Mon plus gros challenge : m’aimer

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Je t’aime. Trois mots qui en disent long.

Mais arrivons-nous seulement à les dire. A nos proches ? A nos amies ? A notre amoureux (se) ? A nos enfants ?

Et enfin à nous même ?

Je t’aime. Trois mots qui ne sont pas à prendre à la légère. Aimer c’est simple et compliqué à la fois. Simple car aimer vient de notre être, de notre cœur. Et nous avons tous un cœur. Compliqué car aimer s’accorde avec liberté, authenticité, confiance, respect, inconditionnalité. C’est là que le bât blesse. Il semblerait que nous mettions souvent des conditions à l’amour.

Envers les autres.

Envers nous-même.

Comment aimer les autres quand on ne s’aime pas soi-même ? Je me pose la question depuis quelques années. Je n’y avais jamais pensé avant. Je n’avais jamais pensé d’ailleurs à l’importance de m’aimer. Les autres avant. Toujours.

Est-ce parce que c’est plus facile de penser aux autres que de s’intéresser à soi ? Est-ce parce que s’intéresser à soi implique de creuser, de déterrer des blessures, de laisser tomber des principes qui nous oppressent, de travailler, d’aller à l’intérieur de soi – un intérieur longtemps délaissé ? Est-ce parce qu’on nous a souvent répété qu’il « fallait » penser aux autres ? Est-ce parce l’altruisme est érigé en valeur souveraine ? Et l’égoïsme un travers dans lequel nous craignons de tomber facilement ?

Et si entre altruisme et égoïsme, il y avait juste l’être. On ne peut pas offrir ce qu’on n’a pas. On ne peut pas recevoir ce qu’on n’est pas prêt à accepter dans notre vie. Ne serait-ce qu’un compliment. Comment offrir un compliment sincère qu’on ne se ferait pas à nous-même ? Comment recevoir un compliment sincère en se dénigrant sans cesse ?

On a tendance – moi aussi – à voir les travers des autres d’un coup d’œil, à cerner leurs zones d’ombres et à les décortiquer jusqu’à la dernière miette, à leur en vouloir pour tel ou tel trait de caractère, tel ou tel manque. Et si nous nous intéressions à nous ? Et si nous regardions à l’intérieur de nous pour voir ce qu’il s’y passe, pour distinguer les émotions qui nous traversent, pouvoir les nommer, les étudier et les laisser passer ? Et si nous devenions notre priorité ?

En écrivant cette phrase, je me rends compte que quelque chose fait tilt en moi. Ce n’est pas ce qu’on m’a appris. Ca ne rentre pas dans mes « valeurs », mes « principes ». Et si mes valeurs étaient erronées, mes principes plus adaptés à la personne que je suis ?

Depuis quelques années je prends conscience de moi – une nouveauté agréable et déstabilisante. Est-ce que je me respecte ? Est-ce que je m’aime telle que je suis ? Est-ce que je suis prête à me dire « je t’aime » chaque matin en me regardant dans le miroir ? Est-ce que je me sens libre de passer du temps avec moi, de prendre soin de moi, d’investir en moi ? Est-ce que je  suis prête à me donner ce que je donne depuis des années aux autres et à l’assumer (auprès de ces autres) justement ?

Tant de questions autour de quelque chose de si naturel.

Un gros chantier sur lequel je travaille depuis près de 3 ans déjà. Les progrès sont là c’est certain. Les regarder en face m’aide à aller de l’avant, à y croire même quand tout me pousse à renoncer. Le plus dur en ce moment, c’est 1) le regard des autres (s’en affranchir) 2) ne pas me comparer sans cesse 3) mes principes et la culpabilité qui va avec (les lâcher).

Je vois la belle lumière au bout du chemin. Elle est époustouflante et vraie. J’avance vers elle chaque jour un peu plus, à mon rythme, en me regardant avec des yeux remplis de bienveillance. Et je sais que cet amour une fois installé fera des merveilles autour de moi.

Et vous, dites-moi, vous en êtes où sur ce chemin ?

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17 thoughts on “Mon plus gros challenge : m’aimer

  1. J’ai encore beaucoup de chemin à faire pour m’aimer ou aimer cette image que je vois dans le miroir alors je ne me regarde pas où pas en totale look de pied je n’aime pas la personne physique que je suis devenue qui a pris du poids en gonflant parce que les autres me gonflent… mais en prendre conscience est déjà un début d’acceptation peutetre et la voie vers cet amour de soi pour aller bien sinon mieux! Bonne journée Marie bisous

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  2. Un article qui touche du doigt le problème qui concerne tant de personnes, et je suis bien d’accord avec toi : impossible de construire des relations relativement saines si on ne commence pas par s’aimer soi-même.

    Je ne dis pas “je t’aime”, ni à moi ni aux autres, ça pourrait être facile pourtant, il y a en a qui le disent à chaque fois qu’ils raccrochent le téléphone. Mes parents ne m’ont jamais dit qu’ils m’aimaient quand j’étais enfant, peut-être que mon blocage vient de là (non pas qu’ils ne m’aimaient pas, mais c’est juste qu’on ne se le disait pas). J’ai du mal à ressentir, à identifier l’amour.
    Comment savoir si je m’aime ? Je doute tellement de moi. Je doute de ça aussi, parfois.

    Je te souhaite de continuer à avancer doucement vers cette lumière, cette chaleur, cet amour, le trouver n’est pas chose aisée, mais comme tu l’écris ça fait des merveilles. Bonne route ♫ 🙂

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  3. Le chantier est titanesque pour moi! En début d’année j’allais bien, mais les événements ont fait que j’ai perdu le peu de confiance en moi et d’estime que j’avais de moi. Tout est à refaire, à reconstruire.
    Tu m’as l’air bien lancée marie, haut les coeurs!
    Je t’embrasse fort

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  4. C’est une réflexion très, très interessante ! C’est drôle, en ce moment, j’ai la même, mais à l’inverse de toi.

    J’ai toujours fait en sorte de ne jamais me léser et de penser à moi avant qui que ce soit d’autre. Aujourd’hui, comme depuis toujours, si on me demande quelle personne a le plus d’importance pour moi, je réponds : “Moi, évidemment !”. Réponse qui en choque plus d’un, mais après, j’explique.

    Je suis une personne qui a toujours fouillé, cherché au fond d’elle-même. J’ai toujours mis beaucoup d’énergie à me comprendre moi, à déterrer mes secrets, à analyser mes réactions et pensées. Je m’aime sincèrement. J’aime celle que je suis, je suis heureuse de me voir quand je me regarde dans le miroir (plus encore depuis que j’ai réussi à abandonner tous mes complexes et à complètement délaisser le regard que les autres me portent), je me porte beaucoup d’affection et d’attentions.

    J’aime aussi énormément les autres, et je passe aussi énormément de temps à les comprendre, à voir le monde à travers leurs yeux, à les “analyser”. Je ne suis d’ailleurs pas capable d’avoir des relations normales, il faut toujours qu’elles soient “profondes”.

    Mais je suis assez égoïste au quotidien. L’idée de partager ne me vient pas en premier, par exemple. Depuis que je travaille avec mes nouveaux collègues, je m’en rends vraiment compte. Ici, les gens partagent tout avec toi, ils te donnent tout. Je n’avais jamais vécu ça à Lyon, ni dans ma région natale. On est altruiste qu’avec les gens qu’on connait déjà bien.

    Je suis très décontenancée quand ma collègue me propose la moitié de son repas juste pour que je goûte alors que j’ai déjà à manger, ou qu’une autre m’apporte des vêtements qu’elle ne met plus. Ca veut dire qu’elle a pensé à moi en triant sa penderie. Elle s’est bien “Tiens, cette pièce plairait à Rozie”, alors qu’elle ne me connait quasiment pas. Ca me bouleverse et ça me met face à mon égoïsme, à mon égocentrisme.

    Ca me cogne et me donne fortement envie de m’améliorer et de plus penser aux autres au quotidien, aux petites choses qui pourront leur faire plaisir, aux égards que je peux avoir pour eux. J’en ai déjà, je ne suis pas un monstre, mais je pourrais être une meilleure personne. J’y travaille, et j’adore ça !

    En tout cas, tu as raison, Marie. C’est essentiel de s’aimer soi, de se le dire, de penser à soi, de plonger au fond de soi, de se connaître. C’est génial de donner aux autres, de penser inconditionnellement à eux. Mais ça n’est viable, je crois, que si on se laisse de la place. C’est un beau chemin, une très belle réflexion, encore une fois.

    Je t’embrasse !

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  5. C’est un superbe chemin.
    Je travaille chaque jour en ce sens. Aujourd’hui je m’aime et je suis fière de moi.
    Apprendre à s’aimer est primordiale pour rayonner. Et rayonner, cela signifie éclairer/réchauffer ceux qui nous entourent. Je prend souvent l’image de la lanterne dont la lumière qui émane vient de l’intérieur.
    Et il est important aussi de prendre soin de soi, tout comme un pot d’eau (oui j’aime bien les images), s’il est vide, tu ne le rempli jamais ou très peu, il ne sert pas à grand chose.
    Un truc que je met en place aussi, c’est quand quelque chose m’agace chez quelqu’un, j’essaie de voir en quoi cela résonne chez moi. La plupart du temps, j’ai le même “défaut”. On apprend beaucoup des autres.
    L’introspection est un merveilleux voyage lorsqu’il est dans le sens “être bien avec soi pour être bien avec les autres”. Pour moi, on est en plein dans la spiritualité.
    Une belle journée Marie 🙂

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  6. Tu en as fait du chemin depuis que je te lis : bravo Marie 🙂 Si longtemps considérée comme intruse au foyer, quantité négligeable j’ai eu aussi le sursaut salvateur mais je suis loin d’avoir fait tout le chemin. je n’accepte toujours pas de me regarder dans un miroir et refuse généralement les photos !Passe un très bon week end Marie Bisous

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  7. C’est une question super intéressante, Marie! Je n’y avais jamais songé à vrai dire… Je ne sais pas si je pourrais répondre OUI à la question “je t’aime”, c’est pas facile je trouve! Mais la question mérite d’être posée et quand on y réfléchit, ça donne envie de devenir meilleur! Merci Marie ❤

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  8. « Aime ton prochain comme toi-même ». Comme tu le dis si bien En effet, comment aimer l’autre si on ne s’apprécie pas soi-même ? Soyons donc aimable à nos propres yeux dans un premier temps.Il s’agit donc d’identifier ce qui fait que nous ne nous aimons pas, Le maître-mot ensuite consiste à positiver cette situation car nos luttes doivent être plus fortes que nos douleurs… puis, il faut se défaire du regard réducteur de l’autre et choisir de s’aimer tel que l’on en sachant que toute critique est projective. C’est pourquoi se détacher du regard de l’autre passe, quoi qu’il en soit, passe par la nécessité d’aimer ce que certains cherchent à nous faire authentifier tels des handicaps !

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  9. …pour beaucoup d’entre nous, ne pas nous aimer et être très sévères et impatients envers nous-mêmes.

    Mais d’un autre côté, l’égoïsme et le peu d’amour totalement désintéressé qui constituent ma règle habituelle de nos actions et de notre comportement ne sont ils pas une forme, triste et regrettable, d’un certain amour de soi ?

    Je ne suis pas si certains. Que cela de notre altruisme et de notre détestation de nous-mêmes…

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  10. Comme tu as raison. S’aimer et être bien dans ses baskets permet d’être ouvert, souriant et attentionné. Ce n’est finalement pas si égoïste ! Merci Marie pour ce joli texte. Je te souhaite un bon week-end. Bisous

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  11. Souvent, quand un trait de caractère chez quelqu’un nous énerve au plus haut point, c’est que nous le sentons en nous également sans pouvoir l’affronter. S’aimer soi-même n’est pas un processus qui a un début et une fin. Ou alors le début s’appelle la naissance, et la fin la mort. Parce que je crois qu’on passe sa vie à apprendre à s’aimer d’abord, pour aimer les autres. Cela n’a rien à voir avec l’égoïsme, il s’agit tout simplement de respect envers soi-même, de reconnaissance de soi, d’acceptation de soi.

    Dans chaque amour, il y a des attentes et si elles dominent dans l’esprit et ne réalisent pas, alors la relation devient amère, le ressentiment s’installe. Difficile pourtant d’atteindre l’amour inconditionnel… je m’y attelle depuis plusieurs années, parfois j’y arrive parfois non. Pourquoi ? Parce que mes attentes font également parties de moi et je ne les tairai pas, même par amour pour l’autre, tout simplement parce que j’essaie de m’aimer du mieux que je peux. Si j’accepte de les modifier, je ne les tais plus. L’amour inconditionnel doit marcher dans les deux sens, pour celui qui donne tout comme pour celui qui reçoit. Enfin… je m’écarte peut-être un peu du sujet dans mon commentaire…

    Oui, notre éducation nous inculque des valeurs altruistes qui peuvent devenir tyranniques. On en oublie de s’écouter un peu, et de prendre soin de soi. Maintenant, notre société de consommation, les selfies en tout genre nous poussent vers une société tournée vers le “moi, je…”. Va-t-on trouver un équilibre ? Je crois que l’idéal s’appelle l’humaniste… placer la personne au centre des préoccupations pour se défaire du matérialisme, et accepter que l’Amour et la Bienveillance nous guide envers nous-mêmes et envers les autres… mais là aussi je m’éloigne certainement du sujet.

    Il y a en a des choses à dire et je serais bien tentée d’écrire un article là-dessus. Quant à toi, Douce Marie, tu parcours ce chemin avec brio, non sans échec mais surtout avec un respect et un amour grandissants envers la personne que tu deviens chaque jour, de plus en plus fidèle à toi-même et à tes propres convictions, nourries de ton éducation mais pas que : de tes rencontres, des tes expériences, du temps qui passe…

    Je t’embrasse bien fort ! ❤

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  12. C’est très beau et très juste ce que tu soulignes la. Je me faisais les mêmes réflexions manière il n’ y a pas si longtemps, jusqu’à ce que je n’arrive plus a gérer et que je me perde.. Je reprend petit à petit du poil de la bête comme on dit, de toute façon, pour ça on a pas le choix

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Un petit mot doux pour la route...

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