Pourquoi détestons-nous tant le mensonge ?

J’avais envie de rebondir sur vos commentaires d’hier sur le mensonge. On sent que c’est un sujet brulant pour beaucoup et ça m’a donné à réfléchir. Mise à part une personne, vous vous êtes toutes insurgées contre le mensonge. Et je comprends, le mensonge ce n’est jamais agréable et le problème, c’est qu’une fois découvert, on ne sait plus où se situe la vérité. Tout devient plus compliqué, source de questions et de suppositions. Sans fin. Sans oublier que le mensonge entache considérablement la confiance.

Je ne porterais pas de jugement sur le mensonge parce que pendant longtemps j’ai été une menteuse hors-pair. D’abord pour être acceptée, aimée. Souvent pour me protéger et plus tard pour protéger ceux que j’aimais.

Mon objectif n’a jamais été de nuire à autrui. Et d’ailleurs? même si nous pensons en général que le mensonge a pour finalité de faire mal, je suis d’avis qu’il est le plus souvent un moyen pour beaucoup de pallier un manque, un besoin, qu’il est lié à une blessure passée que nous avons choisi d’occulter ou à un mal être présent que nous ne savons pas comment gérer.

Est-il toujours nécessaire de savoir la vérité ? Quelle vérité ? La mienne sera différente de la vôtre. Certaines situations impliquent de garder le silence. La vérité est parfois plus cruelle qu’un mensonge par omission. On dit bien que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire!

Et si mentir était parfois un acte empathique, à vocation de protéger l’autre d’une réalité trop difficile à accepter, de choix de vie compliqués à expliquer.

Bien entendu certains mensonges sont graves et peuvent avoir des conséquences catastrophiques pour nous et ceux qui nous entourent. Quand d’autres sont imposés par les circonstances de la vie. A partir de quand, de quoi pouvons-nous juger la valeur d’un mensonge?

Aux vues de vos réactions, je me suis alors posé la question suivante : Pourquoi détestons-nous tant le mensonge ?

Après tout, c’est la personne qui ment qui est la plus à plaindre, elle qui a besoin du mensonge pour exister, vivre. Quant à nous, nous sommes libres de la croire ou pas, d’accepter son mensonge ou pas. Et de lui faire à nouveau confiance ou pas. Le mensonge d’autrui nous renverrait-il à nos propres limites ?

Mais surtout pourquoi détestons-nous tant le mensonge quand nous sommes passés maîtres dans l’art de nous  mentir à nous-mêmes?

Combien de fois nous mentons-nous par jour ?

Sommes-nous vrais, francs, sincères quand il est question de nous-mêmes ?

Combien de mensonges forment l’épais brouillard de nos quotidiens ?

Combien de fois refusons nous de voir la vérité en face, d’ouvrir les yeux ? Nous préférons souvent poser un voile sur une situation, des sentiments puis accuser l’autre de ne pas nous avoir tout dit.

Alors dites-moi, quand avez-vous menti pour la dernière fois ? Quand vous êtes-vous menti pour la dernière fois ?

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7 thoughts on “Pourquoi détestons-nous tant le mensonge ?

  1. Bébé est arrivé ! May 30, 2018 / 11:39 am

    Je pense que le mensonge fait parti intégrante de nos vies car comme tu le dis si bien, on ment pour différentes raisons et puis il y a des petits et des gros mensonges. Les plus graves sont ceux que l’on formule dans le but de nuire mais ils sont assez rares finalement..
    Bonne journée Marie !

    Cécilia

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  2. pierforest May 30, 2018 / 1:42 pm

    C’est connu, face à une menace potentielle, on peut se battre ou fuir. Mentir, c’est fuir la confrontation avec l’autre ou avec soi-même, c’est refuser de prendre un chemin qui induirait la douleur, souvent la nôtre et parfois celle de l’autre. Il faut être diablement courageux pour ne jamais mentir, pour faire face aux conflits et à la douleur qui surgissent quand la vérité toute nue, sans artifice et pas nécessairement flatteuse est affichée en pleine lumière, alors qu’on peut se bercer d’illusion, se berner un peu soi-même en évitant ces tristes chemins.

    Et la vérité, est-ce dire tout ce qu’on pense sans filtre, au risque de blesser l’autre? Est-ce qu’omettre des détails, c’est aussi mentir? Est-ce que dire les choses les rend plus concrètes, plus vraies, leur donne vie davantage?

    Un recruteur m’a contacté récemment, pour des références d’emploi sur quelqu’un qui avait travaillé au sein de mon équipe, il y a quelques années. Techniquement cette personne n’était pas la plus compétente que j’ai eu. Il manquait de confiance en lui et de connaissances, mais avait cette volonté de bien faire les choses et de s’améliorer constamment. D’autres auraient voulu que je le congédie, mais j’ai tenu bon et je l’ai en quelque sorte protégé, parce que je voyais ce qu’il pouvait devenir, pas juste ce qu’il était dans l’instant. Quand j’ai quitté cette entreprise, le nouveau Directeur l’a mis à la porte à peine quelques mois après être entré en poste.

    J’ai parlé au recruteur des belles qualités et du potentiel de cette personne, de ce que j’appréciais chez lui, pas de ses lacunes techniques, parce qu’après tout, il est plus facile à celui qui a la bonne attitude d’acquérir des connaissances que de vouloir changer une mauvaise attitude. J’ai donc menti par omission, mais au final, il a eu ce nouveau poste et j’étais bien heureux pour lui, me disant qu’il avait là une nouvelle chance de faire émerger ce qu’il pourrait être.

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  3. Petitgris May 30, 2018 / 3:42 pm

    Je me mentais à moi-même lorsque je pensais pouvoir sortir de ma première expérience matrimoniale malheureuse. Une fois libérée je me suis jurée de ne plus recommencer . Avec Junior nous avions convenu d’un pacte d’honneur : toujours tout se dire quoi qu’il nous en coûte. Une pionne a failli tout mettre à terre en me faisant parvenir une absence injustifiée de Junior alors que je l’avais déposé devant les grilles du lycée. J’ai tenu à éclaircir la situation : cette conne s’était trompée de ligne sur le registre d’appel ! Elle n’a pas paru comprendre qu’elle venait d’écorner notre pacte d’honneur ! Heureusement nous sommes vite repartis sur des bases solides ! Par contre en ce moment j’essaie de me mentir en disant que tout va bien mais vivre avec les insultes ordurières en non-stop de ma voisine d’en face ( reconnue schizo-parano ) ça ne va plus le faire longtemps ! Bonne fin de journée Marie grosses bises

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  4. Angie May 30, 2018 / 6:17 pm

    Parfois (souvent?) les mensonges sont en effet visible et on ne veux pas les voir, on les occulte parce qu’on ne veux pas y croire. J’en ai fait l’expérience il y a peu. Quand on ne veut pas les voir, on sait se mentir à soi-même aussi bien que l’autre le fait. On est donc aussi coupable finalement.

    On ment tous, on ne va pas se le cacher. Certains pour nuire, d’autres pour se protéger. On peut mentir sans intention de faire mal mais que le résultat soit celui ci malgré tout.

    Le mensonge reste une trahison de toute façon, certains mensonges sont pardonnable parce qu’ils ne portent pas trop à conséquences. D’autres sont plus difficiles à encaisser.

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  5. Sweet-Things May 30, 2018 / 11:45 pm

    Nous mentons comme nous respirons…
    Comment vas-tu.? Est déjà un mensonge, les gens s’en foutent 90%des fois
    Ça va… Un autre mensonge…
    Qui peut décider si un mensonge est grave ou anodin ?

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  6. maudeperrierauteur May 31, 2018 / 8:41 am

    Bonnes questions, pourquoi détestons-nous le mensonge ? Je crois que c’est une question aussi d’égo personnel. Une personne nous ment et quelque part, nous nous sentons outré, bafoué, trahi. Pourquoi ne nous dit-elle pas la vérité ? Est-ce parce qu’elle ne nous fait pas confiance ? Qu’elle a peur de nous ou de nos réactions ? Mais pourquoi nous trahit-elle ainsi ? Finalement, tout est toujours ramené à nous, à notre petite personne, à ce que nous, nous ressentons.
    Pourquoi mentons-nous ? En partie pour les mêmes raisons : peur de l’autre, d’être jugé, d’être puni, d’être mal vu etc. Effectivement, nous pouvons croire parfois que nous mentons pour le bien d’une personne, pour la protéger, ne pas lui faire du mal … jen définitive, je crois que si nous creusions plus profond, nous réaliserions que nous mentons non forcément pour épargner autrui mais pour nous éviter à nous de devoir gérer les conséquences que la vérité aurait sur ce même autrui.

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  7. dhelicat57 May 31, 2018 / 8:57 am

    C’est parfois plus facile de se mentir à soi même pour supporter les mensonges de l’autre ou les non dit ….la vie n’est pas un fleuve tranquille et ces mensonges parfois sont anodins en fait tout le monde ment à un moment où un autre finalement reste à savoir ou se place la limite du supportable! Bises Marie

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Un petit mot doux pour la route...

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