Il faut parfois se perdre…

Copyright Marie Kléber

Je pensais que je n’aurai jamais épuisé le sujet.

J’ai écris des dizaines et des dizaines d’articles. J’ai noirci des centaines de pages. J’ai partagé mes doutes, ma colère, mon chagrin, mes peurs, cette envie quasi-obsessionnelle que quelque chose me délivre de cette terrible et lente agonie. J’ai écris le pire sous toutes les coutures, dans les deux langues que je maîtrise.

J’ai parlé, beaucoup parlé. Je me suis livrée, j’ai partagé le plus intime, le plus noir, le plus suffocant. J’ai lâché la pudeur au profit de la vérité.

J’avais besoin qu’on m’écoute, qu’on me comprenne, que l’enfer connu soit reconnu. J’ai sorti mes tripes sur le cahier, sur l’écran, inondant de ma douleur les pages qui défilaient, insensibles à tout ce que je tentais de dépasser – en vain.

Les années sont passées et il y avait toujours quelque chose, quelque part qui faisait ressortir l’horreur, la peur, la panique face à une menace que je ne pouvais pas gérer.

Les articles se sont espacés, mes carnets d’aujourd’hui sont vides de cette errance. Je ne ressens plus le besoin d’en parler, ni de justifier mes choix, ni de dire le pire, l’angoisse, la terreur. Ni de parler de lui. Tout est gravé en moi. Le passé  a laissé des cicatrices comme un rappel de ce à quoi mon corps et mon esprit ont su dire “non” à un moment donné.

Je pensais que je n’aurai jamais épuisé le sujet.

Et puis si, à force d’écrire, j’ai tout sorti. Je me suis libérée. Et sans le savoir, le sujet est devenu  une tranche de vie comme une autre.

Il faut parfois se perdre…

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26 thoughts on “Il faut parfois se perdre…

  1. Je suis d’accord avec ton constat ! A force de tout sorti tout çà de tes tripes, tu t’es vidée de ce qui n’allait pas et as retenu les bonnes choses ! Je souhaite que çà continuera encore te encore ! Bravo !!

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    1. Oui Soa. Dans mon histoire il y avait peu de bon, cependant j’ai réussi à pardonner. Et surtout j’ai pu évacuer tout ce qu’il y avait de négatif / néfaste en moi, pour accueillir cette relation comme elle se doit.
      Merci beaucoup.

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  2. Un cap difficile à passer mais lorsque tu arrives au stade des vieilles cicatrices la souffrance est atténuée. On n’oublie jamais, cela devient une tranche de vie, notre lointain passé ! Grosses bises

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Un mot doux pour la route...

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