens aussi et puis d’autre occupations. Je ne connais pas du tout cette auteur mais je pense que tu l’aimes beaucoup. Fût un temps j’avais quant à moi une grande admiration pour John Grisham et beaucoup d’autres grands auteurs, notamment de polars comme Elisabeth George, Martha Grimes, P.D. James mais même ce style j’ai abandonné. Sans parler de tout ce qui sortait sur l’Egypte ancienne dont je suis une passionnée (j’ai préparé ma maîtrise d’Histoire de l’Art sur ce sujet il y a bien longtemps) que je ne lis plus non plus, faute de temps.
    C’est aussi pour cela que je ne commente plus la totalité de tes articles et ne visite plus les sites littéraires, je n’ai plus ni le temps ni le goût et des soucis oculaires qui n’arrangent rien.
    Voiii voilou.

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    1. Oui j’imagine Cécilia. En tous cas je n’oublie pas que C’est grâce à toi que J’ai croisé la route de Maude – pour mon plus grand plaisir.
      Merci et douce soiree.

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    1. Merci Kathou!
      C’est l’occasion de présenter des femmes qui m’inspirent de par leur parcours ou leurs idées. Et de partager aussi.
      Contente que ça te plaise.
      Bises

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  2. Coucou Marie et Maude, un plaisir de lire cet interview, on a l’impression de prendre un café avec vous deux. J’aime toujours découvrir ce qui conduit quelqu’un sur son chemin et lui permet de s’exprimer pleinement, comme pour Maude avec et à travers l’écriture. Merci à toutes les deux pour ce partage 🙂

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  3. Je fais collection de jolis mots, si je faisais collection de mots moches alors “autrice” serait en tête de liste ! Cela sonne comme autiste ! Une triste autrice autiste otage d’une otite ! Si l’on veut une équité H-F mieux vaut encore auteure voire écrivaine (écrit-veine)… Tout amoureux des mots s’attache à la sonorité, à la musicalité de ce qu’il prononce avant d’écrire….

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    1. Je n’aime pas particulièrement ce mot non plus. Mais chacun ses goûts. La féminisation des mots c’est pas vraiment mon truc…
      La tolérance avant tout!!

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Un mot doux pour la route...

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