Posted in Tout un poème

Chacun son histoire

[:fr]

Les mots frappent

La table de la cuisine

Où assis face à face

Tu égraines tes souvenirs

Violents

J’ai cinq ans

ζ

Les souvenirs éclaboussent

La table du salon

Où assis face à face

Tu relates les pires instants

De toi, enfant

J’ai dix ans

ζ

Les instants se cognent

Contre la table basse

Où assis face à face

Tu revis ton cauchemar

La folie de tes parents

J’ai quinze ans

ζ

Le cauchemar traverse

Nos vies

Les souvenirs prennent leur aise

Ton chagrin, ta colère

Tapissent les murs

De ma chambre

Depuis le commencement

J’ai vingt ans

ζ

Je n’ai plus l’âge

De porter ta souffrance

Et pourtant

J’aurais tout donné

Pour t’éviter le pire

Maman

Ce texte m’a été inspiré par l’article Vivre pour soi.

[:]

Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

6 thoughts on “Chacun son histoire

  1. Comme ce texte me parle Marie ! Il exprime bien l’omniprésence de cette douleur qui n’est pas la tienne mais qui est pourtant partout dans ton quotidien d’enfant puis d’adolescente puis de femme. On se construit aussi avec ces blessures qui ne sont pas les nôtres. Je crois qu’on fait un grand pas quand on comprend que ce n’est pas notre fardeau et qu’on s’en déleste. Bravo 🙂

    Like

    1. Merci Marie.
      C’est compliqué, difficile à vivre.
      Puis un jour on se rend compte qu’on n’y peut rien, que ces blessures ne nous appartiennent pas.
      Alors on se libère et on avance plus léger.
      Je t’embrasse affectueusement.

      Like

  2. J’aime beaucoup ta façon d’évoquer le poids de la douleur d’un parent qui te suis au cours de ton évolution vers l’âge adulte ! Par contre cette situation blesse l’enfant qui ne peut remédier à la situation. Il lui faudra savoir prendre du recul pour construire sa propre vie ! Bonne soirée Marie Bisous

    Like

    1. Tout à fait Paulette. C’est ce que je fais depuis quelques années, m’affranchir de ce passé, de cette douleur qui n’est pas la mienne.
      Merci pour ta lecture et tes mots. Grosses bises

      Like

  3. A aucun âge, on ne devrait se sentir responsable de la souffrance d’autrui, malheureusement en tant qu’enfant on porte souvent celles de ses parents…

    Like

Un mot doux pour la route...

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.