Sois heureux et tais-toi! Ou pas!

Crédit Pixabay

J’ai l’impression que quand on est bien dans sa vie, on a qu’un droit c’est de la fermer – Quand on va mal aussi, au bout d’un moment ça saoule les gens…Après tout, c’est vrai, quand on est heureux pourquoi on viendrait faire chier les autres avec notre monde de « bisounours » ! Sauf que le bonheur quand il est là, il ne fait pas non plus de notre quotidien un conte de fées sans faille. Un bonheur, comme une vie, ça se construit. N’en déplaise à certains, on n’a pas juste à claquer dans les doigts pour avoir ce qu’on souhaite.

J’ai passé 25 ans de ma vie à m’inventer une vie autre que celle que j’avais, parce que le bonheur ce n’était pas vendeur. Dans la vie il fallait lutter. Alors j’ai lutté. On peut même dire que souffrir est devenu un moteur. Et puis c’est bien, parce que les évènements se sont parfaitement enclenchés, je n’ai pas eu une minute de répit. Autour de moi, c’était même bien vu d’en baver. Plus c’était compliqué et plus tu pouvais être fier de toi pour t’en être sorti. Avec le recul c’est complètement insensé comme mode de fonctionnement. J’en ai aussi voulu à la terre entière. C’est pratique et déculpabilisant à souhait ! Tu n’es responsable de rien, tu as juste à te laisser porter par le chaos ambiant, à maintenir un tant soit peu la tête hors de l’eau. Et le tour est joué. En plus tu as plein de copains qui en bavent aussi et de gens qui se nourrissent de ton malheur. C’est clairement beaucoup plus vendeur que les bonnes nouvelles !

Alors aujourd’hui, je considère que ma sérénité, ma paix, mon équilibre, je les ai bien gagnés. Pour remonter la pente, j’ai dû prendre sur moi et rebâtir tout ou presque. Ce n’est pas pour autant que je ne suis pas à l’écoute d’autrui et que je ne peux pas comprendre certaines choses. Même si mes « conseils » sont teintés de mon expérience – nous en sommes tous là. Pour avoir moi-même touché le fond de la piscine, je sais l’énergie qu’il faut déployer pour remonter brasse après brasse, sans toujours se sentir ni soutenu ni encouragé. Des tasses j’en ai avalé. Des rechutes j’en ai connu. Qu’est-ce qui m’a fait tenir ?

Peut-être l’idée qu’il faut avancer tout simplement. Ou que mes efforts à terme porteraient leurs fruits. Bien sûr certains me diront que j’avais le meilleur moteur sous les yeux, mon enfant. Encore une chose qui fait que je devrai la boucler – parce que tant n’ont pas cette chance. Je devrai peut-être m’excuser d’exister aussi ! C’est vrai que ça m’a boosté. Ça m’a terrorisé aussi, bien des fois.

Nous avons tous notre lot de soucis, de doutes et de chagrins. Parfois c’est évident et parfois ça ne l’est pas. Nous avons tous notre conception de ce qu’est une vie réussie, équilibrée. Comme nous avons tous une idée du bonheur. Pour certains, il est à portée de main, c’est un état d’esprit, une manière d’être. Pour d’autres c’est une quête sans fin.

Je pourrai reculer, laisser les autres définir ce que je dois dire ou pas, partager ou pas. Sauf que j’ai trop fermé ma gueule par le passé. Personne n’est obligé ni de m’écouter, ni de me lire. Si on trouve que je vais trop loin, je suis capable de l’entendre. Je n’ai pas la science infuse ni le monopole du savoir. Je pense être ouverte à la discussion. J’ai depuis peu intégré qu’on pouvait ne pas être d’accord, sans que cela n’altère les sentiments.

Voilà, moi, je ne me tairai pas. Je continuerai à écrire ici le beau comme le moins beau, car comme je le disais en commentaire sur cet article – l’écriture est ma façon de faire entendre ma voix et celle des autres. C’est trop précieux pour que j’y renonce!

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30 thoughts on “Sois heureux et tais-toi! Ou pas!

  1. Et c’est pour ça que nous aimons venir te lire ! La vie n’est pas toujours rose, mais il y a quand même de bons moments aussi, je trouve que ça vaut la peine de partager aussi bien ce qui nous rend heureuse que ce qui nous fait souffrir. Tu as raison : ne laisse jamais personne te priver de ta liberté d’écrire.

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  2. Tu fais bien !

    Je trouve que le syndrome du poète maudit nous pollue tous. Seule le spleen et la douleur pourraient nous apporter des élans lyriques. Et pourquoi donc ?

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    • Complètement…
      J’ai du mal avec cette idée, même si elle m’a longtemps accompagnée. Je crois qu’on peut faire de belles choses sans cette douleur lancinante qui nous détruit. Et heureusement!

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  3. Je compatis avec le malheur des autres, mais pour ma propre quiétude, j’évite ceux qui en font carrière. J’aime par ailleurs beaucoup lire le bonheur, partout où il se trouve. C’est à chaque fois trouver un petit fruit sauvage à déguster sur ma route.

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    • La bienveillance et l’altruisme sont des qualités Pierre. Toutefois il est vrai que certaines personnes se nourrissent du malheur d’autrui, sous couvert de générosité.
      J’aime cette image poétique du bonheur qui se savoure.
      Merci

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  4. C’est vrai qu’il est parfois plus difficile de partager son bonheur que son malheur … Pour ma part, j’avoue bien aimer le conserver pour moi, dans un coin, égoïstement.

    Mais toi tu l’écris si bien le bonheur que ce serait dommage de ne pas partager. On savoure avec toi ces instants 🙂

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    • Je comprends aussi ma belle. Parfois protéger son bonheur est essentiel. C’est un choix respectable comme tout choix.
      Moi j’ai la chance d’aimer écrire, cela me permet de partager tout ou presque. Je ne veux pas m’en priver parce que potentiellement çà peut gêner autrui!
      Merci et grosses bises

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  5. Tu l’as compris Marie, vivre c’est connaître le bon et le mauvais , parfois même le pire ! Ecrire et partager est généreux. Partager le malheur peut nous soulager. Crier son bonheur est donner aux autres des raisons de croire et d’espérer ! Dans les deux cas c’est salutaire ! Continue Marie grosses bises

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    • “Partager le malheur peut nous soulager. Crier son bonheur est donner aux autres des raisons de croire et d’espérer”. Tout est dit Paulette. Dans les cas c’est bon pour soi et pour les autres. Mieux vaut ne pas s’en priver!
      Merci et grosses bises Paulette

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  6. S’approprier (ou se ré-approprier) sa voix est le plus précieux qui peut nous arriver après des années de silence, des années où l’on est juste des spectateurs dans l’ombre. Bisous Marie.

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  7. Une parenthèse avec ce que tu dis, un écho, je ne sais pas si sa place est là mais il m’est venu en te lisant. Un jour (quatre ans en arrière environ) mon ex (qui était un catalogue vivant de toutes les galères possibles et inimaginables) m’a demandé de lui raconter les trucs durs de mon enfance. Je l’ai fait en sentant que je ne devrais pas. En écoutant les saletés de mon passé elle avait les larmes aux yeux, enfin elle trouvait quelqu’un qui en avait bavé autant qu’elle ! Je faisais partie de son club. Sn regard sur moi avait changé. Je faisais partie de la confrérie de ceux qui en avaient bavé. L’homme habituellement fort avait rejoint la cour des miracles. J’étais descendu à son niveau. Mais moi je n’en avais rien à foutre. Je vis l’immensément présent, passé et futur je m’en tape. Ses larmes compassionnelles je n’en avais rien à foutre ! Mon passé est trépassé et je ne veux surtout pas faire partie des faibles ou des fragiles. Je veux bien avoir des faiblesses ou des fragilités mais pas porter d’étiquette et encore moins être jugé pour ce que je fus ! J’étais monté dans son estime suite à cela, elle était descendu vitesse grand V.

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  8. C’est drôle, je parlais de ça avec une copine hier. Quand on nous demande si ça va, en général si on répond “oui” personne ne s’attarde. En revanche si on dit “ça ne va pas” alors là on est sûr que les gens vont vouloir en savoir plus, avide de nourrir leur curiosité, de se rassurer sur leur propre malheur en se disant qu’ils ne sont pas seuls ou encore qu’il y a plus malheureux qu’eux. C’est très curieux ce culte de la morosité, de la douleur, de l’autoflagellation, une compréhension archaïque du christianisme des premiers temps sans doute aussi. Je lisais aussi dans “j’arrête de râler” de Christine Lewicki qui disait que lorsqu’elle avait fait le défi d’arrêter de râler, elle ne savait plus quoi dire aux personnes au début, tellement nous sommes habitués à échanger autour des ragots, des plaintes, des mauvaises nouvelles. C’est tout un changement de mentalité qu’il faut opérer pour parler des choses positives, qui vont bien, ce qui nous met en joie, nous motive et nous fait aller de l’avant, sans pour autant que ce soit le monde des bisounours comme vous le dites si bien. Merci d’avoir partagé votre humeur sur ce sujet.

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    • C’est exactement cela, une curiosité mal placée, une envie de détails croustillants sur lesquels on pourra rebondir. Nous avons tous cette tendance au voyeurisme. Mais chez certains ça dépasse tous les records!
      Oui quand on regarde on partage plus nos peines, nos problèmes que notre joie ou nos bonheurs du quotidien. Pourtant comme tu le dis c’est la joie, la vie, l’enthousiasme qui nous donne des ailes et l’envie d’avancer.
      Merci pour ton passage et ton commentaire.

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  9. Mais oui continues de partager ! Ton bonheur me fait du bien 🙂 J’aime à penser que le rayonnement des autres m’éclaire 🙂 Merci Marie pour tes partages Je me sens moins seule 🙂

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Un mot doux pour la route...

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