Posted in Carnets de route

Les mémoires du corps

Le corps se souvient du tout. Il expérimente, retient. Tout ce que l’on vit s’imprime, de manière inconsciente. Entre les milliers de terminaisons qui le parcourent, chacun réagit différemment à tel ou tel stimulus, tel ou tel évènement.

Notre corps nous dit beaucoup de choses sur nous-mêmes, pour peu que nous osions l’écouter et intégrer ses messages. Il est le siège privilégié de nos plaisirs. Il doit aussi composer avec les traumatismes vécus. Et pas seulement les nôtres d’ailleurs. Le corps est le premier témoin de ce que nous vivons, dans notre individualité, dans la société. Il est le premier point de contact avec l’autre.

Notre corps porte en lui les tabous, les non-dits, les secrets. Il garde la trace d’un vécu qui ne nous appartient pas. Nous portons en nous le passé des générations qui nous ont précédé. Plus tous les moments qui nous ont fragilisées, nous ont fait perdre nos repères, les cicatrices qui nous rappellent à chaque instant les blessures intimes, passées sous silence.

Dans une relation à deux, il s’offre avec cette farandole de peurs à taire, de hontes à cacher, de dégoût parfois, de fausses idées. Il s’offre, incertain de pouvoir dire, faire, se sentir libre. Incertain d’arriver à s’abandonner, lâcher-prise, s’autoriser à éprouver du plaisir, à le vivre, à l’exprimer. Il faudra alors toute l’écoute, l’attention, l’amour de l’autre pour que doucement les barrières tombent, la patience, le respect pour que le corps prenne ses aises. Il nous faudra à nous aussi dire les maux, même si ils sont douloureux, il nous faudra aller vers l’autre, exposer notre vulnérabilité, nous respecter aussi, oser l’intimité, dire nos besoins, nos envies.

Si le chemin se fait à deux, il y a aussi beaucoup de travail à faire en soi, pour se reconnecter à soi, apprendre son corps, ses sens, les développer, les autoriser à exister, en ôtant pas à pas les couches de mémoire, en acceptant les blessures, pour s’approprier une nouvelle identité, celle qui fera de nous des femmes épanouies, confiantes, vivantes, riches d’un désir qui pourra s’exprimer sans crainte, d’un plaisir qui pourra être vécu sans contrainte.

Cette liberté retrouvée sera bénéfique à la femme, au couple, au monde. Car une femme qui se fait confiance, s’abandonne, se ré-jouit est une force créative puissante, une ode à la vie!

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

10 thoughts on “Les mémoires du corps

Un mot doux pour la route...

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