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Je n’assume pas pleinement ma sexualité

Cet article je l’ai écrit maintes et maintes fois dans ma tête, je me suis demandé si j’allais le publier, si j’allais oser surtout. Tout le monde me dira que c’est mon blog et que j’écris bien ce que je veux dessus. Oui mais…Parfois certains sujets sont plus faciles à traiter que d’autres, d’autres sont plus intimes à partager que certains. Et pourtant ici je me suis souvent livrée sur des choses pas toujours évidentes. J’avais juste l’impression d’avoir une légitimité à le faire, puisque je l’avais vécu.

Comme je n’assume pas entièrement ma position d’auteur, même si j’essaie d’en parler davantage, de me mettre un peu en avant, un peu plus qu’avant en tout cas, je n’assume pas pleinement ma sexualité.

Maintenant que les choses sont dites, vous pouvez décider de lire ou de passer votre chemin. Je ne vous en tiendrais pas rigueur. La semaine dernière vous en avez été témoin, j’ai connu un petit creux de vague. Ça arrive, l’essentiel étant de rebondir ! Un avis partagé sur une de mes nouvelles a pointé du doigt une faille. Au-delà de la peur – elle se dompte – je contrôle beaucoup de choses parce que je n’assume pas pleinement qui je suis et en poussant le vice un peu plus loin, on peut même dire que parfois j’ai honte de mes pensées, de mes envies (ne parlons même pas de mes fantasmes!). A 37 ans j’en suis encore là ! A ne pas pouvoir aligner deux mots sur le sujet sans me sentir gênée. Et comme pour tout blocage il y a une origine, je cherche d’où cela peut venir, pour pouvoir travailler dessus. En vain.

J’ai été intéressée par la sexualité très jeune. A 7 ans je dévorais « la sexualité expliquée aux enfants ». A 10 ans je n’avais pas encore mes règles et je découvrais déjà les plaisirs solitaires. A 13 ans, je jouais encore à la poupée et j’écrivais des histoires d’amour d’une intensité qui me laisse encore perplexe aujourd’hui.  J’étais une petite fille très sage et déjà je me disais qu’il y avait quelque chose de pas « normal » chez moi (vous allez me dire qu’est-ce que la normalité?)

La sexualité n’était pas taboue à la maison. Je n’ai pas vécu de traumatisme sexuel. Comme beaucoup, j’ai eu une éducation catholique, c’est certain que ça n’aide pas quand on vous serine à longueur d’homélie que le sexe ce n’est que pour faire des bébés et que vous pouvez pêcher même en pensée. J’étais bien avancée. A l’adolescence, je ne savais plus à quel saint me vouer, alors pour temporiser mes « pulsions » (les catholiques appellent ça des pulsions perverses – merci du cadeau), je me suis tournée vers la religion. Pas juste un peu. Je m’y suis donnée presque corps et âme. J’ai plongée dans un grand bain d’eau bénite. J’ai même eu l’envie de rentrer dans les ordres et c’était loin d’être une passade, puisque 10 ans plus tard, j’ai bien failli passer le cap. Pour le coup c’était le meilleur moyen de dompter ce que je considérais comme « un penchant suspect ». Mes parents m’en ont dissuadée. Je me demande s’ils n’auraient pas préféré me voir courir les garçons…

J’étais réservée, introvertie, silencieuse, calme, posée, timide. A l’intérieur de moi, ça bouillonnait mais je savais faire taire tout ça. Je renvoyais une très belle image au reste du monde. Les gens enviaient mes parents. Et le soir quand les lumières s’éteignaient je me battais avec mes démons. Un combat solitaire et éreintant. Je n’en ai jamais parlé à personne et j’ai enfoui tout ça au plus profond de moi, en pensant que ça ne referait jamais surface. Poser un voile sur les maux, ça a toujours été mon moyen de contourner les problèmes. Les expériences de la vie m’ont montré que ça ne servait à rien, à part envenimer les choses. Mais bon, on ne se refait pas en claquant des doigts !

Puis j’ai commencé à avoir une vie sexuelle active. J’avais 19 ans et toutes mes copines m’enviaient. J’ai vécu ce que j’avais à vivre, sans trop me poser de questions. On ne va pas dire que le sujet était récurrent mais nous en parlions facilement. Je partais du principe que chacun était libre de faire ce qu’il voulait de son corps, seul ou en couple, à partir du moment où il y  avait respect et confiance. Il était clair que moi je resterais dans une voie très classique, histoire de ne pas être tentée par des choses qui ne collaient pas du tout avec mon image de jeune fille “bien” – quoi qu’on en dise de nos jours encore la sexualité féminine est riche de nombreux clichés en tous genres. Certaines arrivent à s’en affranchir et elles ont toute mon admiration – c’est tellement beau une femme libre!

Je n’ai pas franchi beaucoup de caps en 18 ans, même si j’ai été tentée parfois par des chemins différents. A chaque fois que je me suis confiée pour le coup, je m’en suis mordue les doigts par la suite. Les gens de mon entourage n’avaient clairement pas les mêmes besoins ni les mêmes envies que moi – j’avais donc un “problème” (les raccourcis sont vite faits dans ces cas-là). 

On va passer brièvement sur mon mariage, où là pour le coup, le sujet était carrément à éviter. Non guérie de mes vieux démons, à chaque fois que nous nous retrouvions dans l’intimité, j’avais vraiment l’impression d’être une trainée. Je pense que si j’avais assumé ma sexualité, les choses se seraient passées autrement, je me serais davantage respectée et je n’aurais pas accepté d’être traitée et utilisée comme un objet.

Est-ce que ça été le coup de grâce ? Est-ce que cinq ans de célibat sans un contact physique ont mis à mal mes dernières résistances ?

Tout cela refait surface aujourd’hui, parce que la donne a changé,  parce que je suis dans une relation épanouissante et épanouie avec une personne qui n’a aucun apriori sur le sujet, qui en parle sans jugement, très librement et qui me prend comme je suis – c’est assez nouveau. C’est vrai que je me dis qu’il est fou parfois, mais surtout que j’ai beaucoup de chance. Peut-être que c’est le moment idéal pour déterrer tout ça, accepter, assumer, me libérer une fois pour toutes. Dans le respect, la confiance et le partage, tout deviendrait presque possible, dans la limite des limites de chacun bien entendu. Sans compter que l’échange est constructeur pour soi autant que pour le couple. Et que ce serait tellement plus agréable si je n’étais pas si souvent sur la défensive, comme si j’étais prise en train de faire une grosse bêtise !

J’ai parfois l’impression de vivre avec des secrets lourds (ne vous inquiétez pas, mon âme est tourmentée, c’est un état de fait et je vis très bien avec), comme si je devais expier des fautes. C’est un combat perpétuel en moi et pas forcément entre mon corps et mon esprit, entre deux forces invisibles qui ne tombent jamais d’accord (si j’ai perdu quelqu’un en cours de route, j’en suis désolée, moi aussi j’ai du mal à me comprendre parfois !).

Quelque chose me retient toujours. Certaines portes sont verrouillées à double tour. Peut-être que c’est la crainte de mes zones d’ombre qui me retient ou bien celle de ternir l’image de la petite fille sage, un brin rebelle – une rébellion contenue – qui ne fait pas trop de vague, qui rentre dans le rang, qui ne veut pas causer de tort autour d’elle, qui fait comme si. Pourtant je ne suis plus une petite fille depuis longtemps…

Si vous avez lu de A à Z cette confession, je vous tire mon chapeau. Et je vous dis merci aussi pour votre lecture et votre bienveillance. Qui sait peut-être que je ne suis pas la seule à assumer pleinement! 

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

50 thoughts on “Je n’assume pas pleinement ma sexualité

  1. Si je pouvais mettre un triple like sur cet article, je le ferais mille fois !

    C’est si triste de lire la façon dont tu t’es senties obligée de te battre contre quelque chose de profondément naturel et … Beau ! Peu importent les envies, les fantasmes. Je comprends que tu aies honte car moi aussi. J’ai honte de mes rares fantasmes, mais pas parce qu’ils vont trop loin. Au contraire parce qu’ils me semblent ridicules et niais.

    Tu sais, moi, c’est l’inverse. J’ai découvert ce monde de la sexualité tard (et celui du plaisir plus tard encore) et même une fois découvert, ça ne me tardait pas d’y replonger.

    Ces derniers mois, je me dépêtre de tout ça. Je comprends ce qui est moi et ce qui ne l’est pas, ce par quoi j’ai été conditionnée, comme toi. Ca me libère et c’est fabuleux, même si c’est par à-coup.

    Je ne sais pas pour toi mais moi, j’ai arrêté de parler sexe avec des proches, amis, etc. Car à chaque fois, je me suis rendue compte que j’avais été jugée sur mes envies et essais (on n’a pas à aller bien loin pour passer pour … Je sais pas quoi !), ou qu’une espèce de compétition malsaine se mettait en place entre nous. Du coup, mon mari est le seul avec qui j’en parle. Parfois, je me dis que je pourrais sur le blog, mais je me retiens toujours !

    Bref. Bravo Marie. Je suis certaine qu’avoir posé des mots et avoir partagé ces pensées t’apportera beaucoup. Tu vas trouver ! Et tu es (vous êtes ?) sur la bonne voie pour devenir libre !

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    1. Merci Rozie. J’ai beaucoup pensé à toi en l’écrivant.
      Vient un moment où on a envie de comprendre, de se défaire de nos conditionnements pour trouver la voie qui nous convient. C’est tout un travail en profondeur sur soi.
      Pour ce qui est des amis, chacun à ses idées, souvent bien arrêtées (je trouve qu’en la matière on devrait éviter de juger) et en discuter peut nous perturber davantage. Du coup je garde ce genre de discussions avec des amies vraiment proches et très bienveillantes.
      En parler avec son conjoint, c’est quand même le must – l’amour se fait à deux!

      Mille merci Rozie pour tes mots et partages. C’est une fois de plus un débat enrichissant.

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    2. Cest très touchant, vu la qualité de l analyse, je pense que vous avez les clefs ce n est qu une question de temps…
      Belle journée

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  2. Evidement et vu que jai plutôt l’age de ta maman que le tien tu peux imaginer que le tabou est pire lorsque je me suis libérée au moment de mon divorce et decouvert un potentiel je n ai pas fait étalage cela ne regardais que moi… l’important est que tu sois avec LA personne avec qui tout partager bises

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    1. Oui j’imagine Catherine. Je crois que je laisse un peu trop de place à mon mental et pas assez à mes émotions. Alors que comme tu le dis l’essentiel je l’ai.
      Merci. Grosses bises

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  3. Nous avons le même âge et je ne sais pas toi mais moi, je me souviens de beaucoup de commentaires de mon entourage sur la sexualité. Le thème était toujours sujet à blagues, gênes, remarques pas très agréables. Dans ces conditions, on intègre vite l’idée que du sexe faut pas trop en parler et que c’est presque un sujet tabou. Du coup, moi, je n’ai jamais parlé de sexualité qu’avec une seule amie en qui j’ai pleine confiance, et pas de tout, de tout non plus.
    Je t’avoue que lorsque je lis ou entends des jeunes de 20 ans, je suis totalement dépassée et je prends un coup de vieux pas possible. J’espère qu’avec ton ami actuel qui m’a l’air d’être à l’écoute et ouvert, tu baisseras tes armes et te laisseras davantage aller 😉

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    1. Je me souviens des mêmes “rires”, remarques et gênes sur le sujet. Ça reste une énigme pour moi. C’est vrai qu’on prend vite la mesure.
      La sexualité des jeunes d’aujourd’hui fait peur en effet – le porno à outrance. Mais c’est le risque quand un sujet est classé comme “interdit”. On ne récolte que ce qu’on a semé.

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  4. Tu as l’âge du plein épanouissement Marie, profites-en avec la personne qui te complète si bien 🙂 Je suis une mamie à qui a famille a toujours interdit de parler de sexe. La religion n’a pas été une ouverture d’esprit et à 16 ans j’ai voulu entrer au Carmel. Un mari en délirium tous les soirs n’ont pas arrangé ma situation. j’ai donc découvert la sexualité dans les livres puis enfin avec l’Hom qui a eu une infinie patience avec moi. Si je joue le jeu de la vérité je dirais qu’en amour je suis restée plus cérébrale que physique ! Bonne soirée Marie Bisous

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    1. Merci beaucoup Paulette.
      La religion n’est pas d’une grande aide j’en conviens. Je crois que je me fais des nœuds à la tête toute seule. Parce que quoi qu’on en dise, la sexualité reste LE sujet tabou par excellence. Va savoir pourquoi!
      Grosses bises

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  5. Eh bien à te lire, je ne suis pas certaine que tu n’assumes pas ta sexualité, Marie, bien au contraire ! 🙂
    En parler, ne pas en parler, cela reste l’affaire de chacun, cela dit et je ne saisis pas très bien l’importance d’exprimer sa sexualité à la famille et aux amis. Cela peut-il changer ton regard sur ton rapport à ta sexualité ? Si ce n’est instaurer le dialogue avec ton partenaire, être à l’écoute de vos attentes (et cela semble être le cas) qu’espère-tu ? Une reconnaissance ? Où se trouve l’importance de tout cela ?

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    1. Je pense qu’à une époque j’aurais aimé pouvoir en discuter avec des amies, ça m’aurait aidé à y voir plus clair.
      Je ne me sens pas à l’aise pour en discuter en couple, c’est toujours source de gêne pour moi, je ne comprends pas pourquoi.

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      1. Je comprends, Marie et je te trouve plein de courage pour le dire sur ton blog. J’espère que c’est libérateur. J”entends bien ce que tu dis. Mais aujourd’hui qu’en est-il ? Si tu cherches une écoute, sache que je suis là, si tu le souhaites. (en mp, cela va de soi).
        Et si la discussion en couple te parait difficile pour aborder certaines choses, peut-être que les écrire et les lui faire lire pourrait être une bon commencement.

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        1. Mille merci Laurence.
          Oui du coup je partage beaucoup de choses par écrit, c’est plus simple pour moi. Peut-être que c’est un des caps avant de pouvoir en parler à haute-voix.
          Laisser le temps au temps – je suis très forte pour donner des conseils aux autres mais quand il s’agit de moi, c’est plus compliqué!

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          1. On a beau vivre à l’ère de la communication, s’ouvrir aux autres est souvent difficile… une façon de se protéger des jugements rapides et blessants.
            Il est vrai qu’il est plus facile de donner des conseils que de les appliquer à soi et c’est le cas pour beaucoup d’entre nous 🙂
            je t’embrasse, Marie.

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  6. Je t’ai lue jusqu’au bout, évidemment Marie !
    Que dire qui n’a pas été dit… peut-être juste que le temps aide, la confiance en l’autre mais aussi en soi… Gros bisous ❤

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  7. Coucou Marie, article intime intime si il en est…
    Tu manies les mots avec une dextérité rare, ne devrais-tu pas mettre certaines de ces choses par écrit, même si tu ne les partages avec personne, ne serait-ce que pour faire sortir ce que tu as en toi.
    Si le sujet est important, et il semble l’être une option est de créer un blog anonyme où tu puisse en parler sans avoir à te soucier de ton image.
    Tu en as la volonté, tu vas les déverrouiller ces portes ;-),
    .

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    1. Ca reste l’intime que je peux dévoiler. Le reste je l’écris à part.
      Peut-être qu’un blog anonyme serait une idée à exploiter. Peut-être qu’il faudrait que j’arrête de me soucier du regard des autres…
      La volonté est mienne, l’amour se conjugue à deux, nous les déverrouillerons à deux.
      Merci

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  8. tu fais bien d’en parler, c’est aussi une étape de libération… l’important c’est que tu sois aujourd’hui avec la bonne personne pour ton épanouissement. Tu vas continuer d’avancer….

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  9. Je suis contente de lire ça 🙂
    Moi je dis toujours qu’il n’y a pas de normalité, chacun a la sienne.
    Pleins de bisous

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  10. bien sur que je te lis jusqu’au bout…. mais finalement, ou est le problème ? tu as du refouler tes envies naturelles a cause d’une éducation catholique, et aujourd’hui tu as trouvé un homme avec qui il me semble que tout se passe bien, mais tu as la sensation de ne pas encore laisser libre court a toutes tes envies, c’est ça ? est ce que ça ne serait pas juste un affaire de temps ? on ne bascule pas d’un verrouillage complet a un déverrouillage en un claquement de doigt… je suis peut être passée a coté de ta problématique, excuse moi… en tout cas moi, je suis bien plus verrouillée que toi … je n’en parle pas avec mes amis (sauf une fois ou j’avais 1gr d’alcool dans le sang!!) et même avec mon mari j’ai du mal a en parler..

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    1. Tu as tout dit avec ces mots “on ne bascule pas d’un verrouillage complet a un déverrouillage en un claquement de doigt”.
      J’en parle avec des amies très proches, mais il faut vraiment qu’on en soit au stade des confidences – en même temps c’est un sujet qui m’intéresse, je trouve justement qu’on n’en parle pas assez, qu’on pose un voile sur cette partie importante de notre identité (par pudeur ou peur°. Si la parole était libérée sur le sujet je pense que plein de personnes se sentiraient plus à l’aise dans leur vie, leur couple, leur épanouissement personnel. En fait je n’assume pas que le sujet me passionne autant!!
      Merci pour tes mots en tous cas. Douce journée.

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  11. Je pense qu’en parler ne peut être que positif pour toi, car détabouïser la sexualité consiste à se mettre à nu physiquement et psychiquement pour célébrer un plaisir pas si défendu que ça….

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  12. La sexualité est une question délicate, parce qu’à moins de s’être désensibilisé par la multiplication et la diversité des rencontres on reste fragile au jugement de l’autre sur comment on est ou comment on fait, mais au final, il ne faut pas trop compliquer les choses parce qu’au final ça reste simplement un échange de caresses à donner et recevoir.

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  13. J’adore! Je ne pouvais m’arrêter de lire… et si je peux te rassurer, je me suis reconnue énormément dans tout ce que tu dis. Très jeune aussi, la sexualité était pour moi intriguant, excitant. J’avais hâte d’être adulte pour pouvoir vivre ce bonheur. Devenue adulte, je balançais sans cesse entre la joie d’être libre sexuellement et de m’adonner à ces plaisirs, et ce jugement négatif que j’avais de moi-même, cette peur de la perception qu’on avait peut-être envers moi. Mais cette perception, c’est moi qui l’avait…
    Moi aussi j’ai la chance d’être avec un conjoint merveilleux. Il m’apprend à m’aimer tel que je suis et surtout, à me sentir désirable. Ce besoin d’exister dans le regard de l’autre et de susciter le désir, c’est quelque chose d’essentiel pour moi. Ça aussi, j’ai dû me réconcilier avec ce besoin. Assumer sa sexualité, assumer ses désirs, ses fantasmes, son jardin secret… il n’y a pas d’âge pour ça! C’est l’histoire d’une vie!

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    1. Merci beaucoup Nat. Contente de lire que ces mots ont fait écho en toi.
      Je suis d’accord sur la perception – elle vient de moi. Ce que les autres pensent au final je ne le sais pas et j’ai même envie de dire que ça ne me regarde pas – plus facile à dire qu’à faire.
      Je trouve que le sujet est tellement tabou que s’y intéresser en devient presque gênant.
      C’est tout un chemin pour se réapproprier ses envies, son ressenti, ses désirs, son intimité. Mais un chemin passionnant aussi, si on laisse un peu de côté le mental!

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  14. C’est marrant je me suis retrouvée dans les prémices, et je ressens une certaine honte toujours. Peut-être parce que l’on ne peut associer ça à un âge aussi jeune que 10 ou 12 ans? Pour ma part, j’ai été un feu follet de 13 à 18 ans environ, et puis la source s’est tarit d’un coup. Je n’ai jamais su pourquoi, je me suis demandée s’il y avait eu un événement, si les pulsions avaient fait long feu, et je n’ai jamais trouvé la réponse.

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    1. Il doit y avoir quelque chose comme ça. 10 ans ça reste jeune. Mais la sexualité est en nous dans le commencement donc on ne devrait pas en avoir honte. Ça dépend peut-être aussi de notre éducation en la matière.
      Peut-être que parfois il n’y a pas de réponse. Moi j’en cherche toujours, mais bon ça ne sert pas à grand chose.
      Merci pour ton partage Lexie et bonne journée!

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  15. Coucou !

    De passage sur ton blog cet article m’a fait de l’œil… J’ai donc cliqué. Et je ne suis pas déçue.

    Honnêtement, tu as parfaitement décris ce que j’ai très longtemps ressenti, et dans le même cheminement que toi, la relation épanouissante que je vis aujourd’hui avec mon compagnon, qui a toute ma confiance, a profondément changé la donne.
    Je ne pensais pas aborder le sujet un jour avec qui que ce soit et encore moins sur la toile. Mais il me semble que loin d’être tabou, ce sujet devrait être abordé avec plus de sérénité et accueilli avec moins de gêne par le lectorat;

    Pour aborder mes fantasmes, j’ai longtemps écrit des récits érotiques sur un forum cachée sous un pseudo anonyme… ça m’a aidée à être moi sans que mon entourage ne le sache.

    En tout cas, même si je ne te connais pas, je suis sincèrement heureuse pour toi que tu ais pu te libérer de ce cercle vicieux tourmenté autour de la sexualité.

    Je reviendrai chez toi, avec certitude.

    Bises

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  16. C’est marrant (ou pas), mais je me retrouve tellement dans ta situation de départ…javais l’impression de me lire. pareil dans une école catho et passionnée très jeune par la sexualité j’ai aussi voulu rentrer dans les ordres. au final ça fait rire ce qui me connaissent maintenant…

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  17. Bonjour ,
    De passage ici depuis celui de missTexas , je suis ravie de ce que j’y découvre , et merci pour cet article , oh combien sensible . Je suis plus âgée et pourtant je me reconnais dans les lignes ,

    malheureusement , jamais pu en parler , me libérer sauf avec une très belle rencontre qui n’a pas pu durer et qui me reste au chaud dans le coeur ,
    Alors , oui , profitez , de pouvoir en parler avec votre compagnon actuel , et de pouvoir le vivre .

    Je sais , facile à dire car il y a les freins dans la tête mais écrire est déjà une très belle chose à vivre et , croyez moi , cela fait du bien , aussi aux lectrices , comme moi qui se disent , que non , nous ne sommes pas des vicieuses( ou taxées d’ autres joyeusetés ) mais tout simplement des femmes qui veulent vivre pleinement .

    Je vais m’abonner à votre blog car votre écriture me plait avec des sujets pas si faciles
    Merci
    Frédérique

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    1. Merci Frédérique, votre commentaire me touche énormément.
      Des femmes qui veulent vivre pleinement – j’aime beaucoup cette phrase. Il y a encore beaucoup trop de tabou autour de ce sujet avec les conséquences que nous connaissons. C’est dommage.
      Alors merci de vous être arrêtée ici et d’avoir posé vos mots, témoigné aussi.
      Au plaisir.

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  18. Bonjour,

    Je découvre ton article sur le huff et je dois dire que ça me parle. Pas pour les mêmes raisons.
    J’ai à l’inverse découvert la sexualité très tard, à 25 ans. Pourquoi si tard ? Car je m’étais fait une image négative du sexe. J’ai du me créer un monde pour mes ami(e)s par honte. Honte de ne pas vouloir du sexe.
    Je trouvais répugnant de se masturber. J’avais une très mauvaise image de la fellation, car à l’âge de 10 ans, ma voisine, âgée de 11 ans c’était retrouvé à tailler une pipe à un mec dans les WC du collège et remercié par une pièce de 20 cts. Ca choque, ça donne une très mauvaise image de l’homme envers la femme.
    Et puis j’ai rencontré quelqu’un il y a 6 ans mais je ne voulais pas être “vierge” pour lui, j’ai donc cherché un garçon, que j’avais gardé sous le coude en me disant qu’il était tellement lisse et discret qu’il n’irait jamais rapporté ce fait. Que cela resterait entre nous même si je ne lui ai pas dit qu’il était le premier. Nous n’en avons pas parlé.
    Mais l’homme qui m’intéressait vraiment, avec qui je suis depuis, est au courant. J’ai du rapidement lui dire, car mon histoire imaginaire avait ses incohérences une fois en couple.

    Et grâce à lui, je me suis ouverte au sexe. J’ai eu confiance en lui, il a été patient et aujourd’hui je peux dire que nous faisons de la baise comme l’amour. On sait s’amuser.

    Alors tout ce speech pourquoi ? Ben parce que finalement, la société évolue et heureusement car j’avais l’impression que les femmes devaient être respectables, sages, dociles et pourquoi ne pouvons nous pas, nous aussi aimer le cul.

    Je fais rire mon conjoint, car nous avons très peu de préliminaires, nous allons vite à l’essentiel. Et c’est plus souvent moi qui vais vers lui que l’inverse.

    Je n’ai jamais parlé de cela à aucune de mes amies.

    Et ton article m’a intrigué car clairement quels sont tes démons ? Qu’as tu refouler ? C’était un sexe différent du sexe vanille ?

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    1. Merci beaucoup pour ton partage. C’est intéressant.
      Je crois que j’ai juste encore du mal à assumer que le sujet me passionne, que j’ai envie de tester des choses (tout en étant encore très imprégnée d’une culture qui codifie les rapports hommes/femmes). J’ai du mal à m’affranchir de mon éducation, des conditionnements.
      Mais comme je le dis j’ai la chance d’être dans une relation saine et stable, qui me permettra j’en suis certaine à terme de m’émanciper.

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      1. Comme tu le fais remarquer, nous sommes conditionnées à taire nos envies. J’ai la chance, tout comme toi d’être dans une relation de partage et d’échanges. Mon conjoint me demande très souvent ce que je veux et il a tendance à me dire que je m’oublie.
        J’ai donc encore du chemin à faire.

        Bonne continuation à toi et merci pour ton partage. C’est intéressant de voir que nous ne sommes pas seule

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        1. Moi aussi il me le demande souvent et je reste encore souvent face à un certain vide – je me suis tellement tue que je ne sais plus vraiment ce que je veux, ce qui me ferait plaisir.
          Bonne continuation aussi. Et merci pour ton témoignage. C’est enrichissant.

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  19. Bonjour, je me permets de te tutoyer et j’espère que cela ne dérangera pas. Je suis touchée par ton message tant c’est d’actualité pour moi, tout le thème de la sexualité et de l’acceptation de soi. Je suis en train de déterrer beaucoup d’aspects de moi-même, de combattre ou plutôt de regarder en face mes propres démons. Ce que je veux dire par là, c’est que nous avons été conditionnées, par notre éducation, la religion, et faut le dire également par notre condition de femme. Cela fait beaucoup en termes de conditions de la conscience collective mais aussi de nos propres limites et jugements que nous avons sur soi. Je ne suis pas une personne qui assume entièrement encore cette part d’elle mais je fais le chemin. Un message clé est la bienveillance, bienveillance envers soi et envers ses parts que nous jugeons d’ombre. Se permettre de se voir, avec toutes ses craintes, ses parts vulnérables permet de transcender gentiment le plomb en or. En étant dans l’accueil et en te permettant peut-être d’écrire, comme tu le fais si bien, et de mettre toutes tes interrogations couchées sur le papier, Cela peut te permettre de prendre le recul nécessaire et peut-être des réponses qui émergeront du plus profond de toi. De tout coeur avec toi, je suis aussi sur le chemin. Et beaucoup encore à aimer, de soi.

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    1. Sans aucun souci et déjà merci d’avoir rebondi sur mes mots.
      Je crois qu’il faut du temps pour se trouver, et trouver son équilibre. J’avoue toujours avoir eu honte de mes envies, fantasmes, désirs. Comme tu le dis nous sommes conditionnés par beaucoup de choses et sortir du carcan dans lequel nous vivons ne se fait pas toujours si facilement.
      Toutefois je suis de celles qui considèrent qu’une vie sexuelle épanouie est une des clés pour une vie épanouie et épanouissante.
      Doucement je m’affranchis de certains codes – cela se fait dans la douleur parfois. Je me laisse le temps. Je suis aussi bien entourée, ce qui m’aide. Je ne me sens obligée à rien, et surtout respectée.

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  20. Il faut tout oser, tout ! En sexualité comme ailleurs ! Seulement la conscience ne doit pas se sentir coupable, défense de faire souffrir l’autre et nous-même ! Personne ne doit souffrir de ces pulsions au moment nous sommes plus près ô combien de l’animal ! Si deux êtres partagent le même fantasme aussi condamné soit-il par la morale il n’y a aucun mal s’ils le pratiquent en connaissance de cause et sans déranger qui que ce soit. Il aime faire l’amour dans une poubelle, elle aussi mais grand bien leur fasse ! Bon bien sûr on peut toujours trouver quelqu’un qui sera offusqué. Les rats qui logeaient au fond de la poubelle par exemple ! Après il y a un temps pour tout et une sexualité précoce est aussi néfaste qu’une religion précoce ou qu’une idéologie précoce. Il faut garder son innocence et son émerveillement le plus longtemps possible !

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  21. S’assumer pleinement c’est apprendre à être honnête avec soi même et avec l’image que l’on veut donner de nous dans la société. Nous disposons de plusieurs personas (masque de théâtre utilisés pendant la Grèce antique). Ces masques sont diverses facettes de notre personnalité que l’on refuse de présenter en une seule fois. Ainsi on utilise des masques que l’on enfile en fonction du contexte. La sexualité malheureusement dispose de très peu de personas pour la représenter. Seul celui de son intimité que l’on présente à de rare privilégiés permet de s’en libérer et d’être soi même le temps d’une nuit. Tous les autres masques eux reflètent le tabou de ce moment partagé. Comment s’assumer ainsi ? Je pense que ces masques doivent être en majorité détruit. Plus on a de masques, plus on se perd dans nos personnalités et moins on s’accepte. La sexualité doit donc apparaitre comme quelque chose de sain, de facile et naturel et être abordé simplement. Mais encore une fois la société nous impose ces mœurs et on enfile le persona adéquat pour cela…

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  22. Merci pour ton partage je l’ai vraiment appréciée. Car je pense que j’aurais pu écrire la même chose mais je n’ai pas autent de courage que toi. Moi j’en suis au stade de la réappropriation de soit, de ses désirs, ce connaitre ce valorisé sans se sentire entravé…

    Merci.

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Un mot doux pour la route...

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