Mon travail – Mon Tabou

Cela fait quelques semaines déjà que ce billet est en brouillon. Je ne savais pas si je voulais le publier, si je le pouvais. Et puis j’ai lu l’article d’Anna – ça m’a donné l’impulsion. 

La société a beau avoir évolué, le nombre de sujets « tabou » n’a pas diminué. Bien au contraire, fermer sa gueule semble être de rigueur dans de nombreuses situations. Ne pas se plaindre aussi. Et rester positif surtout.

Mon sujet tabou à moi, c’est le boulot.

Ma réalité c’est que je m’ennuie. Je m’ennuie dans mon poste. Bien sûr certaines semaines sont bien remplies. Pas toutes. Celles qui ne le sont pas sont longues. Le temps passe lentement. Même les plus petites tâches, je les laisse trainer. Je n’ai que ça à faire. Autour de moi, tout le monde s’agite. Et moi je fais semblant. Et puis quand c’est chargé, ce n’est pas toujours intéressant non plus. La finance c’est tellement loin de ce que je suis, de ce qui m’intéresse.

J’en parle peu. Voir pas. En fait les personnes extérieures ne comprennent pas toujours. Après tout, j’ai beaucoup de chance et c’est vrai. J’ai un travail, un bon salaire, un salaire qui me permet d’avoir une vie sereine, de nous offrir à mon fils et à moi un équilibre de vie sans stresser dès le 10 du mois. D’ailleurs, comme je suis partie pour ne rien vous cacher, mon salaire c’est ma raison de le garder ce travail. Quand il n’y a pas un deuxième salaire pour assurer tes arrières, c’est tout réfléchi. On ne se pose pas de questions.

Mes proches font l’impasse sur le sujet. S’épanouir au travail c’est un concept étranger pour eux. Et puis un CDI c’est quand même une garantie, surtout au sein d’une entreprise qui marche bien. Le reste c’est rien que des problèmes de riches. Alors je ne dis rien, je brode autour du peu que je fais. On passe à autre chose. Rapidement. Personne n’a envie de s’appesantir sur le sujet.

C’est compliqué à expliquer aussi. N’avoir rien à faire de la journée. C’est presque un comble ! Quand j’évoque le sujet, personne ne me prend au sérieux, tout le monde se dit que j’en rajoute. Ça parait tellement insensé. Alors si sur 8h, j’ai 1h au mieux 2h de travail. Après c’est le vide. Je pourrais m’avancer sur des dossiers, mais au bout d’un moment je n’ai même plus l’envie. Je perds confiance en mes capacités, ma valeur. Tout me parait fade. Je résiste pourtant, je fais diversion. J’essaie de me convaincre – je suis assez forte pour ça – que ça va passer, que la semaine prochaine je me lancerais dans un nouveau projet, que c’est à moi aussi de rendre ce travail, mon travail intéressant.

J’ai conscience aujourd’hui que changer de société, de patron ne modifierait pas l’état des choses, ou alors pour un an ou deux. Repartir à zéro pour une durée si limitée, quel intérêt !

J’ai conscience aussi que je ne sais pas du tout ce que je pourrais faire d’autre, ce qui me plait, me motive. On m’a tellement répété qu’un travail qui plait c’est juste un idéal de plus, qu’à 37 ans il fallait arrêter de rêver (avant aussi), surtout quand on était en charge de famille.

Alors je reste dans un travail qui ne me plait pas, qui ne m’apporte plus rien. Je  mens à tout le monde, je donne le change. Je trouve mon équilibre ailleurs. J’essaye.

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47 thoughts on “Mon travail – Mon Tabou

  1. Oh comme tu me parles et comme cet article fait écho en moi ! Tu n’imagines même pas à quel point … Tu le sais, ce n’est pas forcément la joie ici et, perso, je n’arrive pas à en parler à mes proches. Avec en plus le poids du “fonctionnariat” qui est très lourd : j’ai un salaire, confortable quand même, et beaucoup de congés. Je suis une privilégiée donc essayer de dire que ce n’est pas la joie, on va me rétorquer mon frère qui a des horaires de dingue sans comprendre que je ne suis pas heureuse dans ce que je fais. Peut-être que si je l’étais plus, si j’étais plus motivée, je ne serais pas aussi souvent en vacances ?
    Tourner en rond pendant des heures, je connais aussi. Ne pas trop savoir que faire de ma vie et dans quoi me reconvertir, idem …

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    • Pour l’entourage, j’ai l’impression que la sécurité c’est ce qui compte. Qu’on aime ou pas c’est accessoire. Cependant en effet à terme ça bouffe de l’intérieur.
      On croise les doigts pour ta demande de mutation!! Tu as osé, c’est super!

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  2. Bonjour,
    Je ne sais pas si mon message t’aidera. J’ai écrit un article sur mon vécu. Je n’ai pas 37 ans mais bien 27 et je pense que la prise de conscience arrive à tous les âges. Personnellement, ce qui m’a permis de me rendre compte que ça n’allait pas, que je ne trouvais pas ma place dans les entreprises que j’ai côtoyé pendant 5 ans, c’est le moment après une dizaine d’entretiens où l’on m’a dit, on stoppe tout. Vous réglez vos problèmes et ensuite vous recherchez quand ce sera le moment. Je m’étais beaucoup dévalorisée et je recommence à voir des aspects positifs en moi grâce à une psy et à mon travail personnel. Je pense qu’on a tous des talents et des faiblesses et que l’on doit capitaliser sur nos talents. En effet, il n’est pas facile de rechercher un autre travail alors que tu as un CDI mais avoir un travail qui te plaît est important. Je crois que je ne veux pas m’arrêter de rêver personnellement et faire de mes rêves la réalité. 🙂
    Je te conseille de regarder le site de Wake Up (a Paris), C’est du développement professionnel. Si tu as le temps, fais le test de la boussole… cela peut t’aider à mieux repérer tes talents déjà et te redonner un peu confiance. 🙂

    Perso, je compte faire le prochain atelier du 5 avril pour m’aider à y voir plus clair. Je souhaite vraiment trouver ma voie… mais je ne sais pas trop par quel bout prendre cela alors je tente cette expérience. 🙂
    Bonne journée,
    Jessica

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  3. C’est une situation que je n’ai jamais connue car une moyenne de 46 têtes blondes ça occupe un max 😀 Mais je peux très bien te comprendre , je n’aurais pas non plus supporté de rester sans rien faire. Le salaire est le nerf de la guerre surtout par les temps qui courent ! Il te faut l’endurer en pensant que c’est le gage de ta sécurité et de ton indépendance ! Courage Marie 🙂 Grosses bises et bon week end

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  4. salut Marie, ce qui d’autant plus difficile pour toi et que tu es seule à gérer ça; si durant un temps tu ne bosses pas, il n’y a personne qui peut te soutenir économiquement. Mais même à 37 ans nous pouvons toujours rêver…

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  5. Cela ne doit pas être facile.. Ce fut une dualité toute ma vie mais je l’ai récemment résolu à force d’introspections : alors que beaucoup ne comprennent pas mes choix, mon travail m’épanouit, j’y donne et reçois. Par exemple, cet aprèm, je vais à la médiathèque avec des petits, fais un point avec le soutien scolaire des collégiens et retrouve mon groupe de lycéens pour une paella, pyjama party, je vais rentrer vers 22h, mais là, j’ai un creux jusqu’à 16h et reviens d’une promenade avec mon chien. Tout le monde m’a toujours poussée vers la sécurité, les concours et j’en passe. Une Bac +4 est sensée aoir “un autre statut”. Encore dernièrement, je doutais. Mais depuis le départ de mon fils, je ne doute plus. Bref, passer ses journées contente de tout, c’est un privilège, et malgré mes dures épreuves, je me sens extrêmement chanceuse en effet. Courage à toi.

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    • ps : j’ai quitté un CDI en 2014 après 14 ans de boite et gagne moins aujourd’hui. Mais jamais je ne regrette 🙂 La vie est trop courte pour qu’elle se résume à continuer à être esclave de “son train de vie”. J’ai abandonné la voiture par exemple, et vis plus naturellement, sainement, donc bien mieux 🙂

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  6. Y a t’il moyen d’avoir un dialogue avec le RH? suivre une formation au sein de l’entreprise pour évoluer, changer de poste? ont ils d’autres branches en France?
    Si tu t’ennuies trop, tu peux “te balader” a la bibliothèque si vous en avez une, dans les couloirs histoire de discuter .
    Ou alors tenter de faire un job en parallèle, avec l’écriture par exemple et demander pas forcement un mi-temps mais 3/4 de temps. Le salaire sera ainsi moins divise car il faut assurer les finances lorsqu’on vit seul avec un p’tit escargot qui fera peut etre des etudes et ca aussi c’est a prevoir financièrement.
    Courage Marie. Bizz

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  7. Ah ma petite Marie, 18 ans dans la finance indirecte je sais l’ennui que ça peut produire LOL…
    Si tu n’es pas bien dans ce que tu fais, prends le temps de changer de job…Regarde-moi, après 18 piges comme cadre en exploite j’ai claqué la porte et je me reconstruis…
    Consulte ton RH et prends une décision dans le temps…Ne te précipite pas.
    Ça va le faire Miss !
    Des bisous
    Tony

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  8. Oh Marie comme je comprends j’ai eu la chance de pouvoir partir en retraite tôt et d’en profiter depuis 8ans et donc faire enfin ce qui me plaît ou rien… sinon j’ai bossé quasiment pour de l’alimentaire et sauf une période où je faisais un boulot sympa j’ai ressenti longtps du mal être
    A la différence que je le disais même si autour de moi on ne comprenait pas…un bon salaire un emploi sur on na pas à se plaindre sauf qu’au final cela pese… en même tps qd il faut vivre payer le loyer et tout le reste et qu’on est seule avec un.petit loup la décision n’est pas simple courage ma belle gros bisous

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  9. Ma chère marie, j’aurais pu écrire ce billet…. il y a 2 ans. Et tu sais où j’en suis aujourd’hui. Mais il y a certainement quelque chose à faire pour toi aussi … sans claquer la porte du jour au lendemain, sans prendre de risque financier, progressivement tu peux trouver ta véritable voie. C’est pas une vie de s’ennuyer au travail. Je suppose que tu as remarqué que tu es exactement le type de personnes à qui je m’adresse sur mon site professionel….. 😍😍😘😘

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  10. Rien n’est plus déprimant que de regarder en permanence l’horloge ! Pour mettre toutes les chances de ton côté quant à la réussite d’une reconversion professionnelle, il s’agit de faire coïncider ton nouveau métier avec tes aspirations profondes. Pour autant, il n’est pas question de tout plaquer sur un coup de tête. Mais ne pas attendre d’être au pied du mur pour envisager un changement professionnel est l’idéal, c’est-à-dire prendre le temps de mûrir ton projet. Te donner les moyens de trouver véritablement Ta place. I peut être, te sera t-il nécessaire de passer par une période d’apprentissage, par exemple dans le cadre du droit individuel à la formation (DIF), Quel que soit ton désir, il est important de ne pas se laisser décourager par un entourage dubitatif, tout en résistant aux pressions de ceux qui voit d’un mauvais œil que que tu abandonnes une sécurité dans laquelle tu t’étioles.

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    • Tu as mis le doigt sur l’essentiel Sabine: Mes aspirations profondes. Kesako?
      Je n’ai jamais pris le temps d’y penser, d’y réfléchir.
      Il est peut-être temps…
      Merci pour tes précieux conseils.

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  11. ah mais je n’avais pas cliqué mais tu as lu l’article chez Anna Chen ! nous communiquons depuis quelques mois, et j’ai eu la chance de la rencontrer en décembre, à Paris… une jeune femme très inspirante !!

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  12. Je te comprends et compatis totalement à ce qui t’arrive. S’ennuyer au boulot est une réalité. Difficile d’en parler qu’en tant d’autres galère pour avoir un travail.
    Quand ça m’est arrivé, j’ai cherché une autre manière de m’épanouir.

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    • Peu de personnes en parlent en effet car après tout c’est une chance de travailler dans le cadre économique actuel.
      Je m’épanouis ailleurs aussi mais parfois c’est quand même lourd…
      Merci beaucoup à toi.

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  13. Je ne comprends que trop bien… J’en ai d’ailleurs parlé plusieurs fois sur le blog.
    Dans mon dernier boulot, je me faisais chier. Jamais occupée à 100% et quand j’étais occupée, c’était des choses qui n’étaient pas intellectuellement stimulantes.
    Et se faire chier à longueur de journée, c’est difficile. Se lever le matin pour aller s’ennuyer, c’est dur.
    Pour ma part, il y a eu d’autres choses : une envie d’une nouvelle vie en province, un burn out, une boite que je en supportais plus. J’ai quitté mon boulot il y a une semaine, dans des conditions privilégiées. Et que je sais que c’était la seule solution.

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  14. Je sentais le sujet arriver… Je crois que tu es en chemin… laissons le temps au temps ! Ca va venir et tu va trouver ce qu’il te faut ! On ne peut pas faire tout avancer en même temps. Je comprends tes doutes, tes réflexions par rapport aux autres mais de toute façon quoi que l’on fasse, on se sent toujours juger ! C’est assez pénible… Moi je n’ai pas le droit de dire que je n’ai pas de temps pour ceci ou cela ou pas d’argent car on me rétorque. Ah bon mais tu ne travailles pas ou tu n’a qu’a travaillé ou ah bon tu travailles maintenant ? Bref, l’image de la feignasse qui profite des aides sociales, c’est horrible ! j’ai juste pas envie d’être esclave et de faire ce que j’aime…et je rêve du revenu universel, non pas pour ne rien faire mais pour faire ce pour quoi j’ai du talent ! Et ça a un prix comme tout…l’insécurité. Mais si tu commences à mettre ta tête dans la direction du changement, il arrivera comme pour l’amour et pour tout ! Quand on a un enfant, on ne peut pas faire n’importe quoi mais on peut faire beaucoup ! Le mien n’a jamais manque de rien et au contraire même on à fait des tas de trucs, des voyages… Je ne me suis jamais mise en danger avec mon fils et pourtant comme tu le sais j’ai un peu bourlingué ! Donc la voie est libre et tu as tout ce qu’il faut pour avancer, j’ai confiance…

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  15. Han, ça me prend au coeur ce discours. Je me sens amère pour toi. C’est triste de s’emmerder 5 jours par semaine. Peut-être que si tu commençais maintenant à changer ton optique et à décider que tu veux trouver un autre travail qui te plairait plus tout en étant payée autant, tu attirerais à toi des opportunités ? Ne capitule pas.

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    • Merci Ornella.
      C’est triste en effet.
      Je crois que le problème est plus profond. Je sais que si je quitte cette société pour une autre et pour un poste similaire, je ressentirais la même chose au bout de 6 mois / 1 an.
      J’ai besoin de me poser je crois pour savoir ce que je veux faire – je n’y ai jamais réfléchi!! – et me poser les bonnes questions aussi.

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  16. Ton article, j’aurais pu l’écrire mot à mot, et pourtant je fais un travail considéré comme socialement très utile. Moi aussi je m’ennuie à ce crever. Pourtant, je n’ai même pas le temps d’aller faire pipi tellement mes journées sont remplies. Je m’ennuie INTÉRIEUREMENT. Il ne se passe rien. C’est une petite mort, je ressens chaque chose que tu décris. Moi, ce qui me retient, ce n’est pas le salaire, c’est la sécurité de l’emploi. Une mauvaise raison. J’ai décidé de me bouger. Je me laisse le temps de mûrir mon projet mais je pense de plus en plus à franchir le pas. Merci pour ton témoignage. Tu n’es pas seule, et je comprends chacun de tes choix.

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  17. Marie, merci pour avoir écrit cet article
    J’aurai pu en écrire chaque ligne. Tout comme toi je m’ennuie dans mon travail et personne ne le comprend. Je ne sais pas non plus ce que je pourrai faire d’autre et le salaire est aussi la seule chose qui me maintient, ainsi que la peur de ne me retrouver sans rien et de ne pas savoir combler ce vide. Mais je me sens vide au boulot aussi, inutile et bafouée. Je n’arrive pas à m’intéresser aux pbms des gens et l’accueil ça me débecte, je fais semblant chaque minute. c’est tellement lourd.

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  18. J’ai l’impression que tu as parlé pour beaucoup de monde ici. C’est en effet une situation très répandue, un mal du siècle d’un genre nouveau. Nous avons un travail mais celui-ci ne nous rend pas heureux. Pourquoi ? Parce que nous avons appris que l’essentiel n’était pas l’épanouissement personnel. Nous avons été formatés, nous sommes coulés dans le même moule : les études, le travail, l’argent… c’était la voie royale. Certes mais à un moment, les questions viennent immanquablement : à quoi cela sert-il si dans le fond, nous ne sommes pas heureux ? Alors oui, c’est mal venu de se plaindre, de se dire que ça ne va pas. Il y a toujours quelqu’un pour rappeler qu’il y a pire que nous, que nous devrions nous estimer heureux. Ben non. Nous n’avons pas à nous estimer, nous avons le droit d’être épanouis. A quoi nous sert-il de vivre sinon ? Uniquement pour consommer, payer les factures, payer l’Etat et vivre tristement (même sans souci d’argent) ? Un voyage par an suffit-il ? Même un à chaque vacance ? Je ne le crois pas.
    En 2014, j’ai eu le même genre de raisonnement que le tien. Depuis, grâce à mes lectures notamment, je remplis ma vie de ces choses que j’aime et qui me rendent heureuse. J’écris. Je me publie. J’essaie d’en vivre.
    Le chemin est long, difficile, escarpé, mais il est tellement mieux que cette autoroute plate, sans décor ni relief, sans surprise. Cette route pleine d’embûche vaut cent fois, mille fois ce ligne droite qui mène à la retraite, puis à la tombe.
    Marie, cherche en toi, plus profond qu’en surface, ce qui te rend heureuse. Cherche pendant des heures, des jours, des mois, s’il le faut. Cherche l’étincelle et suis là, elle te mène vers la lumière. La sécurité financière est importante mais elle ne fait pas de toi une femme heureuse et épanouie. Peu importe ce que disent les autres, ceux qui sont aussi formatés, enchainés à un système de pensée bien établi, tu as le droit de ne pas aimer ton travail et de le revendiquer. Et tu as un devoir, celui de trouver ta véritable voie. Il n’y a pas d’âge pour cela, alors fonce, sans attendre.

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  19. J’ai l’impression que tu as parlé pour beaucoup de monde ici. C’est en effet une situation très répandue, un mal du siècle d’un genre nouveau. Nous avons un travail mais celui-ci ne nous rend pas heureux. Pourquoi ? Parce que nous avons appris que l’essentiel n’était pas l’épanouissement personnel. Nous avons été formatés, nous sommes coulés dans le même moule : les études, le travail, l’argent… c’était la voie royale. Certes mais à un moment, les questions viennent immanquablement : à quoi cela sert-il si dans le fond, nous ne sommes pas heureux ? Alors oui, c’est mal venu de se plaindre, de se dire que ça ne va pas. Il y a toujours quelqu’un pour rappeler qu’il y a pire que nous, que nous devrions nous estimer heureux. Ben non. Nous n’avons pas à nous estimer, nous avons le droit d’être épanouis. A quoi nous sert-il de vivre sinon ? Uniquement pour consommer, payer les factures, payer l’Etat et vivre tristement (même sans souci d’argent) ? Un voyage par an suffit-il ? Même un à chaque vacance ? Je ne le crois pas.
    En 2014, j’ai eu le même genre de raisonnement que le tien. Depuis, grâce à mes lectures notamment, je remplis ma vie de ces choses que j’aime et qui me rendent heureuse. J’écris. Je me publie. J’essaie d’en vivre.
    Le chemin est long, difficile, escarpé, mais il est tellement mieux que cette autoroute plate, sans décor ni relief, sans surprise. Cette route pleine d’embûche vaut cent fois, mille fois ce ligne droite qui mène à la retraite, puis à la tombe.
    Marie, cherche en toi, plus profond qu’en surface, ce qui te rend heureuse. Cherche pendant des heures, des jours, des mois, s’il le faut. Cherche l’étincelle et suis là, elle te mène vers la lumière. La sécurité financière est importante mais elle ne fait pas de toi une femme heureuse et épanouie. Peu importe ce que disent les autres, ceux qui sont aussi formatés, enchainés à un système de pensée bien établi, tu as le droit de ne pas aimer ton travail et de le revendiquer. Et tu as un devoir, celui de trouver ta véritable voie. Il n’y a pas d’âge pour cela, alors fonce, sans attendre.

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  20. il faut prendre conscience que ce que tu vis est en fait partagé par le + grand nombre : ne pas aimer son travail, et ne pas avoir de quoi remplir ses journées. Or les gens n’ en parlent pas oui, font semblant…
    tu peux au moins profiter de tes heures de travail où tu n’as rien à faire pour bloguer j’espère ? (comme moi et beaucoup de blogueuses en fait)

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  21. Pingback: Au travail, j'apprends à en faire moins. | Rozie & Colibri

  22. Je lis cet article un peu tard. Ces raisons qui te font rester, je les connais. En début de carrière pro dans le tourisme, c’est ce qui me faisait tenir. Mais un bon salaire et un CDI ne m’ont pas empêchée de connaître à la fois la violence du harcèlement, et la frustration de l’ennui.
    Il n’est pas trop tard pour changer de voie et penser sérieusement à autre chose. Seulement, ce genre de choses se prépare. S’épanouir ailleurs, oui mais ça ne dure pas. Parce qu’on en passe du temps au travail, avec les collègues, aux ordres des responsables. Et quand l’envie n’est pas là, quand l’ennui fait voler les certitudes sur les capacités, on réalise que ce mal-être empiète sur notre état général. Et il faut éviter ça.
    Pourquoi ne pas faire un bilan de compétences en parallèle ? Bien sûr ça prendrait du temps mais ça pourrait te permettre de te rassurer et de t’orienter. Et as-tu déjà envisagé un CIF ? Ou utiliser ton capital formation ?
    Je t’embrasse bien fort et t’envoie beaucoup de courage ❤️

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Un mot doux pour la route...

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