Posted in Carnets de route

La mère que je rêvais d’être, celle que je suis et que j’accueille

Copyright Marie Kléber

Si je n’ai jamais rêvé l’enfant que tu serais, j’ai souvent rêvé la mère que je souhaitais être. Bien sûr c’était avant. Avant la maternité. Avant le quotidien et tout ce qui va avec. Avant toi et moi. Bien sûr ce n’était qu’un rêve et parfois je rêve encore.

Accepter qui l’on est n’empêche pas de vouloir s’améliorer. Et si il y a une chose que la maternité m’a apprise c’est bien celle-ci, qu’à chaque instant, en quelque sorte, je renais. A moi-même et à ce qui compose mon univers. A chaque instant, il m’est donné de choisir entre la manière dont je réagis et la manière dont je pourrais le faire si…je lâchais prise, j’acceptais ce qui se présente et surtout j’abandonnais mes idées de « perfection ».

Je sais le poids des mots et pourtant, encore, souvent, je me fais avoir. Je dis ce qui me passe par la tête. La fatigue, la colère, le ras le bol, la charge mentale d’une femme, d’une mère. Et tout fout le camp, bonnes résolutions et tout le toutim. Avant que je ne prenne du recul.

Je suis en perpétuelle évolution depuis toi, en perpétuel chemin. Je sais que rien n’est linéaire, que tout se construit jour après jour et que ce qui fonctionne une fois ne fonctionnera peut-être pas dans deux semaines. Tout est question d’ajustement, d’adaptation.

Parfois je me surprends à lâcher du lest. Parfois je suis dure et ça ne sert à rien. Je ne sais pas toujours poser les limites et parfois j’en pose qui n’ont pas lieu d’être. Parfois je me fais confiance et parfois seule dans cette tâche, je perds pied. Pourtant je chéris mes choix, mes pas, chacun  de ceux qui font de nous une famille, même si nous ne sommes que deux.

Certains jours sont plus compliqués, ma patience mise à rude épreuve – elle n’est déjà pas bien  développée ! – mes nerfs à cran, j’enverrai tout balader. Et puis tu me regardes et je reviens sur terre. J’arrête de rêver à ce que je pourrais être si j’étais différente et j’accueille qui je suis, avec mon lot de vulnérabilité, de force, avec mes doutes et ma capacité à transcender ce qui me bloque, avec ma colère et mon envie d’une vie équilibrée et heureuse. Pour toi et moi.

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

27 thoughts on “La mère que je rêvais d’être, celle que je suis et que j’accueille

  1. Durant ma grossesse j’avais élaboré toute une stratégie ! Junior est arrivé et tout a basculé. Il avait sa personnalité, ses sourires craquants et je me suis adaptée. Notre code secret était : ” on se dit tout” , un climat de confiance absolue l’un dans l’autre et cela s’est toujours maintenu contre vents et marées, contre la vie et ses difficultés ! Ma plus belle récompense je l’ai encore eue ce WE lorsqu’il m’a chuchoté ” tu es la meilleure des mamans ” ! Je ne veux pas être la meilleure mais être et rester SA maman ! Grosses bises

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    1. Dès que l’enfant est là, tout change Paulette. Parce qu’il est lui tout simplement et que rien ne nous prépare vraiment à ça.
      La confiance c’est en effet primordial! Et une base solide pour une relation.
      Vous semblez très liés et je trouve ça super / superbe. Bises et belle journée

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  2. Curieusement, la grande perfectionniste que je suis n’a jamais eu aucune attente réelle concernant la condition de mère… voilà que je m’interroge sur le pourquoi de la chose maintenant 😉
    Bisous

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  3. C’est tout à fait ça!
    et c’est à recommencer avec chaque enfant car chacun nous pousse dans nos retranchements, nous oblige à nous remettre en question.
    Et au final, je sais aujourd’hui que je ne serais jamais la maman parfaite que j’imaginais. Mais je crois que c’est mieux pour eux, car elle était un peu control freak la maman parfaite qui est dans ma tête!

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    1. J’ai le souvenir d’une citation qui dit ” nous éduquons nos enfants et nos enfants nous élèvent”, je trouve ça très juste.
      Oui la mère parfaite, quelle idée saugrenue!

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  4. Moi, pendant la grossesse de ma femme, j’étais comme un gosse. Je l’ai accompagné jusqu’au bout, et la, ça été le plus beau jour de ma vie !!!
    L’accouchement physique avec infirmière et médecin, c’est le début d’une véritable connexion pour un Papa…A QUAND LA GROSSESSE CHEZ L’HOMME que l’on sache ce que s’est…Hi hi hi, je plaisante…
    Des bisous ma petite Marie, et encore un article vivifiant.

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    1. Comme le dirait mon fils, les hommes ne portent pas les bébés parce que ce serait trop douloureux pour eux!!!
      Blague à part, je t’imagine bien…mon père dit la même chose. C’est beau un papa qui nait aussi.
      Grosses bises Tony.

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  5. Moi, je m’étais toujours imaginée avoir deux filles, tu vois et j’ai un garçon. Je n’étais prête pour rien, même s’il était voulu et “cherché” et vouloir être une bonne maman m’a obligé à me sortir la tête de l’eau…

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  6. Etre mère c’est grandir avec son enfant; et qui dit grandir dit apprendre chaque jour !
    Pour moi en tout cas c’est une remise en question permanente.
    Belle journée Marie ! ♥
    Christine

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    1. Tout à fait Christine!
      Et comme toi, je me remets sans cesse en question. C’est aussi ce qui fait avancer et évoluer la relation.
      Bon début de semaine à toi aussi et merci.

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  7. Devenir maman est, je pense, toujours synonyme de cheminements 🙂 On évolue à l’arrivée de nos enfants, avec eux. 🙂

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  8. À mon humble avis, t’accepter telle que tu es est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ton fils, parce qu’ainsi, tu l’autorise implicitement à être lui-même aussi, dès l’enfance et peut-être ne pas avoir à se battre plus tard pour libérer celui qu’on a enfermé. On veut beaucoup de choses pour nos enfants, mais vu d’où je suis aujourd’hui, je pense que la seule chose qui compte vraiment, c’est de contribuer à leur bonheur, à ce qu’ils soient bien dans leur peau et cela se fait plus par l’exemple que par les discours, les règles et les mots.

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    1. C’est tout à fait vrai Pierre. Et c’est ce que je souhaite pour lui, qu’il soit lui même, qu’il s’accepte dans ce qu’il est. Je crois en effet que c’est l’essentiel.
      Mille merci pour ton partage.

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  9. Personnellement je n’ai pas rêvé mon état futur de mère, je le savais déjà dans mon ventre, dans chacune de mes cellules … J’étais faîte pour cela, être mère, cela faisait et fait toujours partie de moi, et c’est toujours avec cette conscience que j’ai aidé mes enfants à devenir adultes, à devenir la meilleure version d’eux-mêmes. Merci Marie pour ce bel article !

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    1. C’est brutal Ornella. Du moins c’est l’effet que cela me fait. Brutal et bouleversant. Fascinant aussi…
      Tes mots s’accordent parfaitement avec ce que je ressens.

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  10. Avec mes jumeaux, je me découvre des ressources que je ne me connaissais pas… mais j’ai aussi mes limites quand la fatigue ou l’exaspération prennent le dessus. Je fais pour le mieux. Une puéricultrice m’avait dit une chose très juste quand j’étais à la maternité (et que je paniquais à l’idée de devoir faire les soins à deux bébés une fois seule à a maison) : “vos bébés ne sauront pas que vous faîtes des erreurs et vous allez en faire. Ce qui est important, c’est l’amour que vous allez leur donner, le reste est secondaire”. Nos enfants n’attendent pas de nous que nous soyons parfaites. Autorisons-nous à être nous-mêmes (et comme modèle, c’est sûrement plus sain à suivre pour un enfant une mère imparfaite). Ceci dit, j’avoue qu’on traverse des tempêtes sentimentalement quand on a charge d’âmes… mais ça nous fait grandir et ça met du sel dans l’existence.

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    1. C’est vrai, nous faisons tous des erreurs, c’est humain et quand nos enfants grandissent c’est bien aussi de pouvoir leur dire que ça arrive. Aux grands. Aux petits.
      Oh oui les tempêtes sont légions mais comme tu le dis cela nous fait évoluer et c’est toujours positif.
      Merci pour ton partage

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Un mot doux pour la route...

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