Se faire aider pour renaître

Aujourd’hui, j’ai envie de parler avec vous d’un sujet particulier, assez personnel (mais vu la teneur de bon nombre de mes articles ici, rien de bien « secret » non plus) qui me trotte dans la tête depuis quelques jours, voire semaines et qu’il me semble temps d’évoquer.

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Vous savez tous (ou presque pour ceux qui ont pris le train en marche) que quand je suis rentrée d’Irlande, enceinte jusqu’aux dents, j’étais à terre, complètement paniquée, paumée, rongée par la culpabilité et la honte, la peur et l’envie irrésistible de mettre fin à mes jours. J’aurais pu me laisser glisser lentement vers la déraison et la folie (je n’en étais pas loin) mais je n’étais pas seule. L’enfant dans mon ventre, celui-là même qui m’avait donné l’impulsion du départ, m’imposait une remise à flot – même temporaire – pour lui donner naissance dans les meilleures conditions possibles.

Je peux dire que j’étais bien entourée, merveilleusement entourée même. Personne ne m’a lâché la main. Mais ce n’était pas assez. J’avais besoin d’aide. Et quand je dis besoin d’aide, je pense à l’aide d’un professionnel. Oui j’avais besoin que quelqu’un d’extérieur à mon malaise, mon mal être, quelqu’un de non-impliqué émotionnellement m’écoute et me guide.

Avoir besoin d’aide, c’est encore une notion mal perçue, alors même que nous sommes de plus en plus nombreux à savoir que cette aide est disponible et souvent bénéfique. On veut toujours pouvoir s’en sortir seul. Parfois c’est tout simplement impossible. Voir même dangereux. Demander de l’aide est aussi vu par certains comme un signe de faiblesse. Aujourd’hui je vois cela comme une force, celle de dire que l’on est prêt à aller chercher à l’intérieur de soi ce qui ne fonctionne pas pour ensuite pouvoir aller de l’avant, reconstruire, se reconstruire. Comme le dit souvent ma psy « vous faites le travail – moi je suis juste là pour vous accompagner, vous donner des pistes de réflexion et vous soutenir dans votre démarche ».

Je sais aussi que certain(e)s ont dû faire face à de nombreuses déconvenues et ne souhaitent plus s’engager dans cette voie. J’en reviens donc à moi et à l’histoire. Entre décembre 2012 et février 2013, j’ai rencontré pas moins de six professionnels.

Mon médecin traitant d’abord qui m’a écoutée et qui le premier a évoqué avec moi l’idée même de « violence conjugale », terme que je refusais complètement à l’époque. Il m’a conseillé de prendre rendez-vous avec un(e) psychologue. Le premier rendez-vous a été un désastre. En l’espace de quelques minutes, je me baladais dans les méandres de mon enfance quand l’idée de départ était vraiment de faire face à ma grossesse et de la mener à terme (tout en sachant qu’à ce moment-là l’idée même de devoir mettre un enfant au monde me terrorisait et que je pensais même à accoucher sous X).

La troisième personne rencontrée était douce et à l’écoute mais ne cessait de me dire qu’il s’agissait sûrement d’une crise de couple, normale avec l’arrivée d’un enfant et qu’il fallait aussi que je comprenne les émotions, le ressenti du papa – complètement à côté de la plaque. J’avais beau porter toute la culpabilité de ce départ précipité, je n’étais pas à même d’entendre que lui de son côté était blanc comme neige et que les menaces qu’il avait proféré à mon encontre étaient presque « normales ».

La quatrième personne, j’allais la voir à l’hôpital psychiatrique – il fallait avoir le moral. Elle m’a plus enfoncée qu’elle ne m’a aidée. Elle pensait aussi que je devais reprendre contact avec le père. J’avais l’impression qu’elle ne m’écoutait pas. Elle me disait d’ailleurs qu’à terme je pourrais revenir avec lui, quand tout se serait tassé. Elle m’a même mise sous antidépresseurs – j’ai refusé. La cinquième personne m’a orienté vers la sixième. Je suis sortie de son cabinet en pleurs, prise de vertiges et incapable de calmer mes sanglots.

La sixième personne a été la bonne. Je me serais volontiers passée de ce parcours du combattant qui m’a lui aussi pas mal fragilisée (je ne l’étais pas assez !). La sixième personne m’a écoutée ENFIN. Elle m’a surtout aidée à assumer ma grossesse, à aller au bout plus sereinement et elle m’a suivie après la naissance. Car si tout le monde me disait « une fois que tu auras ton enfant dans les bras, tout ira mieux », personne ne savait ce qui se passait à l’intérieur de moi – un enfant ne fait pas de miracle, ce n’est pas son rôle. Si la vie devient douce le temps de quelques heures, la réalité reprend vite le pas sur ces moments volés. Tant que les blessures ne sont pas prises en compte et en charge, le malaise et le mal-être demeurent.

Tout ça pour dire qu’il ne faut pas baisser les bras après un premier rendez-vous raté (ou plus). Il faut laisser le temps au temps et surtout prendre conscience qu’un psychologue ou psychiatre (ou autre) n’ira pas toujours dans notre sens, nous mettra souvent face à nous-mêmes, nos blocages (c’est ce qui est le plus difficile) et nous guidera vers plus de lumière. Cela ne se fera pas sans heurts, sans chagrin, sans larmes. La reconstruction est un véritable processus qui ne se fait pas en un claquement de doigts.

Mais en grande connaisseuse que je suis, je peux le dire, sans hésiter, ça en vaut la peine !

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46 thoughts on “Se faire aider pour renaître

  1. Un article qui arrive à point nommé dans ma tempête intérieure. Plus que jamais, j’ai besoin de cette aide extérieure. Merci de partager ton expérience ici Marie. C’est bien de savoir qu’il peut y avoir des errances avant de trouver le bon thérapeute. Même si j’espère qu’il ne m’en faudra pas six avant d’y arriver parce qu’ici, l’offre est plutôt limitée.

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    • Je pense que le contexte ne m’a pas aidée non plus Marie – c’était presque une question de survie et je n’ai pas tout de suite su vers qui me tourner.
      Une fois sur Paris, ça a été plus facile. La première a été la bonne.
      Cette aide est précieuse et parfois essentielle. J’espère que tu trouveras le bon thérapeute Marie.

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  2. quel parcours… c’est quand même dommage que tu aies du attendre la 6eme personne … personnellement ça me sidère, c’est quand même leur métier de comprendre ce qui se passe ! moi qui démarre dans le coaching, une des choses primordiales qu’on nous apprend c’est que l’une des choses la plus importante c’est la relation de confiance qui s’établit entre le professionnel et son patient ( ou son client lorsqu’on parle de coaching) et nous devons être supervisé en cas de de doutee, c’est a dire en parler à quelqu’un d’habilité pour voir si on ne passe pas à coté de quelque chose..

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    • C’est vrai que ça m’aurait aidé de trouver la bonne personne surtout à cet instant là. Peut-être qu’il y avait trop d’urgence aussi dans ma demande et j’avoue qu’à l’époque je gardais encore beaucoup de choses pour moi, je ne réalisais pas tout. Du coup le message que je renvoyais au reste du monde était peut-être ambivalent, je ne sais pas.
      En tous cas, oui je pense que n’importe quel professionnel de l’aide et du conseil doit lui même être supervisé ou au moins avoir quelqu’un vers qui se tourner en cas de doute face à une situation complexe.
      ps – tu vas me donner envie d’en savoir plus sur le coaching!

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  3. J’ai vécu la même chose que toi. J’ai eu un passé difficile et on m’a conseillé des psychologues pour en parler, mais je trouvais dur de me sentir en confiance et de tout déblatérer à un inconnu. Je pense que c’est plus facile si on a la chance d’avoir qqn près de soi à qui se confier.. Bon courage, jespere que tu vas mieux ! xx

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    • J’ai fini par trouver les bonnes personnes Juliette. Ca a pris du temps. Une relation avec un psy ou un conseiller est particulière et si on ne se sent pas à l’aise rien ne sert de continuer.
      J’espère que toi aussi tu vas mieux. Merci

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  4. Ce qui me frappe c’est la réaction des premiers et, finalement, leur manque d’écoute !!! J’ai envie de demander s’ils ont eu leur diplôme dans une pochette surprise … Parce que là, franchement, c’est de la folie.

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    • C’était limite moi qui était complètement frappée selon eux! Un peu comme le psychologue clinicien du droit de visite “oh il vous a menacé de vous tuer, mais bon vous vous lui avez pris son enfant aussi, comment pouvait-il réagir?” – Quand même – il y a des lacunes. Heureusement que j’étais entourée et épaulée ma belle!

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      • C’est bien la preuve qu’ils faisaient mal leur boulot tous !!! Quant au psychologue du droit de visite, sans commentaire, je vais être particulièrement vulgaire: Non, même si elle te prend ton enfant, tu ne menaces pas de tuer la Mère, c’est un féminicide et il justifiait ainsi les violences faites aux femmes. Qu’ils changent de métier !!! Et après, on s’étonne que beaucoup de monde ne croit pas aux psys…

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      • J’avoue qu’il y a des cas – lui en était un particulier ma belle. Rien de grave. Je m’en suis pris plein la figure à ce rendez-vous. J’en suis ressortie complètement abasourdie. Parce qu’en plus de lui avoir pris son enfant, je l’avais mis dans une position délicate – dans sa culture ça ne se faisait pas, c’était la double peine pour lui. Et ces types là sont en charge d’unités qui viennent en aide aux familles en difficulté et aux enfants. Ca laisse rêveur…

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  5. Ma petite Marie, mon amie précieuse, que tes écrits sont bons comme du bon pain.
    Grace à toi, “belle personne que tu es”, d’autres femmes peuvent être correctement dirigées et c’est très important. Ton expérience, ton vécu, sont la pierre angulaire pour d’autres !
    Merci Marie pour ce que tu es.
    Je t’embrasse.
    Ton ami Tony

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  6. Merci Marie pour ce partage intime.

    Je rejoins Maman Délire sur cette sidération … Tu as eu du courage, je n’aurais jamais tenu jusqu’au 6e ! C’est incroyable, ce que tu racontes sur tes déconvenues … !

    Moi aussi, j’ai eu besoin d’aide. C’était la fin, j’étais paumée, je voulais quand-même encore “sauver mon couple”, persuadée d’être la fautive. J’ai pris rdv avec une psychologue, pour lui prouver que moi, je me remettais en question et acceptais ma part de responsabilité dans notre histoire, et j’espérais qu’elle confirme mon intuition, qu’elle me dédouane un peu.

    Cette femme a passé l’heure à me poser des questions, sans me donner une seule réponse, un seul élément. Je ne sais pas si c’est normal. Mais j’ai pleuré tout mon saoul devant elle, en parlant de mes parents et d’autres choses qui n’avaient rien à voir avec le problème. Je suis incapable de dire si c’était une bonne thérapeute ou non.

    Mais à la fin, elle m’a sauvée. Elle m’a dit “Vous savez ce que vous devez faire, vous savez que vous devez partir … Partez.” Sous-entendu “Quitte-le.” Je suis ressortie de là soulagée comme jamais. J’allais encore passer deux mois horribles, mais avec sa voix tapie dans mon cerveau.

    Aujourd’hui, je reconnais avoir besoin d’aide pour en finir avec tout ça. Les psy ne me tentent pas trop, je dois l’avouer … On m’a proposé plusieurs méthodes alternatives, mais je ne sais pas encore quoi choisir. EMDR ? Toucher psycho-corporel ? Soin akashique ? Les trois ?

    J’ai sauté le pas de la naturopathie (avec Mély !). Un long (mais merveilleux) chemin s’ouvre à moi. Pas après pas, j’y parviens.

    Tu reviens de loin, Marie. C’est peut-être une expression à la con, mais quand je lis tout ça, quand je ressens toutes ces émotions (forcément bien moins fortes que ce qu’elles ont du être pour toi), j’éprouve un épars sentiment de .. Stupéfaction. Je suis stupéfaite. Dans le bon sens du terme.

    Je ne sais pas comment le décrire, ça pourrait se traduire par : “Je suis heureuse de lire ça”, aussi fou que cela puisse paraître. Parce que le lire signifie que tu l’as écrit et qu’aujourd’hui tout est différent dans ta vie, que tu t’en es relevée ou quasiment, que tu es Vivante.

    Ton partage est important. Comme tu le dis, demander de l’aide, aller voir un pro, c’est pas très bien vécu par l’égo. Notre culture est très “je m’en sors seul”. Ca peut être une grave erreur. On n’est pas faible parce qu’on demande de l’aide. Au contraire.

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    • Merci beaucoup Rozie. Je crois que je n’avais pas le choix. Je faisais du sur-place et la naissance approchait à grands pas. Mes parents ne lâchaient pas non plus – c’était douloureux mais ils ont eu raison.
      Oui en effet ça dépend des psys, certains ne disent rien ou posent juste des questions. Tout est en nous. Leur but a eux est de nous libérer. C’est étrange parce qu’à la fin ma psy m’a dit une chose similaire “aujourd’hui c’est votre bébé et vous qui comptez. Vous savez ce qui est bon pour vous Marie, depuis longtemps déjà.”. J’ai compris qu’il fallait que je fiche le camp. 5 jours après je rentrais en France. Parfois ça fait mal mais c’est salutaire. Les psys ne sont pas des amis qui prennent des pincettes.
      Je suis contente que tu ai sauté le pas de la naturopathie. Côté médecines alternatives, j’ai testé la réflexologie et ça a fait sauter plein de nœuds aussi. Je pense qu’il y a différentes options pour se libérer et avancer. Il suffit de trouver celle faite pour nous. Essayes en quelques unes si tu peux et vois ce qui te convient le mieux.
      Merci pour tes mots. C’est quand je relis tout ce que j’ai vécu en peu de temps au final, que je me surprends moi même!
      Et ça me donne la pêche et l’envie de faire sauter les derniers verrous qui me maintiennent prisonniers d’une histoire, d’un passé familial.
      Plein de belles choses pour toi pour l’avenir Rozie.

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      • Comme je comprends ! Je suis dans la même mouvance. Je veux repartir à zéro, régler tous mes conflits internes. J’en ai besoin maintenant !

        Il y a mille façons d’être soulagé. Ce sont des coups de pouce, les thérapeutes donnent l’impulsion, car comme tu le dis .. Tout est en nous ! C’est beau, quand on y pense.

        Bises, Marie ! Bon week-end !

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  7. Que de jolis commentaires.
    Il faut du temps pour accepter ce que l’on a vécu. On est pris dans la tourmente et ça nous parait normal même si on est “foutu” et qu’on pense a en finir.
    Dingue comme le corps, le mental réagissent, pensent.
    Changer de psy est normal dans un sens je pense. On a tous nos sensitives, nos besoins. Ok c’est leur métier mais si on était des “robots” on aurait tous les mêmes problèmes, ressentis. Mais oui il faut du courage, de la volonté, de l’amour pour continuer sa quête dans le bon psy.
    On chiale, on pleure, on en ressort vidée, lessivée, a se demander pourquoi remuer tout ça mais ensuite: délivrance, bonheur et on sait que les paroles du psy restent dans notre mémoire et ça c’est précieux!!! ❤
    Bizzz Marie ❤ ❤

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    • Oui de très beaux commentaires Carrie!
      Le temps, je te rejoins. Et accepter de se tromper aussi. Une personne peut nous accompagner un temps et ne plus être la bonne personne pour une autre étape de notre vie. Le tout est pour chacun de se savoir en confiance pour progresser et débloquer ce qui nous empêche de vivre pleinement.
      Je t’embrasse ma belle.

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  8. C’est très courageux, je trouve, de te livrer comme ça.
    Oui ce n’est pas évident de trouver un bon psy mais quand on en a trouvé un à l’écoute, quelle soulagement, et c’est comme tu le dis si bien celui qui “nous guidera vers plus de lumière”.
    On est tellement nombreux et nombreuses à en avoir besoin dans ce monde de fous dans lequel nous vivons, mais il faut savoir accepter cette aide.
    Merci Marie !
    Christine

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    • Merci chère Christine. Je suis bien d’accord avec toi. Je pense aussi que quand on est au clair avec ce que nous attendons, ou ce sur quoi nous souhaitons travailler, nous trouvons plus facilement la bonne aide. Je crois que nous acceptions tous de faire cette démarche, le monde serait plus sain et serein. Je t’embrasse.

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  9. Coucou Marie,
    merci pour ce témoignage et bravo pour le courage (les courages en fait) dont tu as fait preuve.
    Mon expérience est légèrement différente.
    Je rejoins totalement l’avis de ta psy, “vous faites le travail – moi je suis juste là pour vous accompagner, vous donner des pistes de réflexion et vous soutenir dans votre démarche”.
    Lorsque je fus confronté à la douleur d’une séparation j’ai profité d’internet et des blogs, d’une part pour mettre noir sur blanc ce que je ressentais mais surtout pour écouter les avis des autres et partager leurs expériences.
    Je ne leur serais jamais suffisamment reconnaissant pour ce qu’ils ont fait pour moi.
    Je ne remets pas en cause les psy, je pense qu’ils ont aussi leur intérêts et que dans certains cas ils sont la meilleure solution, malgré tout je trouve que la richesse de la blogosphère, la compassion et le soutien que l’on peut y trouver sont extra-ordinaires, vous êtes extra-ordinaires!

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    • Merci pour ton retour. Je pense que ça dépend en effet de chaque situation. J’ai trouvé beaucoup de soutien ici aussi. Mais ce n’était pas suffisant. Ma séparation c’était plus qu’une rupture amoureuse, c’était un cataclysme sans précédent et une histoire de laquelle il me fallait comprendre tenants et aboutissants pour m’en sortir. Ici les gens m’écoutent et m’accompagnent mais ne peuvent m’aider à faire le travail en profondeur qui est nécessaire pour avancer et me débarrasser de tout le reste.
      Je suis heureuse de lire que tu as trouvé ici l’aide que tu tires vers le haut.

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      • Coucou Marie
        Côté cataclysme je m’y connais 😉
        Chez moi c’est le fait de tout mettre noir sur blanc qui m’a aidé dans l’analyse

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  10. Je fais partie de celle qui ont pris le train en marche, mais je suis admirative de ta force. Cela a du être tellement difficile de passer par tout cela ! Demander de l’aide n’est déjà pas simple, c’est un premier pas vers une “guérison de l’âme et de l’esprit” , c’est incroyable ce qu’il peut-être difficile de trouver la bonne personne pour nous accompagner.
    Mon premier médecin ne prenait pas du tout mes angoisses au sérieux, si je n’avais pas déménagé et consulté quelqu’un d’autre, je crois bien que j’en serai toujours au même stade. C’est important de se faire accompagner, au début surtout, puis aussi longtemps qu’on en ressent le besoin selon notre histoire, notre vécu.
    Je te souhaite une douce journée ❤

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  11. Quel parcours il t’a fallu supporter avant de rencontrer LA personne qui a su et pu t’aider !
    Je vois, comme toi, de la force et beaucoup de lucidité lorsqu’on demande de l’aide. Il faut être conscient que quelque chose ne va pas et que seul, on n’arrivera pas à changer les choses. C’est accepter de se mettre à nu, se réconcilier avec sa part naturelle de vulnérabilité que notre société “parfaite” tente de nous faire oublier…
    Merci d’apporter encore une fois un témoignage poignant, tout en nous invitant à demander de l’aide. C’est parfois la clé qui ouvre la porte vers une vie meilleure, plus sereine.

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    • Ma chère Julie, il y avait tellement d’urgence que trouver LA bonne personne de suite aurait relevé du miracle!
      Accepter sa vulnérabilité, on ne l’a jamais appris. Et pourtant je trouve que ça change bien des choses.
      Je t’embrasse et te remercie pour ta présence sur ce chemin.

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  12. J’avoue que j’ai une assez mauvaise vision de cette “aide”, car j’ai trop souvent eu des échos de psychologues inefficaces voire qui entretenaient la souffrance morale. Ma mère est allée voir pendant des mois une psy de chez qui elle revenait en colère et qui faisait des constats qui l’enfonçaient et ne lui apportaient aucune solution.
    Donc c’est sûr qu’aller chercher cette aide ne sera pas mon premier instinct.
    Mais c’est rassurant de lire qu’il en existe quand même des efficaces qui peuvent nous aider sur notre parcours.
    Comme toujours, ta force m’impressionne, même si ça devait être horrible tu as persévéré jusqu’à cette sixième personne… J’aurais abandonné bien avant.

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    • Tous les “accompagnants” ne se ressemblent pas Cléa. Je crois qu’il ne faut pas avoir peur de dire et se dire quand ça ne va pas, quand telle méthode ne nous convient plus. En Irlande j’avais une psy merveilleuse. Elle m’avait dit ” on va voir sur un mois, si vous ne vous sentez pas à l’aise, dites le moi, la confiance c’est la clé d’un accompagnement réussi”. Elle m’a aidé à comprendre beaucoup de choses.
      J’ai persévéré parce que je n’avais pas le choix. Il fallait le mettre au monde ce bébé!!

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  13. Ma chère Marie, cela m’aide de lire tes mots, car j’ai enfin décidé de me sortir pour de bon de cette dépression chronique. Là je suis au fond du trou encore une fois, c’est de plus en plus souvent, c’est de pire en pire. J’ai quand même refusé les antidépresseurs, mais j’ai une psy à contacter. J’ai très peur d’être déçue (les derniers souvenirs datant de la Seine-et-Marne…. pas top). Mon médecin m’a arrêtée pour au moins 10 jours, déjà c’est un soulagement. J’ai complètement vécu pour mon boulôt depuis trop d’années, et pour aucune reconnaissance, et aujourd’hui je n’y trouve plus du tout de sens, je dois trouver ma voie à moi! bisous et bon week-end 🙂

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    • Bonjour Isabelle,
      si le psy te fait peur tu peux peut-être essayer de trouver une amie ou alors une connaissance du net. Tu ne la rencontreras sûrement jamais, donc pas de honte à tout avouer.
      Je sais que cela m’a énormément aider.

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      • Merci pour ton conseil. Mais je ne suis pas fan du virtuel et je pense que je dois voir un vrai un professionnel. Cela fait des années que je parle de mes problèmes à beaucoup de monde, mais je ne guéris jamais (et en plus je fais le vide autour de moi, car les gens qui vont mal curieusement se retrouvent seuls). Je me sens coupable d’être mal alors que des tas de gens vivent des choses horribles mais je n’ai pas honte d’en parler, et d’ailleurs je pense que c’est ça le problème, je n’ai pas de tabou moi, mais les gens en ont, et ça leur fait peur ce que je raconte. Une fois, une copine de la fac m’avait dit qu’elle avait peur de me comprendre, parce qu’elle sombrerait dans la même abîme que moi. Bref, je vais tenter cette nouvelle psy conseillée par ma généraliste, et si ça se passe mal, je penserai à Marie, et j’essaierai d’en trouver un autre jusqu’au bon 🙂 Il le faut!

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      • Bonjour Isabelle,
        Je peux te comprendre.
        A chacun de trouver la solution qui lui convient.
        Personnellement j’ai trouvé ce qu’il me fallait pour avancer ici, au moins pour le moment.
        Courage dans tes quêtes.

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    • Ma belle, je suis désolée que tu te sentes si mal. Tu as besoin déjà de prendre du temps pour toi, pour te reposer. Tu te donnes tellement depuis des années pour ton travail. Fais la démarche et vois si ça colle. Ca peut aussi bien être la bonne personne. Je pense qui tu as trop de choses à gérer, personnellement et professionnellement ma belle. Trop de choses et de personnes que tu portes à bout de bras depuis longtemps. Tu as besoin de revenir à toi. Je t’embrasse bien fort et je suis là – toujours – si tu as besoin de parler.

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      • Merci Marie 🙂
        je vous embête depuis tellement d’années avec mes histoires toi et les filles… j’ai l’impression que je n’évolue jamais. Et même c’est pire.
        Je revois mon médecin traitant en début d’aprem, j’espère bien être prolongée. Je n’ai plus du tout envie de remettre les pieds dans ce bahut de merde. J’ai quand même eu pleins de messages de soutien des collègues,ça fait chaud au coeur. Et puis il y a ceux qui m’envoient des mails pour surtout me demander de bosser… bref.
        Mon arrêt m’aura permis de voir que je ne suis pas aussi seule que je croyais, les documentalistes que je connais depuis 8 ans et devant lesquelles j’ai complètement craqué l’autre vendredi, ne m’ont pas laissée tomber!
        Bon courage à toi, bisous 🙂

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  14. Coucou Marie,
    C’est un point qui n’est pas souvent abordé que tu soulèves : comment trouver la bonne personne qui nous accompagne ?
    Heureusement que tu as fini par trouver cette bonne personne pour toi, et que tu as pu, même au cœur de la tourmente y voir suffisamment clair pour décider de ne pas poursuivre avec ceux qui n’étaient pas “bénéfiques”. Tu as eu beaucoup de courage !
    Ton article est important car il rappelle qu’il faut se fier à son instinct et à ce qu’on ressent et que la personne qui nous aide ne doit pas nous faire culpabiliser et être bienveillante, à l’écoute et poser le cadre qui va nous permettre de passer un cap. Et ce n’est pas facile quand on est dans une phase vulnérable… de faire le tri…
    Et parfois même avec un psy avec qui on s’est senti bien, à une autre étape de sa vie on peut avoir envie/besoin d’un autre interlocuteur ou d’une autre approche.
    Gros bisous Marie 🙂

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    • Tout a fait d’accord avec ta conclusion. Un accompagnement thérapeutique, c’est la rencontre de deux personnes. Il faut se sentir en confiance. Dans le cas que je présente, il est clair que je ne savais pas de quoi j’avais besoin. Mes parents m’ont forcé la main car ils ne sentaient pas capable de me gérer – j’étais un vrai zombie et chacune de leur tentative pour m’aider était un échec. Je n’en pouvais plus.
      Je t’embrasse et merci. J’espère que ces lignes aideront celles et ceux qui se posent des questions.

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  15. Je crois que si tu as mis si longtemps pour trouver la bonne personne, c’est parce que ton inconscient a mis en place ce qu’on appelle en analyse une resistance, et quelle resistance, mais qu’importe puisque au final tu l’as dépassée. Se faire aider par un spécialiste de manière à mettre en lumière les causes profondes de cet attachement à une histoire qui n’est plus Ainsi, la psychanalyse entre autres de par sa méthode et sa méthodologie, revisite les étapes infantiles qui ont pu faire que certains affects inconscients y soient restés coincés. Il s’agit-là, métaphoriquement, à la façon d’un automobiliste, d’effectuer une subtile marche arrière de sorte de se désembourber pour pouvoir avancer. Rien à voir avec ce qui est souvent véhiculé, à savoir que cette discipline ne ferait que ressasser indéfiniment le passé. Pour l’avoir expérimentée je témoigne qu’elle a largement contribué à ma réalisation….

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    • Tout à fait Sabine, j’étais tellement paumée que je ne savais pas ce que j’attendais. Il me fallait juste mettre cet enfant au monde avant de couler complètement.
      J’aime énormément ton analyse que je trouve très juste en effet. Merci de tout coeur.

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  16. Malheureusement beaucoup de personnes abandonnent trop rapidement dans ce parcours du “bon” thérapeute. Ce qui est délicat et peut être dangereux, c’est lorsqu’on est, comme tu l’as été (moi aussi d’ailleurs) très fragilisé(e). Le soutien de ses proches est un vrai cadeau. Se retrouver en face de professionnels, envers qui on engage sa confiance, et en qui on place son dernier souffle d’espoir pour être déçue, incomprise ou pire jugée, ce peut être la goutte d’eau. Notre entourage va nous soutenir en attendant.
    Tu as raison de rappeler que lorsqu’on s’engage dans un accompagnement, la première personne ne sera peut-être pas la bonne. Si on regarde bien, c’est juste normal, il ne faut pas hésiter à changer. Ce n’est pas qu’une histoire de technique ou de diplôme, le feeling compte énormément. Le feeling avec le professionnel, avec sa méthodologie. Parfois, même si nous avons beaucoup avancés avec quelqu’un, il peut arriver que l’on finisse par stagner. Là aussi, après discussion avec le pro, il ne faut pas hésiter à changer.
    je pense qu’en sachant cela, les gens seraient moins déçus et auraient sûrement moins d’appréhension à aller voir un psy.

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  17. quel témoignage! Je me fais aider depuis peu. J’avais l’angoisse de mal tomber… en plus de l’angoisse tout court. Après 3 premiers RV, j’ai envie d’aller plus loin avec cette personne… à suivre.

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  18. Ton article fait profondément écho en moi Marie…
    Souvent, les gens ne comprennent pas pourquoi tu veux voir un psy. Certains pensent que c’est inutile, d’autres disent que c’est pour les fous.
    J’ai vécu des choses difficiles et connu la dépression.
    Quand j’étais au plus bas, j’ai pensé au pire…Malgré l’aide de mes parents, je n’arrivais pas à voir le bout du tunnel.
    Un jour, j’ai fait la démarche de prendre rendez-vous avec un psychiatre. Puis quelques mois après, j’ai sollicité, en plus, une psychologue à la mission locale.
    Ce double suivi a été plus que bénéfique pour moi. J’ai remonté la pente tout doucement, je m’en suis sortie, et je suis fière de moi d’avoir consulté à l’époque!
    Plein de bisous de courage Marie…

    Cora

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Un petit mot doux pour la route...

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