Posted in Carnets de route

La maternité, ma plus belle claque!

Crédit Pixabay

Je vous passerai les détails de ma grossesse sordide (vous l’avez déjà lu et si vous ne l’avez pas lu, ce n’est pas un problème pour la suite), le retour en France, les tremblements, les larmes, la peur attachée à chaque millimètre de ma peau.

Je me demande souvent si j’ai choisi d’avoir un enfant ou si cela s’est juste imposé à moi. Ça coulait de source je crois. Nous n’en avions pas parlé – pourquoi nous aurions parlé de cela puisque nous ne parlions de rien?

Le jour de l’accouchement, j’ai réellement pris conscience qu’il n’y avait plus de retour en arrière possible. J’ai pensé aussi que je tenais dans mes bras la vie et la mort et ça m’a fichu un coup. Encore très fragile, mais en sécurité, j’ai doucement pris la mesure de mon nouveau statut de maman. Nos débuts difficiles ont laissé place à des heures plus légères, puis des jours plus doux.

J’ai longtemps gardé beaucoup de colère en moi et elle explosait toujours avec une vivacité qui me laissait désemparée, seule, en larmes, face à mon enfant, que j’aimais pourtant et à qui je voulais donner le meilleur. C’était terrifiant. Je me sentais terriblement coupable.

C’est une des rares personnes qui me met si souvent face à mes limites, qui m’oblige à regarder mes peurs et à les dépasser. Mon fils me renvoie une image pas toujours agréable de moi-même. Si je me regarde dans le miroir, je saisis parfois un reflet bien amoché. Je sens alors qu’il est grand temps de rétablir l’équilibre de notre embarcation. Mon fils m’aide à grandir, à creuser encore et encore pour déterrer le beau et laisser filer le reste. Ce n’est pas une cure de jouvence, il y a des jours où je me sens en dessous de tout. Et puis, comme c’est dans ma nature, je reprends espoir, je me fais confiance pour aller de l’avant, lâcher la culpabilité et donner le meilleur de moi-même pour la suite.

Je ne changerai rien à rien, même si parfois la charge me parait lourde à porter seule, même si parfois je me sens démunie devant mes tentatives avortées, de ne plus crier, de ne plus être agacée pour un rien, même si parfois je me voudrais plus maîtresse de moi-même, plus capable de faire attention à mes besoins aussi.

J’ai longtemps pensé que je devais être irréprochable. Aujourd’hui, j’apprends à accepter mes erreurs, je les partage avec lui, je suis honnête quant à mes manquements et mes peurs. Se dire les choses, je crois que c’est essentiel. Le bon, comme le moins bon. Et puis construire à partir de là. A partir de ce qu’on est et de ce qu’on tend à devenir. Pas à pas.

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

36 thoughts on “La maternité, ma plus belle claque!

  1. Il n’y a pas meilleure approche selon moi que l’acceptation pour aller de l’avant. Nier ce que l’on est s’apparente, je pense, à du mensonge, lequel n’est jamais constructif.
    Tu es courageuse Marie, ne l’oublie jamais.
    Plein de bises à toi
    Cécilia

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    1. Merci Cécilia.
      Oui se regarder en face et faire face. Se voiler la face ne dure qu’un temps et ce n’est jamais productif.
      Grosses bises et belle fin de journée

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  2. Je pense qu’on peut raisonnablement induire que l’enfant est le miroir des parents et par voie de conséquence, que l’enfant situe le devenir de ceux-ci. Ainsi, les réactions des parents ne sont que la résultante des comportements de leur chérubin. Autrement dit, on ne naît pas parent mais on le devient…

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  3. Ton article me parle tellement! Oui, nos enfants nous poussent à être meilleurs tout en restant nous-mêmes. Je me dis que nous n’avons pas à être parfaits et que nos enfants apprendront aussi de nos erreurs.
    Bonne journée Marie! Bisous

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    1. Oui c’est ce que j’apprends aussi Rachel.
      On nous vend une maternité idyllique, on en est loin et en même temps on grandit tellement!
      Belle journée et mille mercis

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  4. J’ai le même sentiment que toi face à la maternité. Au départ, je me devais d’être impeccable et bien sûr çà n’a pas marché. Puis après je me rendais compte que c’est mes enfants qui m’ont le plus appris la vie, et qui m’ont le plus appris les choses de la vie. Maintenant, peu m’importe d’être une maman parfaite, la seule chose qui compte c’est d’être moi avec ce que cela suppose de qualités et de défauts. Et tout çà m’est venu après avec la maternité.

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    1. On en apprend beaucoup sur nous en chemin Soa et c’est ce qui fait aussi que cette aventure est passionnante. Ce n’est pas de tout repos mais certainement un de nos plus grands accomplissements!
      Grosses bises

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  5. Même si nos contextes sont différents, je me reconnais beaucoup dans le ressenti. Chez moi, c’est sans doute une claque nécessaire et très positive…Et puis, mon dieu, ce qu’il me ressemble, ce petit bonhomme 🙂

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      1. oui, ça bouscule et bousculera, parce que quand quelque chose semble acquis, il y a un nouveau questionnement, une nouvelle difficulté qui surgit…En fait pour moi, la maternité, c’est trouver des chemins de traverse.

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  6. Le jour où Junior, devenu ado, m’a posé la question : ” quel est le plus beau jour de ta vie ” ? Je n’ai pas répondu de suite, j’ai fermé les yeux et fait défiler les moments importants de ma vie et j’ai enfin répondu : ” le jour de ta naissance ” ! Et c’était vrai ! Nous avons encore à présent une grande complicité et souvent il me redit ce que je lui avais donné comme code de conduite : ” on se dit tout “! la confiance est totale entre nous ! Accoucher est une claque magique Marie 🙂 Grosses bises

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  7. Je me reconnais vraiment dans ce billet Marie… tu connais mon histoire, les débuts de la maternité avec la poulette n’ont pas toujours été simples… Mais je ne voudrais rien changer…
    Bisous ❤

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  8. La culpabilité et la maternité … Il y aurait beaucoup à dire ! Quelle mère ne s’est jamais sentie coupable de ne pas assez bien faire, où trop, où trop peu ? Pour moi aussi la seule voie est d’arrêter de vouloir être parfaite, de communiquer toujours, et être bien persuadée que l’on fait toujours du mieux que l’on peut …
    Merci marie de ce beau texte, et pardon de n’avoir pas été plus présente ces derniers temps, j’ai eu quelques soucis de santé. Amitiés.

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    1. Merci beaucoup Catherine, j’espère que tu vas mieux.
      Faire du mieux que l’on peut, oui, et quand on fait des erreurs, savoir le reconnaître pour avancer différemment.

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  9. Bonjour Marie,
    Ton texte m’a émue !
    Mon avis de maman est que pour un enfant ce qui compte c’est l’amour, un enfant n’a pas besoin d’une mère parfaite qui fait 12 journées en une avec le sourire. Non un enfant a besoin d’une maman aimante … Une maman aimante peut être en colère, peut crier et faire un bisou après … une maman aimante donne à son enfant tout ce qui lui sera utile pour être un adulte avec des bases saines. Une vraie maman a le droit de craquer parce qu’elle sait que son enfant et elle c’est une relation de confiance qui durera toujours …
    Je ne suis pas sûre d’être claire … mais je sais que tu es une de ces mamans-là 🙂
    gros bisous

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    1. Tu es très claire Cécile. Mille merci.
      Oui je crois qu’on surinvestit un peu notre rôle parfois en se disant qu’en tant que “modèle” on n’a pas le droit à l’erreur.
      Mais nous sommes humains et tant que l’amour est là, tu as raison, c’est l’essentiel.
      Je t’embrasse bien fort et encore merci. Ca me touche.

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  10. C’est vraiment un sacré parcours, on pourrait faire un film de ta vie de maman. D’ailleurs, j’y pense, j’ai vu “Mon bébé” avec Sandrine Kiberlain dimanche. Il est très touchant et drôle ce film. Sans doute qu’il te plairait !

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    1. C’est un sacré parcours oui et je dois dire que c’est quelque chose qui compte aussi beaucoup dans ma vie Ornella.
      J’aimerai bien le voir…
      Merci pour le partage

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    1. On dit que l’apprentissage se fait parfois dans la douleur, c’est vrai…
      Mais l’essentiel est en effet d’avancer et de redresser la barre pour une vie plus sereine.
      Merci!

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      1. Disons que c’est le fait de savoir reconnaître nos erreurs et nos limites (savoir ce dont on est capable ou non) qui fait de soi un parent suffisamment bon. Je ne doute pas que vous en soyez un donc, avec cette expression de vos doutes !

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  11. ……..à chaque fois que l’on te lit, on pense (tous) la même chose : j’aimerais bien qu’elle soit ma voisine de pallier !

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Un mot doux pour la route...

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