Alerte Enlèvement

Tout se déroule un matin d’août, l’été installé, la chaleur enivrante dès les premières lueurs du jour, impose qu’on laisse les fenêtres ouvertes, l’air rentrer. Au premier étage, Hélène respire lourdement, le corps reposant sur un drap blanc froissé, ses cheveux longs bouclés encadrant son visage, bras droit remonté, bras gauche posé au travers de sa poitrine nue. Dans la chambre d’à côté, l’enfant bataille dans son sommeil. Il pousse des petits cris qui intiment à Hélène l’ordre de se lever et d’aller apaiser ses angoisses. Elle n’en a pas la force. Elle referme les yeux et plonge dans un sommeil qu’aucun autre son ne pourra altérer. Pas même celui de la fenêtre qui grince, d’un pas lourd sur le plancher, de l’enfant qui étouffe un sanglot, de la fenêtre qui grince à nouveau. Quand elle ouvre les yeux, tout est calme. Elle remonte le drap, enroule son corps dans le tissu léger et d’un pas mesuré se dirige vers la chambre du nouveau-né.

Le berceau vide. Saturation des parois de son être. Tout explose autour d’elle.

Au journal du soir la bande rouge Alerte Enlèvement diffuse le message de son absence. L’enfer commence…

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