Vers la lumière, pour le meilleur!

Décidément ce manuscrit aura fait couler de l’encre. Relu, presque finalisé. Et les doutes reviennent. Je crois que j’arrive au bout.

Je suis tellement loin de la femme que j’étais à l’époque.

J’ai l’impression de replonger à chaque fois. Dans les souvenirs. Dans la peur. Dans le noir. Alors que tout autour de moi la lumière brille, que les souvenirs sont à nouveau joyeux et vrais.

Un coup de pouce amical m’a mise face à l’autre étape de l’écriture. La publication. Le partage au reste du Monde.

Je ne suis pas certaine d’être prête, pas sûre de le vouloir vraiment ce grand déballage de printemps.

Je prends l’excuse de mon fils. Mais il n’y a pas que ça. Il y a moi aussi, moi qui en ai marre de ressasser le passé, de décortiquer l’histoire, de parler de tout ça, de justifier mes choix. Je ne suis pas certaine de pouvoir répondre aux questions. Je ne suis même pas certaine du pouvoir de mes mots pour aider les autres. On n’aide pas en écrivant. On montre juste la réalité. Dans la tête du lecteur c’est autre chose. J’ai passé des mois à me conforter dans l’idée que ce que je vivais ce n’était rien de grave.

L’impulsion du départ ne peut venir que de soi, d’une intuition, d’un trop plein. Je crois que personne ne peut aider l’autre à s’en sortir sans son consentement. Ce serait tellement simple. Il faut une prise de conscience. Elle ne vient que de l’intérieur, jamais des autres.

A quoi cela sert-il donc ?

A part me maintenir prisonnière d’un passé dépassé.

A part montrer le pire d’un homme qui est, que je le veuille ou non, le père de mon fils.

En relisant le manuscrit je me rends compte qu’il y a beaucoup de pages sur ma descente aux enfers et si peu sur ma renaissance, ma reconstruction. Je ne sais même pas comment je me suis reconstruite. Ca s’est fait pas à pas. Chaque jour, avancer, prendre confiance. Chaque jour se donner des objectifs. Chaque jour grandir et se battre. Je sais juste dire qu’on s’en sort, plus fort, que la vie gagne au final. Comme toujours.

Le tout était que je comprenne pourquoi, comment. J’ai compris. Que reste t-il après ça?

Aujourd’hui j’ai envie de regarder vers l’avant, riche de mes expériences et de mes choix de vie, riche des bas qui m’ont menée vers le haut, riche des merveilles du jour.

Il reste un ou deux chapitres en suspens. Vais-je les écrire ? Ou bien laisser sagement ce manuscrit de côté, un rappel de tout ce que j’ai dépassé, de toutes mes victoires au creux des heures de chaos féroces, un rappel du chemin parcouru.

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20 Comments

  1. Petitgris says:

    Un billet où ne n’ai pas la réponse Marie : toi seule peut décider. Je trouve excellent que tu sois arrivée à l’écrire et je pense que tu devrais le terminer, pour toi mais aussi pour ton fils dans quelques années. Maintenant le publier est une autre histoire ! Vis à vis de celles qui sont dans la tourmente ton vécu serait une aide car elles se sentiraient moins seules. Mais cela serait-il une solution pour que toutes s’en sortent ? J’ai des doutes . Tiens nous au courant 🙂 Bel été Marie Bisous

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    1. Au final je me demande si je ne l’ai pas écris pour moi, pour me libérer de tout ça, pour comprendre.
      J’ai des doutes moi aussi sur l’impact que ce récit pourrait avoir dans la vie des femmes victimes Paulette. Nous savons toutes les deux qu’il est difficile de s’extraire d’une telle relation. Je vous tiendrais au courant. Mille merci pour tout.

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  2. zenopia says:

    Toi seule à la réponse Marie… Tu as le temps, de toute façon, de choisir ce qui te convient le mieux.
    Gros bisous ❤

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    1. Je ne sais pas si j’ai le temps. Ou si je sais, je l’ai et c’est ce qui m’embête parce que je ne cesse de soupeser ce choix. Et que j’ai envie de passer à autre chose. Si je publie il faudra encore parler de toute cette histoire et je crois que j’ai bien envie de fermer ce chapitre! Je t’embrasse Cécile et merci.

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  3. tu dis qu’il faut un déclic intérieur pour s’en sortir, c’est sans doute vrai. mais ce déclic pourrait venir à la lecture de ton livre ! c’est en comparant son expérience à celle des autres qu’on se rend compte parfois que ce qu’on vit est anormal… après je comprends que tu aies envie de tourner la page, mais justement lorsqu’il sera fini, tu pourras définitivement laisser tout ça derrière toi.. (mais tout ça n’est que mon humble avis)

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    1. Merci pour ton retour ma belle, c’est gentil. Le terminer, oui, mais le publier je ne sais plus. Ou alors tout tourner différemment – je ne sais pas. Tout le parait trop noir et si loin de celle que je suis devenue. Quand au partage de mon expérience, il permettra sûrement à certaines personnes de s’identifier mais je ne pense pas qu’il aidera à la prise de décision. C’est malheureusement un chemin très solitaire que celui-là. Je t’embrasse.

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  4. escarpinsetmarmelade says:

    Ma chère Marie, je pense qu’il faut que tu finisses ce livre, c’est une oeuvre, et toute oeuvre mérite d’être aboutie. Pour toi, pour ton fils. Je suis sûre que tu trouveras le courage de le faire, en prenant ton temps, en faisant des pauses. Ce livre, c’est comme une thérapie, il va te permettre, à défaut de tourner la page, de synthétiser, de panser certaines blessures en les recouvrant du doux pouvoir des mots ❤

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    1. Le finir, oui, le publier, je ne sais plus. Je parle de choses très intimes dans ce livre. Un jour mon fils sera grand – voudra t-il voir tout ça exposé au grand jour.
      Je crois que tourner la page ne dépend que de moi. Ce livre fut une vraie thérapie. Mais une thérapie s’arrête un jour…
      Merci ma belle pour tes mots et ton soutien.

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  5. J’ai lu une phrase de V.Hugo disant qu’il fallait regarder l’avenir car c’est la ou l’on va vivre….
    Moi toujours tournée vers le passe, je vais tenter d’y penser plus souvent.
    Courage Marie tu arrives au bout! ❤
    Bizzz

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  6. Question compliquée en effet. À toi de voir si cette publication peut-être une libération pour toi, ou une contrainte. C’est peut-être en donnant à ce livre sa propre vie que tu pourras justement laisser ce passé derrière toi. Ou peut-être pas, mais toi seule peut en décider.
    Je crois que ce que peut offrir ce livre, c’est justement montrer celle que tu es aujourd’hui, ta bienveillance, ta lumière. Ne t’arrête pas à la noirceur du passé mais éclaire la justement des bonheurs du présent, ces petites perles qui illuminent ton blog. Pour cela je crois qu’il faut que tu le finisses.
    Ensuite le publier: je crois que tu mérites d’être reconnue, et que ton histoire saura toucher d’autres personnes, d’une façon ou d’une autre, celles qui seront prêtes à l’entendre. Et pour ton fils, je ne doute pas que tu as gardé ta douceur, ton respect dans tes textes, alors je pense qu’il comprendra.
    Quelle que soit ta décision en tout cas, tu peux être fière de l’avoir fait!

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    1. Merci beaucoup pour ton soutien quelque soit l’issue de ce chapitre de ma vie. Peut-être que j’ai fais le tour de la question et que de là découlera autre chose, un autre texte plus lumineux. Je ne sais pas. Je crois qu’il faut que je me laisse le temps d’y voir plus clair.
      Je t’embrasse.

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  7. una idea says:

    Coucou Marie, l’essentiel c’est que ce travail d’écriture de ton histoire t’ait permis d’avancer et t’ait été bénéfique.
    Tu n’as aucune obligation envers qui que ce soit (envers toi ou envers d’autres) de publier. Peut-être que clore cette étape d’écriture d’une manière ou d’une autre, celle qui te convient, est ce qui te permettra de boucler la boucle.
    Peut-être que c’est un autre livre qui verra le jour publiquement et qui s’appellera “vers la lumière et pour le meilleur” ! Peut-être que celui-ci est juste une marche qui te permet d’avancer sur ton escalier.
    En tout cas bravo à toi Marie pour tout ce travail entrepris sur toi et pour tout ce que tu as partagé avec nous en cours de route et qui nous a fait grandir en chemin aussi. Gros bisous !

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    1. Tu ne peux pas savoir à quel point tes mots m’apaisent d’un coup. Quand j’ai ce genre de doutes, je n’arrive pas à penser à autre chose et ça me gâche des heures précieuses.
      Mille merci ma belle. Pour tout.

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    2. Cléa Cassia says:

      j’aime beaucoup le commentaire d’una idea et je crois que je n’aurais pas mieux dit.
      J’ai été étonnée de lire ton message sur instagram ce matin, après tous les efforts que tu as mis en oeuvre depuis de longues semaines sur ce livre, je te voyais déjà aller jusqu’à bout. Mais ce que tu dis est finalement très sensé, et logique, d’y avoir passé autant de temps et de maintenant être prête à t’en libérer. Tu pourrais le publier de manière anonyme, mais au fond le problème resterait le même, de consacrer de l’énergie à ce livre alors que tu n’en as plus à accorder à toutes cette noirceur du passé.
      J’aime énormément la suggestion d’una idea, que ce n’est pas ce livre-ci qui est destiné à être publié, mais le prochain, dans lequel tu révèles toute ta lumière.

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  8. Linaa says:

    L’écriture fonctionne parfois comme une thérapie. Toi seule peut prendre la décision de ce qu’il adviendra de ce manuscrit.
    Concernant la publication, je comprends tes craintes, quand on écrit, on se met plus ou moins à nu, c’est délicat. Reste la possibilité d’adopter un nom de plume.
    Quoi qu’il en soit, c’est à toi de faire ce choix, en ton âme et conscience, en écoutant ta tête, mais aussi en suivant ton coeur 🙂

    Bonne fin de journée, Marie ❤ !

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  9. ptitedelph says:

    Je me doute que la publication est le moment le plus redouté surtout pour ce genre de roman biographique, par contre je suis sûre et certaine que l’écriture aide les autres. Il y a 2 livres qui m’ont aidée à me sentir moins seule durant l’anorexie, ce sera mon prochain post tiens. Je me disais qu’elles n’étaient pas à côté de moi mais que les sensations et la souffrance, elles les vivaient à travers les kms qui nous séparaient et je me sentais – seules et ça ce n’était pas négligeable. Je pense que pour tout, c’est un ensemble de choses qui font qu’on s’en sort, qu’on arrive à prendre le dessus et qu’on peut se reconstruire du coup c’est dur de poser des mots sur tout ça. Tu trouveras le bon moment pour l’envoyer ma Marie, mais j’espère vraiment que tu le feras, c’est la boucle qui serait bouclée à mes yeux. Et une nouvelle vie à construire pour toi et ptit escargot. Je crois en toi ❤ des tas de gs bisous

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  10. Marie says:

    En te lisant, Marie, j’ai plutôt l’impression que tu n’as pas envie de le publier, au fond de toi, ce livre. Pas envie d’étaler ton intimité. Pas envie de ressasser les mauvais souvenirs. Et c’est compréhensible. On entend souvent des gens dire que l’écriture et la publication d’un livre sur les épreuves qu’ils ont traversées leur ont permis de tourner la page, mais je pense qu’on ne doit pas tous être pareils à ce niveau-là. Pour ma part, j’ai appris qu’il valait parfois mieux laisser dormir les mauvais souvenirs et éviter d’aller trop les remuer, un peu comme la vase au fond de la mare. La réponse est en toi Marie. Fais-toi confiance.

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  11. Aldor says:

    Se poser cette question, voilà peut être le grand progrès.

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  12. Catwoman says:

    Comme beaucoup, je pense que toi seule connait la réponse. On ne peut te la souffler. Je n’ai jamais été dans ce genre de tourmente et je ne peux savoir si une femme qui y est prise lira ton livre et donc sera aidée … Après, je pense effectivement que de l’avoir écrit t’a surement aidée et fait partie de ta thérapie, même si tu es la seule à le lire. Il aidera aussi, d’une certaine manière ton petit bout parce qu’il aura permis à sa mère d’aller mieux.

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  13. Jutes garde calme et oriente-toi vers la lumière. Je crois que tu trouveras la meilleur choix pour ta vie

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