Ni chienne, ni pute, ni salope!

Cet article est depuis une semaine dans mes brouillons. J’avais envie de le partager, tout en hésitant à le publier sur ce blog plutôt que sur l’autre. Puis je me suis dit qu’il avait toute sa place ici.

Donc aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet que je ne maîtrise pas. Du coup je ne vais pas m’appesantir sur les détails. D’autres le feront mieux que moi. Il sera plutôt question de premiers pas et de champ lexical!

Il y a quelques mois j’écrivais ce texte – insoumise. Je le suis toujours dans l’absolu! A l’époque le terme même de soumission me mettait très mal à l’aise et me donnait envie de vomir. Il faisait référence à beaucoup trop de choses du passé où soumission, violence, dépendance et emprise étaient étroitement liées. Je ne reviendrai pas la dessus…

Puis peu à peu j’ai évolué sur le sujet. Pas seule. Suite à de nombreuses conversations, partages, discussions qui m’ont tiré des larmes et m’ont parfois donné envie de quitter la table. Non sans mal. Je crois que si il y a eu un sujet délicat, ce fut bien celui-là. Et puis les mots je les exécrais. Tout s’est fait progressivement. J’ai d’abord accepté que ça pouvait exister même si moi ça ne m’attirait pas. Accepter ne voulait dire ni comprendre ni adhérer. Et puis les mots sont devenus moins violents. Enfin j’ai accepté que ça m’attirait. Et que je me refusais d’expérimenter quelque chose parce que d’une manière ou d’une autre cela allait à l’encontre de tout ce contre quoi je m’étais battue. Alors qu’il n’était question que d’amalgames et que les deux n’avaient rien à voir.

Si je devais associer des mots à soumission aujourd’hui ce serait respect, confiance, consentement. Si ces données ne sont pas là, alors on est dans la violence pure et dure, où la personne soumise n’est qu’un objet entre les mains de l’autre.

C’est pour cette raison que quand je lis les mots “chienne”, “pute”, “salope” dans ce contexte, cela me gêne. Dans d’autres contextes aussi! Je trouve qu’ils donnent une mauvaise image de la soumission – elle n’a pas besoin de ça, vous en conviendrez?

Et si ils reflètent ce que certaines femmes pensent d’elles-mêmes, je me dis que c’est grave. Être soumise, le temps d’une expérience, d’un partage, d’un “jeu” ne veut pas dire que la personne abdique tout respect d’elle même. Loin de là.

Alors Mesdames, si vous voulez être traitées comme de la merde, ne vous privez pas. Il y a des tas de femmes qui échangent leur place sur le champ, des femmes traitées au quotidien comme des chiennes, des putes et des salopes, des jouets entre les mains d’hommes méprisants, qui sous couvert d’amour les contraignent au pire. Et parfois même elles en redemandent, certaines de ne mériter rien de mieux. Elles ne sont pas consentantes. Elles n’en tirent aucun plaisir.

Je ne sais pas, trouvez d’autres mots. Il y en a quand même assez dans la langue française! Et si vraiment vous vous sentez comme telles devant un homme qui vous domine, demandez-vous si ce n’est pas vous qui avez un problème avec cette facette de votre sexualité. Je ne dirai pas que c’est facile à assumer. Mais après tout vous avez le choix!

Quant à vous Messieurs, ne pensez pas que quand une femme assume cette part d’elle-même, cela veut dire que c’est Portes Ouvertes pour tout le monde, que vous pouvez tout vous permettre. Respect. Confiance. Consentement. Je crois qu’il n’est jamais inutile de le rappeler!

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28 thoughts on “Ni chienne, ni pute, ni salope!

  1. Je me souviens d’un ex petit ami qui au beau milieu d’un câlin, certain de me bercer de tendresse, m’a susurré un “ma petite pute à moi” qui a sonné la fin de nos ébats… et après réflexion, de notre relation. On m’a parfois dit que j’étais pétrie d’orgueil. Je crois plutôt que c’est de l’amour propre et l’amour propre il en faut : c’est l’amour de soi. Merci pour ce texte qui rejoint ce que je pense. Belle et douce journée à toi !

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  2. Perso je pense que les mots “”chienne”, “pute”, “salope” dits par un homme à une femme sont non seulement grossiers mais qu’ils ne peuvent émaner que de cons, de mecs machos qui ne voient la femme qu’en tant qu’objet de plaisir mais qui ensuite la voient comme moins que rien. Si un jour un type avait devant moi prononcé ces mots, qu’il me les applique ou que ce soir pour une personne autour de nous, je lui aurais “filé une grande claque dans la gueule” (et pourtant je ne suis pas grossière mais je ne vois pas d’autre mots que ceux-là pour dire la colère qu’ils auraient générée en moi.

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  3. Je n’aime pas ces mots non plus. Il me ramène à l’état d’objet je trouve. Enfin nous ramène.
    Certains se permettent de les dire direct, comme ça, ils ont tout gagné, ça me fait fuir.
    Je ne sais pas si je pourrais permettre qu’on m’appelle ainsi, je sais que certaines aiment, chacun son truc. Mais avant d’en arriver là, d’une manière ou d’une autre, il faut passer d’autres étapes.
    Il y a bien d’autres mot à utiliser, plus jolis et respectueux.

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    • Pour ma part je trouve qu’il y n’y a qu’irrespect dans ces mots. Que ce soit respect de soi, de l’autre. Après en effet chacun ses choix mais quand on ne se respecte pas soi-même difficile d’attendre de l’autre qu’il le fasse.
      Oui je pense qu’il y a une variété de mots à notre disposition…

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      • J’y pense, il y a aussi le “petite garce” à ajouter à ta liste. J’ai pas réagi mercredi parce que je venais de lui faire mal (assez volontairement, oui, du coup je dois mériter l’insulte).
        Je préfèrerais ses “ma belle”.

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  4. Ces mots sont des insultes et n’ont pas à être entendus lors d’une relation dite amoureuse . Celui qui les prononcerait devant moi n’est pas là de me revoir ! Grosses bises

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    • Je suis bien d’accord Paulette. Relation amoureuse ou pas d’ailleurs. Çà a le don de me refroidir direct. Et pourtant à une époque j’ai encaissé ces insultes…je suis bien contente que ce soit derrière moi.
      Bises

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  5. Dans ce texte on se rend compte de ta grande force d’esprit Marie. Quand on sait d’où tu viens, lire que tu as accepté d’entrouvrir une porte sur ce thème et faire la distinction entre les deux expériences – waouh. C’est impressionnant et ça force le respect.

    J’ignore cependant dans quel contexte tu parles de ces mots entendus.
    S’ils sont dits dans le cadre d’un acte sexuel, avec consentement, parce que cela excite les deux partenaires… Pouvons nous vraiment le juger, quand ici il est question de respect ?
    Je ne crois pas que ce soit exactement de ça que tu parlais mais il me semblait important de souligner ce point 🙂

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    • Merci Cléa.
      Mon article parle clairement de soumission donc quand ces mots y sont associés, cela me gêne.
      Après chacun fait ce qui lui plait tu as raison. Je ne juge pas, je donne mon avis. Toutefois pour moi c’est une limite non négociable.

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  6. Comme dit dans un commentaire précédent il faut faire le distinguo entre le mot et le statut. L’intonation et le sous-entendu sexuel modifient l’intention. On peut traiter quelqu’un de “petit con” ou de ” petite salope” tout en débordant d’amour pour lui/elle. C’est parfois même mignon
    Ou alors aucun gros mot ne sort jamais de votre bouche ? N’avez-vous jamais lâché un “putain” en faisant une connerie. Non ? Alors bravo je m’incline. Oui ? Eh bien dans ce cas vous avez discrédité toutes ces femmes qui se prostituent en les assimilant à votre énorme bêtise ! Pas sympa pour elles !
    Parlons aussi de toutes ces femmes qui disent ” je m’en bats les couilles “. J’en ai entendu des wagons ! Elles font plus de mal pour la cause féminine que tous les machos réunis ! Eh oui on peut aller loin si on creuse et que l’on arrête de se voiler la face ! Se balancer un mot d’oiseau en dehors de toute domination ou outrage volontaire n’est pas cette honte suprême que vous proclamez ! Ce n’est pas forcément un manque de respect mais un jeu galant parfois (relisez les lettres de Musset-Sand), une envie de dépasser les inhibitions ou les tabous. Quand l’aspect grivois est partagé ou consenti ce n’est pas plus déshonorant et dégrader l’image de la femme que de s’habiller en porte-jarretelles, en minijupe ou mettre du rouge à lèvres pour séduire son homme en prévision d’ébats sexuels ou pour le mec de porter un boxer, se raser de près ou se faire beau.
    Pfffff il faut arrêter d’interdire et cesser de voir le mal partout. J’ai connu des femmes qui mettaient des bas parce que cela les excitait, qui adorait les insultes parce que cela les excitait, qui adoraient faire l’amour n’importe où au risque d’être vus parce que cela les excitait, qui demandaient ce genre de choses que vous allez juger déshonorantes non pour faire plaisir mais par plaisir !! Moi je n’avais rien demandé ! Je ne l’ai pas demandé à d’autres sous prétexte que certaines femmes en raffolaient. Chaque histoire est unique, chaque personne est unique, je me méfie des amalgames.
    Au moment de l’acte le cerveau n’est plus sous contrôle mais on garde ses limites, ses valeurs sinonon devient animal et là c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres (Gad je t’aime). Si l’autre a envie d’ouvrir la porte pourquoi pas ? C’est oui ou non. Certaines femmes adorent jouer les soumises le temps d’un ébat, des mecs maso adorent être menottés ou ligotés (berk) mais franchement qu’est-ce que cela peut bien nous foutre ! Ne mélangeons pas tout ! Ils aiment se sentir attachés ? Ne les comparons pas à Mandela bordel !! (mes excuses aux tenanciers ou tenancières de boxons pour lesquels j’ai le plus grand respect même si je n’y ai jamais mis les pieds répugnant à payer pour l’amour.)
    Je hais l’échangisme (sans avoir essayé) mais je ne blâmerai personne si c’est leur souhait intime de le pratiquer et que personne n’en souffre ! Déjà que je trouve l’amour dégueulasse à deux alors à plusieurs ! (je rigole, c’est une phrase des bronzés) Cela ne veut pas dire que l’on est une pute parce que l’on accepte des simulacres stigmatisés par une catégorie sociale ni que l’on est un gros con de macho parce qu’on les encourage.
    Quitter un mec parce qu’après l’amour il dit à sa chérie ” je t’aime ma pute chérie ” me fait sourire. C’est rude. Je serais resté célibataire toute ma vie, je n’aurais jamais eu d’enfants si à la première phrase déplaisante j’avais viré mes compagnes ! Une femme un jour m’a quitté en plein acte parce qu’au bout d’un quart d’heure d’inertie de sa part je je lui ai dit ” caresse-moi un peu s’il te plait” et qu’elle n’a pas apprécié. Une autre a joui sous mes caresses sans me toucher une seule fois, elle s’est levée et m’a demandé ” – Bon qu’est-ce que l’on mange maintenant ? ” Authentique. Vous n’en parlez pas des femmes qui se vengent des hommes en donnant priorité à leur plaisir et en s’offrant que si elles ont joui. Pourtant cela aussi existe les garces (féminin de machos ?) ! Ne soyons pas manichéens !
    Le respect c’est accepter l’attitude de l’autre si cela ne lèse personne. Le respect c’est accepter avec tolérance que d’autres possèdent des us et des usages différents des nôtres. Tant que ce n’est pas de la barbarie à effets collatéraux et que cela se passe à la maison entre deux adultes consentants où est le problème ? Vous avez envie de restaurer l’image de la femme ? Allez brûler des sex-shops, faites fermer les salons de massages bidons, interdisez les films pornos, offrez un autre boulot aux prostituées, votez pour un président puritain, manifestez dans la rue (Je suis un ancien des Indignés et de Nuit Debout, râler je connais), inscrivez-vous à ni putes ni soumises, à Rires et Chansons, présentez-vous aux élections et virez votre conjoint s’il ose vous embrasser sans votre permission (viol caractérisé) !

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    • Un aussi long commentaire mérite une réponse argumentée !
      Premièrement cet article parlait de soumission et des mots que certains y associent. Ça n’avait rien à voir avec deux partenaires que ça excite de se murmurer des mots crus pendant leurs ébats. Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Au regard de vos mots, je me dis que j’ai dû manquer de clarté dans mes propos…
      Deuxièmement, oui le mot « pute » et tous ses dérivatifs me choquent. Et cela avec toutes les variantes que nous connaissons. Du « fils de pute » à « putain ». Celles que vous appelez par ce mot, moi je les nomme « prostitués », « péripatéticiennes », « travailleuses du sexe ». A mon avis la majorité d’entre elles ne fait pas ça par choix. Et celles qui le font militent pour une reconnaissance, ne pas être traitées comme de vulgaires objets. Ce qu’elles sont le plus souvent, même si on préfère penser le contraire.
      Peut-être que c’est joué sur les mots. Pourtant c’est bien ce que nous faisons, nous, blogueurs, écrivains, poètes, nous jouons avec !
      Je n’ai pas envie de restaurer quoi que ce soit. Je souhaite juste et je ne suis pas la seule, que la femme ait droit au même respect qu’un homme. Et je pense que nous en sommes loin…Ne vous en déplaise, ces mots dans la bouche de beaucoup d’hommes sont des insultes. Et certaines femmes y adhèrent parce qu’on ne leur à rien appris d’autre.
      Il ne faut pas voir le mal partout. Sauf quand le mal devient grave…

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      • les femmes sont conditionnées à tout accepter et même leurs envies sont fruits d’un conditionnement ok ok ? Et les hommes ne sont-ils pas conditionnés par leur excès de testostérone ? Pourquoi vouloir opposer sans cesse hommes et femmes, alors que l’on pourrait constater c’est tout le genre humain qui est dans de mauvais draps, hommes et femmes !!

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        • Je ne les oppose pas. Je fais un constat. Sur ce que je connais. Si les hommes ont des choses à dire, qu’ils le disent, je suis tout ouï…
          Hommes et femmes doivent oeuvrer ensemble pour un autre monde c’est une certitude.

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  7. Un constat sur ce que l’on connait cela s’appelle donner son avis (= version personnelle de la réalité) et tant que dans ce pays l’on pourra librement donner son avis la vie sera belle.

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  8. Des conduites perverses qui mettent en jeu et en joug le bourreau et sa victime. Du viol intellectuel au viol physique, l’aberration comportementale règne aussi bien du côté du maltraitant que du maltraité. Pour se dégager de ces attitudes abusives qui génèrent, à coup sûr, des processus d’enfermement, il devient impératif face à l’individu humiliant – de penser en terme de dignité. L’acceptation des conduites méprisantes réitérées d’autrui vis-à-vis de soi fabrique la chute progressive et régulière de sa propre intégrité.

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    • C’est juste Sabine.
      Et pourtant parfois c’est compliqué de s’y soustraire. L’emprise est telle que la personne humiliée se sent prise dans un engrenage. La notion de respect n’est pas quelque chose qui a une signification pour elle.

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Un mot doux pour la route...

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