Posted in Carnets de route

Briser l’armure (pour revenir à soi)

Crédit Pixabay

Dans notre vie de tous les jours, il y a tout un tas de principes, de valeurs, d’idées reçues, une liste plus ou moins longue de « jamais », des peurs, des angoisses, des phobies,  des blessures, en bref un tissu opaque de chaos qu’on se trimballe, en pensant que ça nous protège. Alors même que ça ne nous protège de rien du tout. Je dirais même que ça nous oppresse, ça nous empêche d’être bien, épanoui, heureux, ça nous empoisonne l’existence.

Et pourtant, sommes-nous prêts à envoyer valser ce lot d’incertitudes, à lever le voile sur le mystère qui entoure nos rêves les plus fous, nos fantasmes les plus osés, nos souvenirs les plus marquants ?

Ou préférons-nous rester bien planqués derrière l’armure antichoc construite au fur et à mesure des expériences – c’est si agréable la zone de confort ?

Se mettre à nu, exposer ses vulnérabilités, parler de toutes ces choses intimes n’est pas donné à tout le monde. Certaines personnes n’ont aucun problème ni avec leurs émotions, ni avec leurs choix de vie, ni avec les expériences vécues. D’autres au contraire se posent toujours la question sur ce qui peut ou ne peut être dévoilé, sur ce qui peut être confié ou doit être gardé pour soi. Certaines personnes disent tout quand d’autres ne disent rien. Certaines personnes osent tout quand d’autres n’osent pas.

J’ai souvent été cette personne très pudique dans mes sentiments et prudente dans mes démonstrations d’amitié, d’amour. Mes quelques débordements furent vite recadrés. Je me suis donc imposé une ligne de conduite, gardant la majorité de mes émotions pour moi, ne partageant que le strict minimum.

Je crois toutefois en l’importance d’avoir et d’entretenir un jardin secret, sans toutefois se perdre dedans et se couper du monde. Le risque est là, à force de ne pas se dire, on s’oublie. Et il est alors plus difficile, quand l’occasion se présente de parler de soi, de sortir ce qu’on a en nous, de dire les choses, celles qui vont, ne vont pas, celles qui nous importent, celles qui ne nous conviennent pas, de partager nos idées, nos envies, d’échanger sur des sujets qui nous mettent mal à l’aise ou d’autres qui nous tiennent à cœur. C’est tout un travail comme apprendre à parler dans une nouvelle langue, un langage plus ouvert, moins censuré.

Il faut en passer par là pour se réapproprier son soi, se reconnaître, se reconnecter, se sentir en équilibré et libre (à son rythme).

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

22 thoughts on “Briser l’armure (pour revenir à soi)

  1. Je pense qu’il y a une distinction à faire entre le “ non-dit ” et le ne “ pas dire ”. Dans le non-dit, il n’y a pas de choix ; quelque chose s’impose ; le risque de dire reste trop lourd et enferme dans le silence. Dans le ne pas dire, il y a un choix délibéré, assumé, de garder dans l’intimité, dans son jardin secret, quelque chose qui nous appartient.

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    1. Oui tout un programme Catherine. Je crois en effet que je me trouve doucement, que j’approche chaque jour un peu plus la part de moi que j’avais gardé sous scellé de peur que…
      Grosses bises et mille merci

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  2. L’important dans tout cela est que tu restes toi-même…S’il y a bien quelqu’un en qui j’ai une totale confiance, c’est bien toi Marie.
    Non-dit, pas dire…Peu importe, certaines choses peuvent attendre !
    Bises Marie.
    PS: La pudeur renferme bien des secrets les plus attrayants…

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  3. Se construire une armure c’est lorsque l’on ressent le besoin de se protéger des autres ! Se libérer de cette armure c”est accepter le monde tel qu’il est et ne plus avoir peur des autres ! Pour réussir à être soi il faut trouver la sérénité ! Tu y es arrivée : bravo Marie Grosses bises

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  4. Parler est important. Je croirais au bienfait de thérapies si les bons thérapeutes étaient légion. Et encore, même les bonnes thérapies ne mettent que le doigt sur les causes des blessures, pas sur comment guérir. La méditation a cette possibilité de nous aider à dépasser la zone de confort. Perso, j’ai une méthode : je me parle, haut et fort, j’analyse à haute voix pendant 10 à 20 mns parfois. Sur mes ressentis et non sur les causes extérieures. Quant à l’extérioriser, en faire un moteur, tout est question d’équilibre comme le dit si judicieusement l’atelier sous les feuilles 🙂 La mesure tient plus de “comment gérer nos ressentis” plutôt que sur les faits. “ok, ma mère m’a blessée et je suis tétanisée à cause d’elle” devient : “est-ce que j’ai envie de mieux me sentir ? Oui. Que dois-je faire ? Lâcher prise tout simplement”. Quant à oser dépasser ses peurs etc, certes, mais il est bon aussi de se connaître Soi et d’avancer par paliers. L’extrême n’est pas mieux. Dans le titre, tu as dit l’essentiel mais à l’envers lol : ) il faut revenir à soi, alors l’armure s’évanouira lentement mais sûrement jusqu’à ne plus être que l’ombre d’elle-même 😉 Pour exemple : tout à l’heure, mes angoisses vis à vis de mon fils ont réapparue. En marchant, j’imaginais le pire. J’ai stoppé mes ruminations net et me suis dit : “quel est pour toi l’essentiel ?” “Vivre cet instant là” “est-il beau ?” “Oui, mon chien est heureux de se balader.” “Alors, tu as ta réponse à la vie”. Belle journée 🙂

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    1. Quand le doigt est mis sur la cause il est plus facile de guérir, du moins c’est mon expérience en la matière.
      L’écriture m’offre ce que la méditation t’apporte.
      J’aimerais juste parfois me sentir aussi libre à l’oral qu’à l’écrit. Et que le langage, le dialogue soit plus fluide. J’ai l’impression là encore que l’écran me protège.
      Belle journée à toi aussi, merci.

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  5. Que dire ? Que garder pour soi ? Je me pose souvent ce genre de questions, mais peut-être que la vraie question c’est surtout de savoir “à qui” dire et “où”. Tout le monde n’est pas prêt à recevoir nos débordements émotionnels, d’où les fréquents “recadrage” qu’on nous inflige. J’ai souvent l’impression d’être une casserole bouillonnante sur laquelle on met/je dois mettre un couvercle !!! Finalement l’écriture est sans doute le meilleur exutoire ?

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    1. C’est vrai tout le monde n’est pas prêt à recevoir ce que nous avons en nous, ce que nous avons besoin de partager.
      L’écriture aide en effet à vider ce trop plein. C’est ce qui m’a aidé quand je n’avais personne avec qui échanger sur ce qui était douloureux et me pesait tant.
      Merci Marie pour ton partage sur cette question

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  6. Oui vraiment Je me suis sentie tellement en insécurité quand je l’ai enlevée… Mais j’ai pris soin de moi et ai passé cette période difficile et sans armure je me sens beaucoup plus légère et libre 😉

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    1. Il y a toujours une phase d’insécurité qui déstabilise Emeline. Bravo de l’avoir passée, d’avoir surtout dépassé l’envie de revenir en arrière (cocon réconfortant).

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  7. Bonjour Marie,
    Merci pour ce beau partage… je ne peux qu’adhérer à tes propos qui sont si authentiques. Tu as tout à fait raison il est difficile d’être justement authentique. Etre capable de dire quand ça ne nous convient pas… et cela s’apprend. Je suis justement aidée pour cela… et c’est en effet comme apprendre à marcher de pouvoir totalement s’affirmer.
    Belle soirée à toi et mille mercis pour cet article.
    Jessica

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Un mot doux pour la route...

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